Mon cerveau pré-internet me manque.

Quand une pub chinoise pompe Tame Impala sans vergogne

Vendredi 28 avril 2017
 

I mean COME ON guys at least put some effort in. @sonyatvaustralia #Lawsuit #nowitsmyturn

Une publication partagée par Tame Impala (@tame__impala) le

Une entreprise chinoise a recréé quasiment note pour note The Less I Know The Better de Tame Impala pour sa dernière publicité. Kevin Parker, leader du groupe et actuellement musicien pas très très content, envisagerait de porter plainte. Le "#nowitsmyturn" fait référence à une plainte déposée par Skull Snaps, qui accusait les Australiens d'avoir samplé la batterie de leur morceau It's A New Day sur Eventually. #Suceursucé.

Pour rappel : 

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Fyre Festival, un désastre à 12000$ le pass 2 jours

Vendredi 28 avril 2017

"Un festival de musique immersif — Sur une île déserte privée dans les Exumas — Jadis propriété de Pablo Escobar — Le meilleur du food, de l'art et de l'aventure — Aux frontières de l'impossible — Fyre est une expérience aussi bien qu'un festival — Une injonction — À repousser les limites". Sur fond de mer turquoise, Bella Hadid sirote un cocktail laiteux avec un clin d'oeil qui dit "eh non, c'est pas du lait" avant d'aller pourchasser des animaux marins en jet-ski avec ses copines. Le paradis. Ce paradis, c'est celui du Fyre Festival, une idée de Ja Rule, donc forcément une idée grandiose : deux weekends de fête de luxe dans les Bahamas, avec jets privés, dômes géodésiques éco-friendly, Blink 182 et massages dispensés par Emily Ratajkowski pour tous, moyennant des tickets entre 1000 et 12000$, 250000$ pour le pack VIP. 
Mais c'est à une toute autre réalité que se sont heurtés les pauvres festivaliers en arrivant sur le site hier : en lieu et place de dômes géodésiques, c'est un concept d'hébergement visiblement inspiré de la jungle de Calais qui s'étale sous leurs yeux. Tentes branlantes, boue, détritus, chiens errants, bus scolaire en guise de navette — des conditions de festival tout ce qu'il y a de plus normales, pour le trois-centuple du prix d'un festival normal. Alors forcément, les gens sont un peu chiffon. Et y a-t-il plus beau sentiment au monde que la schadenfreude de voir des nantis à qui les aléas de la vie ont retiré leur joujou ? La réponse est non, voici donc l'étendue du désastre :

Douze mille dollars.

Douze mille dollars.

miam

Douze mille dollars.

miam2

Douze mille dollars.

Douze mille dollars.

Douze mille dollars.

Douze mille dollars.

(Source)

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Par Marie Klock



Une soirée au MOFO, ou : Les 3 péchés du journalisme musical

Vendredi 28 avril 2017

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Les trois grands péchés du journaliste musical sont : promettre un papier sur un concert juste pour obtenir une place gratuite (malhonnête!), aller au concert en compagnie d’amis (peu consciencieux!), se bourrer la gueule avant le concert (lamentable!). Vendredi 21 avril, j’ai commis simultanément ces trois péchés capitaux lors de la première soirée du festival MOFO à Saint Ouen.

C’est en compagnie d’un éminent confrère que je me rends aux Mains d’Oeuvres, «Lieu pour l’imagination artistique et citoyenne» localisé derrière les puces de Saint Ouen. Une atmosphère de colonie de vacances règne dans le vaste hall qui nous accueille, faite de stands de t-shirts sérigraphiés et de snacks dispensés par un «snackosaure». L’événement Facebook annonçant la présence d’un MOFOsaure, je m’attends à tout instant à voir surgir un intermittent en costume de vélociraptor, apparition qui à mon grand dam n’aura jamais lieu. Pour me consoler de cette déconvenue, je siffle un verre de punch et une pinte servis avec le sourire par un gnôlosaure primesautier, suite à quoi, en état d’ébriété puisque j’ai refusé de céder aux sirènes du snackosaure pour me tapisser l’estomac, je m’en vais explorer les lieux. Il y a donc là une Caverne où les festochosaures amateurs de transmédialité sont happés par un détecteur de mouvement et voient des silhouettes-tronc façon caméra thermique s’agiter sur les murs au rythme de leurs pas de danse timides (ils ne sont pas encore bourrés, eux), et, à l’extérieur, un jardinet des plus accueillants où s’ébrouent fumeuses de roulées et trentenaires mal rasés (parce que c’est un festival rock). Après une longue et captivante discussion sur les races de chien, nous nous souvenons que la raison de notre venue est musicale et allons nous planter devant Robbing Millions ; les personnes sur scène ont l’air heureuses et l’une d’entre elles porte une marinière, deux raisons suffisantes pour que nous tournions les talons au bout d’une demie-chanson pour aller écouter Halo Maud sur la scène d’à côté. C’est beau, énergique, inspiré et parfois remarquablement composé ; mon éminent confrère estime que «c’est à ça que ressemblerait un groupe de rock indé si Cédric Klapisch faisait un film sur un groupe de rock indé», un point sur lequel je ne peux pas lui donner tort.

tama

Comme j'ai oublié de prendre des photos, c'est ce bébé tamanoir qui fera office d'aérateur de texte

Une pinte plus tard, il est enfin l’heure de Marietta. C’est très bien, Marietta, vraiment très bien, mais j’ai malheureusement déjà bu deux pintes de trop pour être en mesure d’étayer mon jugement par un argumentaire sérieux, ce qui est dommage, parce que j’aimerais vraiment vous convaincre de ce que j’avance. Mais je peux vous dire que j’ai dansé, preuve que le concert était bon, je crois. À titre d’exemple, pendant le concert suivant, Grand Blanc, j’ai dansé encore plus et même sautillé à un moment, ce qui veut dire que ce concert était encore mieux que le précédent (ou alors que les beats étaient plus forts, mais en vérité, quelle importance cela peut-il bien avoir à une heure si avancée?). La foule semble d’accord avec moi puisque des pogos ont lieu devant la scène, mais des pogos gentils, parce que c’est un festival rock mais que les trentenaires mal rasés que nous sommes ont été assez longtemps à l’école pour apprendre que leur liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres. Dix minutes après l’issue du concert, des vigilosaures nous invitent de façon un peu insistante à évacuer les lieux. Pour être bien sûre d’avoir les souvenirs les plus diffus possibles, je me laisse entraîner à une dernière bière en compagnie de mon éminent confrère, à qui je finis par rouler des pelles afin de ne pas déroger à la dynamique YOLO qui a régi cette soirée. C’est un petit pas pour le journalisme musical mais un grand pas pour l’amour.

Vous pouvez soutenir les Mains d’Oeuvre par ici, car c’est un bien bel endroit.

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Par Marie Klock