1. Le deer hunter thompson
Comme Robert De Niro dans le film du même nom, le deer hunter aime les marques de tondeuses américaines, les marques de moissonneuses-batteuses américaines, les casques d'ouvriers de scierie américains, et les chemises de bûcheron du Wyoming. Il se poste au comptoir et, dans le fracas du bar, il attend qu'un cerf passe en feuilletant Vice. A la rigueur, un faon fera l'affaire. Certains ne sont deer que de façon timide et semblent toujours plongés dans une riche vie intérieure. D'autres deviennent véhéments sous l'effet des substances et finissent la soirée en faisant immanquablement un reportage gonzo sur eux-mêmes : « Je garde ma casquette à l'intérieur, rien à foutre. Par contre, merde ! est-ce que mes cheveux vont partir avec quand je vais l'enlever après-demain… Je m'en fous, je pisse contre une voiture en faisant croire que je suis un employé municipal en uniforme ».

2. La scatophilosophe
La scatophilosophe est une femme libre, à l'aise avec le corps. Elle trouve qu'il y en a un peu marre de cette société pudibonde, hygiéniste. Elle trouve même que c'est un peu macho les lunettes autonettoyantes dans les WC. Elle s'en fout des 56 urines différentes dans les cacahuètes, toute façon il y a la sienne. Elle comprend pas ces gens coincés qui ferment la porte quand ils font caca, et puis toute façon, faire caca, c'est une sensation primaire qui nous ramène à la petite enfance. Elle se demande ce que c'est cette société qui ne fait pas plus de place au boudin fécal. Elle trouve que les gays ont tout compris du coup à se sodomiser. D'ailleurs la sodomie, ça devrait être naturel, comme aller aux toilettes, mais dans l'autre sens en quelque sorte.

3. Le sex-addictaphone
Le sex-addictaphone n'oublie rien. Enfin, il ne sait pas toujours mettre un nom sur visage, mais sur un pubis, aucun problème. Il a consigné toutes les histoires de cette année dans un petit classeur mental, avec des intercalaires de couleurs différentes pour chaque catégorie : les types de seins, les types de cyprines, l'hygiène, les meilleurs pays ERASMUS.
Il est résolument contre l'opposition entre public et privé et après s'être assuré qu'il y a moins de 3 ex à lui dans la pièce (la dernière fois c'était un enfer à la Perle, elles étaient toutes là), il vous écrit en direct une nouvelle parlée à la Bret Easton Ellis n'omettant aucun détail gynécologique.

4. Le cliposuceur
Le cliposuceur est « réal », mais surtout réaliste. Il sait que si tu commences à vouloir faire tout de suite ce que tu veux, tu vas pas bien loin. Malheureusement, les gens du marketing ont vraiment tendance à brider sa créativité. Il y a toujours cinquante D.A. qui viennent le faire chier, ce matin on l'a appelé à 14 heures alors qu'il rentrait à peine de boîte, en plus il a un montage à finir, un truc à la Gondry, mais moderne. Avec des couleurs et un fond vert. Il te conseille d'ailleurs d'aller sur le MySpace du groupe. Tous les cliposuceurs ont un projet similaire étrangement intitulé « Mon Long ». Le clipo ne se déplace jamais en société sans « Son Long », qu'il compte bien fignoler dès il aura dessaoulé. En attendant, le clipo fait la queue aux toilettes, d'où il ressort avec des idées génialement créatives, comme par exemple le fait que les paroles importantes de la chanson s'affichent en gros lettrage fluo. Le clipo est un peu contraint d'aimer la jeune scène française, mais tu sais en fait dans Rose y a des bons trucs.

5. Le parishilthon
Mi jeune fille mi thon, la parishilthon est la sirène des temps modernes. Elle joue l'underdress pour signifier son aisance sociale (« dès que je ne suis plus en tournage je me prends pas la tête pour les fringues »). Comme Nicole Richie, les jumelles alcooliques bizarres ou Lindsay Lohan, elle aussi veut être une clocharde à 7000 euros. La parishitlhon vit dans une page de Closer, qu'elle ne lit pourtant pas : longs cheveux en bataille, T-shirt informe qui dégueule sur l'épaule, short taillé dans un jean (et même parfois effiloché en cas de vrai rejet de la société de consommation) et énorme sac Balenciaga à 1200 euros. Elle étudie le marketing, mais pour signifier sa distance vis à vis du show business, elle traîne des pieds et/ou des ballerines, boit au goulot, et a fait de la cuite vodka-Red Bull un art de vivre. La nuit tombée, elle aime se prendre en photo en faisant des signes qui ne veulent rien dire avec les doigts. Comme son cousin des mers, la parishilthon finit souvent en boîte et en miettes.


Par Cyril 2Real et Valentine Faure // Photo : Marco Dos Santos.