Elle vient d’où ?
Leikeli47 est ce que l’on appelle une fille du cru. De Bedford-Stuyvesant, plus exactement, un quartier de Brooklyn devenu célèbre depuis les années 1990. Pourquoi ? Parce que c'est ici que Notorious B.I.G. a fait ses premières armes. On a connu pire référence.


Qui est-elle ?
«Je suis une gosse. Je ne grandis jamais et je me fiche de ce que les autres ont à dire», c'est ainsi que Leikeli47 se présentait à Vice en 2015. Le propos est clair, limpide, autoritaire. Pouvait-il en être autrement de la part d’une jeune femme qui prétend à chaque interview faire de la musique uniquement pour s’amuser ? Pouvait-on attendre à autre chose venant d’une rappeuse qui avoue s’être fait toute seule, dans la rue ou au sein des différents logements sociaux où elle passe son enfance suite à la mort de ses parents ? La réponse est évidente : non ! Leikeli47 sait d’où elle vient, sait où elle va et ce qu’elle veut. Pas pour rien, finalement, qu’elle se balade systématiquement avec une cagoule sur la tête.


Où en est-elle ?
À dire vrai, Leikeli47 n’est pas réellement une jeune rookie. En 2012, l’Américaine publiait déjà sa première mixtape, LK-47, suivie deux ans plus tard de LK-47 Pt.II, un deuxième volume qui attire alors l’attention des médias et des artistes – Jay-Z la porte aux nues, tandis que Diplo et Skrillex l’invitent sur la scène du Madison Square Garden pour fêter ensemble le Nouvel An. Les labels ont également suivi le mouvement depuis, et notamment RCA (Miley Cyrus, Sia, A$AP Rocky) qui la signe dans la foulée et lui propose de publier son premier album. Il lui aura fallu trois ans pour enfin voir le jour, mais Wash & Set ne laisse pas de place aux doutes : plutôt que de jouer sur l’hypersexualisation de ses morceaux, à l'image de certaines de ses contemporaines, Leikeli47 se concentre sur l'aspect mélodique et offre un son générationnel, entre propositions populaires et balises expérimentales, entre refrains hybrides et rythmes imparables.

Ça ressemble à quoi ?
À écouter Miss America, son premier single publié en 2012 (mais écrit dix ans plus tôt), ou le plus récent Miss Me, on serait tenté de rapprocher Leikeli47 d’Azealia Banks, Gnučči ou M.I.A, mais comme on en a assez de ne comparer les artistes féminines qu’à des personnalités du même sexe, on évoquera plus volontiers l’influence d’A$AP Ferg ou de Pusha T. Écoutez 2nd Fiddle, l’un de ses derniers singles, tout y est.

 À quoi ça ne ressemble pas ?
Lorsqu’il s’agit de décrire son flow, Leikeli47 préfère parler de communication que de rap. En cela, elle ne ressemble donc pas à cette nouvelle génération de MC’s new-yorkais qui, de Joey Bada$$ à Young M.A, semblent vouer un culte à ce que les spécialistes ont fini par nomme l’âge d’or du hip-hop.


Que faut-il faire d’elle ?
Premièrement, ne pas chercher à communiquer avec elle via Twitter ou Instagram, et foncer sur son Tumblr, dont elle se sert pour échanger avec ses fans. Deuxièmement, réécouter ses premiers morceaux, et particulièrement Fuck The Summer Up. Dernièrement, tendre l’oreille à son premier album, Wash & Set et comprendre que ces treize morceaux sont bien partis pour éterniser la sensation de fraîcheur qui a accompagné la sortie de ses premières productions.

++ La page Facebook, le Tumblr et les comptes Twitter et Instagram de Leikeli47.
++ Son album, Wash & Set, est disponible.