Breakbot existe depuis combien de temps ?
Breakbot :
Cinq, six ans à peu près… J'ai du mal à répondre à cette question parce que ça fait longtemps que je fais de la musique, mais pas si longtemps que je ne fais que ça. Difficile donc de dire quand exactement j'ai commencé Breakbot.

Et que tu te consacres pleinement à Breakbot ?
Breakbot : Exclusivement ? Vraiment pas longtemps… quelques mois, peut-être deux, trois mois.

Tu fais beaucoup de remixes, voire même plus de remixes que de morceaux originaux…
Breakbot : J'ai commencé par faire des morceaux originaux. Au départ j'ai fait des morceaux à ma sauce, et puis j'ai fait un remix de fan pour Justice, j'aimais bien leur morceau (Let There Be Light, ndlr) alors je l'ai remixé. Ils ont aimé et décidé de le sortir sur leur maxi au Japon, du coup ça m'a donné envie d'en faire d'autres et ç' a été une bonne carte de visite pour la suite. Donc depuis j'enchaîne pas mal de remixes.

Remixes de Sébastien Tellier, PNAU (dans le Top 5 2008 de Brain), Pacific !, Metronomy. On a l'impression que tu réagis super vite : le morceau est à peine sorti que déjà tu bosses sur le remix. Comment tu fais pour aller aussi vite ?
Breakbot : Dans tous ces cas-là, c'était des commandes. Ils t'envoient les pistes et si t'es motivé, tu fais le morceau en temps voulu… J'essaie de respecter les délais qu'ils me donnent. Après c'est juste un peu de boulot.

Tu reprends la voix, mais tu refais l'instru entièrement ?
Breakbot : Ça dépend… Souvent oui je reprends la voix et je refais une chanson, qui est la chanson que j'imagine quand j'entends la voix… Quand la voix s'y prête, tu te permets de le faire. Ça m'est arrivé une seule fois de ne rien garder.


Ton remix de Metronomy est vraiment lent, c'est assez inhabituel ?
Breakbot : Il est super lent, oui, il est à la moitié du tempo original, 83 BPM.

Il a un charme rétro irrésistible, c'est presque un slow… Comment les membres du groupe ont réagi ? Ils n'étaient pas trop surpris ?
Breakbot : Ça les a certainement surpris, mais je crois qu'ils ont fini par bien l'aimer. Ils m'ont d'ailleurs dit qu'ils voulaient en faire une version live. Je les ai rencontrés à Paris récemment, ils étaient vraiment cool…

Tes remixes intègrent plein d'influences qu'on n'a pas l'habitude d'entendre dans des morceaux « club », d'où tu les tires-tu ?
Breakbot : Pour beaucoup ce sont de vieux disques, j'écoute beaucoup de vieille musique, entre les années 60 et les années 90, j'y trouve l'âge d'or de la pop sur ces trente années, avec tellement de choses différentes qui sont sorties. Il n'y a pas un style particulier que j'aime exclusivement, j'aime beaucoup le disco, le funk 80's, le hip hop, celui des années 90 aussi, j'aime bien aussi tout ce qui est pop anglaise, pop californienne... Toutes ces musiques sont très visuelles aussi, quand on les écoute, on pense tout de suite à un univers visuel très précis, très marqué. Je suis assez nostalgique d'une période que je n'ai pas connue, celle qui précède ma naissance.

Tu es graphiste de formation, peux-tu nous parler du travail graphique qui accompagne Breakbot ?
Breakbot : J'essaie de créer un univers autour du personnage que j'ai sur ma page MySpace, après, ce n'est pas très développé, je me consacre d'abord à ma musique avant de passer du temps sur le graphisme, mais j'essaierai de faire ça de manière cohérente pour le maxi.

Tu peux nous dire comment tu as trouvé le personnage que tu utilises dans tes visuels ?
Breakbot : C'est un livre de paper dolls qui date des années 80 que j'ai trouvé sur la famille de Nixon (le président, ndlr). Toute la famille y est représentée avec des personnages dessinés de façon très réaliste mais avec en même temps un côté un peu désuet, vintage dans le graphisme. J'ai flashé sur le fils d'Eisenhower qui est je crois un des gendres de Nixon, bref, ou un des petits-fils, j'en sais rien, c'est le personnage qui avait le short bleu et le T-shirt blanc. Je lui ai rajouté des cheveux longs et une barbe pour qu'il me ressemble plus ou moins. C'est juste un personnage que j'ai récupéré… Les costumes que j'ai choisis viennent également de ce livre de paper dolls. Je découpe les costumes, je les scanne, et puis voilà ! Ça s'apparente à du collage.

Tu as plein de collaborations sur le plan musical, et sur le plan graphique ? J'ai appris que tu avais collaboré avec Gaspard et Xavier (Justice) pour la pochette de † ?
Breakbot : Ils savaient que je faisais de la 3D et ils bossaient sur un concept de croix en 3D, et on a fait quelques ébauches de croix en volume, ça leur a donné des idées de matières, qu'ils ont reprises pour la pochette. Mais ma participation c'est surtout d'avoir dessiné le vaisseau qui est à l'intérieur de la pochette, celui que des mecs après se sont fait tatouer sur le corps... J'ai fait aussi beaucoup de travaux pour la publicité comme SFR… Mais actuellement je ne ressens pas le besoin de faire du graphisme à part pour mon projet.



On sent que tu es proche de l'écurie Ed Banger, on se demande pourquoi tu n'en fais pas partie et en même temps ça paraît évident quand on écoute ton son, qui est plus doux, plus rêveur, plus pop.
Breakbot : Je suis vraiment très très fan du label, c'est un label qui m'a vraiment donné envie de faire de la musique électronique ces dernières années, qui m'a motivé aussi… Sans connaitre Justice et d'autres, j'aurais jamais cru que c'était possible de vivre de la musique électronique aujourd'hui… Ouais c'est vraiment des gens qui m'ont aidé, poussé à ça… Quand je les rencontre j'ai de très bonnes affinités. C'est vrai, je suis moins club que la plupart de leur trucs, je suis plus sur l'écoute à la maison, enfin Justice s'écoute aussi a la maison, mais je suis peut-être moins clubby, moins diffusable en club… En tous cas, j'essaie de faire des chansons structurées couplet-refrain, tandis qu'eux sont peut-être plus sur des structures de recherche électronique.

On a franchement l'impression que ta musique est une nouvelle interprétation de Daft Punk, une nouvelle approche.
Breakbot : Je peux pas te cacher que j'ai beaucoup écouté Daft Punk, ça fait partie des trucs avec lesquels j'ai grandi même si j'avais déjà 15 ans quand je les ai découverts ! Ils font partie de mes grandes influences !

Et ton album, il va sortir bientôt ?
Breakbot : Bientôt, non… Je pense pas. Je bosse dessus. Je bosse d'abord surtout sur un maxi que j'essaie de terminer... Je préfère ne pas dire de date, parce qu'à chaque fois je traîne… Ça fait déjà 6 mois que je suis dessus, mais comme j'ai fait beaucoup de remixes, j'ai pris du retard ! Ceci dit, j'avais également des projets graphiques.


Flash interview

Tes 5 albums favoris ?
Les 5 albums qui me viennent à l'esprit plutôt ! Pet Sounds des Beach Boys, Discovery de Daft Punk, Dirty Mind de Prince, 36 Chambers du Wu Tang Clan, Thriller de Michael Jackson - un homme de chevet de tout le monde…

Tes graphistes favoris (mort ou vivant) ?
J'ai une culture de l'animation… Norman McLaren. Il dessinait à même la pellicule… J'aime beaucoup également Jim Flora, Gaspirator et So-Me.

La personne la plus cool de la galaxie ?
Mmmm… (longue réflexion). Je dirais Paulie dans les Sopranos.

La plus étrange ?
Une de mes ex, mais je ne dirai pas laquelle (rires).

On attend ton album avec impatience !
Pas avant 2017 voire 2018 ! (rires).

 


Propos recueillis par Alexandre Stipanovich.