Snow - Informer

 

 

Y a-t-il quelque chose de plus embarrassant qu'un blanc qui fait semblant d'être noir ? Dans les années 1990, Snow est le fier représentant d'une vague de ce que Wikipédia appelle le watered down commercial reggae, avec d'autres gens biens comme Ini Kamoze par exemple. Ce qui est horrible avec cette chanson, c'est que le refrain est vaguement «toasté» et qu'il est très difficile de ne pas le fredonner quand on l'a dans la tête (souvent à son corps défendant d'ailleurs).

 

 

Afro Man - Because I Got High

 

 

Un peu comme le film How High avec Redman, ce morceau est une partie du patrimoine de la weed culture américaine. Tout est nul : la musique, les paroles, le clip, et ça sonne comme La danse des canards sous purple drank. Mais voilà, le refrain te rentre dans la peau (enfin surtout les «palalapapa») et quand en plus, tu ne fumes pas de joints, c'est très dur à assumer. Petite pensée aux fans de Jackass et de la team Nowhere (s'il en reste...) qui, eux, doivent toujours aimer ce morceau.

 

 

Sir Mix A Lot - Baby Got Back

 

 

Ne nous méprenons pas. On adore ce morceau. Le beat est super, il y a une sorte de cul géant en papier mâché dans le clip et si vous n'avez jamais dansé sur ce track, c’est que votre vie est triste. Mais voilà, fréquenter des Anglo-Saxons en ayant cette chanson dans la tête, c'est très compliqué. Sachant que récemment, un Américain nous a expliqué que «ce n'est pas correct pour un blanc de parler de grosses fesses», vous imaginez bien le tableau. Attention, en plus, grâce aux séries en torrent, de plus en plus de Français comprennent l'anglais.

 

 

Liquido - Narcotic

 

 

Sorte de prémisse rock d'Eiffel 65, Liquido essayait de copier la power pop qui marchait à l'époque (Weezer, Rentals, Grandaddy...) et a fait un tube sans faire exprès. Ici, on n'écoute pas les paroles (ça parle encore de drogue), mais on fredonne le gimmick en forme de sonnerie de Nokia 3330. Pas si embarrassant que ça mais TRES agaçant.

 

 

Robert Miles - Children 

 

 

Souvent, il y a de quoi se demander qui écrit les pages Wikipédia. En tous cas, il y en a une très fournie (en français) sur Robert Miles, et une autre sur ce style très 90's qu'on appelait «la dream». On y apprend que ce style musical ne comporte que ce seul morceau, décliné à l'envi par tout une armada de DJ's italiens jusqu'au moment où il n'y eut plus d'argent à se faire. Cette émouvante chanson (écrite en hommage aux enfants victimes de la guerre, merci Wikipédia) est une horreur absolue. Arrangé et produit comme les compilations qu'on entend dans les spas des hôtels pas chers, Children est à la musique électronique ce que Luc Besson est au cinéma d'auteur. Mais cet horrible riff de piano est, lui, «inoubliable».

 

 

R. Kelly - I Believe I Can Fly

 

 

Là, on touche à un autre problème. Le morceau de l'ex-mari d'Aaliyah (qu'il a essayé d'épouser à peine sortie de l'adolescence, rappelons-le) est un monument épique. Digne de ceux qui t'emportent et te font sentir comme un aigle au dessus du Grand Canyon (même si c'est la B.O. d'un film avec Bugs Bunny et Michael Jordan). Du coup, on oublie assez vite que c'est un morceau super naze et on se laisse emporter pour faire des grands signes dramatiques avec le poing. Pour ceux que ça intéresse, il y a une nouvelle saison de Trapped in the Closet sinon.

 

 

Backstreet Boys - Everybody (Backstreet's Back)

 

 

Oui, là on touche encore une fois à une toute autre problématique: celle du boys band. Ne nous flagellons pas non plus. On ne parle pas ici de ces étranges groupuscules français des années 90 qui finirent par trouver Dieu ou un producteur véreux de films pour adultes. Mais ce titre qui sonne comme un slogan politique (qui appartiendrait au pire parti politique du monde, on est d'accord) est quand même compliqué à justifier quand ça sort tout seul, comme ça, à un concert de noise experimental aux Instants Chavirés. Sinon, apparemment, c'est le morceau préféré d'Anthony Kavanagh.

 

 

Juveniles - We Are Young

 

 

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Juveniles a composé un tube. On ne peut pas le leur enlever. Mais en plus de son message douteux («on est jeunes», bah c'est bien, qu'est ce que tu veux que je te dise...), ce morceau est fait d'une seule et même ligne mélodique. Un peu comme un morceau des White Stripes fredonné en boîte de province. Il y a eu un avant (Parce qu'on est jeunes de Benny B), et visiblement un après (la pochette de Concrete Knives avec le mec en slip qui te demande de ne pas «blame the youth»).

 

 

Marc Drouin - Vis ta vinaigrette

 

 

Le Québec, on le sait depuis longtemps, est un vivier d'artistes sans autre équivalent dans le monde moderne. Vous remarquez d'ailleurs qu'on parle du Canada à propos d'Arcade Fire mais du Québec à propos de Céline Dion, alors qu'ils ont tous commencé au même endroit (Montréal, tabernak). Marc Drouin tente ici un morceau de «funk blanc», rappe comme François Feldman à ses débuts et porte le perfecto comme Roch Voisine. Les paroles sont TRES embarrassantes (un peu comme quand un oncle bourré se lève à un mariage pour raconter une blague). Mais notre cerveau étant ce qu'il est, il est très compliqué d'entendre «vis ta vie» sans ajouter «je vis ma vinaigrette». Pervers Québec.

 

 

Rihanna - Umbrella

 

 

En 2012, on a enfin compris en France qu'on peut aimer Sunn O))) et Jay Z (enfin on croit). Du coup, il est officiellement cool d'aimer les chanteuses R'n’B commerciales (attention seulement les Américaines et pas trop Alicia Keys quand même...). Rihanna a écrit ce morceau sur un parapluie (bon oui, c'est une métaphore, on lui accorde) et le gimmick vocal est hautement addictif. Combien de fois avez vous vu un tas de filles hors d'elles autour d'un iPhone crier «Elaaaa -é-é-é ELLaaaa» en ayant envie vous aussi de les rejoindre ? Voilà, tout est dit. 

 

 

Adrien Durand // Visuel de Une : Scae.