1 - Les invités sont tous insupportables

En début de soirée, le succès du Grand Journal est basé sur la répétition quotidienne des discussions avec des stars qui viennent faire la promo de leur putain de film, leur chanson merdique ou pire, leur pièce de théâtre. Franchement, je zappe à chaque fois au bout de 2 secondes. Impossible de regarder ça, c'est du Ardisson à peine maquillé. Mais Le Petit Journal, tout aussi différent qu'il soit, fait exactement la même chose avec des célébrités tout aussi horripilantes. A quoi bon se moquer de l'ensemble des partis politiques si on sert la soupe à Moscovici ? Jean-Louis Borloo ? Vous voulez que je vous donne la liste de tous les people ringards qu'ils ont invités l'année dernière ? MICHEL ONFRAY ! C'est pas de l'infotainment, c'est du France 3 photoshoppé! Et le pire, c'est que Yann Barthès n'essaye même pas de les piéger dans leur plan média, il leur sert la soupe auprès d'un public plus jeune qui, de toute manière, n'est pas intéressé par ces "vieux". Qui veut *vraiment* connaître les goûts musicaux forcément ringards de Fleur Pellerin ? C'est réellement dérangeant de voir ça. C'est ça, la télé new look ? Au lieu d'inviter des nouveaux visages ou des jeunes personnalités qui ont quelque chose à dire, on se retourne dans la version Deschiens de Michel Drucker. En plus, ça dure super longtemps ces interviews à la con.

 

 

2 - Les Cancres 3.0

Le Petit Journal est le seul show qui fait le contraire de Public Sénat en se moquant à juste titre des députés à l'Assemblée Nationale. Le réservoir de blagues est sans limite, c'est un puits sans fond de bouffonnerie potentielle, on sait que ces députés et ces sénateurs dorment tout le temps et se comportent comme des porcs. Et ils sont payés une fortune. Soit. Mais ce qu'en fait Le Petit Journal est à mi-chemin dans la satire. Les blagues se limitent souvent aux coupes de cheveux ébouriffées, aux cravates avec des motifs C&A, aux gesticulations de pépés avinés, aux postillons. Non les mecs ! Vous avez la possibilité de défoncer cette sale race de magouilleurs de la République, mais finalement, vous les rendez presque attachants. C'est une séquence absolument mal faite, mal éditée, toujours frustrante. Ça pourrait être un zapping qui fout la honte à la politique, mais ça reste au niveau des blagues d'école de commerce. Fail.

 

3 - Martin Weill

Comment dire ? Le reporter vedette du Petit Journal a le passeport le plus tamponné des médias français. Il doit avoir 200 visas et on l'envoie aux quatre coins du monde sur les endroits les plus chauds, là où la guerre fait rage, les gens souffrent, les manifestations explosent, les sociétés sont en pleine mutation. Et que fait le mec quand il arrive ? Sa première question est "pourquoi vous manifestez ?" quand les gens crèvent de faim. "Pourquoi vous quittez votre village ?" quand y'a un génocide dans le coin. Si on est en pleine jungle, il va demander "comment faites-vous pour cuisiner ?". Il va en Ecosse et demande aux gens dans la rue s'ils vont arrêter de parler avec un accent... seriously ? C'est tout ce que t'as à demander ? Il est où ton fixeur ? Martin Weill est le roi du facepalm. Il voyage pendant 15 heures pour aller en Afrique et il dit qu'il fait chaud. Cette semaine, il était bien sûr à côté des réfugiés, et je n'ai physiquement pas pu regarder, c'est à ce point embarrassant. Il paraît qu'il a fait 6 fois le tour du monde avec ces voyages. Je connais des travellers qui n'ont pas dépassé la frontière basque et qui sont plus intelligents. C'est qui ce mec ? Un fils de ? Il est la preuve vivante du journalisme ringard que Le Petit Journal dénonce tous les soirs.

 

 

4 - La pub

Vous avez remarqué ? Vous arrivez sur Le Petit Journal, l'émission vient de commencer et paf ! c'est déjà la pub. Et pas n'importe quelle pub. Interminable. C'est carrément une section entière du show qui vous vend des trucs pour les djeunz, les bobos, les hipsters et tout ce qui ne pourrait intéresser une famille typique de yuppies avec deux gosses en bas âge. Remarquez, si comme 99,99% des gens, vous regardez Le Petit Journal sur internet, vous n'avez pas à supporter ça. Mais finalement, c'est comme s'il fallait payer très cher l'esprit satirique du Petit Journal, cet humour à la Loïc Prigent qu'on adore (car selon Le Monde, Barthès est un clone de Prigent). La drôlerie de ce show consiste à prendre sur le fait la classe politique quand elle est la plus conne, c'est à dire tous les jours. Comme les Guignols, c'est un moment de vengeance face à l'énervement de notre époque. Mais pour avoir ça, il faut zapper pendant 5 minutes pour échapper aux pubs qui sont le lavage de cerveau ultime. Selon la célèbre question de Prigent : "dichotomie ou contraste" ?

 

5 - Être ou ne pas être

Bon, ça va, on sait tous que Barthès est gay, nan ? On est contents pour lui ! Et je n'ai rien non plus à dire de méchant sur Laurent Bon, le producteur du Petit Journal : il était super gentil quand il était rédac' chef de Max et que je lui écrivais des chroniques expressément idiotes pour coller au lectorat du magazine. Quand Yagg mentionne L'homme qui murmure à l'oreille de Yann Barthèsl'article du dernier Télérama, Christophe Martet est obligé d'employer des mots codés : "relation particulière" ou "couple" (entre guillemets dans le titre). Mais enfin, de quoi ont-ils peur ? On est en 2015 ! Il y a des rugbymen qui font leur coming-out et ça se passe dans des milieux sportifs beaucoup plus coincés que le PAF ! Pourquoi en fait-on toute une histoire en France ? Hey, réveillez-vous les mecs, même au FN y'a des pédés.

 

 

Didier Lestrade.