LE MAN BUN

N.M., de l’anglais man bun = petit chignon de connard. Désigne la version «masculine» du petit chignon de connasse. Largement popularisé par des personnalités très viriles du monde du sport (David Beckham, tous les footballeurs italiens), le man bun plonge ses racines dans le cuir chevelu très viril des samouraïs. Le message du man bun : je suis un esprit libre, le MacBook est mon arme mais la jungle est mon élément. Le man bun est souvent perçu comme un troisième testicule par son possesseur.

Pourquoi c’est une coupe de merde
Les testicules, c’est dans le caleçon, merci.

 

 

LES TRESSES DE RASTA BLANC

Le principal responsable de cette tendance capillaire est Sean Paul, ex-joueur de hockey devenu parangon du reggaeton et des bandanas. Le rasta blanc est un blanc qui décide de devenir noir après un séjour humanitaire au Tchad dont il revient couramment avec un lamellophone, une forte diarrhée et des tresses, vantant l’incroyable chaleur humaine de ces gens qui n’ont rien mais ont tellement à nous donner.

Pourquoi c’est une coupe de merde
Regardez-vous en face, cessez d’être dans le déni. Répétez devant le miroir : JE SUIS BLANC.

  

LE MULLET

David Bowie et Mac Gyver sont les plus éminents représentants de cette coupe qui, par un phénomène encore non élucidé par la science, s’étend rapidement au-delà du périmètre du glam-rock androgyne pour aller s’implanter sur les têtes et dans les nuques des footballeurs allemands au cours des années 80. On le croise encore couramment en ex-RDA, où il accessoirise avec brio les mocassins en simili-cuir à bout carré et les pulls sans manches en tergal.

Pourquoi c’est une coupe de merde
La vie est faite de choix ; vous ne pouvez pas avoir les cheveux courts et longs à la fois, faites-vous une raison.

  

LE CARRE PLONGEANT DE COMPTABLE

La cause du mal tient en deux mots : Victoria Beckham. Après avoir été fécondée par un footballeur lui-même responsable d’un fléau capillaire planétaire (le man bun, voir plus haut), Posh Spice met symboliquement fin à sa post-adolescence chantante d’un coup de ciseau. Le carré plongeant est doux et agressif à la fois, il est mère et il est pute. Son message : oui, je porte la vie en mon sein, mais viens donc là, que je te mange la bite. Un statement qui fait très rapidement des émules chez les comptables, dont il est de notoriété publique que ce sont toutes des putes.

Pourquoi c’est une coupe de merde
Outre cet aspect moralement répréhensible, on ne va pas se mentir : le carré plongeant ne ressemble plus à rien après le premier shampooing post-coupe. Vous n’êtes pas Victoria Beckham, vous n’avez pas les moyens de vous payer un coiffeur à plein temps, alors laissez tomber.

  

L'UNDERCUT

Longtemps honni après la Seconde Guerre Mondiale, l’undercut finit au cours des années 2000 par s’émanciper de cette réputation d’antisémitisme qui lui collait à la peau. Il effectue un retour en force sur les têtes d’une génération qui a enfin oublié qui était Heinrich Himmler et constitue un palier de décompression entre la galette (ou, pire, le man bun, voir plus haut) qui trône sur le sommet du crâne et la barbe qui pend au menton. Sa variante dégénérée, le side-cut, fait fureur chez les filles qui sont techno la nuit et gestion de patrimoine le jour.

Pourquoi c’est une coupe de merde
Parce que c’est la coupe de Heinrich Himmler.

  

LA COUPE DE ROD STEWART

Sa généalogie est floue, il s’agit de la coupe bâtarde par excellence puisqu’elle a aussi bien en elle quelque chose de The Cure, mais aussi des Incroyables (ces hipsters période Directoire qui se coupaient les cheveux à la guillotine), et qu’on la retrouve également sur la tête d’un grand nombre de caissières quadragénaires dont la fantaisie ne trouve d’autre espace d’expression que sur la tête et les ongles.

Pourquoi c’est une coupe de merde
Trop de signaux contradictoires, trop d’étages, trop de mèches effilées, trop de couleurs ; vos cheveux épuisent votre entourage, vous allez finir seul et mangé par les mites.

  

LA QUEUE DE RAT

Cet être insidieux se love le plus souvent au creux de la nuque des populations masculines pratiquant le tuning de R5 et le jumpstyle. Elle est filasse et fourbe, parfois décolorée, et, à l’instar du gui, se fixe directement au niveau du cervelet pour en aspirer lentement la substance. Selon une étude américaine, un porteur de queue de rat perd ainsi en moyenne 2,8 points de Q.I. par jour, ce qui explique beaucoup de choses.

Pourquoi c’est une coupe de merde
Plus qu’une coupe de merde, la queue de rat est une véritable menace pour la survie de notre race.

 

LA BROSSE

Inventée en 1899 par Charles-Marie Foufounès, cette coupe de cheveux est développée dans le but de remédier au fléau des toiles d’araignées dans les coins de plafonds. Le porteur de brosse, comme le ramoneur, passait de village en village pour proposer ses services de nettoyage aux ménagères en détresse. Avec l’invention du balai télescopique dans l’entre-deux-guerres, ce métier disparaît progressivement et la brosse devient l’apanage des militaires, qui aiment bien avoir des angles droits au sommet du crâne (parce que c’est viril).

Pourquoi c’est une coupe de merde
Non, non, non, être coiffé comme un dessous de plat n’est pas un gage de virilité.

 

 

LA COUPE AU BOL

- Jeanne ! Jeanne !
- Oué c ki ?
- C’est moi, Mathieu !
- Hein koi ? Dieu ???
- Mais non, gourdasse, Mathieu, ton meilleur ami homosexuel ! Bon, écoute, j’ai réfléchi à ton problème avec les mecs, en fait t’es super jolie, mais faudrait vraiment que tu te laisses pousser des anglaises et que tu vires cette frange.
- Koi ? Bouter les Anglais hors de France ? Ok j’y go !
Et c’est ainsi que Jeanne d’Arc, sur un malentendu, partit en guerre contre les Anglais avec sa coupe de cheveux de merde qui n’en finit pas de fleurir sur les têtes des filles un peu nerdy en école d’Art.

Pourquoi c’est une coupe de merde
Mais puisqu’on vous dit que cette coupe est un malentendu, vous êtes bouchés ou quoi ? Un MALENTENDU.

  

LA PERMANENTE 80'S

Les cuisses moulées dans le spandex, et en haut, un minuscule boléro de soie à épaulettes Lanvin avec rien d’autre en dessous que deux mamelles arrogantes dont les tétons pointent fièrement à travers le tissu, que reste-t-il à la femme des années 80 pour éviter la pneumonie ? Ses cheveux. Tandis que les vertus amincissantes de l’aérobic et de la coke font des miracles sur les corps qui se dénudent de façon agressive, il devient de bon ton d’arborer une crinière massive et en pétard qui jouera à la fois un rôle d’isolant thermique et de coupe-file pour les Bains Douches.

Pourquoi c’est une coupe de merde
On est désolés de devoir vous dire ça et on sait que c’est dur à entendre, mais les 80’s, c’est fini.

  

BONUS: LE PERMULLET (MULLET + PERMANENTE) 

Fruit d’une fécondation artificielle entre la permanente 80’s et le mullet, le permullet est heureusement en voie d’extinction. On en compte encore quelques exemplaires dans les régions de l’Oural et des Balkans, mais aussi en Ile-de-France, sur les têtes d’étudiants en Art qui font de la techno ironique. 

 

Illustrations : Olivier Laude.