Adèle / 16 ans / Débutante / a testé «Bien faire l’amour en 10 leçons» selon Elle

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«Selon Elle, selon Elle… Selon lui en fait : Gérard Leleu, sexologue et thérapeute du couple, qui me prodigue “ses conseils pour être (encore plus) épanouie au lit“. Vu que j’ai déjà couché une fois et demi avec mon prof de théâtre, je doute qu’il m’en apprenne beaucoup le Gérard, m’enfin pourquoi pas. Donc Elle aka Gérard, après m’avoir expliqué brièvement comment me palucher (exercice qu’il a dû lui-même mettre en pratique en écrivant ces lignes), entre sans plus attendre dans le vif du sujet : “votre homme“. Je prends note de tout ce qu’il faut – ou plutôt tout ce qu’il ne faut pas – faire : ne pas braquer l’homme en le critiquant, ne pas être trop crispée si on veut bien sentir l’homme en soi, ne pas se croire à la gym, ne pas respirer n’importe comment, ne pas espérer avoir un orgasme mais se contenter de “la tendresse, le contact physique et le plaisir“, ne pas simuler sinon l’homme ne pourra jamais s’améliorer, ne pas laisser faire l’homme sans lui expliquer au préalable comment fonctionne un clitoris, ne pas continuer après l’orgasme, “pourquoi aussi ne pas mettre votre homme au cunnilingus ?“, ne pas se priver d’un bon massage du col de l’utérus, ne pas se mettre la pression sur la fellation mais tâcher d’y prendre du plaisir quand même, ne pas se précipiter sur le sexe de l’homme, ne pas faire l’étoile de mer, ne pas mal réagir en cas de panne chez l’homme, ne pas avoir le narcissisme de croire que c’est de notre faute à nous la femme, ne pas inquiéter l’homme et surtout, SURTOUT ne pas se moquer de l’homme sinon “c’est une blessure à vie“. En fait, il y a beaucoup de blabla et les 10 leçons se résument tout simplement à être éveillée, pédagogue, détendue, indulgente, précise, téméraire, compréhensive, compétente, flexible et diplomate. Easy. Elle doit être un peu relou, la femme de Gérard, pour qu’il ait à ce point besoin de rappeler les bases. Pour moi, rien de nouveau sous le soleil. Et assez perdu de temps comme ça, j’ai répète de théâtre (la pièce s’appelle Champagne et doigt dans le cul btw).»

 

Marie-Aude / 23 ans / Blogue-trotteuse / a testé «10 lieux insolites pour faire l’amour» selon Femme Actuelle

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«Les lieux insolites, ça me connaît pas mal. Ma dread à couper que j’ai déjà testé les 10 de Femme Actuelle. “Dans la voiture“ ? Claaaassique. Quand j’ai fait mon PVT en Nouvelle-Zélande, y’a pas mal de backpackers qui ont tourné dans mon combi. Je dirais que tout est dans l’aménagement du véhicule. Visiblement sur la photo, le lit est en transversal - je déconseille parce que c’est certes un gain de place, mais ergonomiquement, c’est pas intéressant. Pis les talons on évite hein, ça nique le tapis de sol. “Dans l’avion“ ? Alors là je mets mon véto. “Sous une couverture, les jeux à deux passent inaperçus“ : faux. Du moins pas en classe éco. De toute façon, en surbooking tu choisis pas ta place, donc peu de chance de te retrouver à côté de ton gars. “Sur la plage“ ? Bof. Quand j’ai fait le Viêtnam, j’ai chopé des parasites, ça m’a calmée. “Dans la nature“ ? Ouais, ça dépend dans laquelle. “Laissez-vous aller, vous avez du temps devant vous et aussi de l’espace“, euh… Quand j’ai fait l’Afgha, fallait pas traîner en rando après 17h, hein. “Dans les douches du camping“ ? Grave ! Quand j’ai fait le Rwanda, les douches du camp de réfu', c’était le meilleur endroit pour niquer. Personne n’y foutait les pieds, y’avait pas d’eau ! “Dans la piscine“ ? Alors là les meufs je vous préviens, le chlore dans la chatte c’est anti-glam à souhait. Quand j’ai fait l’Algérie, j’ai dû être rapatriée trois jours après mon arrivée sur le chantier huma. “Dans les toilettes d’un musée“ ? Truc de touristes. Jamais fait. À moins que les toilettes de la cathédrale de Chartres, ça compte ? (Pélé 96 des guides d’Europe). “Dans une ruelle“ ? Dangereux. Ça me rappelle quand j’ai fait l’Angola. Nan, faut pas. “Au cinéma“ ? Lol, genre c’est le premier truc qu’on va reconstruire pour que tu puisses te faire sauter, Femme Actuelle, t’es mignonne. “Au travail“ ? Ouais, pas facile de baiser en creusant un puits, quoi. “Vous avez prévu de finir tard ? Faites venir votre amant quand vos collègues sont partis“. Peut-être j’aurai l’occase de tester en Syrie…»

 

Astrid / 29 ans / Célibattante / a testé «adopter la frange pour avoir plus de succès sur Tinder» selon Grazia

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«Grazia balance un pavé dans la mare : “il semblerait que les filles à franges seraient plus likées que les autres“. Hashtag concordance douteuse des temps. En parlant de concordance, je matche pas souvent ces temps-ci, moi, sur Tinder. Et quoi, ça tiendrait à ma nudité frontale, sérieusement ? Dans un article connexe, Grazia dit que la frange, “il n’y a pas mieux pour rebooster son look“, oui mais aussi que attention, “les hommes n’aiment pas ça“. Hashtag foutage de gueule. Que c’est un excellent cache-misère, mais que quand on a les cheveux fins ou frisés, c’est carrément la misère. Hashtag peste ou choléra. Que “beaucoup d’entre nous peuvent porter la frange“, mais que quand même, “tout le monde n’a pas une tête à frange“. Hashtag foutage de gueule bis. Et enfin que la frange met les yeux en valeur, mais aussi “le nez de Cyrano ou de Barbara Streisand“. OK, donc mon strabisme divergent, mon pif à étages et moi, on n’est visiblement pas éligibles à la frange et condamnés au sous-classement sur Tinder. J’ai quand même voulu tester l’impact capillaire en collant une photo de Caroline de Maigret sur mon profil. Hashtag rideau de cheveux. Hé oui. Ça a fonctionné. Du like en veux-tu en voilà. Et match, match et re-match. J’aborde alors un des types : “BOUH ! C’est Caroline.“ Pas de réponse. “C’est pas moi, c’est la frange, lol !“. Pas de réponse. “Quoi ma frange, qu’est-ce qu’elle a ma frange ?“. Pas de réponse. “Bon tu peux juste me dire pourquoi tu m’as likée steup ?“, “J’ai lu quelque part qu’il semblerait que les filles à franges likeraient plus souvent les mecs sur Tinder (hashtag syntaxe bof)“. Lire Grazia et perdre une demi-journée d’espérance de vie.»

 

Muriel / 34 ans / Femme à femmes / a testé «9 bonnes raisons de coucher le premier soir» selon Cosmopolitan

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«Déjà, la première raison sine qua non, selon Cosmo, de coucher le premier soir, c’est d’être une femme en présence d’un homme. Cela dit, ça ne les empêche pas de citer Oscar Wilde dans l’intro, les chacals : "les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais". Ben voyons. Bref, j’ai déjà faux sur le point 0, vu que je suis en train de faire un inventaire des lesbiennes locales sur Wapa (ouais ouais, Brenda c’est Wapa maintenant), mais je ne m'en laisse pas conter par Cosmo et fais fi du masculin singulier qui me pique les yeux à chaque ligne. Lecture mode invertator : ON. Sur Wapa, je tombe sur Héloïse, un peu boubourge coincée sur la photo, mais qui semble du genre à faire tomber le Barbour quand elle rentre de l’équitation. Cosmo me suggère de foncer si “à côté du sien, le corps de Shemar Moore ressemble à celui de Gérard Depardieu“. Shemar Moore ? Je vois pas c’est qui. Google images : ah ben non merci. En revanche, Gérard... Peu convaincue, je me penche sur la 2ème raison, qui m’invite à me demander si Héloïse “sera un des gars auxquels vous repensez des fois“. Rien n’est moins sûr, mais je vais quand même vérifier sur Facebook que je ne passe pas à côté d’une bombe (d’équitation, lol). Constatant que nous n’avons aucune gouine en commun, je reconnais qu’elle me “traite vraiment, vraiment bien“ (raison n°3) et je me lance dans un chat endiablé avec elle. Je lui sors le coup de la bombe (d’équitation, lol), ce qui me vaut un “tu te caches toujours derrière l’humour quand tu communiques avec les gens ?“. “Avec lui, pas besoin d’antidépresseurs“, me rappelle Cosmo, je passe donc mon chemin. Plus tard, je rencarde HuitiemePassagere, dont le selfie “fish gape“ m’a globalement inspiré confiance et, alors que nous échangeons quelques banalités devant une pinte tiède, force est de constater qu’il ne lui suffit pas “de parler de sa journée pour que vous vouliez lui sauter dessus“. Mais comme j’ai plus foi en la bière qu’en Cosmopolitan, je passe directement à la raison suivante : “il a l’air d’être vraiment doué au lit“. Et l’expert ès premier soir de préciser : “sa façon de vous caresser la main, de replacer une mèche qui tombe sur votre visage… tout ce qu’il fait est une bonne raison de se lancer“. Je regarde ma HuitiemePassagere, cramponnée à sa bière, soufflant sur la mèche grasse qui lui tombe sur le nez et décide de passer à l’action. Ayant honoré plusieurs congénères la semaine passée, je ne me sens nullement concernée par la raison n°7 (“ça fait longtemps que vous n’avez pas fait l’amour et ça ne le gêne pas“), quand soudain, la n°8 me laisse pantoise. “Quand vous vous embrassez, vous faites un aller-retour vers la lune“. Ah. Est-ce qu’un aller-retour à Créteil-Préfecture ça compte ? Je prie pour que l’ultime conseil de Cosmo me conforte dans ma décision… “Parce que vous en avez envie“. Voilà, donc selon Cosmo, pour coucher le premier soir, être hétéro ça coule de source, mais avoir envie, ça vient après Depardieu, les antidépresseurs, la lune et tout le bordel. Ben trop tard les mecs, on vient de passer Maisons-Alfort-Stade, là.»

 

Samya / 47 ans / Lady / a testé «quand les couples se vouvoient» selon Madame Figaro

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«Pour faire une surprise à mon Richard, qui bande mou depuis Noël dernier, j’ai décidé de faire comme ils disent dans Madame Figaro : le vouvoyer. Pensant que ça pimenterait un peu nos after-JT et que ça donnerait bien pendant nos engueulades, je me suis lancée un soir. Au début, ça nous a amusés - “vous me passez le sel ?“, “ayez la gentillesse de zapper, c’est l’heure de Plus Belle La Vie", “je vous remets un coup de pinard ?“ etc. Mais mon Richard, c’est comme le Michel de Madame Figaro qui dit, à propos du vouvoiement de sa femme : “cela montre des égards, je l’utilise quand je veux être gentil“. Du coup, quand le ton a monté à propos de la rayure sur sa bagnole et du malus de l’assurance, je me suis pris un “tu chies dans la colle“ et surtout une tarte. Puis il est redescendu un peu, on a commencé à se taquiner la brioche et on est montés au lit. Alors j’ai repris le “vous“ pour voir et ça a rallumé l’engin : “enfin, vous revoilà !“. “Mais à qui tu parles ?“, me demande mon Richard. Oui, parce qu’il faut savoir que ça portait un peu à confusion. C’est qu’avec mon Richard, on s’est attribués des petits noms d’oiseaux aux parties, voyez ? Le Moineau pour ses bijoux de famille, La Tourterelle pour mon petit jardin. S’en est donc suivi une conversation de sourds, où mon Richard pensait que je le tutoyais mais vouvoyais Le Moineau, alors que moi, je disais vous à tout le monde, sauf à ma Tourterelle… “Samya, qui c’est que revoilà ? Le Moineau, moi et Le Moineau, juste moi, ou La Tourterelle, à la fin ???“. Je me suis pris une deuxième tarte et j’ai pleuré en repensant à la mère Le Quesnoy qui, elle, avait droit à des “vous me faites bander Marielle“, à la mère Dombasle qui devait être blasée à force d’entendre son Bernard lui dire “je vous félicite“ chaque fois qu’elle repasse ses chemises blanches, pis aussi à la femme de Michel qui, comme moi, se prend sans doute des torgnoles à la deuxième personne du singulier. Quant à la psychologue de Madame Figaro qui pense que se vouvoyer, c’est adhérer “à une certaine idée du couple, dans laquelle on ne se relâche pas“, j’aimerais bien l’avoir à dîner un de ces quatre.»

 

Christiane / 71 ans / Fashion victime / a testé «les 8 tendances sexe de la rentrée» selon Glamour

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«Depuis que Jean-Claude m’a larguée pour une vieille, je m’ennuie ferme. Pas que je me sente bafouée ou quoi, ça faisait des années qu’on se faisait des coups bas, moi j’avais mes habitudes sur Adopte, lui visiblement plus sur Cougar4U. Et Adopte justement, j’en ai ma claque. Eurêka, Glamour (un magazine qui me ressemble), me suggère 8 nouveautés cul. Alors, allons-y roulez jeunesse… 1/ “La sexualité libre“. Allô, la liberté c’est so seventies ! On me dit de faire comme Kristen Stewart qui “annonce ne pas croire au terme d’homosexualité ou de bisexualité“. Or, vu que moi j’y crois, je passe. 2/ “Le divorce selfie (…), histoire d’officialiser qu’on se sépare en bons termes (et d’amortir en douceur sa future remise sur le marché du célibat ?)“. Lol, avec Jean-Claude on n’a pas pensé à se prendre en photo pendant qu’il sautait sa vieille et moi mon légionnaire... Next. 3/ “Le ghosting“. Ah ouais, je connais. Mais la air-baise, c’est pas pour moi, merci. 4/ “La saine abstinence“. WTF. Ç’aurait été un truc malsain encore, mais là je vois pas. Je passe. 5/ “Le bébé Tinder“. Trop tard. 6/ “La gender party“. Aaaaaah ben voilà, ça c’est fetch. J’imagine que ça consiste en une joyeuse partouze pansexo-genderqueer, alors, comment ça se passe ? Glamour décrit des “ballons, gobelets recyclés et sourires béats pour annoncer à famille et proches le sexe du bébé qu’on attend, surtout si c’est le premier“. Whaaaaat ??? Le coup du gâteau-surprise achève de m’achever : “il suffit de voir dès la première tranche, sous le glaçage trop sucré, si l’intérieur du gâteau est rose ou bleu, au grand dam des féministes qui ont un peu envie de s’affranchir du typique code couleur“. Ah, parce que les féministes sont invitées à ce genre de conneries en plus ? XPTDR. 7/ “Les coloc’ with benefits“. Ben du coup j’ai peur, c’est quoi, des morpions ? “Prête-moi ton corps, je te file un matelas“... Ah ben non, c’est des acariens. Glamour trouve ça “glauque et illégal“. Moi : déjà vu. Ne me reste plus qu’un seul espoir donc… 8/ “Le grand retour de l’e-mail“, parce que ça permet d’exprimer “ses meilleurs mots d’amour“. Torride. Et sinon Glamour, quand est-ce qu’on baise, en 2017 ?»


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Visuel animé : Scae.