La rock star et le cheveu forment un mariage immuable, infaillible, un peu comme le whisky et le coca ou bien la coke et les putes. Brain Magazine et Jean Claude Bigouine orchestrent un tour d’horizon de la pop via 7 familles capillaires (cette liste étant, bien entendu, non exhaustive).

 

 

LE MULLET


Coiffure qui consiste à porter les cheveux courts sur la tête et longs sur la nuque, le mullet fut popularisé par les footballeurs de l’ex RDA. Mais c'est David Bowie, période Aladdin Sane, qui l'introduisit dans le monde du rock’n’roll. A la décharge du grand David, cette époque marqua le pic de sa consommation de stupéfiants en tous genres, avec son lot de dommages collatéraux : overdoses, relookings sauvages de chambres d’hôtel, expérimentations capillaires plus ou moins heureuses, etc…

 

Rod Stewart fait quant à lui preuve d’un grand courage : il arbore encore et toujours son mullet en 2011. Ses tous premiers albums étaient certes relativement agréables et ses expérimentations disco ont pu nous faire danser, mais on ne peut que lui mettre un gros véto et lui répondre tout de go : non on ne te trouve pas sexy. A sa décharge, Rod Stewart fut footballeur avant d’être une rockstar, ceci expliquant peut-être cela.

 

Mais qui dit mullet, dit aussi Néoromantisme, courant « musical » qui comprend Duran Duran, Ultravox, Adam and the Ants, la popularité de ces artistes l’ayant définitivement imposé comme LA coiffure star des années 80.

 

Des historiens et autres spécialistes de la mode se demandent encore comment et pourquoi cela est arrivé. Et si on ne dispose toujours pas à l’heure actuelle de réponse à cette question pleine d’épis, on peut toutefois se permettre d’avancer une hypothèse : tous ces groupes ont fait leur fond de commerce sur leur sensibilité (ils sont des nouveaux romantiques, donc les ancêtres des Emo, mais en plus mal coiffés, ce qui peut sembler dur à croire mais qui est pourtant vrai). Peut-être ont-ils choisi de manière totalement réfléchie de saboter leur chevelure afin de provoquer la pitié et in fine l’effeuillage de jeunes filles en fleurs ?


« Le roi du mullet » :


Celui qui détient la suprématie du mullet se trouve également être le géniteur d’une des plus grandes stars de tout l’univers intersidéral : Billy Ray Cyrus. Avant d’être connu des services sociaux de la D.D.A.S.S américaine pour ses talents de E.M.C.F (Esclavagiste Moderne dans le Cercle Familial) , Billy Ray s’est distingué par ses prises de positions plutôt chevelues, en témoigne son tube I Want My Mullet Back.


Enfin, Jean Claude Bigouine tient à décerner sa Palme Elnett aux membres du groupe Kajagoogoo qui ne se sont manifestement pas montrés too shy lorsqu’ils sont allés chez le coiffeur.

 

 


LA BOULE A ZERO


Elle intervient habituellement pour couper court aux rumeurs de calvitie précoce, mais c’est généralement trop tard, tout le monde s’en étant aperçu trois ans avant la personne concernée. On pense pêle-mêle au Capitaine Samourai Flower AKA Pascal Obispo, à Michael Stipe et à Billy Corgan.


Mais la boule à zéro peut aussi faire son apparition au moment même où surgissent des problèmes personnels de type dépression (Big Up à Brit Brit et à Sinead).


Si ces pop stars gagnent un temps monstre au quotidien grâce à l’absence de séchage de cheveux, elles doivent malheureusement mettre une croix sur le headbanging, hobby fort amusant mais bien évidemment proscrit lorsqu’on est chauve. Tout comme on est interdit de Air Guitar si on est manchot.

 


LES ROUX

Les roux, ces personnes qu’on aime qualifier de viles et  de démoniaques, sans doute victimes d'une hasardeuse association avec le renard, perfide animal aux poils soyeux et aux reflets de feu, méritent bien leur propre catégorie. Malheureusement pour eux, ils ne comptent pas dans leurs rangs des pop stars capables de faire avancer leur cause.

 

Axl Rose a certes contribué à la mainstreamisation de la population rousse, il a su la faire rêver et lui faire croire qu'elle aussi pouvait accéder au statut de superstar, mais ses longs cheveux soigneusement rangés sous de magnifiques bandanas sont désormais remplacés par de vilaines  dreadlocks dont même Zaz aurait honte. Ajoutez à cela son attitude tyrannique avec ses camarades de jeu, son chant strident et ses cyclistes moule burnes et vous obtenez le diable en personne.

 

Un autre être démoniaque appartenant à cette grande famille de la déviance capillaire a plus récemment fait son apparition dans le monde du show business. Cette créature a choisi d’opter pour un pseudo qui fait référence à la couleur de sa chevelure, et l’on ne peut que constater, la mort dans l’âme, ce cruel manque d’imagination et de créativité, qui fait totalement écho à sa musique. Cette créature se nomme La Roux.
On se souvient encore avec effroi du product placement d’une rare violence pour une marque de laque bien connue dans la version US de son clip In For The Kill.  Si celui-ci a choqué bon nombre de spectateurs, il aura en tous cas eu le mérite de faire passer Bad Romance, le clip de Lady Gaga aux 10 product placements, pour du Tarkowsky.

 

Enfin ce bon vieux Rick Astley, connu pour son tube Never Gonna Give You Up a, dans les années 80, contribué bien malgré lui  à asseoir la position de bouc émissaire subie par les roux. En effet, son « tube » devint un meme bien connu des Internautes en 2008 : le Rickroll.

 


LA BANANE


Très présente dans le monde du rock’n’roll et du rockabilly, la banane fut popularisée par Elvis Presley, le King en la matière. On l’a par la suite retrouvée chez nos rock stars nationales : Johnny, Dick, Eddy, pour mieux ressurgir dans les années 70 sur John Travolta dans une comédie musicale en demi-teinte. Mais il fallut véritablement attendre 1982 pour que la banane soit réhabilitée et retrouve sa totale crédibilité avec l’apparition des Forbans et de leur classique Chante. Ces derniers temps on l’a plus souvent vue portée sur des chanteuses de musique de type Urbain/ R’n’B telles que Janelle Monae ou encore Rihanna, bien connue pour son amour des bananes au diamètre imposant.

 



LE CHEVEU POUBELLE

Très prisé par les pop stars 2.0 et transgenres, le cheveu poubelle a fait son apparition dans le clip Telephone de Lady Gaga. On découvrait alors avec stupéfaction la présence de canettes de soda et de cigarettes de type légères dans la chevelure peroxydée du chanteur. S’en suivirent une faune et une flore des plus déchaînées : des homards, des pigeons, des placentas et peut-être même des chatons morts. Nicky Minaj, Willow Smith et Katy Perry ont eu vite fait de prendre en marche ce train du cheveu en folie, ce que les psychiatres appellent  plus communément « L’hystérie capillaire».
Leur excuse (Katy mise à part) : un physique disgracieux qui ne demande qu’à être oublié.

 


LE HAIR METAL


Mouvement musical et capillaire qui requiert la parfaite maîtrise du peigne autant que celle de la guitare, même si les groupes associés à cette mouvance préféraient manifestement  la partie coiffure (qui consistait à se faire décoller les racines et à se faire crêper le chignon) à la partie écriture de chanson. Ceux-ci se nomment Motley Crue, Poison, Twisted Sister (sans doute le groupe le plus effrayant de toute l’histoire de la musique) Cinderella et Bon Jovi. La mauvaise foi n’étant pas de mise chez Brain Magazine on reconnaît toutefois bien volontiers que Livin’ On A Prayer est un magnifique hymne à l’amour et à l’amitié.

 

LA PILOSITE FACIALE

Cette catégorie concerne toutes les pop stars, hommes et femmes confondus, détenteurs de barbes et autres moustaches. La pop star moustachue la plus connue reste sans conteste ce bon vieux Freddie Mercury, qui su l'accompagner de toutes sortes de coupes de cheveux : longues, carrées, courtes.. Il est talonné de près par Patti Smith, qui a grandement milité pour le port du poil par la gent féminine, que ce soit sur le visage ou sous les bras, souvenons-nous de la mythique pochette d'Easter. Le poil peut aussi être  politique, et c’est Patti qui le dit.

On a retrouvé toutes sortes de moustaches sur bon nombre de pop stars:
-la moustache nazie chez Bryan Ferry et Ron Mael des Sparks
-la moustache filiforme chez Prince, feu Jimi Hendrix et feu Fred Chichin
-la moustache imposante : Lemmy de Motorhead, David Crosby, Nick Cave, Frank Zappa
-la plus belle moustache du rock ‘n’ roll : celle de Greg Norton de Husker Du.

 



La Barbe:

Symbole ultime de bonhomie, la barbe se veut rassurante et chaleureuse, on la retrouve donc chez des artistes qui semblent avoir eu 50 ans depuis toujours. Exemples : ZZ Top et Corbier.



La barbe est aussi très populaire chez les folkeux, de Bon Iver à Fleet Foxes en passant par  Will Oldham/ Bonnie Prince Billy. Ce choix de poils peut s'expliquer par :
- une lassitude de la vie qui entraîne une flemmardise et donc un rejet du rasoir
- des fins de mois difficiles qui ne permettent pas de s’acheter un rasoir.
Quelques grammes de weed ou quelques grammes de poils ? Le choix est vite vu pour l’ami troubadour.

 

La barbe peut également être un signe ostentatoire de virilité, on pense tour à tour à Sebastien Tellier, Demis Roussos et Devendra Banhart. On note également l'abondance capillaire chez la famille Followill qui forme le groupe qu'on avait tant aimé autrefois, les Kings of Leon. Grâce à leurs barbes, leurs franges (il fallait oser et ils l'ont fait) et leurs cheveux mi-soyeux mi-dégueus, les quatre garçons mériteraient presque une catégorie rien qu'à eux.


Brain Magazine et Jean-Claude Bigouine vous remercient d'avoir pris le temps de lire cet article.

 


Sarah Dahan // Illustration: Elsa Parra.