CETTE SEMAINE DANS GRAZIELLA : UN MOMENT DE VIE AVEC EMMANUELLE BEART

 

 

7h47 : Je me réveille avec le lever du soleil. Je demande à Juanita, une Philippine très bien, de me préparer une infusion collagène-camomille bio, en provenance directe du Népal. Depuis ma chambre, j’ai la vue sur tout le parc Monceau, c’est agréable. Mais mon confort n’est au fond pas très important, j’aime me mettre régulièrement en danger, aussi je loue tous les six mois un deux-pièces meublé à Stalingrad afin de comprendre ce qu’est la vie des gens pauvres.

9h24 : Session Pilates avec Jean-Marc. Ancien militaire, cet ami de mon père est désormais coach à la Starac' mais il se déplace tout de même trois fois par semaine chez moi. Il est rigoureux mais A-DO-RABLE.

10h38 : Je m’attelle à la lecture de scénarios, j’aimerais bien interpréter une Afghane, ce qu’elles vivent est si bouleversant, si fort, si dur. Je me sens proche d’elles et en tant que femme, c’est un combat que je me dois de mener à l’écran.

13h 07 : Je déjeune un carpaccio de bébé raie avec du quinoa (Juanita cuisine très bien) en compagnie d’amis engagés, généralement dans le petit parc attenant à l’église St. Bernard. Ca nous rappelle des moments forts.

15h38 : Cours de piano avec Patrick (Bruel, ndlr). Patrick est un proche, il est si doué et très pédagogue. Grâce à lui, j’ai su jouer Au clair de la lune les yeux fermés au bout de deux séances seulement.

17h03 : Je me suis mise à l’écriture d’un livre, je planche actuellement sur un roman où il est question d’une femme libertine qui est en proie à un tiraillement intérieur entre ses pulsions sexuelles intenses et son envie d’adopter une petite Brésilienne des favelas qu’elle a rencontré lors d’un voyage à Rio. L’héroine est à la fois proche et éloignée de moi, en tous cas elle me hante depuis des mois…

19h10 : Pascal, le fils de Juanita, me lit le courrier de mes fans : je refuse d’avoir un fan club de type électronique, les rapports sont faussés et les propos complètement déshumanisés.

21h21 : Direction Petrossian avec mon amoureux (chut je ne vous dirai pas qui c’est !) J’ai beau être simple, le caviar reste tout de même mon péché mignon (LOL).

 

Emmanuelle est actuellement à l’affiche de Ce que je sais de nous, après que l’hiver se soit abattu sur ton âme, première réalisation d’Audrey Lamy, aux côtés de Gilles Lellouche et Sandrine Kiberlain.

 

 

REPORTAGE CHOC : RENCONTRE AVEC CES FEMMES MAGHREBINES QUI CUISINENT AUTRE CHOSE QUE DU COUSCOUS

 

 

Cette semaine nous nous sommes penchées sur un phénomène qui concerne de plus en plus de femmes maghrébines : le refus de cuisiner uniquement des plats de types orientaux.

 

Aicha, 35 ans, vit à Antony, en région parisienne. Elle est employée municipale. Depuis ses 27 ans, elle est mariée à Omar qui ne manque pas de vanter les mérites de son couscous, réalisé selon le savoir faire oranais. Seulement voilà, depuis quelques temps, Aicha essaie de mincir, elle a donc mis le holà sur la semoule pour mieux se concentrer sur les graines. Une attitude culinaire qui n’a pas vraiment plu à son époux qui l’a menacée violemment, physiquement mais aussi par des mots, durs et cruels. «Il m’a fait culpabiliser, m’a dit que je ne tenais pas mon rôle de femme, ni de mère et encore moins d’épouse. Il m’a dit que je ne satisfaisais pas ses désirs, que je valais moins qu’une traînée et qu’il envisageait de partir. (…) J’ai beaucoup déprimé.» Après plusieurs semaines de dépression, Aicha a eu le courage d’expliquer à son mari qu’elle souhaitait abandonner le couscous pour se sentir mieux dans son corps et donc être plus à même de le séduire à nouveau. Curieusement, après un dialogue houleux mais argumenté, son mari l’a comprise, ce qui n’était pourtant pas pari gagné sachant que les hommes issus de la communauté maghrébine sont plutôt réputés pour leur machisme à toute épreuve et leur violence envers les femmes qu’ils considèrent très souvent comme inférieures. 

 

Le choix de Sabrina, 47 ans et chef d’entreprise, est quant à lui très simple : elle bannit tout ce qui vient du Maghreb, question d’intégration. «Même si le couscous a été élu le plat préféré des Français, je refuse de me soumettre à cette hypocrisie, mes gosses ne doivent pas connaître cela s’ils veulent un jour trouver du travail. Vous savez, l’ostracisme commence dans l’assiette. Aussi, je n’hésite pas à leur faire du cassoulet ou à leur apprendre les rouages d’un bon petit salé. Vous savez, l’intégration commence aussi dans l’assiette.»

 

Pour Nora, issue d’une classe sociale aisée (elle  vit à St-Germain-des-Près avec son mari galeriste, ndlr), l’affaire est toute autre. C’était devenu un rituel : tous les dimanches soirs, le couple se faisait un petit plaisir en dégustant des cigares au miel et autres cornes de gazelle, ces mets typiques du bled que l’on peut notamment trouver à Barbès (si vous aimez vivre dangereusement !) ou aux quatre coins de Marseille, et généralement préparés par ses soins. Mais il y a deux mois, Nora a dit stop à tout ce qui est graisse et autre friture, et a opté pour la compotée de figues fraîches en guise de dessert dominical. Cette attitude n’a pas manqué de choquer son mari qui, même s’il est un intellectuel, s’avère tout de même être un homme méditerranéen qui s’attend donc, selon la coutume de là-bas, à ce que sa femme le satisfasse de toutes les manières. Suite à ce changement culinaire intempestif, de grosses crises ont éclaté entre les deux, de plus en plus répétitives jusqu’au clash final : il l’a quittée. Depuis, Nora a changé de niveau de vie de manière drastique. Elle vit désormais dans un loft à Bastille prêté par une amie artiste de gauche et lesbienne, mais très féminine. Ce déracinement géographique et social l’a naturellement poussé à effectuer des choix plutôt osés : troquer du Alaia pour du Vanessa Bruno, la Grande Epicerie pour Naturalia, des choix qu’elle n’aurait probablement jamais effectués autrement. Mais au lieu de se lamenter sur son sort, elle se dit ravie de ces changements et comblée de cette transformation en femme forte qui n’a pas peur des carrefours que les aléas de la vie ont posé sur son petit bonhomme de chemin. 

Et s’il s’agit de la fin de son mariage, il ne s’agit pas pour autant de la fin de sa vie. Nora est une femme Graziella comme on les aime, c’est une battante, aussi compte-elle obtenir une pension alimentaire conséquente afin de retrouver ses marques rive gauche au plus vite. Pas folle la guêpe !

Mais qui aurait pu croire que l’émancipation de la femme passerait par les fourneaux ?! Parfois, le courage et l’audace peuvent faire exploser tous les carcans, et même les couvercles des couscoussières les plus antiques. Girl Power !

 

 

LE HIT PRODUIT DE LA SEMAINE : SHINYFLOWER

 

 

Graziella a testé pour vous... le lipstick interne, celui qui saura sublimer vos lèvres, votre petite fleur, et vous rendre désirable auprès de tous les hommes.

 

Josepha, notre journaliste beauté, s’est rendue à Las Vegas lors de la InnerBeautyandsomuchmoreConvention tester pour vous ce nouveau lipstick révolutionnaire qui cartonne déjà de Calgary à Pékin, auprès de riches initiées qui n'ont pas peur des pratiques... alternatives.

Car oui, il faut le savoir, le ShinyFlower est constitué en majeure partie de cire de sperme de babouin. Mais que ne ferions-nous pas pour être belle à l'intérieur comme à l'extérieur ? Et puis si ce choix peut gêner les plus frileuses, sachez que plusieurs divinités du panthéon égyptien antique étaient représentées par des babouins - tel Baba, le génie de la fertilité. Ce qui est plutôt de bon augure pour la maman qui sommeille en vous !

 

 

THAT'S MY STORY : L'INCROYABLE HISTOIRE D'ANNETTE 

Chaque semaine, une fidèle lectrice raconte son histoire extraordinaire, mais qui pourrait arriver à tout le monde. Cette semaine, il s'agit d'Annette.

 

Je m'appelle Annette, je vis à Paris, j'ai 36 ans, j'ai pas mal galéré dans ma vie professionnelle, je suis comédienne mais en réalité plutôt galérienne. J'avais un rôle récurrent dans une série dans les années 90, ça a cartonné mais depuis 15 ans il n'y a plus rien ou si peu. Je peine à "faire mes heures" en tant qu'intermittente, j'ai quand même enchainé trois saisons de suite au Puy du Fou, autant dire que je n'étais pas au top mentalement. Et forcément, quand ça ne va pas dans la tête, ça ne va pas ailleurs, et j'ai donc été célibataire un bon moment. 

 

Mais heureusement, tout cela est désormais derrière moi : depuis un an, je vis l'amour fou avec un scénariste, qui par la même occasion m'a proposé un rôle dans la série qu'il écrit. C'est une pratique assez répandue, vous en conviendrez je suis sûre. Vous le connaissez peut être, il s'appelle Roger Girard, et il fut lui aussi très populaire dans les années 90. C'est très bizarre : je le connais depuis des années, j'ai toujours eu un "gros" crush sur lui, mais la différence d'âge à l'époque, et puis son mariage, ont toujours mis un frein à mes ardeurs. 

Mais quand nous nous sommes retrouvés l'année dernière ce fut comme une évidence, pour lui (fraîchement divorcé)  comme pour moi, l'amoureuse transie depuis vingt ans. Seule ombre au tableau, il est le père de ma meilleure amie Hélène, qui n'est pas encore au courant... C'est bête, je ne devrais pas avoir honte mais pourtant je n'arrive pas à le lui dire, elle sera très surprise c'est sûr... Je prends déjà de plein fouet les quolibets de nos voisins qui ne comprennent pas notre passion avec Roger, alors je suis un peu démotivée.

 

Mais comme Hélène se marie le mois prochain, je pense que je trouverai la force de lui annoncer à ce moment-là, car je m'apprête moi aussi à faire de même. Je suis enceinte !

 

 

Par Sarah Dahan // Des visuels de Scae.