Ne t’inquiète pas si je regarde souvent le dictaphone, c’est pas que je m’ennuie mais il s’éteint souvent et je risque de tout perdre…
Bernardino Femminielli : Ils sont quand même fiables ces appareils, j’ai le même. Mais je l’ai cassé. Sinon, ça marche bien. J’ai fait des espionnages avec ça.

Des espionnages ?
Oui, et des interviews. Quand je travaillais sur ce documentaire sur Dov Charney – il n’est pas sorti finalement, c’était trop compliqué –, le patron d’American Apparel, juste après son renvoi, au moment où il était encore le shareholder principal, j’étais souvent chez lui. Il y avait toujours plein de monde chez lui et c’est quelqu’un qui ne se censure pas, il est hyper-intense. Du coup, j’avais toujours l’appareil dans la poche, tout le temps en marche, afin d’avoir un maximum de moments intéressants. Parfois, je lui faisais écouter à la fin de la journée et il était surexcité, il disait «c’est bon ça, on le garde pour autre chose». On a quelque chose comme mille heures de footage et d’enregistrements. On avait des contacts avec HBO, des choses de grande envergure mais c’est tombé à l’eau.

C’est curieux. C’est taillé pour la télé, cette idée.
Ça s’est terminé en queue de poisson. Mon boss s’est embrouillé avec Dov, donc il a dû quitter la maison. Et puis je devais retourner bosser au Bethlehem XXX.

Qu’est-ce que c’est ?
C’est un genre de restaurant et de bar. Et de social club. C’est un petit restaurant où les clients deviennent rapidement amis et s’attachent facilement à l’endroit. Et moi, j’y organise des espèces de cabaret, des performances burlesques.

Et tu trouves le temps de faire des documentaires ?
Non. J’en n'ai pas fait d’autres. En fait, j’ai travaillé pour des documentaires, avec des objets un peu plus sociaux mais je faisais du sound design, des archivages de sons. J’avais jamais poussé plus loin. Et là, c’était plus qu’un documentaire, c’était presque un projet de fiction. On voulait montrer la réalité de ce personnage controversé, très pittoresque, qui se contredit tout le temps, qui ne se censure pas. Et on voulait proposer le témoignage le plus sincère possible, sans porter de jugement. Voir aussi plusieurs points de vues, comment son entourage l’observe. Et comment lui, il observe les gens. C’est quelqu’un qui n’a pas de compromis. Et c’est comme ça qu’il a réussi.
rsz-bfemminielli300dpiC’est aussi comme ça qu’il s’est cassé la gueule.
Oui ! (Rires)

Mais ça ne m’étonne pas du tout que Bernardino Femminielli s’intéresse à Dov Charney. Tu te sens proche de lui d’une certaine manière ?
En fait… Je ne l’ai pas aimé. On s’entendait. Mais sur place, j’étais plus comme un espion. Je regardais sa vie privée mais je ne voulais pas en faire partie. C’était dur de trouver un terrain d’entente. Mais j’aime les gens qui ne font pas de compromis, qui ne se censurent pas mais qui ont aussi beaucoup d’amour. Tu sens qu’il y a beaucoup d’amour au fond de lui. Et c’est un corporate punk. C’est un gars qui vient d’une bonne famille, des artistes de renommée mondiale, mais il a choisi de commencer en vendant des T-shirts dans la rue. Il était le mouton noir de sa famille. Il n’a jamais eu peur de se mettre en danger. Et c’est peut-être ça qui nous rejoint tous les deux. Le côté «idiot magnifique». Enfin… je ne me sens pas idiot mais le côté presque… schizophrène.

Un autre grand trait que vous avez en commun, c’est que vous ne faites preuve d’aucun compromis, justement. Est-ce que ça t’a joué des tours à toi aussi dans ta carrière ?
Oui. Mais ça m’a surtout permis de savoir qui était de mon côté et qui ne l’était pas. Ça te permet de voir qui sont tes amis, c’est déjà énorme. Et puis tu sais plus facilement où sont tes limites et tu sais aussi comment les dépasser. Au final, tu connais aussi beaucoup mieux le système.

Ça va en faire gueuler beaucoup mais si je te dis avec la plus grande sincérité du monde qu’avec Plaisirs Américains, tu es le plus digne héritier actuel de Gainsbourg, ça te fait plaisir ou tu t’en fous royalement ?
Déjà, c’est gentil, merci. J’adore Gainsbourg. J’ai une énorme admiration pour son travail, son attitude. Après, nos textes sont quand même très différents. Je ne dirais pas que je m’en approche ou que je m’en inspire. Il y a peut-être un ton similaire, oui. Parce que ce sont des tons parlés. Mais ça, on le retrouve aussi chez les chanteurs romantiques latino-américains, des tons solennels, qui racontent une histoire. En tout cas, ça me fait très plaisir mais je ne veux surtout pas que ça me case comme «nouveau Gainsbourg». Je fais quelque chose de beaucoup plus large, j’ai beaucoup d’influences et puis j’ai créé quelque chose de plus personnel, fatalement. Mais [être inspiré de Gainsbourg] qui s’en cacherait ? Après, c’est peut-être aussi parce qu’il y a une distance depuis le Canada. Dans le fond, il n’y pas d’artistes canadiens que j’aime autant. Il y a Diane Dufresne, que j’apprécie. Mais Gainsbourg a quelque chose de particulier, peut-être parce qu’il a plus souffert. Toute sa vie, il a pris des coups sur la gueule. Ça l'a rendu d’autant plus créatif. C’est inspirant. J’ai l’impression qu’il se sabotait beaucoup, tu sais ? Je me sens comme ça aussi. Je me sens obligé de saboter des trucs même si tout va bien. Je suis dans une période d’ascension, tout va bien et puis d’un coup, tu le testes, tu te testes, savoir si ça va tenir et si tu es assez fort et puis… tu te plantes.

C’est important de se planter d’un autre côté. Il n'y a rien de plus instructif que l’échec.
Oui, absolument. Comme pour les attentes. Tu as quelqu’un qui te fait de belles promesses et toi tu suis innocemment, et on te plante. C’est là que tu réalises que tu ne dois compter que sur toi-même, sur ton travail, ne jamais rien prendre pour acquis. Parce que du jour au lendemain, ça se termine et tu es à la rue. (Rires) Mais c’est vrai. Quand j’ai tourné avec Dirty Beaches, du jour au lendemain (il claque des doigts) j’étais plus dans le groupe. À cause de problèmes d’égo. Être en groupe avec des gens que tu aimes, que tu considères comme les tiens, comme des frères pratiquement, ça ouvre facilement la porte aux crises d’égo, aux prises de tête. Pendant un an, j’ai tourné avec eux, du coup j’ai dû mettre de côté ma carrière solo juste après Double Invitation. J’avais à peine sorti le truc que je devais le mettre de côté sur le réchaud pour pousser à fond Dirty Beaches. Et au final, je me suis fait avoir ! (Rires) Au final, je ne maudis personne mais je me suis fait avoir dans mes attentes, je me suis perdu. C’est là que j’ai commencé à développer une perte d’identité.

Une perte d’identité ?
Oui. C’est à partir de là que j’ai commencé à ne plus me sentir très bien dans ma tête. En plus à ce moment là, je vivais une rupture de couple. C’était une très longue relation. Et je me retrouvais tout seul et je me sentais baisé complétement. Mais entretemps, je composais des choses de mon côté qui étaient plus dans la veine de Dirty Beaches, plus mécaniques, plus sombres. C’est à partir de là que je me suis reconnecté avec Jesse Osborne-Lanthier (aussi appelé Noir, ndla) et que l’on a poussé ce projet : Femminielli Noir. C’est à ce moment que j’ai commencé ce truc qui était différent parce que j’avais besoin de quelque chose radicalement différent. Après avoir vécu beaucoup d’insécurité, j’avais besoin de changer d’air, de ne pas me répéter.

Et comment as-tu réussi à retrouver ton identité ?
Bien, comme je te disais j’ai dû mettre ma carrière de côté juste après Double Invitation. J’ai l’impression de l’avoir un peu gaspillée, d’une certaine manière. J’aurais voulu faire une tournée avec ce disque par exemple. Mais maintenant, je ne regrette plus rien. Je ne doute plus de ce que je fais, du spectacle, ni de qui je suis. Je ne fais plus de compromis.

Il y a un investissement intime dans tes albums qui ressemble à celui que l’on placerait dans un roman. J’ai envie de qualifier tes œuvres «d’album-roman», ça te parle comme terme ?
Oui ! Complètement. C’est un bon terme. Je trouve que c’est un drôle de terme mais je l’aime. J’ai toujours aimé les histoires, les concepts. J’aime bien les mythes, j’aime raconter. J’aime les films, surtout ces réalisateurs qui réalisent une trilogie dans la même lignée et qui vont se lancer ensuite dans quelque chose de complétement différent. Ou les films de Fassbinder, sur l’égalité des sexes ou la psychologie féminine. Ou ce qu’il a fait sur le passé nazi de l’Allemagne que le pays ne voulait pas entendre. En magnifiant cette espèce d’image qu’ils ne supportaient plus, pour qu’ils comprennent qu’ils sont incapables de se confronter à leur propre passé. J’aime beaucoup les histoires mais je suis mauvais conteur. Je digresse tout le temps. Mais dans mon écriture, c’est indispensable. Dans mon esprit, tout est fait en cut-up, en écrivant je découpe beaucoup de textes d’autres personnes puis je reconstitue tout au complet. Parfois, je prends beaucoup de temps avant de les retoucher. Je peux prendre des jours, des mois ou des années sans les toucher. Puis je les reprends, je cherche un thème et tout arrive à converger vers le même point assez rapidement. Avant je faisais beaucoup de choses avec des rimes, en espagnol, c’est beaucoup plus facile. Mais en français, je n’avais pas envie que toutes les chansons aient des rimes, ça n’est pas moi. J’aime ça, les rimes ça donne de la mélodie, c’est facile à chanter en spectacle. J’ai beaucoup de mal à me souvenir de mes textes, c’est un truc que j’admire chez beaucoup de chanteurs. Mémoriser quelque chose. C’est long, c’est beaucoup de pratique, de concentration.

C’est vrai, c’est un gros problème de mémoriser tes textes ?
(Rires) Oui, clairement ! J’ai besoin de notes. Je sais que ça a un côté pathétique mais je prends ça comme un avantage, visuellement c’est intéressant, j’aime l’air que ça donne. Ça me fait rire. Je ne suis pas très complexé, je suis plus un showman. La musique, c’est la musique, un album c’est un album, le show, c’est encore autre chose. C’est là que tu dois faire la part de tes forces et de tes faiblesses.
12909598_1144599658936163_7710986323467004486_oCe que tu me dis me fais penser à ton clip où tu es dans un karaoké (il s’amuse, ndlr). C’est un truc que tu ferais sur scène ? Un karaoké avec tes propres paroles ?
Oh oui ! Je l’ai fait une fois. Mais je le ferais encore volontiers et je ferais un matching de paroles et d’images. Où tout le monde peut chanter aussi, en même temps ! (Rires).

C’est génial comme idée, le «crooner de karaoké».
J’aime bien cette idée de cabaret ou de karaoké avec une star déchue. Je ne sais pas où je vais finir plus tard. Si ça se trouve, je vais vraiment ouvrir un restaurant ou un bar où je vais chanter mes propres chansons... (Rires)

Et c’est ce que tu fais au Bethlehem XXX ? Du cabaret ?
Oui, et j’y chante mes chansons. J’y invite des artistes et des DJ's. Pendant le dîner au milieu du service, je vais commencer à chanter, toujours par surprise. C’est toujours un peu expérimental. J’aime bien jouer l’agression envers les clients, leur envoyer la machine à fumée pendant qu’ils dînent ! (Rires)

Comme Andy Kaufman ? Quand il jouait Tony Clifton, il insultait son public. C’était fabuleux.
(Rires) C’est complètement ça. Tu sais quand tu viens juste de péter un plomb et que les gens ne peuvent même plus dîner parce qu’il y a encore trop de fumée. C’est génial comme sentiment. Je me fais souvent engueuler par mon boss, en riant, toujours en riant mais… Il aimerait que les clients restent à l’intérieur ! (Rires)

Mais les gens aiment ?
À Montréal, les gens ne comprennent pas bien ce que je fais. Ni le personnage ou la performance de cabaret. Mais tu sais, Montréal c’est un milieu très snob de musiciens. Quand un musicien en voit un autre… bien que je ne me considère pas comme musicien, je compose mais je n’ai pas le talent pour les arrangements, généralement je collabore. Et là-bas, les gens ne comprennent pas la dimension du spectacle. Les gens se moquent de moi. Et de façon arrogante. Ils pourraient se moquer parce qu’ils sont surpris mais ce sont des moqueries arrogantes. C’est ce qui fait que je ne fais rien à Montréal. Je ne joue pas à Montréal. Hormis au restaurant ou dans des lofts.

Comment tu expliques cette fermeture ?
C’est une ville hyper-difficile à expliquer, en carré-type, comme Berlin mais avec moins de ressources. Moins de recours, moins d’espace, de clubs ou autres. Et aussi, tout ferme à trois heures et de plus en plus, tout se gentrifie et du coup tout ferme tôt. Donc tout se passe toujours dans les même salles de spectacles et tout devient codifié. C’est pour ça que certains essayent de faire des trucs dans des garages ou dans des trucs moins traditionnels. Mais ça s’essouffle. Montréal, c’est un bon endroit pour débuter un projet... puis après il faut s’exporter, faire des tournées ou des résidences ailleurs.
a1132526682_10Mais avec ce que tu me racontes - et aussi avec le contexte américain en ce moment - je comprends mal ton titre : Plaisirs Américains. Il est joli mais je n’arrive pas à me l’expliquer.
C’est très romantique, très décadent. Le «Plaisir Américain», c’est quelque chose d’assez personnel, en fait. Quelque chose d’assez onirique où les États-Unis représentent pour moi, ou pour ma famille, la guerre, la luxure, le rêve américain, tous les clichés, l’opportunité, la destruction. Et tous les textes sont comme des micros-rêves, des micros-visions. Le titre m’est venu à l’esprit quand j’étais en Russie. J’angoissais parce que j’étais là pendant deux semaines, à me promener en train de ville en ville, et j’avais l’impression d’être dans un Texas géant. C’était une ironie géniale, la Russie ce sont vraiment des Américains dans un sens, ce sont vraiment des cowboys. Les armes à feu, la fermeture d’esprit… ça ressemblait vraiment au Texas. Mais j’ai aimé la Russie, hein. Ça m’a juste évoqué ça. Donc bon, j’ai vraiment aimé ce titre. Il est plein de contradictions. Et tu ressens bien Vegas, ou le Sunset Strip à L.A où j’ai été. C’est là que j’ai terminé mes textes. C’était peut-être prémonitoire.

On parle de L.A., ville de cinéma devant l’éternel. Et toi tu es un showman ; dans ta musique, il y a quelque chose de vraiment théâtral, de très joué. Mais à l’époque de Double Invitation, dans les interviews, tu répétais souvent que ça te saoulait d’être pris pour un personnage fabriqué de toutes pièces. Du coup je me demande dans quelle mesure, tu fabriques Femminielli et dans quelle mesure il est vraiment toi.
Ce sont les mêmes personnes. C’est à la fois moi que tu vois maintenant et ce showman que tu vois en spectacle, ce personnage loufoque. Mais quand tu me connais vraiment, tu peux vraiment distinguer toute ma dimension de rêveur. Ce dérangé que je suis. Quand tu es vraiment impliqué dans mon cercle, tu vois la part de fantasme dans ce que j’écris. Si tu veux, le personnage est une exagération de ma propre personne. Et c’est aussi une synthèse des moments marquants de l'adolescence à l'âge adulte. Cette exagération, elle me permet de perdre ma propre identité, ce rôle masculin, ce politiquement correct, ces codes moraux. Le personnage et la personne que je suis racontent des expériences fondées par des êtres souffrant d'amour qui ne réfléchissent jamais à deux fois avant de se lancer dans le vide. La personne et le personnage, c’est en même temps la victime et le témoin… En fait, la différence entre moi et Femminielli, c'est que lui ne vit pas dans la culpabilité de blesser ou choquer. Il peut se permettre de jouer et exploiter les préjugés sans se soucier de ce qui peut être entendu sur scène. Mais moi oui. Donc ça n'est pas un personnage créé de toute pièce, c’est plus une sorte de masque qui, parfois, va au delà de la fiction. Si j’allégeais les choses dans mon travail, je créerais des œuvres trop réalistes qui passeraient complètement inaperçues.

Tu reviens systématiquement à cette europop des 70’s – les Vannier, Gainsbourg, Battisti, Joe Dassin ou même Bowie – celle de la fin des 70’s / début 80’s, l’époque où on commence à bidouiller de l’électronique. Qu’est ce qui fait que tu reviens souvent à cette esthétique-ci ? C’est parce que c’est un bon vecteur pour toucher à tout ?
Oui. Et puis elle a un côté très cyborg. Ça se veut futuriste mais ça a un côté très rétro dans le son. J’aime beaucoup cette fusion. C’est l’hybride d’un monde que j’adore. Ce sont des sons modernes qui me permettent de faire le pont avec les autres. Je ne pourrais pas faire un album uniquement punk ou uniquement disco. J’aime les accidents, j’aime les improbabilités. Après, le prochain album sera peut-être un album de blues. Mais, c’est vrai que je reviens souvent à cette esthétique parce que c’est une pop qui, esthétiquement, m'est plus familière. Elle me permet d'exprimer des émotions et raconter des histoires avec plus de férocité et d'humour. Cette fois-ci, j’ai l’impression d’avoir été plus proche d’une sorte de rock progressif, en travaillant sous la direction de Dominic Vanchesteing et avec des musiciens de qualité comme Asaël Robitaille (Bataille Solaire, ndla), Jackson Macintosh (Sheer Agony, ndla), Guillaume Ethier et Philippe Roberge. J'aime réutiliser des esthétiques et des codes établis mais pour les pervertir. Je peux me les réapproprier à ma façon et créer mon univers et ses clichés. Il y a aussi pas mal d'improvisation de sons électroniques afin d'aboutir à des moments d’expressions inexplicables, inhumaines ou juste psychédéliques.

On finit avec la question freudienne : on dit souvent qu’en tant qu’artiste, on est voué à reproduire ce que l’on a vécu avant quatorze ans. Tu es d’accord avec ça ?
C’est une bonne question freudienne. Moi, je reproduis surtout mes rêves. Des visions. Des traumas. Des traumatismes. C’est sûrement lié.

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++ Son dernier album, Plaisirs Américains, est sorti le 15 avril.