L’enfant-star qui se bat pour réussir

Ceux qui regardent Hollywood Stories, Accès Privé et autres 66 minutes sont peut-être au courant, mais Brit-Brit n’a pas été livrée par une cigogne à 17 ans avec son titre Baby One More Time, avec une petite carte mentionnant «From Louisiana with love». Elle est une enfant précoce, douée pour la danse et la gym, en plus du chant qu’elle pratique à la chorale de l’église. Elle fait montre de son incroyable talent (et d’une robe digne de Côte Ouest) à des émissions de télé-crochet, avant de passer le casting pour le Mickey Mouse Club à 8 ans et d’être retenue à 11. Quant à Justin, petit enfant fan de hockey et de foot originaire de l’Ontario, il devient connu à 12 ans au Canada après que sa mère a uploadé ses prouesses sur Youtube, et il se fait remarquer par un agent en deux secondes et demi. Tous deux proviennent de milieux modestes : les parents de Britney sont instit' et agent immobilier, et Patty, la mère célibataire de Justin, accouche de ce dernier à 18 ans. 

 

 

Ascension et collaborations

Pour tout ce qui est succès, nos protagonistes pulvérisent de véritables records : Britney Spears a vendu plus de 150 millions d’albums et Justin 17 (mais c’est encore le début pour lui). Elle a deux disques de diamant, plus un Grammy Award pour Toxic. Son premier album à lui est disque de platine aux Etats-Unis et au Canada. En 2012, elle est selon Forbes la 6ème célébrité mondiale la plus influente. Lui est nommé 3ème célébrité la plus puissante du monde la même année. Ils savent également tous deux s’entourer d’autres personnalités de prestige* : Brit-Brit s’encanaille avec Sabrina la Sorcière mais aussi avec Sonny Bono (l’ex-mari de Cher), Madonna, Pharrell Williams, Missy Elliot, Will.i.am… Quant à Justin, il est signé dès ses débuts par Usher, son plus gros tube est un featuring avec Ludacris et il chante également avec Jaden Smith et Nicki Minaj. Que dire d’autre ? Si ce n’est que les premiers tubes de Brit et Justin comportent tous deux le mot magique : «baby» ?

 

 

Amours chiennes

De tout temps, tous les hommes se souviennent du premier «Kooples» : Britney Spears et Justin Timberlake, son collègue du Mickey Mouse Club, qu’elle a préféré à Ryan Gosling. Ils restent trois ans ensemble, c’est son premier, et monsieur fait même une chanson sur leur rupture. Aux oubliettes depuis longtemps (Britney est sortie avec mille tocards, Justin s’est marié avec une dame insignifiante), cette histoire a été éclipsée par mille «gates», dont un autre couple phare tourmenté : les Jelena. JB et la starlette Disney Selena Gomez se rencontrent en 2010, deviennent potos, puis s’aiment, se déchirent, et se remettent ensemble en scred'. Hélas, comme feu la relation Britney-Timberlake (est-ce une coïncidence si JB a le même prénom que l’ex de Brit ? Je ne crois pas), on sait que ça ne va pas durer, rapport à des histoires de jeunesse, d’emploi du temps et d’amour qui dure trois ans.

 

Le changement, c’est maintenant

Après quelques années bien au chaud dans de la pop pour collégienne, Britney a ses règles et se glisse progressivement dans la peau de la personne sexualisée qu’elle devient : bye-bye les chorés en triangle habillés tous en blanc, hello le string par dessus le pantalon en cuir et les couinements d’animal en chaleur. JB, lui, passe subtilement de ses bluettes de divin enfant sur trois notes à un petit tempo sexy avec le morceau Boyfriend. Il coupe aussi sa frange de lesbienne, arrête les hoodies et s’habille comme Kanye West.

 

 

Réputation et déchéance

Britney a de beaux jours devant elle (ligne impeccable, chanson écrite par Dido, tube sur tube sur tube, serpent…) quand soudain, elle pète un câble : après nous avoir fait le coup du mariage à Vegas (mais elle était bourrée, ça compte pas) et de traîner sans culotte avec Paris Ringarde Hilton, elle se marie avec l'un de ses danseurs, un beauf ultime au doux surnom de K-Fed, et lui fait deux enfants pas très beaux. Pire : elle se rase la tête en public, l’expression du démon sur le visage. Elle se reprend petit à petit, avec son album Blackout pour début de résilience. Et quid de notre petit Justin ? Non content de vendre des millions de disques et d’être l’idole des jeunes, il se met à fumer des joints, dire d’Anne Frank qu’elle aurait pu être fan de lui, se faire tatouer (une passion qu’il partage avec Harry Styles) et poster des photos infernales sur Instagram. C’est le début de la fin.

 

Si j’existe, c’est d’être fan

Britney Spears et Justin Bieber ont un autre point commun : une fanbase au rendez-vous. Plus qu’hystériques, ils sont fervents, ils sont fidèles. Les fans de Britney sont à peu près comme ceux de Lindsay Lohan et d’Amanda Bynes : ils ont peur. Mais ils sont là. Ils se veulent rassurants et croient tellement que tout peut aller mieux que c’est le cas. Britney continue à porter des Uggs et des extensions, mais elle va mieux. Quant à Justin, il a beau faire preuve de stupidité, ses fans le défendent bec et ongles et coûte que coûte : l’actrice Olivia Wilde a carrément (les gens qui disent carrément) reçu des menaces de mort pour s’être moquée de lui sur Twitter.

 

 

Marketing et Charité

C’est bien connu, les produits dérivés des stars, c’est n’importe quoi : vêtements, jeux vidéos, téléphones, ça ne s’arrête jamais. Et JB a suivi Brit-Brit sur le chemin du grand n’importe quoi. Il a donc lui aussi une Barbie à son effigie, un parfum et aussi une ligne de vernis (WTF?). En ce qui concerne suivre Britney sur le chemin de la pub Pepsi mythique, il s’est fait griller cet hiver par d’autres enfants mignons, les One Direction. Ceci dit, la pub étant nulle, il a peut-être encore moyen de se rattraper. 

Brit et JB sont aussi tous deux de grands philanthropes qui se sentent très concernés par les enfants dans le besoin, et ils font régulièrement des actions caritatives en ce sens : elle donne pour les nécessiteux (mais aussi pour les victimes de Katrina ainsi que pour les malades du sida et du cancer), lui donne ses cheveux à des œuvres de charité et de l’argent à diverses écoles et associations. 

 

 

Conclusion

Vous ne l’aviez peut-être pas remarqué, mais toutes ces données vous ont rapproché du vrai : les destinées de la princesse de la pop et de l’une des plus grandes stars de l’internet sont très semblables, que ce soit dans le bon (chanson entraînantes) comme dans le mauvais (problèmes de cheveux, produits dérivés douteux, looks limites). Leurs destins sont aussi semblables que les mentons des frères Bogdanoff, c’est à dire qu’ils sont pareils mais différents. Par exemple, Justin Bieber n’a pas encore joué dans un film et est contre l’avortement. Mais si tout va bien, il retournera sa veste à l’aveu de son homosexualité et sera juré dans un télé-crochet.

 

* «de prestige», une expression powered by Sarah Dahan.

 

 

Anaïs Delcroix // Visuel de Une : Scae.