En effet, de trop nombreuses questions restent encore sans réponses, dont la première d’entre elles : comment, en 2015, en plein Paris, une dizaine d’illuminés sanguinaires ont-ils pu commettre l’attaque la plus meurtrière que la France ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Un vendredi soir. En période Vigipirate. Facile : on les y a aidés. Qui ? Les services secrets français. Et les juifs.

 

Cette thèse est longuement développée sur Panamza, un site complotiste aux accents antisémites, qui n’a pas attendu la police française pour boucler l’enquête avant tout le monde. Malheureusement, sa théorie est un peu passée inaperçue pendant la fièvre médiatique des dernières semaines, et c’est bien dommage, car elle mérite vraiment qu’on s’y attarde. Au moins autant que celle du site WikiStrike, pour qui les attentats ont été commandités par le gouvernement pour faire avaler aux Français la pilule de la fermeture des frontières pendant la COP 21. Il y a aussi celle imaginée par Thierry Meyssan, autre indécrottable taré de l’ultradroite pour qui tout est sioniste, lequel propose comme lecture une allégeance de Laurent Fabius à Al Qaeda. On est ici bien au delà des théories non mûrement réfléchies et pas du tout étayées qu’on a pu lire ici ou là dès samedi 14 : un type pour qui les attentats n’ont jamais eu lieu parce qu’une des victimes photographiées par les journalistes ressemblait à une autre vue au marathon de Boston, et devait donc être une comédienne ; un autre qui, depuis sa retraite aux Bahamas, affirme que les éclaboussures de sang trouvées au Petit Cambodge et à La Bonne Bière étaient en fait du maquillage ; celle, enfin, qui croit savoir que les attentats du 13 novembre ont eu lieu exactement neuf mois et onze jours après ceux du 7 janvier, et que 9 et 11 ça fait 11-Septembre, qui est aussi la date choisie par les anciens propriétaires du Bataclan pour vendre leur salle de concert peu avant les attentats et fuir à Jerusalem avant qu’ils n’éclatent. C’est un classique du genre : à peu près aussi rapidement qu’après Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, il n’a pas fallu plus d’une heure pour que les complotistes en tous genres sortent du bois pour «réinformer» leurs lecteurs. Les victimes baignaient encore dans leur sang qu’ils remettaient déjà en cause les versions officielles forcément dictées par des forces supérieures aux journalistes aux ordres. Le tout appuyé par des éléments irréfutables qu’eux seuls sont capables de deviner : les attentats du 13 novembre seraient un «false flag» («fausse bannière»), mot adoré par les complotistes et qui fait bien parce que c’est de l’anglais, il désigne une ruse militaire bien connue qui consiste à utiliser la marque de l’ennemi pour le faire accuser d’un crime à sa place. Si l’on faisait un mash-up de toutes ces théories fumeuses publiées sur Internet depuis le 13 novembre, on pourrait dire ceci : la série de fusillades qui a éclaté à Paris il y a trois semaines a été commanditée par un vaste complot fomenté par le gouvernement français et ses services secrets, aidés par le Mossad, pour que la sécurité et l’ordre remplacent le chômage dans les préoccupations préférées des électeurs avant la présidentielle de 2017. Les trois terroristes qui sont morts aux abords du Stade de France portaient des oreillettes confiées par la police française qui s’en servait pour les guider à distance, avant d’activer leurs ceintures d’explosifs à l’aide d’une télécommande. C’est ce qui est arrivé à Brahim Abdeslam, qui buvait tranquillement un café à la terrasse du Comptoir Voltaire et qui n’était pas au courant qu’il allait exploser, et avait été payé par les autorités belges pour débarquer en France après la fermeture de son rade de Molenbeek. Ces quatre événement servaient à faire diversion, pendant que deux groupes de «jewhadistes» (des jihadistes envoyés par les juifs) attaquaient des lieux appartenant à des membres de la communauté kabyle (le Carillon et le Casa Nostra), sans doute pour la punir d’être arabe et pro-palestinienne. La preuve, la carte du parcours des terroristes dans le 10ème et le 11ème arrondissement de Paris reproduit presque à l’identique le tracé des frontières d’Israël, comme en témoigne ce montage réalisé pour le bien de cet article par Brain Magazine

 

 

On l’aura compris - sorties tout droit de cerveaux malades, ces analyses servent surtout à nourrir les discussions de comptoir du beauf lambda bien content d’avoir quelque chose à raconter à ses copains de beuverie au Village, bistrot de la rue Duhesme dans le 18ème arrondissement, à 100 mètres de la place où a été retrouvée la Clio noire abandonnée par Salah Abdeslam et ses complices à leur arrivée à Paris. Car la vérité est ailleurs. Grâce à des calculs mathématiques poussés et après un minutieux travail de recherche, votre magazine favori est en mesure de fournir aujourd’hui la preuve qu’une personne très haut placée dans l’entourage du Président de la République a pu être le cerveau des attentats. Personne n’y avait pensé jusque-là, mais il s’avère que si l’on compare le calendrier musulman (coïncidence ? Il s’agit de la religion des terroristes de Paris mais aussi celle de Christiane Taubira) aux dates de deux attentats perpétrés cette année à Paris, ainsi qu’à certains faits d’actualité évidemment liés, il est possible de résoudre l’énigme des intentions de Daesh en France, mais aussi de lier cette organisation terroriste à un membre du gouvernement dont on ne soupçonnait jusqu’alors aucune accointance avec des délinquants récemment radicalisés. La preuve : le 7 janvier 2015 (date de l’intrusion des frères Kouachi à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo) correspond dans le calendrier musulman au 16 du mois Rabi' al-awwal, de l’année 1436. Réalisons maintenant cette soustraction : 161436 (pour 16 Rabi' al-awwal 1436) - 72015 (pour 7 janvier 2015). On obtient le nombre 89421. Si on additionne ces chiffres, cela donne 8+9+4+2+1, soit 24. Et 2+4 = 6. Faisons maintenant la même chose avec le 13 novembre, date de la tuerie coordonnée d’Abdelhamid Abaoud et ses complices. Celle-ci correspond au 30 Mouharram 1437. Ce qui nous donne 301437-132015, soit 169422. Combien font 1+6+9+4+2+2 à votre avis ? 24, donc 6. Encore plus troublant, si l’on compare avec la même méthode de calcul le calendrier des adorateurs d’Allah au 15 mai 2012, date à laquelle Christiane Taubira a appris par un coup de fil de François Hollande qu’elle devenait ministre de la Justice (l’annonce de sa nomination aura lieu le lendemain), le résultat donne, lui aussi, 24. Nous avons notre troisième 6. 666, le nombre de la bête, ou encore le chiffre du diable, preuve ultime que la Garde des Sceaux, qui est par ailleurs pour le mariage homosexuel, est derrière les attentats du 13 novembre 2015.

 

 

Tristan Berteloot // Visuel de Une : Scae.