To drag/expose/read (someone) : Remettre quelqu’un à sa place en démontant un à un tous ses arguments. Aussi connu plus communément sous les mots «humilier quelqu'un».

 

 

Fanbase : L'ensemble des fans d'un artiste. Dans le but d’établir un lien particulier avec leurs fans et de former une cohésion au sein de la communauté, certaines célébrités leur accordent des surnoms. Ainsi, Katy Perry appelle ses fans les KatyCats, Justin Bieber a ses fameux Beliebers, et Taylor Swift ses Swifties.

La France n’est pas en reste, puisque chez nous, on appelle les fans d’Afida Turner les «baby tigers», et ceux de Laurence Boccolini les «lucioles». Lorsque les célébrités en question sont de notoriété encore moindre, l'expression «Team» est ajouté (comme par exemple Team Leila ou Team Jessica pour désigner les fans de deux candidates de Secret Story).

 


Trois fanbases se distinguent des autres par leur férocité, qui dépasse parfois les limites de la courtoisie pour entrer en des territoires plus injurieux : la Rihanna Navy désignant les fans de Rihanna, les Little Monsters de Lady Gaga, et la Bey Hive qui jure fidélité à Beyoncé (jeu de mots sur «bee hive», qui signifie «ruche» en anglais).

Exemple : Karrueche Tran, petite amie de Chris Brown, s’est attirée les foudres de la Rihanna Navy (pour sa relation avec l’ex de celle-ci) puis de la Bey Hive (pour une blague qui est mal passée au sujet de la coupe de cheveux de sa fille).

 

 

Faves : abréviation de «favorites». Un terme souvent utilisé sous sa forme plurielle pour désigner les artistes préférés de quelqu’un.

 

Exemple : 

 

Have a seat : Utilisé pour souligner à quelqu'un qu'il a tort sur toute la ligne et qu'il ferait mieux de se taire.

 

 

Kii : Un rire sardonique. Contrairement au lol, le kii est moqueur, plutôt discret, et employé spécifiquement dans le but d'afficher son mépris cinglant pour quelqu’un ou d'appuyer le ridicule d’une situation.

Exemple : La scène de Mean Girls où Karen (interprétée par Amanda Seyfried) se met à pouffer de rire dans le bureau du proviseur.

 

*literally dead* : *Non mais là je meurs, littéralement*. S’utilise lorsque quelqu'un est abasourdi par quelque chose (une blague ou une situation humiliante) et souhaite marquer le coup. Toutefois, n'appelez pas les urgences, les gens utilisent "littéralement" de façon hyperbolique, et personne n’est vraiment décédé dans toute cette histoire. Variante : I can’t even («J’en peux plus»).

 

Exemple  :Ce sketch parle de lui-même.

 

Mess : Une catastrophe. Un désastre. Un accident de parcours. Bref, quelque chose de terrible dans la carrière d’une célébrité quelle qu’elle soit. L’an dernier, dans une sorte d'élan prémonitoire, le groupe gagnant de la dernière saison de Popstars (que D8 avait fait l’erreur de ressusciter) avait décidé de se baptiser «The Mess». Leur carrière semble aujourd'hui au point mort.

Exemples : Lorsque Carly Rae Jepsen a donné un concert qui a rassemblé 20 personnes à Toronto dans un salon de thé. Parmi ces 20 personnes se trouvait un seul fan venu spécialement pour le concert, et 19 autres rameutées dans la rue.

 

Autre exemple, la coupe de cheveux arborée par Alicia Keys en août 2013 lors de son passage à l'émission Good Morning America.

 

N’oublions qu’il s’agit encore une fois de ne pas prendre toutes ces choses-là trop au sérieux. Alicia Keys va très bien, et jamais sa carrière n’a pâti de ce drame capillaire.

 

Pressed : Quand une personne est pressed, c’est qu’elle est obsédée d’une façon plus que malsaine par quelqu’un d’autre, guettant le moindre de ses faux-pas pour lui tomber dessus dès que possible.


Exemple : Le conflit Mariah Carey/Eminem. Tout a débuté quand Eminem, très friand de pop culture, a insinué avoir couché à deux reprises avec Mariah Carey dans son single Superman. De son côté, Mariah a toujours nié tout type de relation avec lui. Mais Eminem ne lâche pas le morceau et réaffirme avoir eu une aventure avec Mariah à l'occasion d'une poignée de chansons enregistrées entre 2002 et 2009.


La querelle atteindra son point culminant lorsque Mariah décidera de lui consacrer un single, Obsessed. Dans le clip, elle se travestit en un piètre sosie d’Eminem obsédé par la chanteuse. Le rappeur lui dédiera par la suite une réponse des plus salées. Il en remettra une couche en 2010, en continuant d'évoquer le sujet sur Cold Wind Blows.



(To throw) Shade (at someone) : Littéralement «faire de l’ombre à». Ci-dessous, un gif pour illustrer la situation avec plus de précision. Si il fallait le traduire en langage figuré, on pourrait dire «tacler quelqu’un». Mais, attention, un tacle avec finesse. Un croche-pattes, quoi.

 

 

On peut repérer l'une des premières occurrences de l'expression dans le documentaire de 1990 consacré à la culture ballroom, Paris Is Burning. C’est Dorian Corey, célèbre drag-queen des années 80, qui a contribué à donner ses lettres de noblesse au voguing, qui en parle le mieux.


Throwing shade est l'un des passe-temps préférés des candidats de l'émission RuPaul's Drag Race. Une notion pas tout à fait étrangère à RuPaul lui-même, puisqu'il s'agit du thème central de l'un de ses singles datant de 1993, où les mots «don't be throwing no shade, I just wanna get paid» sont répétés ad nauseam.

 

 

De même, l'humoriste américaine récemment disparue Joan Rivers était considérée par beaucoup comme la «Queen of Shade» pour sa répartie des plus décapantes. Vers la fin de sa carrière, elle était aux commandes de Fashion Police, une émission consistant à la voir enchaîner les blagues cinglantes sur les tenues des people.

Exemples : Aux derniers BET Awards, Nicki Minaj en a placé une pour les rappeurs qui n'écrivent pas leurs propres rimes. Tout le monde s'est évidemment empressé d'y voir une petite pique lancée à Iggy Azalea. Nicki désamorcera la rumeur quelques jours plus tard. Car il est rare que le shade soit pleinement assumé, ce qui le rend parfois d'autant plus subtil.

 

Autre exemple, lorsque Mariah Carey, interrogée par Barbara Walters au sujet de Nicki Minaj, en a placé une au sujet des compétences artistiques de cette dernière.

 

Shipping : Pratique consistant à imaginer une relation entre deux personnes, fictives ou réelles. Ses adeptes se font appeler les «shippers».

 

Exemple : /!\ Attention, spoiler pour une série vieille de 21 ans /!\

L'un des premiers exemples de shipping concerne Fox Mulder et Dana Scully, les deux protagonistes de la série X-Files. De purement platonique au début de la série, leur relation se transforme peu à peu en véritable relation amoureuse au fil des épisodes. Nul ne sait si ce choix scénaristique a été influencé par le soutien des fans.

 

Slash shipping : La même chose que le shipping, mais entre deux personnages masculins. Lorsqu'il s'agit de deux femmes, le terme «femslash» est employé.

L'une des premières apparitions du slash shipping remonte à la diffusion de la série Star Trek dans les années 60 et concerne la relation entre les capitaines Kirk et Spock, plébiscitée par les fans. Leur couple était affectueusement surnommé «K/S» (c'est d'ailleurs de là que vient le «slash», ou «/», de l'expression slash shipping)

 

Exemples : Plusieurs héros de la série Supernatural font ainsi les frais de cet hobby assez atypique. L’une de ces «slash ships» consiste à attribuer une relation ambigüe à deux personnages pourtant frères à l'écran. Les acteurs et auteurs de la série, qui ont évoqué le sujet à plusieurs reprises à l'occasion de congrès de fans, y font plusieurs fois référence au cours des saisons.


D'autre part, nombreux sont les fans de One Direction qui fantasment sur de multiples relations au sein du groupe. La plupart d’entre eux écrit des fanfics mettant en scène leur duo préféré et qui se terminent 95% du temps par un acte sexuel. Chacune de ces relations est résumée par un mot-valise, comme Zarry pour le binôme Harry et Zayn, ou Niam pour celui de Niall et Liam.

(Source)

 

To slay : Le sens littéral de «slay» est tuer, assassiner, comme dans Buffy, The Vampire SLAYer. Quand il s’agit de célébrités, le mot doit bien entendu être interprété au sens figuré. Quand quelqu’un enjoint son idole à «slay», il ne veut pas l’encourager à massacrer qui que ce soit.

Le terme est utilisé pour asseoir la suprématie d’un artiste par-dessus tous les autres, qu’il s’agisse de prouesses vocales, de chorégraphie millimétrée ou d’une simple tenue de soirée bien choisie. En ce sens, il est souvent utilisé dans l’expression «slay your faves» (il/elle massacre les autres en ne leur laissant aucune chance).

Exemples :

 

 


 

To spill the tea (the «T») : Dire les choses telles qu’elles sont, sans aucun détour. Le «T» en question est celui de «the Truth» (la vérité). Une règle que suivent à la lettre tous les candidats de télé-réalité, sous ces mots exacts : «parce que moi, je suis pas une hypocrite, si j’ai quelque chose à dire, je le dis en face !». S'il fallait lui trouver un équivalent en français, ce serait l’agaçant «y'a que la vérité qui blesse» que l’on pouvait entendre partout dans la cour de récré au collège.

Le terme peut encore une fois être attribué à l'émission RuPaul's Drag Race, dans laquelle Shangela s'était approprié l'expression.
 


Exemple : Jennifer O'Neill, ancienne assistante de Lady Gaga, qui raconte dans son livre que la chanteuse lui devait énormément d’argent. Elle y relate aussi les demandes les plus étranges de Gaga, comme par exemple dormir en sa compagnie la nuit parce qu’elle a peur de dormir seule, et être appelée au milieu de la nuit juste pour changer le DVD du lecteur lorsque Gaga avait la flemme de le faire.


To stan : «To stan for someone» signifie être un fan inconditionnel d’un artiste, se montrer d'une loyauté sans faille pour lui en dépit des controverses et autres échecs qui ont pu paver le chemin de sa carrière. Qu’importent les scandales, peu importent les chiffres de ventes, le Stan défendra son idole coûte que coûte, et ce même s'il lui faudra parfois user d’une sacrée dose de mauvaise foi pour y parvenir.

Le terme provient du single du même nom d’Eminem en featuring avec Dido, sorti au début des années 2000. Dans le morceau, Eminem incarne Stan, un fan obsédé par le rappeur au point de se donner la mort lorsque celui-ci ne répond pas à ses missives enflammées. Toutefois, comprenons-nous bien : ce n'est pas la seule raison pour laquelle Stan se suicide, sinon Pearl aurait, elle aussi, commis l'irréparable depuis longtemps.

 

 

YAS : Cri généralement exprimé par des fans d’obédience homosexuelle dans le but d'exprimer un élan d’excitation impossible à contenir. YAS signifie tout simplement «yes», mais avec plus de panache et d’agressivité. YAS peut s’écrire «YAS», «YAAAAAS» ou même «YASSSS» - une seule chose ne change pas : il est toujours exprimé en majuscules.

Exemple : YAS a récemment intégré la culture populaire, en apparaissant notamment dans un morceau de Soulja Boy et Nicki Minaj ainsi que dans un épisode de Black-ish, la nouvelle sitcom d’ABC (et l'une des meilleures de la rentrée).

 

(variante) YAS GAGA YAAAAAS : Les fans de Lady Gaga se sont semble-t-il appropriés l’expression, si bien qu’il devient impossible de lire ou d’entendre un YAS sans un «GAGA» derrière. En France, on a bien essayé d’imposer l’expression «WESHHHHH VITAA WESHHHHH» mais celle-ci n’a pas pris, allez savoir pourquoi.

Exemple : Ici, plusieurs Little Monsters (cf. la définition de fanbase) hurlent leur admiration pour Lady Gaga, dans une marée de YAS aux sonorités pas très éloignées de celles de la chèvre.

 

 

Thomas Rietzmann.