Il vient d’où ?
De Philadelphie, on retient souvent le fameux Philly Sound qui, porté par Gamble & Huff et le label Philadelphia, a raflé la mise en 1974 avec plus de vingt singles dans les charts. On pense également régulièrement à une scène hip-hop qui, de The Roots à Jedi Mind Tricks, de Schoolly D à Beanie Sigel, a toujours offert une alternative crédible à l'axe New-York - Los Angeles. Dans les mois qui suivent, l'on pourra ajouter à cette liste le nom de Tunji Ige. 

Qui est-il ?
Olatunji Ige (de son vrai nom) est un jeune rappeur d’origine nigérienne, biberonné aux albums de Fela Kuti et Donny Hathaway, et révélé au monde 2014 grâce à la mixtape The Love Project, produite, mixée et masterisée dans sa chambre de l’université de West Chester à l’aide d’un simple micro et d’un Macbook Pro. Puisque tout va désormais très vite grâce à Internet, le mec se retrouve une semaine plus tard sur la scène du Webster Hall, en ouverture de Rome Fortune. L’avenir n’attend pas.

Où en est-il ?
Suite à la publication de The Love Project, dans lequel il condense tous les thèmes chers à l’adolescence – la rébellion, la pression d’être cool ou non, le racisme, les filles -, Tunji Ige voit surtout son buzz décoller grâce au remix de Day2Day d’ILoveMakonnen et Michael Christmas. Près de 400 000 vues sur YouTube, 1,6 millions d’écoutes sur Soundcloud, un final en forme de clin d’œil au When a Fire Starts to Burn de Disclosure : le mec, c’est une certitude, impose son nom au sein d’une nouvelle génération de MC’s américains. Si bien que, en 2015, Tunji Ige, en parallèle à ses études, collabore avec Christine & The Queens sur la version US de Chaleur Humaine (No Harm Is Done), enchaîne avec un deuxième EP (Missed Calls) produit par Noah Breakfast (Chiddy Bang), intègre le collectif Brain Bandit (où figurent également Lil' Yachty et ASAP Twelvy) et, le 8 juillet dernier, jour de son anniversaire, publie un troisième EP, Prince Of July.

Ça ressemble à quoi ?
«Parfois, je suis comme... Oh mon dieu, cela ressemble trop à Kid Cudi.» Ça, c’est lui qui le déclarait en 2014 à The Fader suite à la publication de The Love Project. Trois ans plus tard, les projets se sont accumulés, mais la comparaison tient toujours la route. On pourrait même ajouter Kanye West et Drake à la liste des influences pour ce hip-hop qui fourmille d'idées et cette façon de poser sur textes ses introspections et ses sentiments les plus intimes. «J'ai l'impression que la musique est l'endroit où je peux exposer tous les sentiments que j'ai en moi, confiait-il à Noisey US. Je les ai mis en perspective, de sorte à ce que vous puissiez aussi bien entendre un type qui baisse sa garde qu'un album de rap hardcore.»

À quoi ça ne ressemble pas ?
Dans une interview à Complex, l'Américain dresse une liste des dix disques qui l'ont influencé. Si Kanye West y figure en bonne place (quatre de ses albums y sont cités), on y trouve également Aquemini d'Outkast, Futuresex/Lovesounds de Justin Timberlake ou encore It's Dark and Hell Is Hot de DMX. Soit trois albums auxquels Tunji Ige ne peut décemment pas être comparé. Comme quoi le bonhomme propose bien autre chose qu’une simple reformulation de la musique de ses modèles.

Que faut-il faire de lui ?
«Vous devriez amener vos amis», voilà ce qu’il chante sur Bring Yo Friends. Et il a raison : à 21 ans, Tunji Ige a certes tout à prouver, mais il est d’ores et déjà de ces artistes qui méritent d’être partagés. En nombre, tant qu’à faire.

++ La page Facebook et les comptes Soundcloud et Twitter de Tunji Ige.
++ Sa dernière mixtape, Prince Of July, est disponible ici.