JESS / ZOOEY DESCHANEL - L'ADORKABLE (adorable + dork)



Quelle série ?
Zooey Deschanel (aka l'actrice trop guedin du cinéma indé) joue Jess, l’héroïne bizarroïde de New Girl, série lancée en 2011 aux États-Unis. Cocufiée par son copain, elle emménage avec trois mecs qui regardent du foot et travaillent dans des bureaux. Des mecs normaux donc. Jess s'habille bizarrement et porte une grosse frange. Sous texte : c’est une originale.

(Fille atypique, alimentation atypique.)


Sur les traces de : Phoebe Buffay (Friends)

Comment les scénaristes mettent-ils en scène son excentricité ?
En confiant le rôle titre à Zooey Deschanel. Grâce à 500 Jours Ensemble et ses vidéos avec Joseph Gordon Levitt (« Rends-moi mon diadème CHIENNE» - signé Amy), l'actrice a été intronisée fille pas comme les autres. En France on a Hélène, bon, soit.

Anti-prom queen, Zooey/Jess s’affiche comme une fille nonchalante, pas super belle mais avec du charme. Elle s'habille selon ses envies et ne suit surtout pas la mode. Institutrice, elle transmet sa joie de vivre à ses petits élèves en leur faisant taper sur des cloches au lieu de faire des maths, trop mainstream. Elle s’équipe de la parfaite panoplie hipster : grosses lunettes + petites robes bariolées + guitare + “j adore chanter tout le temps même quand la situation ne s’y prête pas tralala chuis trop déglingo”.


C'est aussi une vraie geek. La preuve : dans le premier épisode elle se réfère une fois au Seigneur des Anneaux. Selon une croyance populaire, les geeks regardent Star Wars et Le Seigneur des Anneaux en boucle du matin au soir et de la naissance jusqu’à la mort.


En fait, Zooey Deschanel ne joue pas, elle EST Jess.

Fake ou convaincante ?
A force de voir Zooey toujours dans le même rôle, on se dit que cette fille doit être la pire actrice de l’univers, même pas foutue de se voir proposer un personnage différent. Hello Michael Cera.
Néanmoins ressembler à Zooey D. n'est pas une mince affaire. Sa frange inamovible et sa robe “négligemment achetée aux puces du coin” ne sont pas ce qu’elles paraissent être. Bref, si on ose sortir sapée comme elle, on ressemble à RIEN.

Le subterfuge de la méga-bonnasse planquée sous des attributs ignobles ne prend plus. Qui peut dire que Zooey D. est moche ? Ses colocs ont l'air de l'ignorer, mais il est EVIDENT qu'ils finiront bientôt par voir que derrière cette frange et ces lunettes se cache ça : Katy Perry, non pardon ça : Zooey Deschanel.  C’est gros comme une maison que Nick (qui sort d’une rupture difficile) finira par voir chez Jess (qui sort d’une rupture difficile) le cœur derrière le clown.

Degré d’excentricité : 0/5
Ce personnage n’est pas un personnage, c’est un cliché sur pattes parfaitement épilées. Jess est bien trop caricaturale pour être crédible. Ils voulaient nous faire marrer comme des baleines, c'est aussi raté. Zooey Deschanel est une pisse-froid qui ruine la série.

Verdict :
On jette Zooey en pâture à une horde de hipsters qui l'idolâtraient avant l'accident. Elle fera moins la maline avec un membre en moins. Là tu l'auras, ton personnage bancal.




AMY FARRAH-FOWLER / MAYIM BIALIK - LA NERDIFIQUE


Quelle série ?
De The Big Bang Theory. Amy est le pendant féminin de Sheldon Cooper, en moins tarée (groupies de Sheldon, posez vos fourches, ceci est dit avec amour). Contrairement à Shelly, qui baigne dans un environnement à peu près traditionnel, Amy n'a aucune connaissance des us et coutumes de la plèbe. Elle prête plus d'attention à son singe domestique accro à la nicotine qu'à elle-même et trouve ça parfaitement normal.

Sur les traces de :
Napoleon Dynamite, Allison Reynolds (The Breakfast Club), Garth Algar (Wayne's World).

Comment les scénaristes mettent-ils en scène son excentricité ?
Amy est la "bonne amie" officielle de Sheldon, que ses potes Howard et Raj lui ont dégotée sur un site de rencontres pour trouver une version féminine à leur collègue dément. Avant ça, Amy n'avait ni amis ni contacts avec le monde extérieur. Elle débarque de son laboratoire en ignorant tout sur tout, en dehors des dissections de cerveaux. A son arrivée dans la bande, elle se heurte à Penny, seule branchée parmi ses amis pouilleux asociaux. Amy se met naturellement à l'admirer. Personne ne veut rester une éternelle binoclarde à grosse frange + pendentif dauphin + pull-cheval.

Fake ou convaincante ?
Les vrais geeks ne se vantent pas de l'être. Ils n'en ont souvent pas conscience. Amy n'est pas fière de son originalité. Elle envie Penny, ses vêtements, sa bonnassitude, son aisance, sa vie sociale. On la suspecte même d’avoir un léger girl crush. Amy commence à changer, un peu. Miracle, elle ne se fait pas épiler les sourcils. Elle sort dans les bars et a ses premières chaleurs à la vue de l’ex bodybuildé de Penny. En bonne scientifique, Amy tente d'analyser en profondeur ce frissonnement. Un Alien ? La ménopause ? Son frifri qui la démange ? Elle doute jusqu'au bout. Heureusement, il n'y a pas de changement drastique. On est loin de Cady Heron de Mean Girls ou Laney Boggs de She's all that. Ses facettes en sommeil se révèlent avec subtilité sans altérer sa personnalité (Close enough). Amy ne fréquente pas les clubs échangistes. Et il est normal pour une nerd de loucher sur la belle blonde épanouie assise à ses côtés. Amy n'adore pas être un boudin, s'habiller chez Emmaüs et n'avoir que des amis virtuels. Elle ne mute pas en nerd 2.0, ne troque pas ses jupes de grand-mère pour un ensemble à effrayer Lady Gaga (Photo), ne jure pas que sur les gang bang et ne hurle pas FUCK LA SCIENCE, GLOIRE AUX ORGASMES ALCOOLISÉS.

Bon, toute phase d'intégration a ses faiblesses. Amy, qui avait « séduit » Sheldon en promettant ne pas être intéressée par le coït, finit par y réfléchir sérieusement. Elle s'extasie sur une tiare. Si, petite, elle a rêvé d'être une princesse, il n’y a rien de mal à ce qu'elle fantasme toujours dessus. Ce n'est pas parce qu'on lui a collé l'étiquette « nerd » au collège qu'elle doit s'y tenir. Pour cela, on veut lui faire des câlins.

Degré d’authenticité : 4.5/5
A l'inverse de Sheldon, elle est loin de se complaire dans sa supériorité intellectuelle. La Amy adulte rêve toujours, comme à ses 8 ans, d'être la plus jolie et la plus aimée. Son personnage n'est pas caricatural, ni déjà vu et revu. Ce n'est pas une bombe à qui on a collé paire de lunettes et haillons pour la rendre originale. Oui, Zooey.

Verdict :
Son personnage évolue comme un enfant mignon. Pour une fois, on nous épargne la pouffe à Wayfarer qui se fait passer pour une geek/nerd. On en a une plutôt réussie, on la chérit. Amy est la jeune femme à qui on pourrait s'identifier sans honte ni gêne. You go girl.


LES GUIGNOLETTES VETUSTES - TROIS POUR LE PRIX D'UNE

Ces personnages, hantés par le désir d'être originaux, sont victimes du syndrome Bella Swan : je tombe régulièrement, je suis gourde et je suis socialement maladroite donc je suis (cool).


Quelles séries ?
Susan Mayer/Teri Hatcher est l’un des personnages principaux d'une obscure série dont vous n’avez sûrement jamais entendu parler, Desperate Housewives. Meredith Grey/Ellen Pompeo est le personnage principal de Grey's Anatomy -enfant adultérin d'Urgences et Sex and the City). Elle est l'adorée de Dr. Mamours (traduction de Dr. McDreamy, véridique). Et  Jules Cobb est le nouveau personnage de Courtney Cox dans Cougar Town (documentaire animalier sur les couguars en milieu urbain).

Sur les traces de : Bella Swan (Twilight), Carrie Bradshaw (Sex and the City), Dina Lohan.

Comment les scénaristes mettent-ils en scène leur excentricité ?

L'excentitcité à l'état pur.

Meredith Grey s'auto-proclame « dark and twisty » (sombre et tordue). « I feel like one of those people who's so freakin' miserable they can't be around normal people-like I'll infect the happy people » (« J'ai l'impression d'être une de ces personnes si malheureuses qu'elles ne peuvent pas rester auprès des personnes normales, comme si j'allais contaminer les gens heureux »). Comprenez, elle a des problèmes et ne sait pas comment les gérer.
C'est une gaffeuse malgré elle et une femme-enfant. Elle glousse, fait des bêtises (qui finissent par avoir de graves conséquences comme fausser des essais d'un vaccin contre l'Alzeihmer) et, quand elle n'a nulle part où coucher avec McDreamy, elle l’emmène dans sa voiture et se bidonne comme une ado qui se fait peloter pour la première fois derrière le gymnase du lycée.

Jules Cobb, la quarantaine passée, a pour passion de se prendre des placards.
Elle et ses amis du cul-de-sac crew sont des alcooliques finis. Son ex-mari vit dans un bateau garé sur un parking. Elle boit tellement de vin qu'elle baptise son énorme verre fétiche Big Joe. Qu'elle finit par casser avant d'adopter Big Carl. Elle passe plus de temps à espionner le défilé de minettes chez son voisin que dans son agence immobilière, un verre de rouge à la main bien sûr. Quand son fils part à la fac (à vingt minutes de chez eux), Jules envisage le suicide.

Quant à Susan Mayer, pourquoi donc est-elle aussi CONNE ? Est-on sérieusement sensés l'aimer et s'identifier parce qu'elle se conduit comme une gourde finie ? Si je fais une scène à mon hypothétique mari en nuisette dans la rue ou que je me fais surprendre à espionner les voisins à poil derrière un buisson en criant « 'SCUSEZ MOI C'EST JUSTE QUE JE SUIS EXCENTRIQUE », je doute de devenir la mascotte du quartier. Ce personnage est insupportable. On la frapperait bien avec une bûche chaude pour faire sauter les agrafes de son dernier lifting.

Fake ou convaincant ?
On a juste envie de dire, DUH, évidemment. Mais argumentons un brin avant de les BRÛLER VIVES.

Jules Cobb est de loin la moins détestable. L’expérience de Courtney Cox  lui permet de jouer de manière sincère et attachante. Mais  y'en a marre de cette manie de rendre les personnages féminins maladroits pour les rendre sympas. Jules Cobb ne sera jamais que la pâle copie d'Ally McBeal, LE personnage de la maladresse.

Contrairement à Amy Farrah-Fowler, Meredith fracasse son image d'entrée en revendiquant son étiquette. Comme si quelqu'un de vraiment tordu et déprimé pouvait arborer un T-shirt «Je suis un malade mental, je réagis jamais comme il faut aux situations délicates et j'ai parfois envie de me suicider lalala». De plus, elle évolue aux côtés de Christina Yang (Sandra Oh), le seul personnage émouvant de cette série. Il n’y a pas de quoi être fière de votre « excentricité » mademoiselle Grey.

Degré d’authenticité : 2/15
Les points allant à Jules Cobb. Quant aux deux autres, les séries où elles sévissent durent depuis trop longtemps. Leurs personnages étaient acceptables à court terme mais on a eu assez de temps pour se rendre compte qu’ils sont une insulte aux femmes. Cela doit cesser, tout de suite.

Verdict :
On leur rêve un destin à la Drake Ramoray, dans le coma, pour qu'on puisse toujours admirer leur plastique vieillissante dans le silence.



UGLY BETTY / AMERICA FERRERA - LA MAKEOVER WHORE


Quelle série ?
America Ferrera incarne Betty Suarez, un vilain petit canard asocial et maladroit qui intègre la rédaction d'un magazine de mode dans la série Ugly Betty. Le père du nouveau patron l’engage afin que son fils ne soit pas tenté de la serrer et d'oublier de faire son taf. Hum.

Sur les traces de : Cady Heron (Mean Girls), Laney Boggs (She's all that), Tai (Clueless), Andy Sachs (The Devil wears Prada), Vivian Ward (Pretty Woman).

Comment les scénaristes mettent-ils en scène son excentricité ?
Betty Suarez est l'archi-cliché du personnage intelligent donc moche. En plus, elle se trimbale en poncho multicolore. Cerise sur le burrito, elle est GROSSE ! Elle mange sûrement trois repas par jour la goinfre ! Elle fait du 40 ! Une baleine !
Au début, Betty est sans ami et sans atout (exemple typique d'une “sans atout”), socialement attardée, mal fringuée, soi-disant repoussante et armée d'un appareil dentaire, de lunettes, de cheveux crépus et de sourcils broussailleux. Malgré tout, Betty finit par devenir le cygne élégant de la rédaction grâce à un make-over épique, se fait mec sur mec (petits ou à lunettes, faut pas déconner) et sort dans des soirées VIP avec ses amis superficiels (mais au fond humains). Grâce à sa supériorité mentale, Betty se démarque de tous ces idiots.

Fake ou convaincante ?
Pourquoi une fille qui rêve d'une brillante carrière journalistique, probablement harcelée à l’école à coups de pierres, voudrait-elle travailler dans un mag de mode où se sont donnés rendez-vous tous ses agresseurs devenus adultes ? Ok, chaque timide a droit à un make-over. Mais tout est dans la manière.
Elle s'inflige cette torture. Tout le personnage finit par s’y résumer alors qu'il est censé être complexe et réfléchi. Betty se fait épiler les sourcils, raidir les cheveux et se procure des vêtements à la dernière mode.
Quant à son appareil, on n’est pas vache, on voulait pas qu'elle le garde pour toujours, mais juste qu'elle arrête de dire « Même sans mon appareil je suis toujours la même » comme si son personnage vouait un culte à l'orthodontie. Elle l’enlève et en fait tout un fromage (et tout un épisode par la même occasion) alors qu'un simple « ça fait du bien » aurait suffit. Voilà encore un personnage qui, sans ses excentricités, n'a plus rien à dire.

Avant...

...Après.


Degré d'authenticité : 2/5
Betty plante presque toutes ses convictions, arrive en gros boudin et se révèle magnifique au fil des épisodes. Mais bon, seuls les idiots ne changent pas d'avis. Et, même dans un magazine de mode, ses articles et contributions sont écrits avec un minimum d’éthique.

Verdict :
Trop tard, on ne peut plus rien pour elle, la série est déjà finie. Et puis, comme elle quitte New York pour Londres, un gang d’une tour grise du sud de la ville se chargera de la finir pour nous. (Kelly Bailey, sûrement).


Roxane Denambride & Jeanne Mirodatos // Visuel de Une: Stephane Haiun.