Entre une soirée "Rosé" et une soirée "Ricard", le Stunt Bar, près de la gare de Béthune, s'est laissé convaincre d'accueillir la soirée des lycéens de l'Ecole Privée Saint Dominique. Non pas que je sois un pervers sexuel dans la force de l'age, mais l'idée d'aller photographier dans le ch'nord des jeunes filles en fleurs et des ado à mèches m'a tout de suite excité. Alors, comment les lycéens passent-ils une soirée à Béthune ? Vais-je finir dans la rubrique fait divers de La Voix du Nord ? La réponse est là.

"En général tout se passe à Lille, Béthune c'est la mort". Arthur l'un des organisateurs, 16 ans, porte depuis deux mois le projet à bout de bras avec son copain Erwan. C'est une première, alors forcément tout n'est pas parfait. Lors de l'ouverture des portes, personne n'a vraiment été désigné pour s'occuper de la caisse et le verre de champagne offert avec l'entrée s'est transformé en "Clairette de Limoux".

Un gamin de 15 ans commence à mixer. Casque audio et t-shirt fluo. Le public masculin qui a déjà pas mal bu avant de venir hurle sur le dance floor. Il est 23h. Les filles regardent ça de loin.

Blender, 17 ans, prend le relais derrière les platines. Il intercale des petites perles de funk dans son set electro. Les filles se lâchent. L'ambiance est bon enfant, ce qui est plutôt logique vu la moyenne d'âge.

Le public adopte bientôt un phénomène social particulier que j'appellerais scientifiquement "La vague dansante". Tous les gens présents dans la salle se mettent à danser ensemble pendant 15 minutes, quelle que soit la qualité de la musique, puis ils vident le dance floor pendant les 5 minutes suivantes. Et ainsi de suite jusqu'a l'arrivée des Zombikidz, "les stars de la soirée" dixit Arthur.

Les nouveaux DJs, jeunes branleurs - slim, nike, casquette et masque peint à la main-, ont un peu trop bu de Vodka. Leurs enchaînements sont douteux, mais le public est ivre aussi. Il est une heure. Un mec paye sa bouteille de magnum de Champagne. Dans les toilettes un gamin a déjà sa dose.

Un autre phénomène apparaît alors petit à petit, que j'appellerais "La vague nuptiale", c'est le même principe que la vague précédente, sauf qu'il faut rouler une pelle à quelqu'un de différent toutes les 20 minutes.
Un mec m'accoste. "Hé, y parait que t'es le photographe officiel de Justice, c'est trop classe". Je remercie Arthur de m'avoir survendu auprès de ses potes. J'avais bien senti que c'était un flambeur, mais pas au point de raconter des conneries pareilles.

Vers trois heures, la salle commence à se vider. Les 4x4 Mercedes des parents viennent chercher leurs enfants. A l'intérieur les esprits s'échauffent. Un gamin, gros nounours en peluche sous le bras, cherche la bagarre.
Il est 3h30, la soirée se termine dehors. Un abruti à casquette cherche la merde à tout le monde sous le regard amusé des videurs. Une fille, plus efficace que la sécu, finit par pousser une gueulante qui calme tout le monde. Pourtant, avec des oreilles de playmate sur la tête, ce n'était pas gagné. Ne jamais sous estimer la louve qui se cache sous la lapine.

Tout le monde rentre chez soi, les organisateurs ont juste récolté de quoi payer tout le monde. Béthune a vécu une belle soirée electro et, pour certains jeunes, leur première cuite. Combien étions-nous ? On ne le saura jamais. Les jeunes organisateurs n'ont pas pensé qu'il était important de noter le nombre d'entrées.

 

 Texte et photos: Quentin Cherrier.

 

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