Sense and Sensibility

 

Après avoir commis un relooking entré directement n°1 au classement des Relookings « virage dans une vie de star », et le non moins fracassant clip We Can’t Stop - où l’on se rend compte qu’Hannah Montana est sexuée - Miley Cyrus a voulu calmer les ardeurs. Comme toute personne du showbiz de la chanson, elle sort en toute logique en deuxième single de son dernier album un titre plus « ballade » que « ngolo ngolo dans la case».

 

Elle nous montre donc le visage de la fragilité, à coups de petite tête de farfadet ému, et se dévoile à travers les paroles comme quelqu’un qui se donne, malgré l’arnaque affective pressentie (« I never hit so hard in love », « All you ever did was break me/yeah you wreck me »)*. D’ailleurs elle se dévoile tellement qu’on peut voir d’ici qu’elle a des facettes sur les dents.

 

Bricol’ Girl

 

Destiny a changé (oui, le vrai prénom de Miley est Destiny), et elle veut nous dérouler son corps tel le parchemin sous le rouleau compresseur. Mission qu’elle remplit à la perfection, vêtue de son uniforme de Bricol’ Girl toute prête à faire des travaux : « All I wanted was to break your walls ». On la voit donc en grosses boots et massue, cheveux gominés et volonté de fer, prête à « tout défoncer », telle un personnage tout droit sorti d’un dessin de Tom of Finland.

 

Mais essayons de lire un peu entre les lignes : nouvelle apparence physique, chantier en travaux… Miley serait-elle en train de nous expliciter sa mue à l’aide de cette mise en abîme? Cette sphère destructrice ne serait-elle pas une métaphore du temps qui passe, son va-et-vient rappelant le tic tac de l’horloge ? Ou serait-ce encore une image suggestive, la star caressant la boule sur laquelle elle est assise ?

 

Délirium très mince

 

Miley est un peu folle, et en fait, elle ne s’en cache pas. En témoigne le champ lexical du blanc : le fond du début rappelle soit l’aveuglement luminescent des blocs opératoires, soit le tunnel cité dans les récits de NDE**. Elle n’a pas de camisole (elle préfère sans doute être nue qu’en fourrure) mais elle tape dans les murs, s’en donnant à cœur joie, célébrant cette demolition party à laquelle elle est la seule invitée.

 

On comprend qu’elle a vraiment perdu le contrôle quand elle se met à lécher son marteau (peut-être devrait-on l’inviter à My Strange Addiction). Plus tard, elle pleure. Sainte-Anne.

 

Des hauts et D. A.

On parle de fragilité, de folie, mais les inspirations de Miley et sa team ne viennent pas seulement du thème « HP » :

- d’abord, les lumières dans les yeux comme Lara Fabian dans Tout

- ensuite la cambrure de Kylie dans cette vieille pub Agent Provocateur

- et enfin les grands ongles de The Braids dans le clip de Bohemian Rhapsody.

Sans parler des placements de produits Doc Martens (franchement bravo, si j’avais pas de gros mollets je serai allée en acheter direct) et Sloggi (ils ont du en avoir marre de Yannick Noah) !

 

Conclusion

 

Wrecking ball est l’expression de la dualité : c’est l’amour et la haine, la folie et le génie. C’est un peu sa propre version de Piece of me, genre « Je vous aime mais vous me détruisez ». Et comme dirait un de mes contacts que je ne citerai pas, Miley « lèche une masse et se balance cul nu sur une grosse boule attachée par une chaîne, mais bizarrement, je la trouve moins dégueu que d’habitude. Que m’arrive t-il ? »

 

Anaïs Delcroix.

 

 

*Tant pis pour toi, si tu ne parles pas anglais.

**Near Death Experience, c’est quand genre t’es mort et tu vois une lumière mais en fait après tu reviens.