Etats-Unis - Billboard Hot 100

 

 

Que j'aime ta verdure
Ding-dong-ding-dong ! La saison des albums de Noël est arrivée aux Etats-Unis. Cette année, c'est Kelly Clarkson qui rafle la mise avec Underneath The Tree, un titre qui donne envie d'enfiler son plus beau bonnet à grelots, d'acheter un cornet de marrons chauds au jardin du Luxembourg et de saluer son voisin plutôt que de lui décrocher une grimace quand on a le malheur de le croiser le matin dans l'escalier (courage, il s'agit d'un seul mois dans l'année).

 

Bref, la relève du traditionnel All I Want For Christmas Is You est enfin arrivée, et les Américains en redemandent : le single, plébiscité par le public, caracole en tête du classement Adult Contemporary - terme usité pour décrire la variété américaine. L'album sorti simultanément n'est pas en reste, puisque le voilà déjà certifié disque de platine outre-Atlantique.

 

Un peu plus loin derrière elle, Mary J. Blige doit se contenter des miettes. Il faut dire qu'elle l'a bien cherché : reprendre Petit Papa Noël, c'est aussi judicieux que la fois où Avril Lavigne a cru bon d'interpréter un refrain en français ou encore celle où Beyoncé a repris Les Choristes. Oui, ça c'était... quelque chose.

 

Royaume-Uni - Official Charts Company

 

 

Britney's pire.
Avec son nouvel album atteignant à peine la 34ème place des charts en Angleterre, les ventes de Britney Spears connaissent actuellement une période de vache maigre encore inédite dans la carrière de la chanteuse. Certains imputent la faute à la progression des services d'écoutes de musique en streaming, d'autres y voient là les fruits d'une promotion quasi-inexistante, mais la raison qui ressort le plus manifestement est plus simple : l'album est mauvais.

 

Britney ayant émis le souhait de faire un break au terme de sa résidence à Las Vegas (pour, notamment, "se remarier" et "avoir d'autres enfants" (sic)), il serait dommage de terminer sa carrière sur une note aussi désastreuse. La carte du best-of ayant déjà été abattue par deux fois, il ne reste plus grande chance de se retirer la tête haute. Plan de secours : sortir le meilleur morceau de l'album, terminer l'exploitation de celui-ci, faire un break de 2 à 3 ans et revenir au top de sa forme, fraîche comme au premier jour. Tous les espoirs sont permis.

 

France - Syndicat National de l'Edition Phonographique

 

 

Disney Club
A chaque pays son opération commerciale éhontée. En France, c'est le collectif We Love Disney qui endosse le rôle de l'album que l'on voit arriver d'un mauvais oeil. Une flopée d'artistes de tous bords - même si majoritairement estampillés TF1 - se sont réunis pour reprendre des morceaux cultes des bandes-originales de films Disney. Ainsi, Zaho s'égosille sur L'Histoire de la Vie (sérieusement, appelez une ambulance, sa détresse se fait sentir), Camille Lou et Garou chantent en duo La Belle et Garou La Bête et Jenifer reprend L'Air du Vent en se disant qu'au moins cette fois, elle ne risque pas de froisser l'ego de Pocahontas. Plus curieusement, on retrouve également une reprise d'Il en Faut Peu Pour Être Heureux par Michaël Youn et, plus curieusement encore, il ne s'agit pas de la pire de l'album, la palme revenant à un Christophe Willem minaudant plus que jamais sur L'Amour Brille Sous Les Etoiles.

 

Point culminant de ce coup marketing aux douces couleurs hivernales, les artistes en question sont mis à l'honneur lors d'un prime exceptionnel diffusé vendredi dernier sur D8, le tout coïncidant bien évidemment avec la sortie du nouveau film des studios Disney, La Reine des Neiges, dont le single de la B.O. figure lui aussi sur cette compilation. Les choses sont bien faites.

 

Il fut un temps où la promotion revêtait des formes plus sympathiques, du simple album de vignettes Panini au magazine hebdomadaire accompagné de sa cassette audio, dans le cas des films à succès. Aujourd'hui, c'est toute la sphère médiatique qui se met en branle pour que cet album de reprises soit vôtre. Alors écoutez-les, passez de joyeuses fêtes et surtout, n'oubliez pas le cadeau sous le sapin.

 

 

Thomas Rietzmann.