Raconte-nous ton parcours artistique. D’où viens-tu ?
Murielle Belin :
Quand j’avais 9 ou 10 ans mes parents m’ont fait prendre mes premiers cours de peinture auprès d’une artiste qui oscillait entre impressionnisme et art visionnaire. Son atelier (baptisé atelier transcendance) était tout en haut d’un escalier en colimaçon sous le toit de la maison. Je sens encore l’odeur, j’entends encore le bruit des pinceaux, la musique classique. C’était un endroit incroyable, près de Lyon. Cela a définitivement marqué ma pratique artistique, ésotérisme en moins. J’ai appris ensuite d’années en années, au contact de différents artistes, peintres, prestidigitateurs, marionnettistes, cours de MJC, enseignants de l’éducation nationale, partout où il y avait des choses à trouver. Dans les musées, dans les livres, à la télé- les émissions « palettes » notamment.

Te souviens-tu de ton premier choc esthétique ?
Non.
Si, Degas, j’avais 12 ans, ma grand-mère m’avait emmenée voir la rétrospective Degas au grand palais en 88.

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Qu’est-ce que tu aimais le plus dessiner quand tu étais petite ?
Je pense que c’était des princesses, des danseuses, des fleurs, des oiseaux, des papillons, des arbres fruitiers, un ruisseau.
Quand j’y réfléchis, je peins toujours des femmes dans des paysages. Sauf qu’elles n’ont ni robe de princesse, ni tutu.
Ensuite vers 10 ou 11 ans, j’ai commencé à dessiner des larmes de sang qui tombaient du ciel, des éclairs, des ciels noirs, des arbres morts...
J’ai copié très tôt des illustrations en tous cas, pour apprendre. Décalqué aussi, beaucoup.

Quelles sont tes influences visuelles les plus marquantes ?
Il y a eu Vermeer, Kubin. J’adore Rembrandt. J’aime aussi des choses très éloignées de ce que je fais : Marcel Storr, Yolande Fièvre. J’ai récemment été totalement éblouie par les chevaux de Géricault au Louvre.

As-tu des exemples d’œuvres plus anciennes, d’une époque où tu n’avais pas encore trouvé ton style actuel, ou avec d’autres médiums ?
Oui j’en ai dans mon grenier. Mais elles n’ont d’intérêt que pour moi. C’est affectif.

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D’où te vient cet amour pour les bestioles mortes et comment as-tu appris à les naturaliser ?
Je n’aime pas les bestioles mortes. J’aime les animaux sauvages. En voir un empaillé, donne l’illusion qu’on peut s’en approcher, l’apprivoiser. Je ne sais pas les naturaliser. Je récupère les taxidermies, ou les achète, abimée de préférence car c’est difficile de détruire une magnifique taxidermie. C’est comme si on tuait l’animal une deuxième fois.

Si tu pouvais, rien qu’une seule fois, te servir librement parmi l’intégralité des êtres vivants existants, quel animal (ou quelle personne) choisirais-tu de naturaliser ?
Ce serait un cygne, et je sculpterais Leda.

Décris-nous le paysage imaginaire dans lequel évoluent tes hommes et femmes-oiseaux.
C’est une mère nature. Un vaste jardin des délices, et un jardin des sévices aussi.
Le ciel est nuageux, la lumière diffuse. Pas de construction, à part des branchages peut-être, des nids, des terriers, des grottes.
Un monde où terre, eau, ciel, végétation, animal, et humain ne font qu’un seul corps. En fait c’est les paysages que je peins.

À quoi ressemble ton futur ?
A une page blanche.

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