1. Il s’est pris pour Lincoln pendant trois mois

Pour incarner le rôle du 16ème président des Etats-Unis d’Amérique, Daniel Day-Lewis se serait immergé dans son personnage sans en sortir pendant trois mois. Il paraît qu’il gardait en permanence la voix de son personnage, qu’il avait longuement travaillée, même en dehors des prises, et qu’il se faisait appeler «Mr. President» par l’équipe du film (une idée de Steven Spielberg). L’actrice Sally Field, qui joue l’épouse d’Abraham Lincoln dans le biopic, rapporte en outre que son compagnon de jeu était tellement plongé dans son rôle qu’il lui envoyait des textos avec des petits messages et autres poèmes d’époque, qu’il signait «Yours, A.» (Ton dévoué, A.). 

 

Daniel Day-Lewis est ainsi connu pour être l’incarnation même du «Method Actor» faisant littéralement corps avec ses personnages à ses risques et périls. Si votre vie était adaptée au cinéma, DDL vous jouerait probablement mieux que vous-même. Au cours de sa carrière, il s’est ainsi contraint à vivre en fauteuil roulant pour My Left Foot (se brisant ainsi deux côtes), a vécu seul en forêt façon Man Vs. Wild pour Le Dernier des Mohicans, ou encore a appris le métier de boucher pour Gangs of New York. Pendant le tournage de ce dernier film, il attrape une vilaine pneumonie, mais il refuse tout antibiotique sous prétexte que ce traitement n’existait pas à l’époque où se déroule l’histoire (il aurait finalement accepté, ce n’est pas un super héros non plus). Christian Bale peut retourner à ses petits régimes

 

 

 

2. Il a arrêté le cinéma pendant un an pour devenir cordonnier

Alors que ceux d’entre vous qui ont un vrai travail gaspillent leur DIF pour faire des formations inutiles, Daniel Day-Lewis se serait exilé en Italie durant toute une année pour notamment y devenir apprenti cordonnier (exemple de vrai travail). Mais cette période reste obscure car la vedette préfère ne pas aborder le sujet en interview.

 

 

 

3. Il vit reclus dans les montagnes irlandaises

L’acteur britannique passerait de longues périodes à vivre en ermite dans sa propriété irlandaise des Wicklow Mountains achetée en 1993, où il pratiquerait son art de cordonnier. Certains autochtones du village voisin l’apercevraient régulièrement traversant les montagnes sur une moto. De temps à autres, il viendrait également commander une pinte de Guinness au pub local, s’asseyant seul pour la déguster.

 

Le Comté de Wicklow. Dans ville, il y a vie.

 



4. Il aurait rompu avec Isabelle Adjani par fax 

L’acteur aurait mis un terme à sa relation avec la comédienne française de cette façon on ne peut plus cavalière (dans la hiérarchie de la communication, il n’y a pas pire que le fax, à l’époque Facebook n’existait pas, rappelons-le à nos jeunes lecteurs), alors que de surcroît, Adjani était enceinte. Le fils né de cette union à l’issue malheureuse s’appelle Gabriel Kane et, aux dernières nouvelles, il ferait du rap. Espérons qu’on n’en entendra jamais parler dans les Inrocks ou en dernière page de Libé.

 

 

 

5. Il s’habille comme s’il s’était échappé de l’asile

On sait que les cordonniers sont les plus mal chaussés, mais cela n’explique pas pourquoi Daniel Day-Lewis s’est longtemps pris pour un cowboy du dimanche.

 

 

Rassurons-nous, arrivé à un âge mûr et habité par la gravité qu’exigeait l’incarnation d’Abe Lincoln, il semble s’être calmé en 2013, arborant une chevelure argentée proprement coupée et un beau costume lors de son apparition à la dernière cérémonie des Golden Globes où il était venu récupérer son prix.

 

 

6.  Il a un problème d’anger management

On pourrait le surnommer Dan "Yell" Day-Lewis tant dans ses films, il a la fâcheuse manie de s’énerver en criant fort.

 

 

7. Il est capable de rendre culte la réplique : «Je bois ton Milkshake»

C’était en 2007, dans There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson, et cette performance l’avait propulsé directement dans la voix lactée.

 

 

 

8. Il a dit non à Spielberg

Lorsque Spielberg lui a fait lire pour la première fois le scénario de Lincoln, Daniel Day-Lewis n’a pas été convaincu. Il s’est donc retrouvé dans la position délicate de devoir dire non à l’un des big boss de l’histoire du cinéma mondial (il l’avait déjà fait pour La Liste de Schindler, cela dit). Il s’est donc fendu d’une belle lettre pour lui mettre un stop. 

 

"Cher Steven,

Ce fut un grand plaisir que d'être simplement assis à parler avec vous. J'ai écouté très attentivement tout ce que vous aviez à dire à propos de cette passionnante histoire, et depuis notre entretien, j'ai eu l'occasion de lire le script en entier. J'ai trouvé l'histoire intense et émouvante de bout en bout, aussi bien dans les détails de cette formidable épopée que dans le portrait des personnages principaux qui est dressé en fin psychologue. Il m'est impossible de dire pourquoi et comment je me sens parfois pris de l'impérieux besoin d'explorer une destinée spécifique (c'est-à-dire en tant qu'opposée à telle ou telle autre) en l'incarnant, mais la seule chose que je sais, c'est que je ne peux mener à bien une telle entreprise que si j'en ressens la nécessité quasi-vitale ; pour cela, il faut qu'inexplicablement, le sujet abordé coincide à un moment donné avec certains des besoins on ne peut plus intimes qui s'imposent à moi. Dans le cas qui nous occupe, aussi grande que fut ma fascination pour le personnage d'Abraham, celle-ci n'était que celle d'un spectateur ébloui, avide de voir une histoire se dérouler devant ses yeux, et non celle de quelqu'un souhaitant prendre part à cette histoire. En ce moment précis, je ne peux m'empêcher d'être sujet à un tel ressenti, et même si pour l'instant, je ne pas en mesure de dire si ce sentiment est voué à être définitif, jamais je n'oserais me permettre de vous suggérer de me réserver ce scénario sur la simple base d'un hypothétique changement d'état d'esprit de ma part. J'espère que tout ceci fait sens pour vous, Steven, et je dois ajouter que je suis très heureux que vous réalisiez ce film. Je vous souhaite de trouver en vous toutes les ressources nécessaires pour arriver à vos fins, et je vous envoie par la même occasion mes meilleurs voeux, ainsi que toute ma reconnaissance pour avoir envisagé de m'inclure dans ce projet."

 

Néanmoins, il en fallait plus pour décourager le réalisateur des Dents de la Mer qui a embauché un nouveau scénariste (Tony Kushner) pour écrire un scénario qui séduirait la prima donna.

 

 

9. Il n'a tourné que dans cinq films durant la dernière décennie

Après avoir refusé les rôles principaux dans Philadelphia ou Le Patient Anglais dans les années quatre-vingt-dix, il a seulement accepté de tourner dans les années 2000 dans Gangs Of New York, The Ballad Of Jack And Rose, There Will Be BloodNine (il n’aurait peut-être pas dû) et Lincoln. Il se considère ainsi comme le Kubrick des acteurs (il tourne peu, mais quand il tourne, il casse la baraque).

 

 

10. Il pourrait avoir un Oscar pour la troisième fois en 2013

Daniel Day-Lewis est l’un des acteurs contemporains avec la plus grande collection de récompenses et autres sculptures moches, il est également le seul acteur européen à avoir obtenu deux Oscars et il est fortement pressenti pour battre tous les records en raflant une troisième statuette lors de la prochaine cérémonie en février.

 

 

Bonus pour lecteurs cinéphiles (et anglophones) 60 minutes avec Daniel Day-Lewis au sujet de sa performance dans Lincoln. Ainsi qu'un article du Daily Mail de 2008 sur la "very strange lifede la star.

 

 

Damien Megherbi // Crédit Photo : David LaChapelle & Matt Petit.