De la bouche de Grimes elle-même, elle n’est pas une popstar, mais "une artiste expérimentale qui fait de la pop".  Comme si l’étiquette "pop"  la rendait automatiquement redevable de quelque chose au grand-public, par exemple la forcer à justifier la moindre de ses excentricités. Une crainte qui s’est concrétisée après la mise en ligne de Go, un morceau qu’elle avait écrit pour Rihanna puis enregistré elle-même, qui a essuyé une pluie de critiques accusant Grimes avoir cédé aux sirènes du commercial (sûrement les mêmes qui se sont plaints lorsque le poppers est sorti de l’ombre des sex shop pour atterrir en vente au tabac du coin).

grimes1Tout ça, Grimes n’en n’a rien à faire : les commentaires ont d’ailleurs été désactivés sous sa nouvelle vidéo. Inutile donc d’aller essayer de comparer le clip de Kill V. Maim et son décor de métro désaffecté à celui de Lady Gaga et ses chorés au tourniquet ou Shéryfa Luna qui prend la ligne 7bis. Il serait également absurde de rapprocher son étrange trame de vampires cyber goth qui festoient à celle d’un clip des Backstreet Boys sorti six ans auparavant.

grimes2Ce n’est pourtant pas l’envie qui nous manque, tant le clip de Grimes regorge de clins d’oeil à la pop culture : du nom du clip qui apparaît sous le même format que l’intro de la série policière culte Law & Order (New York District en français) à la barre de vie de Zelda affichée en haut de l’écran, en passant par la scène en boîte de nuit de Blade et le message de game over de Resident Evil.

grimes3Et si toutes ces geekeries ne suffisaient pas à comprendre que Grimes n’était pas une banale popstar, elle enfonce le clou en évoquant la chanson par ces mots : "Kill V. Maim a été écrit du point de vue d’Al Pacino dans le Parrain 2. Sauf qu’ici, il est un vampire qui peut changer de genre à sa guise et voyager à travers l’espace." Une preuve de plus s’il en fallait que populaire ne rime pas toujours avec élémentaire.