En effet, vous ne l'aviez peut-être pas remarqué, mais dans ces films, quand les gens font l'amour entre eux ou avec des animaux, en général il y a de la musique derrière. Et pas que du saxophone. Plongée dans un genre méconnu, souvent catastrophique, et parfois génial : les bandes originales de films érotiques et porno.

AVERTISSEMENT : nous nous sommes efforcés d'intégrer à cet article un maximum de liens vers du contenu explicite susceptible de heurter la sensibilité du jeune public.

 

Pas besoin d'avoir un doctorat en popsociologie pour remarquer que le sexe est omniprésent dans la musique populaire, en général sous forme d'érotisme soft. Des déhanchés obscènes d'Elvis aux pseudo-frasques 90s de Madonna, en passant par les starlettes R'n'B/dance pas toujours bien propres (Britney, Lady Goda) ou les clips de rap-à-byatch : le cul fait vendre. Mais à condition de pas trop en montrer, pour passer quand même sur M6TF1MTV. Au maximum donc dans la pop : strings, corps huilés, paroles à double entrée et à l'extrême rigueur une pornstar dans un clip pour ados attardés (Julia Channel et Draghixa pour Silmarils, Janine Lindemulder pour Blink 182). Il n'y a guère que ces pornéo-nazis de Rammstein pour avoir osé baiser vraiment sur leur dernier single Pussy.
Pas de mystère donc : nichons = ventes de musique. Mais on remarque en général moins, à l'inverse, que depuis 80 ans la musique est tout aussi omniprésente dans le sexe filmé. Et ce dès les début du muet cochon, avec ses gourgandines, sa musette, son be-bop et même son jazz scat. Pourtant, cette musique qu'on appelle entre amis «musique de film de cul », reste largement méconnue. En gros on utilise cette expression à peu près à chaque fois qu'un morceau contient une rythmique vaguement groovy et du saxophone un peu cheap. Groove + saxo pourri : critère un peu large sans doute, puisqu'il engloberait du coup aussi le dernier Uffie.

Prime au Gonzo
Si la vraie musique des vrais films gredins reste largement inconnue, c'est d'abord parce qu'elle a aujourd'hui quasiment disparu. L'explosion de la production vidéo au milieu des années 1990, en ratatinant littéralement les coûts de production, a fait de la musique la variable ajustable idéale pour les producteurs. Et vu les droits demandés par les maisons de disques pour utiliser des morceaux existants, on est pas prêt d'entendre du Marvin Gaye ou les Beach Boys sur un gangbang. A part évidemment dans le cinéma traditionnel qui parle de porno : Boogie Nights sur la vie romancée de la porn star John Holmes et sa bo allstars disco ; Body Double de Brian De Palma, où Mélanie Griffith se désape sur du Pino Donaggio sublime ou du Frankie Goes to Hollywood. De fait, alors que les bandes originales composées spécialement pour un film fripon étaient nombreuses dans les années 70 et 80, elles ont aujourd'hui été remplacées par une infâme muzak fourguée au mètre par des boîtes d'illustration sonore : prix défiant toute concurrence et esthétique de type Mega Tuning vol. 12 garantis. Les films érotiques sont par nature plus épargnés par cette évolution, du fait de leurs budgets en moyenne plus élevés et de leur ambition esthétique (selon une échelle allant de David Hamilton à RTL9, dans l'ordre que vous préférez). Les films-où-on-voit-tout, en revanche, souffrent à plein de cette disparition de la musique. Surtout depuis le milieu des années 2000, avec l'avènement du porno 2.0 : prime au gonzo sans musique produit en quantité industrielle, consommation par fragments de scènes et niches hyper-spécialisées, et surtout accent mis sur l'intensité des actes et non sur leur esthétisation. Résultat : on imagine mal un producteur payer spécialement un compositeur pour son tripe DVD Extreme bukkake vol.28, ou un clip “shemale orgy” de 2 min 37 sec. Résultat : loin du saxophone funky, la bande-son standard de Pornhub aujourd'hui, c'est souvent pas de musique du tout, du lounge sous Tranxen, ou à la rigueur Peaches en son direct sur la chaîne hi-fi d'un couple amateur.

Bow-chika-wow-wow ?

Il faut s'y faire donc : en matière de musique de cul, c'était quand même un peu mieux avant. Car si on remonte un peu dans le temps, l'idée communément admise d'une musique de mauvaise qualité, purement fonctionnelle et réalisée par des musiciens inconnus n'apparaît que très partiellement vraie. Le cliché du “porn groove”, funk-moite-avec-wah-wah-bongos-et-saxo, est loin d'être systématique, à part dans le genre blaxploitafion (Blacula par Gene Page en 1972) ou Lialeh par Bernard Purdie en 1974. C'est cette image qui domine pourtant dans la culture populaire et qui donne lieu à un tag ID3 du même nom dans les genres pré-disponibles d'un fichier mp3. Il y a même en anglais une onomatopée qui imite le son de cette musique porno funky : “bow-chikka-wow-wow”, expression utilisée aussi bien dans des séries (Friends, Family Guy) des pubs de déodorant, ou même pour baptiser un girl group à côté duquel les Pussychattes Dolls apparaissent limite classe.
Ce mythe du bow-chika-wow-wow a été également renforcé par la circulation en peer-to-peer de morceaux de fausse musique porno, soit taggée “porn groove” à tort, soit provenant de compilations de pastiches réenregistrés dans les années 2000 spécialement dans cet esprit. Ainsi la série des compiles Pornosonic, avec le hardeur vétéran Ron Jeremy, joue délibérément sur l'ambiguïté de la vraie-fausse musique porno. Plus couillu encore : Matthew Strachan, compositeur de la musique de “Qui veut gagner des millions”,  a été jusqu'à inventer de toute pièce un faux compositeur allemand à moustaches : Klaus Harmony, “le Mozart du porno”. Et pas seulement pour déconner : entre 2006 et 2009, il réalise sous ce nom 5 disques parodiques Rhodes/Moog/Clavinet plutôt sexy, piégeant même à l'occasion quelques journaux. A peu près au même moment, une série de compilations un peu interchangeables (Porn grooves, Mondo Erotico et autres Parties Fines) semblait accréditer l'idée que la musique de cul, c'est soit du funk 70s, soit Emmanuelle, soit du funk 70s dans Emmanuelle.

De Patrick Juvet à Snoop Dogg
Ce mythe de la fausse musique porno s'est imposé d'autant plus facilement que la vraie est aussi longtemps restée inaccessible : jamais sortie la plupart du temps séparément des films, difficilement trouvable en vinyle, et pratiquement jamais rééditée en CD. Mais grâce aux sites de partage vidéo, au métamoteur Online Video Guide, et à certains blogs, il commence à devenir possible d'avoir une vue d'ensemble de ce mini-continent oublié. Et l'on découvre que des années 1920 à aujourd'hui, les musiques porno couvrent en fait tous styles, et sont souvent musicalement audacieuses. Avec même quelques pépites à faire mouiller n'importe quel amateur de musique : un inédit 10ccien de Gainsbourg pour Goodbye Emmanuelle, ou encore tel vinyle dont le magnifique photo-relief pubien se dévoile par surprise quand Victor Kiswell revient du “quartier rouge” de Berlin. Et si la plupart des auteurs de ces disques sont inconnus, on est surpris de croiser souvent des noms familiers : du jazzman Gato Barbieri aux soundtrackeurs italiens (Umiliani, Piccioni, Morricone) en passant par Patrick Juvet, Moroder, Snoop ou Thomas Bangalter, tous ont tenté leur score érotique et/ou porno. Même Eddie Van Halen en 2007, récoltant à l'occasion un Adult Video News Award (l'équivalent porno des Oscars) catégorie « meilleure musique », pour deux morceaux du film Pêché Sacré.

Porno punk gay
En réalité, cinéma porno et musique se sont toujours fait les yeux doux et interpénétrés (oui, il s'agit d'un jeu de mots). Nombreux sont les acteurs porno qui ont essayé de chanter, avec des fortunes diverses : si on peut tout à fait vivre sans le duo de Clara Morgane et Lord Kossity (J'aime, 2007 ), la compilation Porn to Rock (1999) ravira aisément vos amis dégénérés (particulièrement recommandé : le « punk porn » de l'acteur gay Johnny Toxic). Quelques rockstars se sont retrouvés acteurs porno malgré eux sur des sextapes. Bon en fait, il s'agit essentiellement du groupe priapique Mötley Crüe, dont l'une des spécialités était d'attraper systématiquement toutes les blondasses du porno californien, et comme des mollusques en plus. A l'inverse certains réalisateurs très considérés ont également tenté l'aventure porno + musique. Richard Kern a enrôlé la performeuse punk-porno Lydia Lunch et collaboré avec Sonic Youth : pas de jaloux, la musique est aussi nulle que le jeu des acteurs, sans même envisager éventuellement d'être excité. Steven Soderbergh s'est lui entiché récemment de Sasha Grey, star de l'alternative porn, musicienne indus, et accessoirement actrice la plus ribaude depuis Belladonna. Malheureusement, pas de chance pour son “mainstream debut” dans The Girlfriend Experience : on croirait une longue pub pour un parfum qui sent rien. En revanche, dans l'incroyable 9 Songs, Michael Winterbottom réussit le tour de force de filmer explicitement l'éphémère passion sexuelle d'un couple et de rendre l'écoute des Dandy Warhols, Primal Scream et autres Franz Ferdinand limite supportable, au cours des neuf séquences live entrecoupant les scènes porno.

Un peu perdus dans cet ensemble touffu ? Voici 8 grandes tendances pour s'y orienter.

1. Emmanuelle et ses ami(e)s

Dans les années 1970, au moment même où la France se déshonore avec sa variété, elle brille dans les BO de films interlopes. Avec en particulier Pierre Bachelet, dont le nom n'évoque certes pas immédiatement une leçon de tennis saphique ou un viol à Bangkok. C'est pourtant bien lui qui est l'auteur de la BO du film Emmanuelle de Just Jaeckin en 1974 : 1,4 million de 33 centimètres, et 4 millions de singles vendus quand même…Bachelet ne s'arrêtera pas là et composera également Emmanuelle 1, 5, 7, la série télévisée du même nom dans les années 1990. Il est tout à fait possible de ne pas avoir d'érection en écoutant ses BO érotiques, mais impossible d'en dénier la beauté, en particulier le score d'Histoire d'O., du même Just Jaeckin en 1975, chef-d'oeuvre de cordes et de nappes synthétiques. Dans la même veine délicadente, on versera également sans peine sa larmiche sur les très beau score d'Emmanuelle 2 ou Bilitis par Francis Lai. Les musiques des spin-off d'Emmanuelle (notamment Emmanuelle Nera et Emmanuelle in America par Nico Fidenco) recèlent aussi de nombreux trésors de discoïts déviants ou d'afrobite bancale. A noter que c'est Gainsbourg qui avait été d'abord contacté pour Emmanuelle, mais il avait refusé, ne sentant pas la mode venir - fait rare chez lui. Devant l'énorme succès de la série, il se rattrape évidemment aussitôt avec le troisième du nom, Goodbye Emmanuelle, et son texte qui calembourre sévère : « Emmanuelle aime les intellectuels et les manuels, Emmanuelle aime les caresses musicales et manuelles ». Pour les snobs uniquement, voir aussi sa musique du film érotique Madame Claude en 1977, entre jazz-disco-funk intrumental et world music ratée.

2. L'italo-érotica

Les Italiens ne sont pas que les rois de la drague et du crime organisé. Dans les années 60-70, ils furent aussi les champions des BO érotiques. Et elles intriguent encore aujourd'hui, bien qu'ayant subi l'épreuve du sampling dimitrifromparisien à la fin des années 90, et un peu trop nourri le revival easy-listening de la même époque. Elles méritaient mieux. Ainsi  par exemple la trilogie comique et érotique (et vice et vera) scorée par Piero Umiliani (La Ragazza Fuori Strada (1971), La Ragazza Dalla Pelle Di Luna (1972), et Il Corpo (1974) ou Camille 2000, avec sa descente d'orgie suivie d'une descente d'organ Hammond de Piero Picioni. Même Morricone a tenté l'aventure, dans des films allant du kitsch au kitsch, en passant par le kitsch culte. On retiendra en particulier Danger : Diabolik de Mario Bava en 1968, avec ses voitures qui vont vite et ses mosaïques sur vulves. Ou encore 10 ans après, Dedicato Al Mare Egeo, que Bertrand Burgalat essaye d'égaler depuis 15 ans, gimmick chapi chapo compris. 1000e degré requis en revanche pour sa pourtant belle BO de Butterfly, nanar aussi sulfureux que Valérie Pécresse, en dépit de la jeune et jolie Pia Zadora.

3. Le “porno chic” 70s

Aux Etats-Unis, l'année 1972 est selon le New York Times celle du « porno chic ». Pas le stylisme plouc du même nom, mais la tentative de faire fusionner cinéma X et cinéma traditionnel. Sortent alors coup sur coup Derrière la porte verte, The Devil in Miss Jones et surtout Deep Throat de Gerard Damiano ( Gorge Profonde), premier film porno d'audience nationale aux Etats-Unis, encensé par Truman Capote ou Jack Nicholson. Au-delà du scénario, qui fascinera certains (l'héroïne a un problème : son clitoris est situé au fond de sa gorge, ce qui autorise toutes sortes de variations narratives), il s'agit du premier film porno monté sur une musique et des effets sonore originaux spécialement composés pour l'occasion. L'acteur Ron Jeremy se souvient : « Il y a cette scène où le gars jouit dans la bouche de Linda [Lovelace, NDA]. On entend alors des explosions de bombes, pendant que le groupe joue une musique patriotique. ». Ce qui ne ressemblait à rien de ce qui se faisait à l'époque. Le score, sorte de John Barry poisseux croisé avec du Benny Hill, est passionnant dans son entier (vol.1 et 2). Il fut difficilement trouvable pendant des années, avant d'être réédité en CD au début des années 2000, sans que le label soit en mesure de retrouver les noms des musiciens qui restent à ce jour largement inconnus, volontairement ou non. Bien plus chic en tous cas que les grosses fanfares jerk du redneck Russ Meyer, aussi lourdes que les nichons qui l'obsèdent ad nauseam (Mondo Topless ou la série des Vixens).

4. La tendance Radio France

Qui a dit qu'on devait forcément se prendre les fesses sur d'obscènes musiques populaires ? Certains compositeurs de BOF font au contraire le pari de la classe et de la musique sérieuse. Ainsi, pour la musique du Dernier tango à Paris, Gato Barbieri écrit un jazz sexophonique presque aussi mou que le beurre de la fameuse scène du beurre mou. Dans le même genre très sérieux, la BO de l'Empire de sens en 1976, fera le bonheur du groupe Air, avec ses harpes et instruments traditionnels japonais, mais ennuiera tous les autres. Beaucoup plus réussie, la musique délicate et inspirée d'Alden Shuman pour The Devil in Miss Jones de Gerard Damiano en 1973 : cordes, orgues et vibraphones lyriques, et surtout un thème mélodique superbe au piano, décliné tout le long du film. Soit l'inverse de la musique du remake de 2005, The New Devil in Miss Jones et sa drum n'bass hydrocéphale. Mais on se consolera aisément avec le premier rôle de Savanna Samson. Ultime blasphème, dans le genre “Le porno se la joue classique” : une imitation de Satie pour une scène fétichiste de Damian.

 

5. La tendance expérimentale

Il n'est pas rare que les réalisateurs X de premier plan aient leur compositeur attitré. Ainsi l'hyper-surestimé Andrew Blake, qui réussit le tour de force de réaliser des films porno plus ennuyeux et prétentieux que les pires David Lynch, travaille systématiquement avec un dénommé Raoul Valve. Et ce dernier lui compose à chaque fois la même mélasse jazz-lounge avec bruit de vent mystérieux intégré. Beaucoup plus intéressants, les score de Body Love 1 & 2 en 1977, par Klaus Schülze, pionnier du Moog ambient. Pas de funk, pas de joie, pas de cocktails coquinous avec option sur Maman : dans les films de Klaus Lasse, on baise outdoor en faisant la gueule, sans s'épiler, et sur des plages de synthés spatiaux de 22 minutes minimum. Besoin d'une autre raison de s'intéresser à ces deux films ? On peut y croiser cette gaupe de Catherine Ringer en train de faire de la balançoire avec une amie, sous le pseudo de Lolita Da Nova.

6. L'âge d'or 80s


On pense souvent que la musique porno était meilleure dans les années 70, comme l'herbe et les présidents de la République. En fait non. Trop souvent illustrative et superficielle, elle ne rivalise pas avec le robot porn ou l'électro décadente des BO 80s. C'est froid, c'est triste, c'est mal foutu, ça n'a strictement rien à voir avec ce qu'on voit à l'écran. C'est hyper frais quoi. Au choix dans ce registre : synth-pop rétro futuriste pour femme-chat lubrique chez Moroder,  ménage-à-trois à sur reggae électro approximatif, ou encore “Mme MILF fait la vaisselle sur fond de Miami Vice flippant” . Et enfin, dans le genre crasse et borderline, laissez donc tomber “Lemon incest” et préférez la série 80s des Taboo : groove K2000 et fiston dégénéré garantis.

7. La french touche


Au sein de l'océan vidéo mondial, la production française des années 1990-2000 n'a pas à rougir en terme d'illustration sonore, notamment parce que quelques musiciens talentueux se sont essayés au score porno durant cette période. Ainsi le réalisateur John B. Root (il s'agit de son vrai nom, NdA) collabore souvent avec Charlie O, organiste et collaborateur de Katerine, Rubin Steiner, Peter Von Poehl ou Etienne de Crécy entre autres. Eric Chédeville, connu pour avoir fondé en 1997 le label Crydamoure et le Knight Rider avec Guy-Manuel de Homem-Christo, fut aussi l'un des compositeurs attitrés de Marc Dorcel. Pas étonnant que Sébastien Tellier ait été le chercher pour jouer les basses de cul sur son album Sexuality (« sexualité » /« Marc Dorcel » : vous suivez ?). De même, le réalisateur Jack Tyler travaille régulièrement avec The Girl Trouble Band, groupe électro-pop ou évolue notamment Tepr d'Abstrakt Keal Agram. A écouter en particulier : la BO de La Vierge et le Démon, pour sa musique synthético-roubaixienne bien sûr, et puis aussi un peu pour Tiffany Hopkins. Quant à Thomas Bangalter enfin, c'est irréversible, il restera à tout jamais le compositeur des infâmes infrabasses de backrooms de l'infâme film du même nom en 2002.

8. La tendance gangsta


En 2001 Snoop Dogg se dit qu'il doit y avoir un bon nombre de mâles frustrés par tous ces clips « champagne + pussy » où en fait on ne voit même pas le début d'un vrai bout de nichon. Coup marketing génial, il décide alors de produire Snoop Dogg's Doggystyle, film juxtaposant des clips avec des morceaux fonds de tiroirs, et des scènes porno explicites mettant en scène quelques stars du X black (Marcus, India). Pas de panique hein, on aperçoit jamais le kiki à Snoop : le film juxtapose simplement des scènes pussyves et quelques entractes où Tha Doggfather déambule mollement autour de la piscine avec ses camarades Playstation, ou désigne sa byatch préfèrée avec sa canne. No homo, nigga : dans ces interludes, les mecs sont évidemment tous habillés et passifs-agressifs, pendant que deux -trois filles font semblant de se lécher en arrière-plan. Peu importe, le succès est énorme : Doggystyle devient la première vidéo porno classée dans les charts Billboard, et remporte l'AVN de la meilleure musique en 2002. Du coup de nombreux rappeurs lui emboîtent le pas (Too Short, Ice-T, Redman, Warren G) en sortant des vidéo où ils font les MC hardcore. Même Dorcel y est allé de son remake avec Rap integral en 2004 : 300 000 euros de budget, Oxmo Puccino à la BO, et une punchline surgay : “au plus profond du rap”.


Cyril 2Real

(Cet article est paru dans une première version dans le regretté magazine Blackpool, NDLR)