Drogue Zombie, Apocalypse, Armée Zombie (#Référencement)

Brandon de Leon a 21 ans et pas de maison. C’est bien peu mais c’est déjà beaucoup pour l’ouvrir devant des flics de Floride. Pas de bol, le samedi 2 juin, Brandon emmerde les clients d’un centre commercial du nord de Miami Beach et la police vient le coffrer. Dans la voiture, Brandon frappe sa tête contre le plexiglass en hurlant « je vais vous manger ». Coup de tête ou coup médiatique, le bonhomme fout les jetons : «Il grognait et (…) claquait ses dents comme un animal. » dit le rapport. Brandon essaie même de bouffer la main d’un des flics qui décident alors de l’harnacher avec un gros bâillon, façon Hannibal Lecter. Classe, mais c’est pas un petit clochard qui va nous monter une armée de zombies, et comme dirait le chef mort-vivant Mortefeux, « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que c’est un problème ». Justement, il y en a plusieurs. Ce même weekend du 2 juin, en Louisiane, Carl Jacquneaux, 43 ans, arrache un bout de visage à quelqu’un avec ses dents. La victime réussit à le neutraliser avec une bombe aérosol mais sera hospitalisée. Alors, que penser de cette nouvelle délinquance bien aiguisée des crocs ? Il faut se tourner du côté de la science pour avoir un semblant d’explication rationnelle. Les hypothèses émises disent que nos deux mangeurs d’homme auraient respectivement pris les drogues Cloud 9 (Nda : c’est aussi le nom d’un album de Nine, rappeur bien deep) et Bath Salts (sels de bain). Deux substances hallucinatoires de dingue. Ha d’accord…

 

Rappel des (repas de) fêtes

Samedi 26 mai en Floride, Rudy Eugene aka Miami Zombie traverse un mauvais trip. Il a pris des sels de bain qui le perturbent un peu. Dans les rues de Miami, il court après un clochard, Ronald Poppo, et lui bouffe la tête, littéralement, en grognant avant que des flics ne l’abattent de plusieurs balles. Un crime qu’il aurait pu signer à la pointe de ses canines d’un « Z » qui veut dire « zombie ». À l’autre bout de la planète en mai dernier : Mao Sugiyama, « artiste » (sic) japonais se faisait retirer les testicules et le pénis pour les faire cuisiner par un chef. Avec pour tout potage une sauce aux champignons et au persil. Dans le même temps, dans la province chinoise du Yunnan, un villageois du nom de Zhang Yongming se fait pincer pour vente de pitance pas très casher. L’homme de 56 ans refourguait sur les marchés de la bidoche humaine en prétendant qu’il s’agissait de viande d’autruche. Des « bons bails surs » diraient de jeunes consommateurs de haschich, car l’homme ne faisait pas que vendre sa came, il consommait aussi (et gardait les yeux des cadavres dans des bocaux). Bon allez, une dernière pour la route : au Texas, une maman vient d’être accusée d’avoir tué son bébé et d’en avoir mangé des bouts de cerveau.

 

 

Gore + Google + Gogome = Googore

Vénérable de diseur de vérités, Google Trends témoigne de l’engouement cannibalo-zombiesque. Au 4 juin, la requête « miami zombie » augmente de 5000% sur le moteur de recherche. C’est la requête #1 loin devant « pôle emploi », qui sous cette forme orthographique est tout aussi désespérante. Les vivants s’affolent et le très perspicace Marianne2.fr titrait le 30 mai dernier : « Le buzz du zombie de Miami : une invasion est-elle possible ? ». Mais Marianne a quelques années de retard. Les symptômes zombies sont parmi nous depuis longtemps et la France n’a pas à rougir de ses spécimens. Si je vous dis : « au début, j'en ai mangé un peu cru (...). Ensuite, j'ai fait cuire des oignons et je l'ai mangé avec du riz » vous me répondez… Nicolas Cocaign, bravo ! Ce fin gourmet est resté célèbre pour avoir tué son codétenu en 2007 à la prison de Rouen. Et surtout pour lui avoir mangé tout cru une partie du poumon gauche. Souffle morbide sur la France, mais ce bon Nicolas n’inventait rien. 25 années auparavant, un Japonais en étude à Paris, Issei Sagawaga, se régale pendant trois jours d’affilée de 7kg de barbaque de sa petite camarade de classe Renée Hartevelt. Loin de la spontanéité d’un live-performer tels que Miami Zombie ou Brandon de Leon, Issei représentait le pendant méthodologique de l’espèce Mort-vivant. Il déclarera aux policiers lors de son arrestation : « Si j'avais eu un congélateur, vous ne m'auriez pas retrouvé. »

 

La faute aux Internets ?

Les zombies tels que décrits dans la presse ont donc toujours existé. Mais plus que jamais, le terrain semble préparé pour leur avènement / leur pourriture (comment on dit pour les zombies ?). La question bonus est alors : le retour de l’armée des morts-vivants serait-il possible sans Internet ? C’est l’interrogation soulevée dans cet intéressant article à propos du non moins mortuaire dépeceur canadien Luka Rocco « Necro » Magnotta. Sans le web, l’ex- petit acteur porno n’aurait pas forcément procédé à l’assassinat de Lin Jun par égorgement, coups de pic à glace dans l'abdomen, (…), décapitation et pour finir viol du cadavre. Ou du moins pas dans cet ordre. Seulement voilà, l’Internet mondial a transformé le quart d’heure de gloire en un quart d’heure interminable. Une aubaine pour ces psycho-grosses-brutes-mégalo-mongolo-sanguinolentes. Les vidéos de ce mec sont encore en ligne et les problématiques intrinsèques sont quand même badantes : faut-il supprimer complètement toutes les copies de cette boucherie (impossible) ? Faut-il surveiller tout l’Internet (haha) ? Comment se procurer la drogue qui zombifie ? (for real)

 

Soyons honnêtes. Depuis que Carpenter et Romero sont reconsexualisés (exp. = rendre sexy une vieille chose dans un contexte actuel), on se doutait que les zombies allaient devenir ultra-fashion et prescripteurs de tendances. En attendant le jour où Casper le gentil fantôme sera l’égérie des psychopathes et où nous pourrons enfin dormir sur nos deux oreilles, gardez l’œil ouvert, et évitez les endroits à risques (disponibles sur cette carte). 

 

 

Bastien Landru.