Chacun cherche sa chatte : épisode 5, le jeune

Jeudi 21 juillet 2016

Depuis mon jubilé sur lit de J5 survenu lors du déménagement, j’arrive pas à me remettre. Je suis en post-partum. J’ai l’impression d’avoir fait un 5000 mètres haies de l’amour (quelle drôle de discipline), et tous les candidats potentiels qui présentent leurs CV me font l’effet d’un tableau Ikea avec taxi colorisé. Limite je marche avec du Balavoine dans la tête, quoi. Et si j’avais vécu ma plus belle aventure ?

J’ai peur de devenir les meufs qui vont au Cap d’Agde en oubliant de se respecter au motif que ça va, elles ont déjà bien vécu. Le matin, elles prennent leur magnésium marin avec un grand verre d’eau ; le soir, elles se font parler mal avec l’accent du Sud-Est, à quatre pattes en jupe plissée de vieille petite fille et mules à talons la Halle aux Chaussures, par des gars cravate-sur-la-tête-style qui soupèsent leurs vieux seins sans stretch et sans entrain. Intolérable.

Non, j’ai moins de trente ans, je refuse de tirer mon temps en soupirant que j’ai tout dilapidé mes orgasmes en attendant que Zeus me rappelle à ses côtés là-haut dans le Ciel. Eh bien vous savez, parfois la bonne volonté est récompensée, parce que je suis en train de me dire tout ça en soirée, auprès d’amis qui eux ont encore la foi de se faire croire que Happy est une chanson dansante, et c’est pile à ce moment que quelqu’un fait rebondir mon côté gauche en venant s’asseoir à côté de moi sur le Ektörp 3 places gris que tout le monde a possédé au moins une fois dans sa vie. Bouteille de Jack à la main, il me propose la garde partagée avec les yeux, donc on a affaire à quelqu’un qui clairement n’a pas connu les Bleus champions du Monde car il devait être en train d’apprendre à tracer les lettres de son prénom à ce moment-là, mais il me redonne espoir, comme la candidature de la Chicholina aux présidentielles italiennes. Il est beau, il a l’air marrant, sur une échelle de 1 à Man Down de Rihanna (quel tube), je pense qu’on part sur une belle soirée, à partir de : maintenant.

«J’suis bourré» disent les jeunes pour se donner de l’assurance. J’ai même pas envie de lui répondre en fait tellement il est sublime. Nan mais sérieux, c’est un escort ou quoi ? Faudrait que je lui précise que j’ai pas de thunes, des fois qu’il soit vraiment escort. Bon, du coup je me mets en mode avion et je le laisse shitchatter.

Et alors qu’il m’explique les mélanges d’alcool qu’il a opérés jusqu’ici, je suis clairement en train de fomenter que son dernier mélange de la soirée, ça sera moi qui lui apprends comment tout bien étaler sur mes seins au pinceau. Je souris et je le regarde trop longtemps dans les yeux, c’est une technique de tri sélectif : si le gars tient, alors il bande, s’il tient pas, faut partir, j’ai pas deux ans à perdre à le recueillir en pleurs parce qu’il n’est pas assez mâle alpha, c’est pas mon problème. Je le travaille comme un maçon talocherait son mur sans même le regarder, et je l’enjoins à venir danser avec moi, dans la cuisine. J’adore les contre-soirées qui s’y passent, bon tu glisses toujours sur un quart de citron vert qui autrefois fut un ti' punch, mais ça mis à part, c’est le meilleur endroit pour signer des contrax.

Je l’entraîne donc en caressant sa main pour pas le perdre parmi les invités, et après avoir maudit le track selector qui met du DMX, soit le pire move pour draguer quelqu’un - sérieux vous avez déjà réussi à pécho sur du DMX ? VOUS MENTEZ. Comme on rigole, sans que j’ai besoin de lui donner des bonbons pour qu’il me suive dans ma camionnette, je sens  que c’est le moment pour qu’on discute un petit peu et de trop près pour voir ce qu’il en retourne. Je m’approche de sa bouche pour lui raconter une histoire de fantôme sur le bord de la route, il ouvre grand de fausse peur et j’en profite pour mater sa dentition, parfaite, mâchoire prognathe un tout petit peu, ça m’excite immédiatement. Je lui tourne autour comme un pistil, il me suit de la tête, il a une petite mèche qui tombe, bouclée et frisotante, je vous assure, c’est une toile de maître. Ce qui est super, c’est qu’il n’en a pas encore conscience, donc au moment où cet enfant légal va se faire violer la teub par ma langue enroulée, il va pas comprendre ce qui lui arrive. C’est important pour moi : je propose des orgasmes comme je conseille des livres - à chaque fois, je pitche avec tout mon cœur afin que mon interlocuteur ait VRAIMENT envie de lire la suite, d’investir dans un marque-pages, limite de mettre une bonne critique sur Babelio.com. Ah et aussi, je vous l‘explique à vous, mais c’est aussi ce que je suis en train de lui glisser bien en face, tout en lui caressant les cheveux, avec comme prétexte de le recoiffer. Je vais le sucer. Bientôt. Sa mâchoire décroche, je frissonne, j’ai envie d’enfouir toute sa barbe dans ma chatte et de le tenir à deux mains jusqu’à ce qu’il me finisse. Les cheveux bien agrippés. Les cheveux, c’est la petite cerise Acérola du sexe : si t’as une bonne matière à travailler en face de toi, tu peux aller loin dans la nuit. Il ouvre grand ses yeux parce que forcément, c’est surprenant, ça je l’entends, surtout qu’on n’est pas tout seuls donc on peut se faire cramer à tout instant en train de parler de sa teub et moi. Il est sidéré mais il part pas, allez-y, criez-moi dessus, mais j’ouvre ses boutons de jean's tout en continuant à discuter, collée contre lui, histoire de voir s’il bande autant que moi.

Je le rassure tout ce que je peux avec les yeux, pas besoin de faire de blagues mon gars, je te jure, je vais bien m’occuper de toi, tu seras pas déçu. Son polo bleu marine m’excite, j’ai envie de l’enlever dans le couloir pour voir s’il a les épaules aussi rondes et musclées qu’elles en ont l’air, j’ai envie de voir son air ahuri et son menton prognathe au moment où moi je vais me déshabiller, j’ai des bons seins en ce moment je vais avoir mes règles donc ils remuent quand j’enlève mon T-shirt, ça va être la belle surprise. On arrive dans une chambre où deux personnes discutent d’un air grave. Je m’en ballec', je les vire en disant que mon cousin se sent pas bien qu’il faut se barrer et laisser la chambre dispo. Mon cousin. Mensonge. Excitant. Ils se barrent un peu fâchés et tant mieux, ça me harangue encore plus, d’autant que mon nouvel ami de 21 ans a très bien compris qu’il devait être très sage : il s’assoit poliment au bord du lit, on va faire un petit jeu. Je me déshabille entièrement, et le contact de ma chatte sur son jean’s, c’est comme un bon mojito le premier soir des vacances. C’est un enfant, et les enfants ça met les mains partout, c’est pas délicat ; je lui colle mes seins dans la bouche, et d’un trait, il entoure mes fesses de ses immenses mains de basketteur d’UNSS (ouais, il m’a dit plus tôt qu’il était basketteur, mais je vous ai fait une ellipse parce que je pensais que vous vous en foutiez), on est comme ça en contact pendant quelques secondes mais il se rend pas compte, les relations sexuelles un peu entreprenantes, moi ça me fait dégouliner - s’il continue à me frotter contre lui comme ça, les gens vont lui demander s’il a lavé son jean’s au Mir Express dans la salle de bain. Il en a partout, je suis trempée et je crois qu’on est compatibles physiquement, s’il pouvait mettre sa main entière dans mon cul, on en serait déjà au 3ème rendez-vous à l’heure qu’il est. C’est tellement cosy comme position que j’ai même pas envie d’aller le sucer, je veux pas bouger de ses mains Ligne Rozet, je veux juste qu’il me baise dans l’immédiat, moi assise sur lui, je vais lui suggérer tiens, on verra bien ce qui se dit...

J’ouvre (pour la deuxième fois, on les avait refermés pour traverser le couloir) ses boutons de jean's, et j’en sors - sensation magnifique - une queue qui bande pour moi comme on bande pour une femme qui serait sa prof d’anglais avec un bon cul. Nul besoin de lubrifier comme vous l’avez compris, il s’insère en se mordant sa prognathe lèvre jusqu’au fond de ma chatte et me fait faire un créneau mon gars, t’as jamais vu ça. Je suis une voiture dans un ouragan, je suis un tourbillon entre le Pilat et Arcachon. Je tourne sur sa bite, j’ai rien à faire, juste à me cambrer, il est parfait, ça, dans deux ans, ça te dit des saletés plus loin que les sites pornos non-homologués. Je crois que je suis en train de tomber amoureuse, j’ai oublié mes déménageurs et mon tatouage Charal, j’ai oublié tous les épisodes de ma vie au profit de ce type qui a dû se dépuceler y’a 8 mois avec une meuf du Sud qui s’appelle Mélanine (les parents de la génération d’après-nous ont fait n’importe quoi avec les prénoms des gosses ; dans la soirée, j’ai vite fait demandé du feu à une meuf qui s’appelait «Cerise Mania». Véridique. Bref). Je sens que ça monte, je veux pas finir tout de suite, je crois qu’il a une intelligence sexuelle hors du commun parce qu’il se lève, moi dans ses mains et jambes serrés dans son dos, et il me finit au burin debout contre le mur en souriant. Me voyant jouir comme une meuf qui a pas peur des mots, il tarde pas, et franchement j’en ai pour mon compte : le gars me mord l’épaule comme un chat en me boutant les hanches comme si on était à Poitiers en 732.

Je suis subjuguée. Il me sourit avec sa belle mèche pleine de sueur devant l’œil, et putain, je sais pas ce qui m’a pris, je vous jure, je suis une fille cool normalement...

Non j’ai honte, je peux pas le dire.

Si, je suis obligée, sinon je boucle pas mon histoire. Voilà ce que je lui ai dit :

«Je crois que j’ai envie de te revoir».

 

À suivre : épisode 6 (et dernier épisode) de notre série érotique, en ligne jeudi prochain. Lire l'épisode 123 et 4.

++ SML est également auteur dans La Chose, revue pop-porn, disponible dans toutes les bonnes librairies et sur Amazon.


Illustration : Marion Dupas.

Par SML
Sexe saga serie erotique



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Commentaires


Amis trolls, les commentaires sont modérés
Mo
30-07-2016 00:09
Tu m'inspires ahaha
Melanine
26-07-2016 19:37
j"adore!
Elise
25-07-2016 23:28
Merci
Bofbof
23-07-2016 10:40
Putain, c'est même pas digne d'un récit érotique du forum de doctissimo !
putain
22-07-2016 10:41
c'est grandiose, j'ai ri et bandé en même temps. chapeau.
Bof
21-07-2016 23:30
C'est malheureux à quel point ce type de fiction peut être gâchée par une maitrise pitoyable de la ponctuation.