Le réalisateur Yoann Lemoine, qu'on a vu chanter au côté de la jeune femme à NY, a du longtemps se poser la question "Où est-ce que je vais la mettre ?". Ça devait être plus compliqué qu'une Katy Perry ou une Taylor Swift. Sa décision : la mettre en scène en tant que vedette américaine. Que le costume soit taillé pour elle ou un peu trop grand, il lui va toujours mieux que le malentendu indie, et c'était judicieux de la confronter à quelques facettes de ce statut.

Le Règne, d'abord. L'Amérique n'a pas Elisabeth II mais plein de petites reines. Pour l'instant, la reine Lana attend ses sujets. Le fait de l'avoir installée sur un trône fait écho aux reproches un peu absurdes selon lesquels l'Industrie l'a fabriquée. Non mais qu'est-ce que vous croyez ? Une vedette américaine est fabriquée, évidemment. Et ça n'a rien de fake. Il en faut de l'authenticité pour aller au charbon de la notoriété et accepter de porter la couronne, fût-elle en fleurs tressées.

La Passion. Lana est amoureuse. L'Amérique n'a pas Marianne mais plein de petites fiancées. Faire poser Lana et son partenaire devant le drapeau à bandes n'est pas saugrenu. Être aimée et amante, c'est sa feuille de route. Maussade à la place du mort, fougueuse à cheval sur le conducteur. Chérie et maltraitée par ses mecs comme par les autres gens. Artificielle et mystérieuse, biche et bitch, distante et hyper livrée. Elle n'a pas besoin d'être une bonne actrice, elle dit tout d'un simple regard, même strabique ou quasi.

La Mort, bah ouais. L'Amérique n'a pas Shakespeare mais plein de petites tragédies. Chaque règne a une fin et on la connaît au début. "Born to die" : besoin d'un dessin ? Une vedette américaine est fabriquée et broyée dans un même mécanisme.

On n'en est pas encore à toutes ces étapes, mais watch the throne, à l'occase.

 


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