Meilleur Film : THE BIRTH OF A NATION (Nate Parker)
Autres nommés :
- Billy Lynn's Long Halftime Walk (Ang Lee)
- Manchester by the Sea (Kenneth Lonergan)
- Silence (Martin Scorsese)
- Sully (Clint Eastwood)
- La La Land (Damien Chazelle)
- Money Monster (Jodie Foster)
- Zootopie (Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush)

Bien que méconnu du grand public, Nate Parker aura été la star de cette cérémonie. Il est le réalisateur, scénariste et acteur principal de The Birth of a Nation, récit de la révolte d'esclaves noirs peu avant la Guerre de Sécession, déjà vainqueur du Prix du Jury au Festival de Sundance 2016 et qui s'octroie cette fois-ci la récompense la plus prestigieuse du cinéma américain.

The Birth of a Nation coiffe au poteau un autre film d’époque, Silence de Martin Scorsese, qui raconte le voyage dans le Japon du XVIème siècle de deux missionnaires portugais interprétés par Andrew Garfield et Adam Driver. Dans la catégorie reine des Oscars, on retrouvait également le dernier film de Clint Eastwood, Sully, récit de l’exploit réalisé en 2009 par le pilote de ligne Chesley Sullenberg : faire amerrir d'urgence sur l’Hudson River un avion accidenté rempli de touristes épouvantés.
Autre perdant : le film d’Ang Lee Billy Lynn’s Long Halftime Walk, adaptation du roman éponyme de Ben Fountain qui avait pour thème l’histoire d’un groupe de soldats ayant survécu à une embuscade en Irak et se retrouvant en permission pendant quelques jours aux Etats-Unis avant de repartir au combat.
Dans un registre plus léger, Damien Chazelle, le réalisateur du surprenant Whiplash en 2014, concourait pour La La Land, comédie musicale avec Emma Stone et Ryan Gosling. Quant à Zootopie, dernière grosse production des studios Disney, elle faisait office de figurant dans cette catégorie très relevée et a par ailleurs remporté l’Oscar du meilleur film d’animation, comme ce fut le cas par le passé avec Toy Story 3 et Là-Haut.

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Meilleure Réalisation : JODIE FOSTER (Money Monster)
Autres nommés :
- Nate Parker (Birth of a Nation)
- Ang Lee (Billy Lynn's Long Halftime Walk)
- Martin Scorsese (Silence)
- Clint Eastwood (Sully)

Jodie Foster devient la deuxième femme de l’Histoire à obtenir l’Oscar de la Meilleure Réalisation, après Kathryn Bigelow en 2010 (Démineurs). Dans Money Monster, elle dirige George Clooney dans le rôle d’un expert financier qui anime une émission de télévision très populaire et qui se retrouve pris en otage en direct par l'un de ses téléspectateurs.


Meilleure Actrice : NATALIE PORTMAN (Jackie)
Autres nommées :
- Emma Stone (La La Land)
- Meryl Streep (Florence Foster Jenkins)
- Marion Cotillard (Five Seconds of Silence)
- Emily Blunt (The Girl on a Train)

Fun fact : Laurent Weil et Didier Allouch, envoyés spéciaux à Los Angeles pour commenter la cérémonie avec Canal +, ont répété 462 fois le nom de Marion Cotillard au cours des six heures de direct. Malheureusement, l’actrice française n'a, pour sa troisième nomination après La Môme et Deux jours, une nuit, pas remporté la statuette pour le superbe film de guerre de Robert Zemeckis, Five Seconds of Silence, dont elle partageait l’affiche avec Brad Pitt.
C’est à Natalie Portman qu’est revenu le précieux trophée (qu’elle avait déjà obtenu en 2011 avec Black Swan) pour son rôle dans Jackie. Réalisé par le réalisateur chilien Pablo Larrain, le film raconte les quatre jours qui ont suivi l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, selon le point de vue de sa veuve (Jackie, donc).
Comme tous les ans, Meryl Streep était évidemment nommée, cette fois-ci pour le biopic de la "cantatrice" Florence Foster Jenkins, dont la vie avait déjà été librement adaptée par Xavier Giannoli en 2015 avec Marguerite. La recordwoman de nominations aux Oscars enregistre cette année la dix-septième défaite de sa carrière (pour trois victoires, quand même). Même punition pour Emily Blunt, malgré sa performance dans The Girl on a Train de Tate Taylor, adapté du best-seller de Paula Hawkins.
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Meilleur Acteur : CASEY AFFLECK (Manchester by the Sea)
Autres nommés :
- Nate Parker (The Birth of a Nation)
- Tom Hanks (Sully)
- Joseph Gordon-Levitt (Snowden)
- Michael Keaton (The Founder)

Après une nomination pour son second rôle dans L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Casey Affleck l’emporte cette fois-ci dans la catégorie Meilleur Acteur pour Manchester by the Sea, où il incarne un homme qui doit s’occuper de son neveu de seize ans (Lucas Hedges) après la mort brutale de son frère (Kyle Chandler). Premier film Amazon primé aux Oscars, Manchester by the Sea avait réalisé un joli parcours depuis sa présentation au Festival de Sundance en 2016.
L’Académie n’a donc pas été séduite par la prestation de Joseph Gordon-Levitt en Edward Snowden dans le film d’Oliver Stone, ni par celle de Michael Keaton dans The Founder, biopic du fondateur de McDonald’s. Quant à Tom Hanks, son rôle de pilote héroïque ne lui a pas permis d'enregistrer sa troisième victoire (après Philadelphia et Forrest Gump) malgré la déjà célèbre scène de l’extincteur coincé.

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Meilleure Actrice dans un Second Rôle : RACHEL WEISZ (The Light Between Oceans)
Autres nommés :
- Michelle Williams (Manchester by the Sea)
- Kirsten Stewart (Billy Lynn’s Long Halftime Walk)
- Rooney Mara (Weightless)
- Julia Roberts (Money Monster)

Déjà lauréate en 2006 pour sa première nomination (The Constant Gardener), l’actrice anglaise Rachel Weisz s’impose une seconde fois pour son rôle dans The Light Between Oceans de Derek Cianfrance (réalisateur de Blue Valentine et The Place Beyond the Pines). Le film met en scène un couple incarné par Michael Fassbender et Alicia Vikander adoptant un bébé trouvé dans un bateau au bord d’une plage et qui en subira les conséquences désastreuses.
Troisième défaite pour Rooney Mara après ses nominations de 2012 (Millenium) et 2016 (Carol), qui concourait pour son rôle dans la dernière réalisation de Terrence Malick, Weightless, film choral faisant intervenir une véritable chiée de stars dont Ryan Gosling, Christian Bale, Natalie Portman, Cate Blanchett, Michael Fassbender, Val Kilmer et Benicio Del Toro.


Meilleur Acteur dans un Second Rôle : LIAM NEESON (Silence)
Autres nommés :
- Nick Offerman (The Founder)
- Adam Driver (Silence)
- Michael Shannon (Loving)
- Kyle Chandler (Manchester by the Sea)

Ce cru 2017 marque le comeback de Liam Neeson, qui excelle en prêtre jésuite portugais et chevelu dans le dernier film de Martin Scorsese. L’acteur semble petit à petit revenir à la raison après quelques écarts de conduite dans certaines productions douteuses au cours des années 2010, et devance son coreligionnaire Adam Driver, qui étrennait là sa première nomination aux Oscars.
Michael Shannon rentre également bredouille malgré sa prestation dans Loving, de l’infatigable Jeff Nichols (Take Shelter, Mud, Midnight Special), l’histoire vraie de Richard et Mildred Loving, condamnés dans les années 1950 pour mariage interracial. Shannon y joue le rôle de Grey Villet, photographe de Life Magazine chargé de faire un reportage sur le couple. Kyle Chandler non plus ne semble pas avoir convaincu en frère mort dans Manchester by the Sea.

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Meilleure photographie : AVÉ CESAR (Roger Deakins)
Autres nommés :
- Weightless (Emmanuel Lubezki)
- Le bon gros géant (Janusz Kaminski)
- Gold (Robert Elswitt)
- Billy Lynn’s Long Halftime Walk (John Toll)

Après treize nominations infructueuses (en 1995, 1997, 1998, 2001, 2002, 2008 x2, 2009, 2011, 2013, 2014, 2015, 2016), c’est enfin la consécration pour le Poulidor des Oscars Roger Deakins. Sa photographie pour Avé César des frères Coen met fin à une série de 21 années de lose, et prive Emmanuel Lubezki de sa quatrième victoire d’affilée dans cette catégorie. En effet celui-ci l’avait emporté les trois années précédentes avec Gravity, Birdman puis The Revenant, et était nommé cette année pour Weightless de Terrence Malick.
Dans la même catégorie, Janusz Kaminski concourait pour gagner son troisième Oscar pour un film de Steven Spielberg (après La Liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan) mais n’a pas convaincu avec son travail sur Le Bon Gros Géant, adaptation du célèbre roman de Roald Dahl.
Le lauréat de 2008 Robert Elswitt (There will be blood) était cette année en lice pour Gold, aventure indonésienne avec Matthew McConaughey et Bryce Dallas Howard, tandis que le double-vainqueur John Toll (Légendes d’Automne, Braveheart) concourait pour Billy Lynn’s Long Halftime Walk.

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Meilleur Film Etranger : ELLE (France, Paul Verhoeven)
Autres nommés :
- Juste la fin du monde (Canada, Xavier Dolan)
- Julieta (Espagne, Pedro Almodovar)
- La Fille Inconnue (Belgique, Luc & Jean-Pierre Dardenne)
- The Handmade (Corée du Sud, Park Chan Wook)

Quatre ans après la consécration d’Amour de Michael Haneke, c’est à nouveau le représentant de la France qui remporte l’Oscar récompensant la meilleur film en langue étrangère. Il s’agit de Elle du Néerlandais Paul Verhoeven, l’histoire d’une femme victime d’un viol (jouée par Isabelle Huppert) qui décide de traquer son agresseur. L’histoire retiendra qu’après avoir tourné avec Paul Weller, Arnold Schwarzenegger ou Sharon Stone, Verhoeven aura empoché sa première statuette en dirigeant Laurent Lafitte, Virginie Efira et Stéphane Bak.
Pas de récompense donc pour le Canadien Xavier Dolan, qui avait pourtant gagné la Palme d’Or au dernier Festival de Cannes pour Juste la fin du monde, réunion de famille sur fond de maladie, avec Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Léa Seydoux et Vincent Cassel.
Les frères Dardenne et leur Fille inconnue, thriller social interprété par Adèle Haenel, rentrent également en Belgique les mains vides, tout comme Park Chan-Wook et son adaptation du roman d’amour policio-lesbien Du bout des doigts de Sarah Waters. Immobilisé par un lumbago, Pedro Almodovar a bien fait de ne pas se déplacer car Julieta, récit des retrouvailles entre une mère et sa fille, n’a pas non plus été récompensé.