Le bar clandestin. Sur l'échelle de la crasse : 0/5

Recommandation. Y aller un peu avant 2h pour expérimenter le côté clando du bar.  

Ton état d'esprit. Imagine : il est 1h30, la Fourmi (rue des Martyrs) a brutalement rallumé ses lumières. Eclairage cru sur des visages un peu défaits, des tâches de vin sur les robes. T'es fatigué, tu cherches juste un peu de douceur.

Ambiance. A l'intérieur, ambiance à l'ancienne avec le zinc où s'empilent des verres vides, des vieilles affiches aux murs et un flipper. Les derniers clients, des jeunes, se tortillent au son de Gigi L'Amoroso qui sort du jukebox. Rejoins-les, plonge sans dédain dans ce bain de vieux Paris, prélasse-toi. Et puis copine avec le pilier de bar. Elle s‘appelle Lili, 84 ans, Montmartroise de naissance. Cheveux teints couleur de jais, maquillage au top et petit chandail rouge, elle attend ses « copains » pour aller tiser ailleurs.

Particularité. Vers 1h30 voire 2h du matin, David, le patron taiseux et pas très accueillant, baisse son rideau de fer. Et là les habitués le savent, ne pas bouger et se laisser enfermer avec Lili et les autres. Au programme, clopes à l'intérieur et le sentiment d'être un rebelle des quartiers crasses devenus chics. Pour sortir, la cour intérieure puis la porte de l'immeuble mitoyen. Attention, pas tous les soirs. Ça dépend de l'humeur du patron, mais aux dires des habitués, c'est plutôt en semaine.

A retenir (ou pas). Les conso sont pas chères, on peut apporter sa bouffe et manger sur place et ambiance « à la bonne franquette » pour ceux que ça n'effraie pas. Ah et aussi : les chiottes sont propres.

Bar clando.
Adresse : Paris 18ème, dans une rue qui monte, derrière la place des Abbesses. Vous finirez bien par trouver.
Environ 2,50€ le demi
Horaires officielles : de 19:00/20:00 à 2:00
 
 
Aux Noctambules. Sur l'échelle de la crasse : 4/5

Recommandation. On y va tard, très tard. Pas avant 3h, sinon ça n'a pas d'intérêt. Et on reste une bonne heure, histoire de s'acclimater. Ne pas y aller seul, en revanche y aller avec un fort taux d'alcoolémie.

Ton état d'esprit. Si tu n'es pas d'humeur guinguette avec le bar clando, les Noctambules est le lieu qu'il te faut. Arrivé sur le boulevard Pigalle, toi avec ton oeil vitreux et ton allure brouillonne, t'as envie de t'encanailler un peu.  C'est bien, tu es mûr pour y aller.

Ambiance. Tu t'engouffres dans la salle du fond éclairée par des spots rouges et tu t'assoies, en gloussant un peu, sur des banquettes de sky devant des tables collantes en formica. La clientèle : une vingtaine de mecs. Ils boivent pas. Ils parlent pas. Ils sourient pas. Et toi tu mouftes pas. Regard torve sur chaque visage, ils te zieutent dans la pénombre. Petit conseil pour la gent féminine, faîtes comme si vous étiez bigleuses, ça vaut mieux. Face à toi, deux filles, que l'on soupçonne d'être des prostiputes, se dandinent devant deux mecs gominés.

Particularité. L'intérêt du bar, c'est sa population. Alors observe. Y'en a un qui ondule des hanches en s'agrippant à une colonne. Pourquoi pas. Et puis regarde ce couple : le mec bedonnant, un peu beauf, et elle, petit chemisier prude, qui sourit d'un air innocent. Mais sa main, qui bouge sous le ventre rebondi de son compagnon, l'est beaucoup moins. Et puis y'a aussi des jeunes bien propres sur eux. Ce petit monde très sympathique se démène sur Gilbert Montagnier, Polnareff et Aznavour. Aux platines, c'est John Shadow, un peu rondelet et gilet noir sans manche, qui régale.

A retenir (ou pas). Pas de demi, que des pintes à 8 euros, concerts les jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Et puis chiottes propres.

Aux Noctambules
24 boulevard de Clichy, 18ème - 01 46 06 16 38
8€ la pinte et Happy hour de 17:00 à 20:00
Ouvert de 11:00 à 5:00, tous les jours




 

Le 82. Sur l'échelle de la crasse : 3,5/5

Recommandation. Y aller en semaine pour des rencontres plus insolites et autour de 4 ou 5h du mat'.

Ton état d'esprit. Pour les plus timorés, le 82 est une bonne alternative aux Noctambules. Mais puisqu'on parle ici d'after bars, aller à l'un n'empêche pas d'aller ensuite à l'autre. La nuit n'est pas si courte.

Ambiance. Glauque mais sympathique en même temps. Si, si. Les épaves sorties des bars alentours viennent s'échouer ici. Dans la pénombre violacée, des couples plus tout jeunes s'enlacent sur les banquettes ou entament des slows alanguis. Ça c'est en semaine. Le week-end, la population est plus proprette : des petits branchés, chemises en jean ou à carreaux se mêlent à d'autres jeunes, chemises à rayures de VRP et fans de hard rock. Ça se mélange quoi. Et tu danses un peu sans te préoccuper de l'odeur de pisse qui flotte au-dessus des têtes. Seule ombre à ce beau tableau, ne pas y aller les poches à moitié vides, l'alcool n'est pas donné.

Particularité. Yaz, le patron. Chauve et râblé, il tape facilement la discut', raconte sa vie, son amitié avec Michou, le Montmartre d'avant etc. Au 82, avec lui, c'est un peu comme à la maison. Une maison un peu foutraque. A l'entrée, Morade, le videur taillé comme une barrique, t'ouvre la porte tandis que le tôlier charrie un habitué. Tu feras aussi la connaissance du frangin de Yaz, Momo qui taquine le pauvre pilier de bar de quelques chiquenaudes. Ici, c'est ton repos du guerrier, un peu crade d'accord mais quand même.

A retenir (ou pas). Les chiottes sont dégueu, les conso sont chères mais les gens sympas. Si tu es gentil(le) avec papa Yaz, il te paiera des shots.

Le 82
82 rue des Martyrs, 18ème - 01 46 06 91 17
Environ 5€ la bière, 9€ le mojito et 4€ le shot
Ouvert de 11:00 à 6:00/7:00, tous les jours

 

Le Palmier. Sur l'échelle de la crasse : 1/5

Recommandation. Ici on vient moins pour faire la fête que pour se poser en pleine nuit dans un îlot de relative tranquillité.

Ton état d'esprit. L'ambiance confinée du 82 et des Noctambules t'ennuie. A peine entré tu t'es senti étouffé, alors tu traverses le boulevard en te demandant si le Sans Souci est encore ouvert ou si tu ferais pas mieux d'aller faire un tour Chez Moune. Non. Arrête-toi place Blanche et souffle un peu au Palmier.

Ambiance. Le Palmier ressemble à n'importe quel bar parisien qui n'a pas été refait depuis les années 70, le formica est donc là encore de rigueur, les chaises en raphia aussi. Manque plus que le grand mur en miroir et une colonne décorée façon boules à facettes. Ici tout le monde se croise et se côtoie, la bande qui trinque avec sa dixième pinte, l'habitué du coin, les dames qui passent la nuit à arpenter le boulevard ou le cadre moyen qui vient à 6h avant le boulot. Le serveur, désagréable comme il faut, prend ta commande habillé en gilet et pantalons à pinces noirs.

Particularité. Le Palmier sert à manger toute la nuit, bon à savoir quand on fait une overdose de kebab. Et c'est le seul after bar de ce côté de la butte avec une terrasse.

A retenir (ou pas). Les conso sont très chères : verre de vin à 8 euros ça fait un peu mal. Au moins il est grand, le verre.  

Le Palmier
7 Place Blanche, 9ème - 01 48 74 04 86
8€ le verre de vin
Horaires: ouvert non stop, tous les jours



Le Soleil de La Butte. Sur l'échelle de la crasse : 2/5

Recommandation. On conseille ce bar uniquement pour clore une soirée. A l'heure où plus rien ne déprime. Même un bar vide.  

Ton état d'esprit. Donc imaginons fin de soirée, il est 5h t'as l'air d'une loque mais t'as envie de t'en jeter un petit dernier et de danser encore un peu. Sors un peu de Pigalle, c'est pas vraiment une trahison, on n'est pas loin. Longe le Sacré Coeur et t'y es.

Ambiance. Un rez-de-chaussée qui ressemble à tous les autres bistros du coin, personne. C'est au sous-sol que ça se passe et c'est pas vraiment ambiance bas-fond : rayons de lumière verte qui brouille la vision et puis odeur de pisse qui pique le nez, mélangée à celle de canard WC. Ça se déchaîne sur David Guetta et autres choses inavouables. Pas très folichon tout ça, le sous-sol est peuplé au max de 10 personnes. Dernière étape donc avant d'aller se coucher.

Particularité. Ne pas contrarier le videur à l'entrée. Il est pas sympa cet homme-là. Car tu es son ennemi, celui qui parle trop fort en tirant frénétiquement sur sa clope. Celui qui casse son verre sur le trottoir.

A retenir (ou pas). Avec quelques verres dans le nez, la musique nulle et le décor moche s'oublient facilement et malgré l'odeur les chiottes ne sont pas sales.

Le Soleil de la Butte.
32 Rue Muller, 18ème - 01 46 06 18 24
Environ 4€ le demi
Ouvert du lundi au jeudi de 9:00 à 2:00 et le vendredi et samedi de 9 :00 à 5h30

 
 
A retenir aussi :
- Le Couloir.
108, Boulevard de Rochechouart, 18ème - 01 42 64 08 14
Ouvert du lundi  au vendredi de 18:00 à 02:00 mais ouvert jusqu'à 4:00 le samedi.
- Boulangerie de Château rouge
Ouverte non stop.
- Et les bars à "hôtesses" si vous êtes très riches, et vieux aussi.
 
 
Ozal Emier // Illustration: Manon Malméjean.