J’attaque samedi matin à 6h15 avec Flair, dénicheur d’idées, une émission du cru ELLE Girl, où l’on me promet d’apprendre à pimper mon quotidien. Il me semble qu’il est un peu trop tôt pour pimper autre chose que mon café, mais je ne réalise pas que je m’apprête à vivre vingt minutes de pur bonheur. «Élo lé fiii !!!» : premier gloussement, je pimpe mon haut de pyjama avec mon café-calva. Et puis c’est la grande aventure : en quelques minutes, j’apprends à respirer (BREAKING NEWS : c’est mieux par le ventre), à me faire des tresses, à être moi-même, à faire un cocktail ultra-frais et ultra-simple et ultra-sans alcool (miam le concombre qui flotte), à donner une seconde vie à un sweat gris-tout-basique mais surtout… j’apprends les bases de la géométrie. Il s’agit ici de pimper le fameux sweat-gris-tout-basique avec des triangles thermocollants un peu foufous, mais encore faut-il connaître l’astuce : «on fait des carrés que l’on divise en deux pour en faire… des triangles ! Oui c’est un sweat pour matheux», m’explique la voix off, qui estime donc que la grande section de maternelle (l’âge où on a droit d’utiliser des ciseaux), c’est un peu le Maths Sup de la femme.


Mon huitième café coule quand arrive Ellen DeGeneres. Diversitay !! Enfin, Ellen DeGeneres quoi, la lesbienne la plus acceptable de la planète. J’en prends pour trois shows. Je me réveille trois heures plus tard devant un épisode de
The Royals, soit Gossip Girl version (encore plus) cheap, aux princesses cocaïnées strassées comme des ados sortant de chez Jennyfer, aux reines mères slut-shamisantes et aux golden boys en costards Celio. Même le sous-titreur semble être sous-payé : «Princess peek-a-boo» (titre de presse à scandale avec photo de princesse déglingo montrant son slip en discothèque) devient en français «Coucou le minou !». Mon bol de Miel Pop's atterrit alors sur le mien.

Après une courte pause en plein air pour faire le plein de triple sec / oranges / mousseux (suivez mon strabisme), je reviens m’attabler devant l’écran-très-girl. M’attendent treize épisodes de Friends, soit une après-midi de folie dans les années 90. No way, je me casse sur Facebook. Sur la page de ELLE Girl (car je suis monomaniaque), je découvre les super punchlines de Cindy aka jaimelagrenadine.tumblr.com, type «le manque de bisous fait rétrécir les jeans» ou «je suis douce et gentille (sauf le lundi)». Je rallonge mon mimosa au triple sec.
Et je suis fort heureusement complètement #LouiseDelage quand débute l’émission Catwalks, l’actu des podiums », présentée par Inna (cocochocochanelcocochanelchocolat) Modja, qui me fait la joie de me gratifier des commentaires savants de Caro (BFF) de Maigret et Inès de La Fressange, à propos d’un défilé Chanelcocochanelchocolat. Un petit vomi et au lit.

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(je me disais bien qu’on avait un passif Inna et moi)

Dimanche. Brunch au coca devant #Follow Me, «24 heures dans la vie des femmes qui font l’actualité». Chouette alors, on va suivre qui aujourd’hui, Bernadette Chirac ? Nope, Cindy Bruna. Connais pas. Ah ben c’est une mannequin. Une femme qui fait grave l’actualité quoi. Je m’apprête à me faire un irish coffee pour supporter cette deuxième journée de haute culture quand me vient soudain une fascination malsaine pour les questions WTF de la journaliste de ELLE Girl. Au restaurant, Cindy Bruna entreprend de partager un poulet (Léa Seydoux) yassa avec son agent et la journaliste. Et bim : «c’est quoi ces belles origines, ce beau métissage il vient d’où ?», «et du coup tu puises quoi de ça ?» («ça» = «mon papa est Italien et ma mère  est Congolaise»), «est-ce que ton métissage c’est une force ?», «en tout cas c’était hyper-bon merci pour cette jolie découverte». Du coup OF COURSE, on enchaîne sur un lipsync avec sèche-cheveux de Cindy (métissée) Bruna sur Hold up de Beyoncé, la Noire la plus acceptable du monde. Diversitay bis ! Puis vient une interview «takotak» ultra-intéressante de type «métro ou Uber ?», «Paris ou Nouillork ?», «talons ou baskets ?». Où l’on apprend notamment que le meilleur compliment qu’on puisse faire à Cindy (femme qui fait l’actu) Bruna, c’est qu’elle est lumineuse, «dans le sens de la lumière». Ouiiin, OK.


Mais le clou de l’interview, c’est le questionnaire de Proust.  Mon top 3 :

- Si tu étais un vêtement ?
- Oui.
- … Lequel tu serais ?
- Ahahaha merde ouais voilà c’est ça la question… si j’étais un vêtement… mmmm… je peux pas être un sac ?
- Nan, c’est la question d’après. 
[SPOILER ALERT]

- Si tu étais un film ?
- Un film ?? Pas mal ! Euh… si j’étais un film… pas mal du tout hahahahaha merde il faut répondre ? Si j’étais un film, un film cool… un film qui me représente. Morgan, t’as une idée ?!!
[Morgan semble répondre du fond des chiottes] Ouais euh le film avec l’handicapé et le renoi, là !
- HAHAHAH Intouchables !! Donc si j’étais un film, je serais Intouchables. Pffffffff… hihihi.
Lol avec les handicapés.

- Si tu étais un endroit dans le monde ?
- Dans le Sud.
- Dans le sud de la France ???
- Ouais, dans le sud de la France, chez moi.
Dans le sud du Congo, nan, plutôt ? Allez…


La suite et fin du programme m’annonce un binge watching de sous-séries US : un sous-Sex and the City (Carrie Diaries), un sous-Melrose Place (Melrose Place nouvelle génération) et un sous-Beverly Hills (90210). Normal pour une sous-chaîne télé. J’abandonne. Regarder ELLE Girl TV, c’est comme aller chez Sephora : ça crame les neurones et ça rend malade.

À TENIR HORS DE PORTÉE DES HOMMES.

 

Animation de une : Scae.