Comment allez-vous ? Pas trop épuisés par vos divers voyages ?
The Bloody Beetroots : Nous allons très bien, voir les gens danser et suer nous fait largement oublier le niveau d'énergie consumé. Ça serait tout aussi fatigant de jouer à Boredom même si c'était notre ville natale.


Comment vivez-vous cela : le fait de voyager afin de faire danser les gens ?

The Bloody Beetroots : Nous le prenons comme un job, conscients évidemment que nous réalisons ce dont nous avions toujours rêvé. Nous aimons le fait de parcourir parfois jusqu'à 10 000 km pour rendre le public fou.

Quel public vous a justement le plus marqué ?

The Bloody Beetroots : Notre but est de faire naître une connexion entre le public et nous, il est donc important de trouver ce qui les fait bouger. En Australie, nous sentions vraiment la vibration et l'énergie des gens, ce qui était en partie dû au travail accompli par ceux qui nous ont fait venir et les publics eux-mêmes.

Vous faites partie de cette scène mélangeant punk, acid, house… Comment, concrètement, voyez-vous cette famille ? Quels sont les groupes et formations dont vous vous sentez proches ?

The Bloody Beetroots : Dans le désordre, nous citerions MSTRKRFT, Crookers, Erol Alkan, Simian Mobile Disco, Goose, Herve et tous ceux qui mélangent electro, rock et Baltimore.

Lorsqu'on écoute vos productions, on sent que vous désirez un son plus gras, plus mélodique et fort à la fois. Qu'écoutiez-vous plus jeunes pour avoir une telle volonté sonore ?

The Bloody Beetroots : L'aspect harmonique nous vient surtout de l'écoute de musique classique, le côté fat et « gras » comme tu dis est dû à l'écoute de différents trucs, des Daft Punk au disco, en passant par le funk des 70's. Le rock donne ce côté puissant et parfois dépourvu de mélodies.

Pourquoi porter des masques ? Volonté de rester anonymes, ou plutôt celle de jouer sur l'image de super-héros ?

The Bloody Beetroots : Exactement pour ces deux raisons oui.

Sortiez-vous en clubs plus jeunes ?

The Bloody Beetroots : Oui, comme tu peux l'imaginer, on a commencé quand on avait 13 ans, malgré nos mères respectives obsédées par la consommation de drogues étant associée à ces lieux - qui nous y ont doucement entraînés…

Rêviez-vous de devenir DJs ou musiciens durant votre enfance ?

The Bloody Beetroots : Pas vraiment en fait. Nous vivions pour le BMX et le skateboard, le monde se réduisait à cela pour nous, soigner les blessures engendrées par les chutes étant l'autre partie essentielle de nos journées.

Quelle serait l'unique image à garder des Bloody Beetroots ? Ce côté mélodique, l'aspect ultra punchy ou le masque ?

The Bloody Beetroots : Tout ou rien, chaque fragment des Bloody Beetroots n'a de sens pris de manière esseulée. Comme une formule de mathématique dont tu prendrais chaque élément à part, ça ne signifie rien.

Avez-vous déjà pensé à un vidéo-clip qui illustrerait un de vos morceaux?

The Bloody Beetroots : Pas encore, nous étudions et évaluons toujours cette possibilité.

Au fait, pourquoi un tel nom, ça fait un peu légume, non ?

The Bloody Beetroots : Haha, mon grand, on peut te garantir que nous sommes tout sauf des légumes, mais beetroots (betteraves en français, ndlr) est une philosophie et bloody (sanglant, ndlr) est le dernier stade d'appartenance à cette dernière. Il y a plusieurs raisons à cela, mais techniquement ce qu'il faut en retenir c'est le fait que les Bloody Beetroots peuvent être comparés à un moteur de recherche et d'expérimentation. Derrière le nom se cache notre convergence vers les médias. Il y a aussi évidemment des explications plus personnelles entre beetroots, Tommy et Bob : accidents, un penchant pour une certaine sorte de nourriture etc…

Une citation qui représente les Bloody Beetroots ?

The Bloody Beetroots : A part « let your washing machine speak » («laissez parler vos machines à laver », ndlr) , il se dit sur nous : « Ils ont le plus vilain nom de groupe de l'histoire de la dance music. » C'est une de nos plus grosses fiertés, et c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que ce que nous aurions pu imaginer.

Quel est selon vous le morceau des Bloody Beetroots qui illustrerait le mieux votre travail et votre potentiel ?

The Bloody Beetroots : Il y aurait deux tracks d'après nous : notre remix de Black Gloves de Goose et notre compo. Love The Bloody Beetroots. Si tu analyses ces morceaux, il y a des références aux 60's au niveau du beat, d'autres plus tournées vers le rock et le classique jusqu'à Debussy (grand compositeur Français du XXème siècle notamment reconnu pour son refus d'appartenance à tous courants stigmatisés), grown, la baltimore, le tout sur un sol electro. Sur le premier morceau, les ponts sont inspirés des Beatles, l'influence de Debussy prend effet à la fin du second.

L'année 2008 arrive à grands pas, comment l'envisagez-vous, musicalement ?

The Bloody Beetroots : Nous pensons à la période de la récolte. De gros efforts sont entrepris par l'équipe des BBs. Nous essayons de les matérialiser et de les rassembler à l'intérieur d'un album photos pour pouvoir, plus tard, le regarder en se marrant.

Bob, à propos de ton projet solo : ça se passe ?

The Bloody Beetroots : Bob Rifo est un projet artistique multidisciplinaire, il prend partie des productions de The Bloody Beetroots, du projet punk-garage éponyme, et d'autres artistes. Un EP va sortir sur Sony BMG-H2o du morceau Kinky Malinki, contenant des remixes de The Bloody Beetroots et de Crookers.

Tea, tu n'as pas des projets externes en tête ?

The Bloody Beetroots : Je partage mon temps entre Bloody Beetroots, qui occupe une très grosse partie de mon temps (surtout la nuit) et mon job dans les journaux le reste du temps.


++ http://myspace.com/thebloodybeetroots



Par Bennbob // Photos: Ro et DR.