Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce rôle pour Corporate, réalisé par Nicolas Silhol ?
Céline Sallette : C’est extraordinaire d’être imaginée dans ce genre de rôles, parce que ce n’est pas a priori ce que je peux dégager où ce que j’ai déjà joué. C’est une grande chance de se voir proposer une chose qui va à l’encontre de l’image qu’on dégage. Ensuite, il y a très peu de rôles de cette envergure pour les femmes, c’est une femme qui va quand même finir par tout faire péter, elle va poser une bombe ! Dans le cinéma français, il y a beaucoup de rôles masculins, beaucoup d’hommes qu’on suit dans leur parcours, dans leurs méandres, donc c’est quand même très rare de se voir proposer un rôle qui tient le film du début à la fin. Et c’est un rôle de femme qui a du pouvoir, ça c’est aussi une autre dimension qui est assez rare.

Vous dites que ce rôle ne ressemble pas à ce que vous avez déjà joué, mais il a tout de même des caractéristiques de certains de vos personnages : cette volonté de bouger, de changer les choses, qu’on retrouve aussi dans Géronimo par exemple.
Oui c’est vrai, c’est le tout petit fil qui relie Géronimo et Émilie Tesson-Hansen, il est microscopique ! Ce qui est très beau dans le personnage d’Émilie, c’est qu’elle jubile clairement de sa domination, elle est en pleine puissance d’elle-même, elle applique des méthodes perverses et manipulatrices sans trop se poser de questions.

Mais le film est plus axé sur la rédemption du personnage. Est-ce que vous auriez pu jouer ce rôle sans cette rédemption ?
Je ne crois pas. Quelle aurait été l’intention du film alors ? De dire : «c’est comme ça, ça ne changera pas»? 

Vous auriez pu jouer un personnage de vraie méchante...
C’est vrai, j’aurais pu - je pourrais d’ailleurs, c’est assez jubilatoire de jouer des méchants. Mais je n’ai pas accepté le rôle pour ça ; j’ai accepté parce que c’est l’opportunité d’un rôle extraordinaire et que le trajet est beau, elle bouge parce qu’elle est acculée, par réflexe de survie. C’est ça son premier mouvement, elle ne bouge pas parce qu’elle a compris que ce qu’elle faisait était mal. Il n’est même pas question de cela au début. 

Comment avez-vous préparé le rôle ?
Je l’ai préparé énormément en parlant avec le réalisateur Nicolas Silhol, un peu en lisant et beaucoup en rêvant à la forme de ce personnage. C’est un personnage qui a un masque, à tous les niveaux - ces gens-là ne disent pas vraiment ni ce qu’ils pensent, ni ce qu’ils sentent. J’ai travaillé en pensant à un requin, j’avais envie qu’elle avance de façon assez sourde, sans qu’il n’y ait jamais de mouvement brusque, qu’il y ait une espèce de prédation. 

Il paraît que vous lisez Stanislavski. Est-ce que vous vous en servez dans votre travail ?
Je ne le lis pas tous les jours ! Je l’ai lu. J’ai fait une fac d’arts des spectacles donc j’ai beaucoup étudié la théorie mais ce n’est pas du tout le jeu. Ça n’a pas de rapport, on peut très bien être acteur sans avoir lu Stanislavski. 

Ce n’est pas du tout le jeu, c’est-à-dire ?
C’est la théorie du jeu, c’est du blabla sur le jeu mais ce n’est pas comme ça qu’on apprend à jouer. Ce n’est pas parce qu’on lit Stanislavski qu’on sait jouer. 

Mais ça peut aider ?
Non, ça peut guider un peu, mais franchement, non. La seule chose qui compte, c’est l’expérience, c’est ce qu’on éprouve en vrai, par soi-même. Ce qui me sert beaucoup en revanche c’est Toporkov, un acteur qui a travaillé avec Stanislavski à la fin de sa vie et qui a écrit ce qui est devenu après L’acteur et la cible de Declan Donnellan. C’est un livre qui parle du verbe, du fait que jouer c’est incarner des actions, mais des actions en tant que verbe, par exemple : j’ai l’intention de vous impressionner par ce que je dis, j’ai l’intention de vous séduire ou de vous prouver que je suis une personne qui réfléchit. C’est ça qui est à l’oeuvre dans le jeu, c’est le décorticage des pensées qui sont à l’oeuvre dans une situation, c’est ça qui est passionnant dans le fait de jouer. 

Vous continuez à lire des livres de théorie comme celui-ci ?
Non, j’ai arrêté ! Mais c’est un peu ma base, peut-être qu’il faudra un jour que je revoie ma base... En tout cas, je fais grandir mon expérience chaque fois que je joue, parce qu’en fait, jouer, c’est recommencer, donc re-débuter. À chaque fois qu’on joue, on ne sait plus faire.

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Être actrice, c’était une vocation pour vous ?
Non, là aussi c’est venu par expérience ; au début, je ne savais même pas que c’était un métier. Les premières fois où je suis allée sur scène devant un public, j’ai senti des choses très puissantes en moi parce que c’est très fort comme expérience : l’adrénaline, la peur, le retour du public... Je me rappelle, je jouais une prof hippie avec des lunettes bleues - c’était un petit sketch, ça n’avait pas grand intérêt, mais les vagues de rires qu’on reçoit sur scène quand on a treize ans, c’est monstrueux ce que ça fait dans l’organisme. Ça fait vibrer des trucs. C’est fou !

Et quand on ne fait pas rire, c’est quoi les sensations ?
C’est pareil, ça fait vibrer des trucs très forts, c’est des transes en fait. Moi, j’ai commencé mon expérience avec le jeu par la transe. Jouer sur scène à ces âges-là, de quatorze à vingt ans, ça met dans des états... À la fac, je pouvais jouer, me péter un orteil et ne pas le sentir, je le sentais seulement après être sortie de scène. C’est des gros voyages, des transes très profondes. Et moi, je n’imaginais pas vraiment que c’était un métier, je voulais sentir ça toute ma vie mais je ne savais pas que ça pourrait passer par le fait d’être professionnelle, par suivre tout le parcours que j’ai fait.

À partir de quand la question s’est-elle posée ?
J’ai fait une fac d’arts du spectacle puis un metteur en scène m’a choisie pour jouer Shakespeare. C’était avec des gens qui étaient beaucoup plus âgés que moi et qui avaient fait le conservatoire. J’ai joué à Bobigny, à l’opéra de Bordeaux... J’étais assez jeune, j’avais dix-neuf ans, donc avant même d’avoir rêvé à ces structures, j’étais là. Et après, tous ces gens m’ont dit : «il faudrait que tu fasses le conservatoire de Paris». J’ai commencé à comprendre que c’était un métier, que c’était difficile, même quand on a fait une grande école. Donc c’est là que j’ai commencé à réfléchir. Après, à vingt-trois ans, j’ai passé le conservatoire ; j’ai eu la chance de l’avoir, et par la suite, c’est devenu une espèce de démarche plus ancrée dans le réel. 

Avant ça, vous vous destiniez à autre chose où vous n’y aviez pas encore réfléchi ?
Avant ça, je me destinais à rien ! Mais c’est vrai qu’après avoir senti ces choses-là en moi, je n’ai plus voulu fermer la porte, j’ai voulu tout le temps ressentir ça encore. Je parle vraiment d’expérience physique, de découverte physique. 

Vous dites que ce sont les rires qui vous ont plu au départ, et finalement vous jouez dans très peu de comédies. C’est un choix ?
Non, j’ai reçu une comédie de Laurence Ferreira Barbosa par exemple, mais qui n’a pas pu se monter encore. Et les grosses comédies bankables, ce n’est pas encore mon accès, je viens plutôt du cinéma d’auteur donc ça peut être compliqué pour certaines personnes de m’imaginer dans ce genre de rôles.

Il y a quand même eu Saint-Amour de Kervern et Delépine, les gens de Groland.
Absolument !

C’était comment, ça ?
C’était les dix jours les plus drôles de ma vie, avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde et Vincent Lacoste. C’était délirant. Mais là encore, quand je vous parle de ce film, ce n’est pas mental du tout, c’est vraiment physique - c’est à dire que chaque fois que j’étais avec ces trois individus, je devenais rouge et je pleurais de rire ! J’étais dans une espèce de sentiment de vitalité très, très, très intense. Je sentais que là, la vie, c’était pas pareil que la plupart du temps. C’est des types qui ont un niveau d’énergie vitale qui est hors norme, ces gens-là sont hors du commun. J’ai de la chance, je ne rencontre que des gens allumés, mais allumés dans le très bon sens. Ils sont en vie, quoi !

Il me semble que vous n’avez tourné qu’avec des réalisateurs différents ; c’est difficile de vous ranger dans une famille de cinéma.
J’adore les réalisateurs avec lesquels j’ai tournés, on s’aime beaucoup. La famille, ça met peut-être plus de temps à se faire encore. J’ai tourné plusieurs fois avec Fabrice Gobert, j’ai failli re-tourner avec lui. Je n’ai pas l’impression d’être exclue d’une famille. J’ai l’impression de faire partie d’une famille de cinéma. 

Comment décririez-vous cette famille ?
C’est une bonne question. C’est des gens un peu singuliers, tous, un peu atypiques, comme les appartements ! 

Il y a des gens qui vous ont particulièrement impressionné ?
Il y en a plein. Tous m’impressionnent. Par exemple j’ai travaillé avec Bertrand Bonello sur L’Apollonide, c’était très intense - on était dans ce groupe de femmes, on s’est tellement aimées, on était dans une chose tellement belle, j’ai adoré faire ce film, c’était très marquant. Quand j’ai tourné avec Tony Gatlif aussi... Gatlif, c’est un fou furieux, c’est un grand gitan, c’est un chamane. Jacques Audiard c’est pareil, il est très impressionnant, on a l’impression qu’il a Asperger, il sait tout sur tout. Il sait des choses insensées. Je me rappelle avoir assisté à une discussion où il parlait pendant vingt minutes de l’histoire de la boucherie chevaline en France et en Belgique. Il est intéressé par tout, c’est très impressionnant. Quand je lui ai dit «mais pourquoi Jacques, pourquoi tu sais ça ?», il m’a répondu : «je sais pas, des fois y'a ça dans le disque dur, je sais pas par où c’est rentré !». Mais ce n’est pas seulement cela, c’est aussi que ce sont des personnes qui sont dans un esprit de débutant. Quelqu’un me demandait : «mais ça change quoi de faire des premiers films ?». En fait, un film, quand on le fait, c’est toujours le premier film. Même Jacques Audiard, quand il fait un film, c’est la première fois qu’il le fait celui-là. Le principe de notre métier, c’est que ce n’est vraiment jamais la même chose. Même soi, on n’est pas le même ; on a vieilli, on est différent, on est à un autre moment de notre vie, de notre cheminement, dans d’autres questions, dans d’autres enjeux... C’est étonnant. 

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Vous avez eu quelques expériences internationales par le passé, avec Sofia Coppola et Clint Eastwood, mais ça ne s’est pas reproduit depuis. Faute de propositions ?
Un peu. Oui, c’est lié au fait que tout ça est exceptionnel, rare et merveilleux, il n’y a pas de règle en réalité. Il n’y a jamais une année pareille que l’autre, tout est toujours une surprise, parfois ça peut être un peu angoissant mais en même temps, c’est la règle du jeu. 

Vous semblez avoir délaissé le théâtre également depuis quelques années, c’est une volonté de votre part ?
Ça me manque mais je vais en refaire là, avec un metteur en scène qui s’appelle Simon Stone à l’Odéon, dans une adaptation des Trois Soeurs de Tchekhov, avec Valeria Bruni-Tedeschi et Eric Caravaca. Et je prépare un autre truc, je fomente un truc, avec un pote à moi, ça s’appellera Disco Texas. Mais c’est en cours d’écriture donc je ne vais pas en dire plus... 

Revenons à Corporate. C’est un film qui questionne le rapport au travail et qui sort dans un contexte d’élection présidentielle où la valeur travail est au centre des débats. Est-ce que vous pensez que ce film apporte quelque chose au débat ? Est-ce que c’est un film engagé ?
Moi, je trouve que c’est un film engagé. Qu’est-ce que vous en pensez ? 

Oui, en quelque sorte le film semble contredire Emmanuel Macron quand il dit : «le travail, c'est le moteur de l'émancipation individuelle».
Je trouve que quand Macron dit qu’on a le droit de démissionner une fois toutes les cinq ans, il va plutôt dans le sens du film. Je ne suis pas forcément pour Macron, simplement je pense qu’il y a des tas de choses à inventer, et je pense qu’il y a de plus en plus de choses qui vont s’inventer. C’est à nous de définir comment on va travailler, et donc à entreprendre nos vies. Je pense que c’est le message de Macron quand il dit «le travail, c'est le moteur de l'émancipation individuelle». Je ne pense pas qu’il veuille dire «l’esclavage rend libre», ou «la maltraitance au travail rend libre».

Dans le film, le monde de l’entreprise est quand même dépeint de manière un peu menaçante. Les décors sont très froids, très carrés...
C’est très vitré, opaque, cloisonné. Mais le film ne dit pas que toutes les entreprises sont comme ça. Le film s’appuie sur des méthodes de management qui ont vraiment existé, et qui d’ailleurs vont être en procès l’année prochaine. Il va y avoir le procès des gens qui travaillaient chez France Télécom, qui étaient patrons, donc patrons de ce genre de politique au moment de la vague de suicides (pour rappel : presque quarante suicides de salariés de l'entreprise pour les seules années 2008 et 2009, consécutifs à une restructuration drastique de France Télécom entamée en 2007, ndlr) . Ces gens vont être nommément jugés, en plus de l’entreprise. Le film dit : ça passe toujours par quelqu’un. Ça parle de la collaboration, de comment on collabore. Ça parle du fait que ça passe par nous, ou pas. C’est une question qui est importante parce que ça veut dire qu’on a toujours le choix même si parfois on a l’impression de ne pas l’avoir. C’est le chemin du personnage.

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À titre personnel, vous êtes engagée politiquement ?
Je ne suis pas militante, je n’ai pas de carte.

Dans Libération, en 2012, vous disiez que vous votiez Mélenchon.
Je n’ai pas dit que je votais Mélenchon, je crois que j’ai dit que Mélenchon était mon héros. Enfin bon, de toute façon j’ai voté Mélenchon... 

Et Hollande au deuxième tour.
Ah, c’était écrit ? J’ai tout dit alors ! 

Et en 2017 ?
Vraiment, je ne sais pas encore pour qui je vais voter, j’ai développé une sorte de méfiance qui fait que je suis en scrutation des intentions. J’attends, je veux voir le maximum de choses avant de prendre une décision. 

La politique, c’est aussi un spectacle finalement...
C’est en cela aussi que le film est puissant, c’est un film qui parle du marketing, et aujourd’hui, tout le monde emploie le marketing. Quand on voit Philippot chez Ruquier, le gars dit que les Français vont être libres, qu'on va être heureux, on a l’impression que le mec vend de la barbe à papa. Le type vend du rêve. Il ne peut qu’y avoir un décalage, parce que c’est une chose de rêver et une autre chose très différente que de mettre en oeuvre. La question, c’est : en quoi est-ce qu’on a foi ? 

Vous avez foi en quoi, alors ?
Ben je ne sais pas trop, franchement. J’ai foi en mes propres propositions pour la France mais personne ne les écoute ! 

Ah ? Par exemple, si vous étiez Présidente, quelle serait votre première mesure ?
Si j’étais Présidente, je ferais en sorte que l’État soit vraiment le patron, et donc par exemple je referais toutes les banlieues, je casserais tout et je referais tout en écologique, autonome énergétiquement et tout ça. 

C’est pas mal.
Ouais, c’est pas mal hein ? Je l’ai dit dans Télérama aussi, j’aimerais bien que toutes mes propositions pour la France soient reprises !

Finalement, vous êtes engagée politiquement...
Je suis très engagée politiquement, ça me concerne à fond ! J’essaie de réfléchir, oui. Je pense que par exemple, on va de moins en moins être contre et de plus en plus être pour quelque chose. D’ailleurs les politiques l’ont très bien compris. Même Mélenchon ne dit plus «je suis contre». On a compris que le positif, c’est plus fort que le négatif. La lumière est plus forte que l’ombre.

À part le cinéma, le théâtre et donc la politique, à quoi occupez-vous votre temps ?
J’élève ma fille, ça me prend beaucoup de temps. Il y a une période de ma vie où j’ai beaucoup étudié ; là maintenant, je m’étudie moi-même, je suis mon propre sujet d’étude, je m’intéresse à moi, ce qui n’était pas le cas avant. 

Depuis combien de temps ?
Depuis trois bonnes années. 

Ça se traduit comment ?
Ça se traduit par beaucoup de recherche, à la fois théorique et pratique - la thérapie évidemment, mais aussi la méditation, j’ai arrêté de fumer il y a trois mois... toutes sortes d’expérimentations sur moi-même. Je fais des expériences avec moi.

Vous vapotez ?
Non. J’ai arrêté de fumer. J’ai mis deux ans. Pendant deux ans, j’ai dit que je voulais arrêter de fumer, j’ai subi moult échecs dont certains vraiment cuisants. Je me mettais un truc dans l’oreille et deux secondes après j’allumais une cigarette, c’était ridicule. Mais j’ai fini par comprendre au bout de ces deux ans que personne ne ferait ça à ma place, c’est à dire qu’il y aurait pas une solution miracle. J’ai eu un petit déclic intérieur, j’ai entrevu pourquoi c’était évident à ce moment-là de ma vie d’arrêter de fumer.

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Il a longtemps été question que vous incarniez Simone Signoret mais on n’en entend plus trop parler ces derniers temps. C'en est où, cette entreprise-là ?
Ça va se faire mais on ne sait pas quand. Christophe Ruggia, le réalisateur, a un autre projet pour l’instant. Le producteur, c’est Jean-Louis Livi, le neveu de Montand, qui avait déjà mis dix ans à produire Cyrano de Bergerac avec Depardieu. Mais je suis persuadée que ça va se faire. 

D’autres projets, à part ça ?
Je vais travailler avec Pierre Schoeller sur son prochain long-métrage sur la Révolution. Et j’ai fait un film avec André Téchiné qui va sortir en septembre. Ça va être sublime, ça va s’appeler Nos années folles, je joue avec Pierre Deladonchamps. C’est l’histoire d’un type, Paul Grappe, qui a déserté en 1914 et s’est travesti en femme pour échapper à l’arrestation. 

C’est un second rôle donc ?
C’est comme un premier ! Mais vraiment, hein. Je joue la femme de ce type et c’est l’histoire du couple. 

Il y a des réalisateurs avec qui vous rêveriez de tourner ?
J’aurais adoré tourner avec Kubrick, mais bon, il est décédé. J’adorerais retravailler avec Bertrand Bonello, avec Jacques Audiard, avec Christophe Ruggia sur le film de Montand... J’adorerais travailler avec Quentin Dupieux par exemple, avec Martin Scorsese. Et Cuarón ! J’adorerais travailler avec Alfonso Cuarón. Il me fascine, j’adore tous ses films. Il est sublime. 

Et Dupieux, pourquoi ?
Parce que je trouve qu’il cherche. C’est un chercheur. Moi, ce qui me fascine chez les gens, c’est quand ils cherchent. C’est une part d’enfance en fait, une non-peur, une bravoure, voire une inconscience, je ne sais pas comment dire. Chez Dupieux, je trouve qu’il y a une bravoure, une espèce d’enfance très grande que j’adore. 

Et vous en tant qu’actrice, vous cherchez ?
Oui, je peux dire ça. Les rôles qui sont des gros défis techniques par exemple, j’adore les jouer parce que je cherche à ce que ça ne se voie pas. Je cherche en général à ce qu’on ne voie pas les coutures. Et je n’y arrive pas tout le temps, hein ! Parfois je me vois jouer, je suis accablée...

Dans quel film avez-vous eu le sentiment d’échouer ?
Je n’échoue pas vraiment totalement... On parle plutôt en secondes, en minutes. C’est là où c’est un peu pénible ! Je n’ai jamais "raté" un film en entier, mais j’ai raté quelques minutes parfois, oui.

Affiche Corporate

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Crédit photos : Claire Nicol.