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Putain, ça fait combien de temps que je suis là, la gueule dans la neige ? Finalement, on ne s'en rend pas compte là comme ça, mais la neige, c'est une matière formidable. J'aimerais vivre dans la neige, rester ici, me bâtir un petit igloo et couper du bois de sapin.
Mais qu'est-ce que je fous ici en fait ?

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Mais qui es-tu, voix dans ma tête ?

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OK, maître cérébral. Je vais essayer de faire de mon mieux. Allez, je me concentre. Je vois, je vois...

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Ouais, un bus. Un bus plein de gens qui exercent le journalisme. Nous allons, nous allons direction...

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Mais attends, moi aussi j'exerce le journalisme.

PHOTO 8Accréditation.

Ouais, c'est bien ça, je suis venu ici pour le journalisme.
Tout se remet en place.
Je suis venu ici pour couvrir le Festival du Film Fantastique de Gérardmer.
Et ici tu sais, tout est vraiment fantastique.

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Le public est fantastique.

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Oh bien sûr, je ne vous oublie pas mes amis fantastiques.

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Toi.

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Toi.

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Toi et toi.

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Les bouis-bouis sont fantastiques.

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L'alcool local composé de vin et de chaleur est fantastique.

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Oui, vraiment.

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Mais merde, je divague.
Faut toujours que je parte dans la gaudriole.
L'alcool, la cravate sur le front.
Le LOL de bas-étage.
Je peux pas être sérieux 2 minutes ? Faut que je me reprenne.

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Tout à fait, maître cérébral. En creusant bien, des films, j'en ai vu plein.

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Split
, de Shyamalan. Film au scénario complètement névrotique. C'est dense, touffu. Viol, multi-personnalités, résilience... Bonne tarte dans la gueule.

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The Autopsy of Jane Doe
. Un vrai film d'épouvante/horreur qui fait peur. Pas la peine d'y chercher de multiples niveaux de lecture, ce film est un bel ouvrage sans prétention et c'est tant mieux. Bonne tarte dans la gueule.

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Clown
. Un mec fusionné en clown veut bouffer tous les gosses qu'il croise. Métaphore des pulsions pédophiles. Les 20 premières minutes sont excellentes. S'essouffle ensuite un peu.

Ah oui, et puis y'avait ça aussi :

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The Art Life
. Présenté hors-compétition, mais l'une des grosses baffes du festival.
Un docu sur David Lynch.
Sur ses 30 premières années d'existence terrestre, plus précisément.
Les joues rouges, suis d'ailleurs parti le soir même à la rencontre de Jon Nguyen, l'un des trois réalisateurs de ce petit bijou.

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Il m'a raconté qu'il leur a fallu plus de 12 ans pour faire ce documentaire, car avoir la confiance de David Lynch, ça ne se chope pas comme ça.
Attends, le mieux en fait, c'est que je le laisse parler : «on a choisi de traiter de sa jeunesse, de sa période «peintre» pré-Eraserhead parce qu'on a senti que celle-ci nous livrait les clefs de son cinéma et de ses obsessions. C'est une période de sa vie qui est mal connue. Cette fermentation artistique prend fin lorsqu'il débute sa carrière de cinéaste à L.A.».
Merci Jon. À bientôt.
Et après ça ? Mes vieux démons ont repris le dessus.

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Putain.

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Bon, ça y est, c'est fini ? C'est bon, je peux rester tranquille le pif dans la neige maintenant ?

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OK... OK... J'essaie...
Bernard...
Bernard Werber.
J'ai passé un moment avec Bernard Werber, putain.
Bernard Werber, le mec qui a écrit Les Fourmis.
Il a d'ailleurs pris une série de selfies de nous assez ratés.

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Bernard me dit qu'il est venu ici pour faire une conférence sur les chats dans le cinéma fantastique.
D'ailleurs, il adore ce festival : «je suis un fan de Gérardmer parce qu'il y a tous les avantages du Festival de Cannes sans les côtés chiants et prétentieux. En plus, j'y ai rencontré plein de personnes qui m'ont impressionnées, comme Irvin Kershner (réal' de L'Empire contre-attaque, ndlr), Paul Verhoeven, Christopher Lee... Vraiment, niveau snobisme, le festival de Gérardmer, c'est l'anti-Cannes.»
T'entends ?
Merci Bernard d'avoir su si bien résumer l'esprit du festival.

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Pendant ce temps-là, Jean-Paul Rouve, président du jury, croule sous les obligations. À défaut d'une interview, la presse locale résume la situation :

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Oui, maître cérébral.

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Orgueil, préjugés et zombies
. Croisement entre film de zombies et romance à l'eau de rose.
Costumes XIXème.
Arts martiaux.
L'effet marche 5 minutes et puis c'est fini.
Intéressant : ce film, par son manque d'originalité, est le parfait symptôme de l'essoufflement du genre «zombiesque».

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Under the Shadow
. Film à «atmosphère».
Se déroule pendant la guerre Iran/Irak = période historique et localisation géographique quasi-inédite pour un film d'horreur.
Sauf que : utilise parfois un peu trop grossièrement le jumpscare.
Et la gosse du film est aussi énervante que les pleurs d'un chiard dans un wagon de train.

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Grave
. Bonne claquasse.
Adolescence.
Bizutage.
Viande.
Cannibalisme.
Humour.
Et une bande-son qui tient la route.
Et Julia Ducournau, aussi (la réal').
Clairement le film favori pour remporter le festival. Ce qu'il a, sans grande surprise, aisément fait.
Grand prix du jury, et grand prix de la critique.
Bravo.

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Le reste du palmarès est ici.

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Bon, faudrait peut-être que je me barre aussi, que je rentre chez moi, à Paris.
Oui, lève-toi et marche, bordel ! La vie t'attend !

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Oh, et puis...
En fait, on remet Paris à plus tard.
Je suis bien là.
Le zen dans de la bonne poudreuse.

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