SAUSAGE PARTY, DE CONRAD VERNON ET GREG TIERNAN 

De quoi ça parle ?
Le film nous plonge dans un monde où les articles qui peuplent un supermarché sont persuadés que les humains qui les achètent sont des dieux qui les conduiront au paradis après la sortie du magasin.

De quoi ça a l’air ?
Un gros délire de potes à l’humour vulgos et au scénario WTF.

Ce que c’est vraiment ?
Un film à l’animation réussie et au scénario intelligent et surprenant, construit sur une métaphore aussi simple que puissante, qui remet en question la croyance religieuse, illustre la servitude volontaire des masses, montre la difficulté qu’il y a à lancer un mouvement d’émancipation. Un film qui interroge notre réalité, joue avec les codes du film d’action et les références cinématographiques, s’amuse du conflit israélo-palestinien, pointe la division communautaire de la société, se moque du marketing ethnique au passage, nous noie dans le trop-plein de la société de consommation et plus encore. Tout ça en étant drôle et trash du début à la fin. N’emmenez pas vos enfants voir ce film, surtout si vous êtes de la Manif pour Tous.

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INVASION LOS ANGELES (THEY LIVE), DE JOHN CARPENTER

De quoi ça parle ?
John Nada, ouvrier au chômage, déambule dans les rues de Los Angeles à la recherche d’un travail. Lorsqu’il achète dans un magasin chinois une paire de lunettes de soleil, c’est la révélation. En mettant ces lunettes, il voit le monde en noir et blanc et découvre que la ville est remplie de messages subliminaux destinés à contrôler les gens et que surtout, certains humains sont en fait des extraterrestres.

De quoi ça a l’air ?
Une série B sur laquelle on tombe par hasard sur la TNT et qu’on regarde au second degré en mangeant une pizza surgelée.

Ce que c’est vraiment ?
Dans la lignée de L’Invasion des profanateurs de sépulture de Don Siegel (maître de la série B en son temps), John Carpenter veut nous ouvrir grand les yeux, sur la réalité qui nous entoure. Derrière des lunettes de soleil aussi cool que magiques, John Nada découvre la manipulation des masses qui se fait au moyen de messages répétitifs et subliminaux. Les lunettes permettent de voir au delà des slogans. Le film est ainsi une charge contre la société de consommation et le lavage de cerveau permanent qu’elle opère au moyen de la publicité et des médias. Ainsi, Invasion Los Angeles nous montre avec l’humilité et la simplicité d’une série B que derrière l’apparente liberté dont nous semblons jouir dans une démocratie, des mécanismes d’aliénation complexes sont toujours à l’œuvre. Hélas, dans notre monde réel, il faut plus qu’une paire de lunettes achetées dans un magasin chinois pour s’en affranchir.

STARSHIP TROOPERS, DE PAUL VERHOEVEN

De quoi ça parle ?
Dans un futur où la société est militarisée façon Sparte, les humains se lancent dans une guerre sans pitié contre des insectes géants peuplant une autre planète (et qui ont détruit Buenos Aires en détournant un astéroïde).

Ce que c’est vraiment ?
Dans Starship Troopers, la seconde lecture est peut-être moins évidente que dans les films cités précédemment. Comme dans Showgirls, qu’il réalisa deux ans auparavant, Paul Verhoeven semble vouloir offrir un film dont la seconde lecture est masquée sous les artifices et la vulgarité.

A la sortie du film il y a bientôt 20 ans, les critiques furent ainsi divisées. Certains, à l’instar de Christophe Honoré dans Les Cahiers, n’y voyaient qu’une grosse production américaine complètement vide de substance, un «Beverly Hills dans l’espace», un jeu vidéo (insulte suprême) :
«Starship Troopers n’est pas un film destiné aux spectateurs expérimentés. Il a été élaboré juste pour faire un maximum d’entrées auprès de jeunes Américains pendant un week-end de vacances, des puceaux accros aux jeux vidéo qui entrent dans une salle comme ils se mettent aux manettes d’un Doom-like, avec pour seul objectif de voir bousillé tout ce qui apparaît dans leur champ visuel. Starship Troopers a fait un carton le premier week-end de sa sortie, puis les entrées ont chuté. Qu’importe - un week-end a suffi pour rentabiliser le film. Et je ne peux pas m’empêcher de trouver ça presque émouvant, cette idée qu’un film puisse exister uniquement pour ramasser de l’argent en deux jours aux États-Unis. Voir aujourd’hui le film, sur un écran à Paris, est un malentendu. Une indiscrétion. Une malveillance.»
Christophe Honoré – 
Les Cahiers du Cinéma, n°523

À l’inverse, d’autres critiques y ont décelé une satire féroce et pleine d’ironie d’une société dominée par un complexe militaro-industriel néo-fasciste, où les cerveaux des jeunes recrues envoyées au front pour se faire massacrer sont lobotomisés par une propagande complètement inepte. Une critique de la politique étrangère américaine et d’une certaine culture qui opte spontanément pour la réaction violente et punitive. Dans les commentaires qu’il a faits lui-même, Paul Verhoeven a souvent défendu cette vision politique de son film. Avec le recul, on peut même voir dans Starship Troopers une vision anticipée et assez juste de la politique étrangère et des campagnes militaires américaines après le 11 septembre 2001, et plus généralement de la guerre contre le terrorisme qui se poursuit de nos jours.

 

MONEYBALL (LE STRATÈGE), DE BENNETT MILLER

De quoi ça parle ?
Alors qu’une nouvelle saison arrive, le manager des Oakland Athletics (baseball) perd ses meilleurs joueurs au profit de grands clubs. Contre l’avis de tous, il va alors s'appuyer sur les théories statistiques d’un jeune économiste de Yale pour réunir une équipe de laissés-pour-compte, bizarres, trop vieux, problématiques, en partie blessés, tous délaissés par l’ensemble des clubs, mais avec des capacités sous-estimées.

De quoi ça a l’air ?
Un film de sport formaté pour les Oscars, sur le baseball en plus, le genre de sport dont personne ne comprend les règles en France. Et les films de sport sont rarement des chefs-d’œuvres…

Ce que c’est vraiment ?
Le genre de film sur lequel on tombe par hasard et qu’on retient longtemps : mise en scène pleine d’ampleur et envoûtante de Bennet Miller, scénario et dialogues qui font mouche de Aaron Sorkin (The Social Network, À la Maison-Blanche (The West Wing)...) et Steven Zaillan (La Liste de Schindler, American Ganster), Brad Pitt et Jonah Hill impeccables. Un scénario lent, qui ne s’appuie pas vraiment sur la cinétique du spectacle sportif mais plutôt sur la force de la parole. Un film qui pose la question suivante : quand règnent l’argent et les prévisions statistiques, y a-t-il une place au soleil pour les losers ? Une question valable dans le sport comme ailleurs.
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ROX ET ROUKY, DE DISNEY

De quoi ça parle ?
Ce classique de Disney raconte l’histoire d’un renard, Rox, et d’un chien, Rouky, dont l'amitié est mise en danger lorsque le maître de Rouky décide d'en faire un chien de chasse.

De quoi ça a l’air ?
Un petit Disney tranquille qu’on passe aux enfants le dimanche aprèm' pour souffler un peu.

Ce que c’est vraiment ?
Comme dans Roméo et Juliette, Rox et Rouky appartiennent à deux familles voisines qui ne peuvent s’entendre.  Entre le renard et le chien, trop de câlins, de mordillages d’oreille et compagnie… Revoyez le film, c’est sûr, on est plus du côté de Brokeback Mountain que de Bud Spencer et Terence Hill.