Si vous êtes adeptes de tumblr de type "réactions", vous êtes sûrement tombés sur ce gif ou celui-ci. Vous voilà donc déjà, sans le savoir, un peu familiers avec l'univers de Bad Girls Club, reality show américain qui ne recule devant rien pour appâter le chaland.

Les ingrédients sont simples : injures, violentes querelles et palanquée de bitches aisément motocultables. Son autre particularité, c'est qu'au contraire des autres télé-réalités américaines, telles que les femmes aux foyer new-yorkaises ou l'incroyable quotidien des soeurs Kardashians, ce qui se passe dans Bad Girls Club est bien réel. Bien sûr, tapie dans l'ombre, la prod intervient de temps à autre pour leur donner des activités à faire (autrement, j'ai du mal à croire que ce genre de filles soient intéressées par une sortie "baignade au milieu des requins") ou les recharger en alcool. On n'a aucun mal à croire aux dramas qui se déroulent sous nos yeux, vu les cas sociaux  Forte de ses 4,5 millions de fans sur Facebook, l'émission est entrée cet été dans sa 9ème saison, dont voici l'épisode pilote en quelques grandes lignes.

4ème minute : Les candidates débarquent peu à peu dans la villa, et leurs portraits s'enchaînent, tous plus extravagants les uns que les autres. Faute de moyens (une villa au Mexique et 7 ivrognes à entretenir, ça demande un sacré paquet d'argent), la bande-son est assurée par des instrus de morceaux hip-hop glanés ça et là via les pages d'artistes amateurs sur MySpace Music.

Julie a de faux airs d'Alison Brie. Sauf qu'au contraire de la gentille Annie de Community, c'est une vraie garce.

 

12ème minute : Etats-Unis oblige, les règles de ce qui peut apparaître à l'image sont moins strictes : l'alcool coule à flots, les cigarettes ne sont pas floutées. Par contre, au niveau du langage, deux poids, deux mesures. Ainsi le moindre "fuck" est bippé, alors que "bitch", "slut" ou encore "hoe" ne sont jamais censurés. Yay, girl power.

Ah, Loana est de retour sur nos écrans.

17ème minute : Réunies dans le salon, chaque fille donne sa définition d'une "bad girl". Il s'agit donc, pêle-mêle, d'une fille qui "sait ce qu'elle veut", qui "sait qui elle est", et franchement, c'est même pas la peine d'essayer de "contredire leur swag", sinon elles vont vous "remettre à [votre] place". Simone de Beauvoir serait fière. Cela dit, pas de quoi avoir honte, car si en France, on peut par exemple regretter d'avoir participé à la Star Ac, aux Etats-Unis, l'histoire est différente. Les ex-candidates de l'émission sont glorifiées. Enfin, glorifier est un grand mot, disons juste qu'elles peuvent faire la tournée des boîtes du pays en y interprétant un single bidon, ou animer une émission du même genre, pour la plus chanceuse d'entre elles.

25ème minute : Rima, la bad-girl-slash-mère-de-famille, danse debout sur un bar avec ses copines. L'excitation, l'alcool et la chaleur aidant, elle n'en peut plus et décide d'enlever sa culotte et montrer ses fesses. Ce qui déplaît fortement à trois autres filles du groupe, qui trouvent ça vulgaire de se déshabiller de la sorte en public, "surtout gratuitement" (sic). Soit, les filles. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
 

Mehgan, qui prétend être la belle-fille d'Obama (guuuurl please), est outrée par tant d'audace.


27ème minute : Julie, la Alison Brie du pauvre, décide de confronter Christina ("Jersey Girl"). Et comme il faut s'y attendre, les poncifs inhérents à ce genre d'émission ressortent immédiatement : "Je ne suis pas là pour me faire des amies, okay ?", "Moi, je dis les choses en face", "Je trouve que tu es fausse". Fausse, c'est-à-dire le contraire d'entier. Parce que le candidat de télé-réalité aime clamer à quel point il est entier. C'est vrai qu'on ne peut pas leur enlever ça : entiers, ils le sont. On a rarement déjà vu l'un d'entre eux amputé d'un membre. Fausse ou pas, peu importe, dans cette émission, tous les prétextes sont bons pour se rentrer dans le lard.

Erika est complètement faite des pieds jusqu'à la french manucure. Une fille (hors-champ) lui demande si elle a besoin d'aide.

28ème minute : Piquée au vif, Christina provoque Julie, afin de la pousser à l'affrontement physique. Mais les filles ont bien compris les règles de la production : pas de bagarres sur la voie publique sous peine de finir écrouée dans une prison mexicaine. Par contre, à la villa, c'est carte blanche... ou presque, la productrice de l'émission intervenant régulièrement pour exclure certaines candidates de façon arbitraire. Ainsi, une candidate qui se livre quotidiennement à des rixes avec les autres sera préservée alors qu'une autre qui fait l'erreur d'asséner un coup jugé un peu trop puissant sur la tête d'une autre se retrouvera éliminée... pour être remplacée le lendemain par une nouvelle candidate.


Quelques coups sont échangés puis le conflit est désamorcé... pour le moment. "T'ar ta gueule à la récré".

38ème minute : Mehgan reproche à Rima d'aller se baigner dans le jacuzzi sans avoir pris de douche depuis la soirée très arrosée de la veille. La conversation se finit évidemment par une rafale de coups et blessures, parce que ces meufs-là sont des petites nerveuses qui aiment s'agripper aux extensions et distribuer des mandales. L'épisode s'achève sur un teaser de toutes les frasques à venir durant cette saison soit flopées d'insultes, alcool à tire larigot et, bien sûr, échauffourées toujours plus violentes.


Outre sa ressemblance physique avec Loana, Ashley partage la même passion pour les rapprochements dans la piscine.

On assiste épisode après épisode à un défilés d'egos tous plus énormes les uns que les autres et de surcroît constamment imbibés d'alcool. Parfois, les filles craquent et on en apprend un peu plus sur le passé trouble qui les a conduit à boire comme des trous et s'en foutre plein la tronche. Mais la plupart du temps, ce sont juste d'indomptables teignes. Certains aiment regarder des combats de free-fight, et d'autres, Bad Girls Club. Ca doit être ça, ce qu'on appelle un plaisir coupable.

 

Thomas Rietzmann.

 

Un extrait du Bad Girls Club en pleine action  :