JAMES FRANCO : Du beau gosse marrant à l'homme-sandwich conceptuel

 

James Franco s'est fait connaitre dans la série quasi-culte (de par sa courte durée de vie), Freaks and Geeks qui fut assez populaire aux Etats-Unis mais qui n'a pas fait des tonnes d'émules dans nos contrées malgré son casting de prestige : Seth Rogen, Jason Segel, James Franco et Judd Apatow à la production. Enfin, les vrais, ceux qui savent toujours, vous diront avec aplomb et mythomanie qu'ils suivaient la série à fond et qu'ils connaissaient tous ces acteurs avant même que leurs agents ne les aient découverts. 

 

Puis, très vite, ce fut l'escalade de la violence pour James Franco qui déploya des moyens assez considérables pour faire le yo-yo permanent entre une production indé et des films grand public. L’animal peut en effet tout autant jouer dans un film sur Ginsberg que dans SpiderMan (pour plus d’infos sur sa filmographie, rendez vous ici) et il se dit même que l’homme lit du Proust entre deux prises. La période WTF de James Franco - qui est toujours d'actualité - a commencé avec son apparition dans General Hospital, soap-opéra dont la trame narrative rivalise de génie avec celle des Feux de l’Amour. De sa participation dans la série, il déclare qu'il s’agit d’une «performance artistique». Mais ses aléas cinématographiques ne sont certainement pas ce qu’il y a de pire chez lui - c’est davantage sa capacité à se dupliquer pour faire n’importe quoi qui le rend très irritable. James Franco, c’est l’équivalent hollywoodien de votre ami slasheur qui «bosse sur un court mais a un projet de long», tout en ayant bien sûr dans les tuyaux des rushes pour un docu sur les bébés phoques transgenres du Paraguay («une espèce en voie de disparition, mec»). Pour coller plus précisément à sa vie, James est retourné sur le tard à la fac de NYU pour étudier le cinéma, et où il a tourné de nombreux courts métrages (dont un qui se passe dans un centre commercial et qui a pour vedette John Kelly, artiste bien connu pour ses prestations théâtrales où il se grime en Joni Mitchell…). Bref, James Franco vit l’art à 100% quand il ne prépare pas le remake de Cruising façon porno gay.

 

Châtiment requis : un «happening» sous apnée dans un aquarium rempli d’urine de yak en compagnie de Mélanie Laurent.

 

 

ZOOEY DESCHANEL : Du statut de fille rêvée à celle qu’on veut étouffer

 

Zooey, c’était la fille cool par excellence, celle qu’on voulait être ou avec qui on voulait être. Drôle, jolie, intello (plus ou moins) : bref, un vrai bol d’air frais comparé à une Gwyneth ou une Nicole Kidman. L’orthographe de son prénom laissait déjà présager qu’elle était issue d’une famille de gens lettrés (cf. Franny and Zooey), détentrice d’une personnalité singulière et atypique, propre à toutes les filles qui ont pris option arts plastiques au lycée. Et pour couronner le tout, elle dispose d’aïeux dans le cinéma, d’une sœur également actrice (Emily Deschanel) et d’une filmographie qui compte des projets estampillés «pop culture coolos» : Almost Famous, (500) Jours Ensemble, New Girl

 

Seulement voilà, Zooey en a trop fait, à force de vouloir jouer la carte de la fille différente, celle qui est adorablement bizarre, elle nous a épuisé, n’ayant manifestement pas compris que passé un certain âge,  on ne se fait plus de couettes,  on ne minaude plus comme si on avait 14 ans et qu’on voulait aguicher un pédophile en échange d’une clope, et  on arrête de sortir à tout-va son banjo pour prouver qu’on est sensible et qu’on aime à la fois la folk et Morrissey. Comme s’il fallait lui rappeler sans cesse qu’elle évolue à Hollywood et pas à Dawson’s Creek, hellooooo ??!! Sans parler de son incursion dans la musique avec le duo She & Him qu’elle forme avec M. Ward et qui s’évertue à reproduire la même chanson trop cute depuis maintenant trois albums (l’album de Noël ne comptant pas).

Mais si Zooey éprouve une tendresse particulière pour tout ce qui est rétro, elle prouve tout de même qu’elle est une femme de son temps en étant très présente sur les Internets, via son blog Hello Giggles dans lequel elle évoque les problèmes liés aux femmes, mais où elle parle aussi de choses trop trop mignonnes comme des chatons, des licornes ou des cupcakes. Fort heureusement, de plus en plus de personnes ont découvert avec effroi son petit stratagème de mijaurée rondement mené depuis des années, aussi de nombreuses parodies de Zooey comme ici ou encore là voient le jour et nous mettent du baume au cœur.

 

Châtiment requis : Participer à l’émission tellement authentique La Parenthèse Inattendue aux côtés de Christophe Maé et de Jean-Félix Lalanne, en Corse du Sud tout en portant un maillot du PSG.

 

 

JOSEPH GORDON-LEVITT : l’équivalent masculin de Zooey Deschanel

 

On a la terrible sensation que Joseph Gordon-Levitt essaie à chaque minute de sa vie de faire oublier son passé trouble, à savoir sa présence au casting de la série Troisème Planète Après Le Soleil (période prépubère accompagnée d’un coupe de cheveux à la limite de l’illégalité), en se lançant dans une épuisante quête indie. Et vas-y que je te name droppe à chaque interview un groupe indé ou un réalisateur français inconnu aux Amériques (Fabien Onteniente, anyone ?) pour montrer que j’ai une sensibilité artistique qui ne détonnerait pas sur le Vieux Continent.

 

A sa décharge, il a plutôt une belle filmographie derrière lui, avec notamment Mysterious Skin de Gregg Araki, Inception, The Dark Knight Rises et, aux côtés de sa jumelle maléfique Zooey, (500) Jours Ensemble. Il semblerait d’ailleurs que les deux comédiens se soient entendus comme larrons en foire, puisqu’ils aiment régulièrement pousser la chansonnette ensemble dans des vidéos homemade trop cute où ils débordent de jovialité et de complicité.

 

 

A l’instar de James Franco dont il est la réplique en légèrement plus jeune, Joseph joue également dans des blockbusters (GI Joe, Sin City), ce qui ne l’empêche pas pour autant de réaliser des courts-métrages (que tel un hipster anonyme, il présente en toute humilité à Sundance), pas plus que de parler français. Joseph Gordon-Levitt, ou le wannabe Antoine Doinel.

 

Châtiment requis : Apparaître dans une vidéo «maison» concoctée par les bons soins de notre héros national - Norman.

 

 

TILDA SWINTON : le déni de réalité

 

Tilda Swinton, actrice britannique détentrice d’un Oscar en 2007 pour son rôle dans Michael Clayton, a trouvé une parade infaillible pour mieux vivre sa ménopause et son entrée dans l’âge des seniors. Son créneau ? Elle est une actrice quirky, un peu transgenre, un peu arty et si «dérangeante», mais elle officie par ailleurs en tant que sosie officiel de David Bowie quand elle ne joue pas à ses côtés, voire quand elle ne lui rend pas hommage. Vous avez dit obsessionnelle ? 

 

Mais se contenter de n’être qu’une actrice serait faire offense à son trop-plein d’imagination, à son bouillonnement d’idées et à ses réflexions sur le monde et son extension. Aussi, Tilda aime à dormir au MoMA (en collaboration avec la sculptrice Cornelia Parker) dans une boite en verre au milieu de visiteurs. Attention : Tilda n’est pas qu’une esthète et une icône mode totalement déconnectée de la réalité, elle aime aussi lancer des chenilles géantes dans des cinémas sur du Barry White car elle sait rester vraie et apprécier les petits bonheurs de la vie. Kikoo le malaise.

 

Châtiment requis : La lapider sur la place publique dans le cadre d’une performance sur l’amour et la violence.

 

 

SHIA LABEOUF : Le dernier des troubadours

 

Une première question nous taraude : pourquoi cet individu n’a-t-il jamais changé de nom (son père était clown, ceci expliquant peut-être cela) à partir du moment où il s’est lancé dans le monde du show-business ?

 

Malgré des origines troubadours, un père clown donc et une mère à la fois ballerine et hippie, il a d’abord choisi la voie du grand capital en travaillant pour Disney Channel dans la série La Guerre des Stevens et a ensuite enchaîné avec des chefs-d’œuvre du 7ème Art tels que Transformers ou Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal.

Fort heureusement, ses ambitions et ses origines arty ont pris le dessus, et Shia est revenu à la raison en réalisant un court métrage en français avec KiD CuDi, puis en apparaissant en collants dans un clip du groupe islandais Sigur Rós. Peut-on faire plus «décalé» ? On se le demande encore à Portland et à Williamsburg. Inutile de dire que ses aînés cités précédemment ont de sérieux soucis à se faire.

 

Châtiment requis : Lui faire réaliser le nouveau clip de Zazie en langue moldave.

 

 

 

Sarah Dahan.