Sa réputation de collectionneur n’est pas usurpée : des centaines de bibelots – beaucoup d'Americana – sont disséminés un peu partout ; un régal pour les visiteurs, un enfer pour la femme de ménage. Il y a effectivement du vin blanc et la nuit tourne à la dégustation. J’en profite pour m’enquérir des dernières nouvelles : Christophe a convoqué la presse pour parler de la série de concerts baptisée L’intime tour qu’il donnera en janvier 2013 et qui lui donneront l’occasion, nous dit-on, de balayer dans une formation épurée quoique sublime l’ensemble de son répertoire. Paradis retrouvé, une compilation d’inédits et de raretés suivra en février en attendant le « vrai » nouvel album à l’automne, qui succèdera à Aimer ce que nous sommes, le précédent disque du chanteur (2008), une collection de chansons qui a conforté la position d’artiste branché de ce vétéran. J’en profite pour recommander la géniale Interview de, qui me semble faire partie de ce qui s’est fait de plus original et de percutant dans notre pays depuis dix ans. 

 

Vétéran, car Christophe a le même âge que Neil Young et Lemmy. Sorte de monument en marche, il a traversé cinq décennies de musique et, pourtant, il continue d’avancer. Le voici. Il m’invite à le suivre dans le salon transformé en studio où il compose. La salle est plongée dans la pénombre mais éclairée par les dizaines de boutons et d’écrans du matériel, un véritable amoncellement de matériel audio. Ici, avec ses cheveux longs blonds et sa grosse moustache, il ressemble à un général Custer devenu Phantom of the Paradise. Nous nous versons deux grands verres de Pouilly. Dehors, le boulevard du Montparnasse est totalement silencieux…

 

Christophe : Il est 2 h 38…

Pas de problème. Tu fais toujours les interviews la nuit ?

En principe, je démarre un peu plus tôt, vers 20 heures. Cette année, j’ai décidé de changer mon cycle de vie, donc je ne dépasse pas, j’essaie de ne pas dépasser, 4 heures du matin pour être debout à midi, midi ½, pour pouvoir aller jouer aux boules à 15 heures et rentrer tranquillement à 18 h 30 pour travailler.

 

Tu joues au Luxembourg ?

Oui. Je joue aussi aux Invalides. Je jouais avant au bois de Boulogne. Je joue avec des joueurs de haut niveau pour bien m’améliorer tu vois, faire du sport quoi ! Quand on parle des boules ça parait être un truc touristique mais, en réalité, ça ne l’est pas du tout, c’est quelque chose de sérieux.

 

 

Tu joues depuis longtemps ?

J’ai commencé à jouer assez tôt parce que mon grand-père aimait beaucoup y jouer. C’est un peu lui qui m’a donné l’envie même si l’envie, ça vient tout seul… Mais c’est lui qui m’a fait découvrir la pétanque. A l’âge de vingt-huit, vingt-neuf, trente ans, j’ai commencé à jouer vraiment, à prendre conscience que je n’étais pas vraiment mauvais et que je pouvais m’améliorer. J’ai donc continué à jouer, comme on pratique un sport, environ quatre heures par jour, ce qui est quand même très épuisant. 

 

Quatre heures, carrément ?

Ah oui. T’imagines, quatre heures par jour, c’est lourd !

 

Et le fait que tu sois connu ne t’empêche pas de jouer normalement ?

Non. 

 

Les gens avec qui tu joues sont des potes ?

C’est tous des potes là-bas. Il y a toujours des curieux mais même au milieu de ces curieux, je me sens libre.

 

C’est une sorte de soupape ?

Cette année, ça va l’être parce qu’en règle générale, en cette saison, j’hiverne. D’habitude, je prenais à peine l’air. Je restais enfermé à travailler, travailler. Tandis qu’en ce moment, tous les jours, je fais quatre heures de chlorophylle, parce que de ce point de vue-là, le Luxembourg c’est quand même pas mal. 

 

Je vois très bien où se trouve le boulodrome...

C’est là où je suis, sauf quand il pleut. J’y serai demain à 15 heures.

 

Et tu joues à Auteuil ?

J’y jouais à l’époque où il y avait encore Darry Cowl, mon copain. J’y ai joué jusqu’à 87 et puis j’ai arrêté. J’ai arrêté pendant très longtemps, j’ai repris là.

 

Et pourquoi ?

Parce que j’ai senti que je devais faire du sport et que c’est le sport qui me passionne, qui fait que je pense à pas grand-chose et qui me donne de l’énergie. En plus, j’imagine que ça ne fait pas de mal à ma tête et à mon corps. Ça leur fait du bien, surtout en ce moment… Le problème, c’est quand il pleut… Mais quand il ne pleut pas, qu’il fasse froid, chaud, on s’en tape complètement. Ce qui compte, c’est qu’il ne pleuve pas. Quand t’as froid, t’ajoutes ta doudoune alors que s’il pleut, on patauge dans la gadoue !

 

 

Et ça fait longtemps que tu habites ici ?

J’y habite depuis dix ans. 

 

Et pourquoi as-tu choisi de t’installer ici ?

C’est une question de hasard. A un moment, dans les années 2000, à l’époque où j’ai fait mon album Comm’ si la Terre penchait, j’habitais un petit hôtel dans le Ve, l’hôtel de Senlis. J’avais loué trois chambres pour pouvoir mettre mes affaires le temps de trouver quelque chose…Et puis, un jour, une d’une agence m’a dit : j’ai un appartement qui vous plaira peut-être mais il est très bruyant. C’était ici. J’ai craqué mais elle avait raison, c’est très bruyant. A cette heure-ci, ça va, mais quand je me couchais à 7 h ½, 8 heures, sans cotons dans les oreilles, c’était pas jouissif. 

 

Mais tu te couches tard parce que tu bosses ?

Oui, oui. Je fais de la musique. 

 

Non, mais tu pourrais te coucher tard parce que tu fais la fête…

Ah, non ! Je n’en ai pas envie. Ca m’arrive, bien sûr. Une fois par semaine, je prends l’air, je vais voir les potes, ça me plaît quand même. 

 

Tu fais de la promo parce que tu vas donner des concerts l’année prochaine. Quelles seront les particularités de ces concerts ?

La particularité, c’est que je ne sais pas ce que je vais faire. Je serai sur un instrument que je ne connais pas du tout, le piano. Je vais prendre le risque de me jeter dans une aventure particulière c'est-à-dire de vivre un peu ce que je vis ici (il montre son studio, ndlr) quand je travaille, quand je cherche sauf que pendant ces concerts, je cheminerai à travers une liste de chansons que j’aurai choisie. Mais je pourrai en enlever, changer, parler avec les gens comme je parle avec des potes. Je veux faire quelque chose de pas du tout structuré ni formaté.

 

Il ne faut donc pas que les gens s’attendent à voir un mec qui va chanter avec piano, synthés et guitare, les trois particularités sonores qui seront autour de moi. Il faudra qu’ils aient conscience qu’ils risquent de voir beaucoup de failles. Il faut qu’ils aient envie de me laisser de la liberté de ce point de vue-là, surtout avec cet instrument que je ne connais pas. Je le découvre un peu plus depuis cet été… Je suis loin d’être un pianiste et je ne connais pas la musique. Le piano, c’est pas mon art, moi c’est plutôt les synthés et le son. C’est un instrument très performant et il est préférable de connaître la musique quand on veut en jouer, même s’il y a de grands jazzmen qui ne la connaissent pas et qui ont appris le piano d’une autre manière. Je l’ai découvert en 2007, 2008…

 

Dans quelles conditions ?

J’en avais acheté un pour faire une table parce que j’avais besoin d’une table. J’ai donc commandé un piano en Hollande, c’était un Mechanik Bösendorfer, un petit piano court. Je l’avais acheté 2 ou 3.000 euros sur eBay et j’étais hyper-content parce qu’il était très, très beau, une œuvre d’art de 1920. Les mecs me l’ont installé et, au moment de partir, le Hollandais m’a dit : Avant d’en faire une table, vous feriez bien d’écouter le son qu’il a ! Je l’ai écouté et le type avait raison : j’ai été attiré par le son de cette machine. C’est le genre de son qui me donne envie de créer. Je l’ai donc fait restaurer par un type qui l’a complètement démonté, les mécaniques, les pieds, etc. La pièce avait été transformée en atelier, en manufacture de piano ! Et tout ça m’a donné envie de jouer, d’écouter des choses que je ne pourrai jamais produire avec un synthé. Ce n’est pas du tout le même aboutissement. Le piano, c’est vraiment un truc pour créer de la mélodie. Le synthétiseur c’est l’infini par le son… 

 

Depuis cet été, j’ai quand même voulu connaître les bases. Bon, faut que je travaille, que j’arrête d’essayer de me souvenir que telle note se trouve là parce que ça représente beaucoup de travail, surtout sur une heure et demie de concert. Lorsque je vois un la dièse majeur, il faut que je puisse le jouer instinctivement. Je suis donc dans cet apprentissage mais comme je mets très longtemps à apprendre, je ne sais pas si je serai prêt pour le mois de janvier ! C’est donc toutes ces demi-failles qui seront présentes dans ce concert où je quitterai peut-être les instruments pour parler parce que je n’aurai pas eu d’idée pour instrumenter. Ce sera donc quelque chose de surréaliste, un truc un peu décalé. 

 

 

C’est une grosse prise de risques, non ? Qu’est-ce qui t’as donné envie de prendre ces risques ?

C’est une grosse prise de risque, oui. Je ne me pose pas la question. C’est comme ça, ça fait partie de ma route, cette création du risque, ce travail sans filet. J’ai envie de vivre cette expérience osée où tout à coup tu dis aux gens : Bon écoutez, si vous êtes venus pour écouter le concert d’un mec qui joue au piano ses chansons, vous êtes à côté de la plaque. Vous allez voir un mec qui sait à peine ce qu’il va faire… Chaque ville sera dans la différence, j’espère pas dans l’indifférence. Ce que je ferai à Nantes, je ne le referai pas à Marigny. Si dans un endroit comme Marigny, Marseille ou Lyon, il y a une magie dimensionnelle, je sais que je ne pourrai pas la refaire le lendemain et que ça sera tant pis pour moi. Au contraire, je pourrai être complètement dans la faille. 

 

J’ai fait beaucoup de synthés. J’ai le temps de les travailler mais, sur scène, il faut imaginer des trucs. J’ai envie de faire intervenir des bandes sonores… C’est quelque choque que je gamberge, une structure sonore. Mettons qu’à un moment, quand je serai sur scène, ça me fera plaisir d’entendre un train que j’ai enregistré en 82 à Benidorm. J’aurai avec moi une boîte qui me permettra, en appuyant sur le 2, de jouer ce son. Il y aura des soirs où je le ferai, d’autres pas. Il faudra que ça ne soit pas fait gratuitement. Parfois, je n’aurai pas envie d’être au bord du précipice… C’est pour ça qu’il n’y aura que dix concerts ! Ca sera une sorte de one man show sauf qu’au lieu de faire le comique, je raconterai ma vie en musique. Un comique raconte des trucs qui font rire, des conneries, des trucs plus lourds… Parfois, ils font des trucs musicaux – je parle des très bons – et les gens rigolent. Et bien, ça sera pareil, je vais improviser, je ferai peut-être même le comique, tu vois ce que je veux dire ?

 

Tu as fêté il y a peu tes 50 ans de carrière ou plutôt d’activité musicale ?

Alors ça, faut l’enlever ! (véhément) C’est eux (il montre la direction de la pièce où se trouvent sa manageuse et son attaché de presse), ceux qui m’entourent et c’est un truc qui me fait vraiment chier ! Moi je ne suis vraiment pas le genre de mec qui fête ses 50 ans de carrière, c’est tout ce que je déteste ! Alors faut le gommer, quoi ! Mais quand c’est dit, c’est fait !

 

C’était juste un coup de com' ?

Oui, c’est de la com' justement (énervé)

 

Mais, c’est pas grave !

Mais si, il faut les redresser parce que sinon tout est faussé ! Ça n’ira pas en grandissant pour les artistes, ça n’ira qu’en diminuant …Si tu t’entoures de gens qui ne font que du relationnel, ça n’a aucun intérêt ! Ah si, qu’ils fassent du relationnel avec les gens qui aiment le relationnel !

 

Ça fait quand même un certain temps que tu es en activité…

Ça, ça n’a rien à voir, je ne fête pas mes anniversaires ! J’ai juste fait quelque chose il y a deux ans à Juvisy, non à Morangis je crois, mais c’était différent. Marie (sa manageuse, ndlr) m’a fait réserver un truc sur scène parce que je faisais le concert le 13 octobre (le jour de son anniversair, ndlr) mais je n’aime pas dire que je fais mon dernier album, mes derniers concerts, etc. Les mecs qui disent ça reviennent toujours, et c’est pas mon truc.

 

Quand tu repenses à ton enfance à Juvisy (Essonne), quelles images te viennent à l’esprit ?

Je ne pense pas au passé. Le passé vient nourrir les visions et l’imaginaire du présent. J’ai fait un concert à Juvisy… (Il réfléchit) Bon, ça m’a touché mais je suis un mec qui avance au jour le jour… Moi, à quinze ans j’habitais à St Germain-des-Prés.

 

Ah ouais ?

Ah ouais et je partais en Espagne en stop.

 

 

Justement qu’est-ce qui a a déclenché le truc qui a fait que tu t’es retrouvé à quinze ans à Saint-Germain-des-Prés ? C’est quand même assez exceptionnel…

Ah, il n’y a pas beaucoup de mecs comme moi… A quinze ans, j’étais parti de chez mes parents. J’habitais à l’hôtel Princesse (dans le VIème arrondissement de Paris, ndlr) alors que je n’en avais pas le droit parce que le patron et la patronne m’aimaient beaucoup et que je faisais de la musique. Je faisais du blues, j’en jouais à l’Orpheon Club, je chantais au Bilboquet… J’ai beaucoup traîné. C’est là où j’ai rencontré Nino Ferrer… J’avais dix-sept ans. 

 

Tu te souviens de tes premiers contacts avec la musique ?

Quand j’avais quinze ans, je prenais déjà le train et le métro pour aller au cinéma ou pour aller jouer au billard au Globe à Réaumur Sébastopol en face du cinéma où j’allais voir des films de cul. J’allais aussi voir des films d’horreur au Brady (cinéma mythique du Xe arrondissement cf. notre entretien avec Daniel Darc, un autre habitué du lieu, ndlr). A l’époque, il y avait des séances à neuf heures du matin. Le cinéma était permanent. Quand j’avais envie de dormir, j’allais dormir là-bas parfois. Je me réveillais à midi. Je traînais, je draguais…

 

Mais à la base, qu’est-ce qui t’a donné envie d’aller traîner à Paris ?

La liberté. Et c’est la conséquence de ma rencontre avec la musique et la photo… Chez moi, j’entendais parler de Paris quand j’avais dix, douze ans. Presque tous les dimanches, presque toute la famille se réunissait chez ma grand-mère. Quand j’entendais le mot « Paris », il résonnait en moi. Ma marraine était là. Elle habitait Montmartre. Il faut quand même que tu saches que j’étais souvent à Montmartre quand j’avais neuf, dix ans. Je n’avais pas toujours envie d’aller la voir mais j’y étais quand même souvent. C’est chez elle que j’ai entendu Everybody’s rockin’ de John Lee Hooker. C’était dans l’émission de Filipacchi Pour ceux qui aiment le jazz sur Europe 1. Ça m’a frappé, j’avais treize ans… Donc si tu veux j’avais déjà l’habitude de faire le voyage entre Juvisy et la rue Gabrielle à Montmartre (dans le XVIIIème, au pied de la butte, ndlr) avec mon parrain et ma marraine.

 

Donc tu as un gros flash en écoutant John Lee Hooker…

Je ne peux pas te raconter Paris en 1960, l’année de mes quinze ans ! Mais avant ça, à quatorze ans, je traînais beaucoup au Rallye, à St Michel. 

 

Qu’est-ce que tu faisais là-bas ?

Le samedi, c’était le rendez-vous des existentialistes qui étaient mes potes. Je n’avais pas le permis, bien sûr… On partait le samedi soir en voiture à Evreux dans un endroit qui s’appelait l’Escapade où il y avait un groupe genre Fats Domino, Ray Charles. On achetait des disques, des Levi’s. On allait là-bas pour écouter la musique qu’ils faisaient, c’était pointu. Je m’étais fait une petite côte avec des mecs, donc ils me donnaient des disques de Little Richard, Elvis Presley, des fringues comme les Fruit of the Loom, les Levi’s… C’était les années 50 qui me font rêver… Mais, à part New York, je ne connais pas l’Amérique. Je ne suis jamais allé à Los Angeles ou au Texas.

 

Tu ne connais pas les Etats-Unis ?

Non, je ne connais que New York.

 

Comment ça se fait ?

J’ai vécu trop fort, j’ai vécu à fond. Tout ce que tu vois là (il montre les innombrables bibelots qui décorent la pièce, ndlr), pour moi c’est l’Amérique. Enfin, c’est l’Amérique et la France mélangées. Le film américain, je le connais par cœur, je me le suis fait à Paris, pas en Amérique…

 

Tu n’as pas éprouvé le besoin d’aller à Los Angeles ?

Non, je me le suis fait à Paris, juste dans les films. Je n’en ai pas éprouvé le besoin. Je l’éprouve peut-être plus maintenant, je ne sais pas pourquoi...

 

Et tu n’as pas envie d’y aller maintenant ?

J’aurais envie d’y aller maintenant mais, de mes vingt ans à aujourd’hui, l’idée ne m’a jamais vraiment traversé.

 

Tu avais peut-être peur d’être déçu ? 

Non, non. En fait, ça me fait chier de prendre l’avion et de passer huit heures dans un zinc… Pourtant, j’ai aimé découvrir New York. Le mec qui m’a fait découvrir New York, c’est un de mes meilleurs copains, c’est Daniel Filipacchi. Sans Daniel, je n’aurais jamais connu New York, je lui dois beaucoup.

 

 

Donc, l’Amérique mythique explique en partie le fait que tu te sois mis à traîner à Paris à quinze ans…

Il y avait aussi qu’à l’âge de treize, quatorze, quinze ans, tu es très attiré par les filles. Tu sais comment t’es, t’as envie de plaire tout ça, et tu es attiré par le film… Je me souviens qu’à quinze ans je gagnais un peu de blé en étant pris en photo pour Nous Deux. Un mec nous shootait dans un café… Je prenais la meuf par le cou, je l’embrassais… C’était payé 500 balles, 50 sacs ou 5 sacs, je sais plus en fait.

J’ai aussi beaucoup aimé le cirque, la fête foraine. J’ai hésité. J’ai fait du cirque parce que j’ai connu les forains, je rêvais de partir avec eux… Je voulais aussi faire de la mode parce que j’avais le sens de la couture. Quand j’avais quatorze ans et demi, quinze ans, je suis allé à la boutique de Pierre Cardin pour essayer de le rencontrer, pour lui demander s’il pouvait me prendre… Ça ne m’empêchait pas de faire de la musique en même temps…C’est ma mère qui m’avait suggéré d’aller voir Pierre Cardin. Mes parents étaient divorcés. J’étais très proche de ma mère. 

 

Tu vivais avec elle ?

Je vivais entre chez elle et ma grand-mère. Parce que la vie de ma mère, c’était un peu le bordel, tu vois. Mes parents ont divorcé quand j’avais onze, douze ans. C’est pour ça que j’étais souvent chez ma marraine à Montmartre ou chez une tante. On était une famille à la fois très unie et très désunie. Tout dans l’extrême ! C’est pour ça que je suis dans l’extrême ! J’ai toujours vécu dans l’extrême.

 

Et en termes de cinéma, avais-tu des genres de prédilection ?

J’aimais les films d’Indiens. Je détestais les cow-boys… Ford faisait souvent des films avec l’armée, la cavalerie. Moi, j’étais un peu anti-militaire et j’adorais les Indiens. J’aimais les rebelles… Non pas les rebelles, les gens qui ont une vraie différence, qui aiment la terre, la vie ! C’est le reflet que j’avais des Indiens.

 

Et le blues tu le découvres comment ?

Je le découvre chez un pote qui est pianiste de jazz, qui joue du boogie. J’ai treize, quatorze ans. J’ai beaucoup de potes de seize, dix-sept, dix-huit ans… J’avais commencé à jouer quelques accords de guitare. Dans sa piaule, mon pote avait un électrophone par terre avec tous les Big Bill Broonzy, les Sonny Boy Williamson, les Lightnin’ Hopkins… Quand j’ai écouté ça… Je suis devenu camé par le blues, ma drogue c’était le blues. C’est ce qui m’a donné envie de jouer de la guitare et de l’harmonica. 

 

C’était un gros choc…

Oui, c’était LE gros choc. Bon j’étais aussi passé par Brassens, que j’écoutais quand j’avais dix/douze ans…

 

 

Il y avait des musiciens dans ta famille ?

Ma tante jouait du piano. Elle avait appris la musique parce que mes grands-parents lui avaient fait apprendre. Mon père avait un violon mais il est toujours resté dans un placard. Je l’ai découvert, il était mint (« neuf » dans le jargon des collectionneurs, ndlr) dans le placard. Mon père n’en a jamais joué alors que ma tante jouait Chopin.

 

Tu as dis mint ? C’est le jargon des collectionneurs : mint, very good, good, etc. 

C’est normal. Quand tu collectionnes les 78 tours comme moi, tu as intérêt à connaître les codes. 

 

Tu as même écrit une chanson sur ce sujet…

Ouais, ouais, Label Obscur. Une histoire vraie d’ailleurs (qui raconte comment il se fait arnaquer dans un plan bidon de vente aux 78 tours)

 

Mais tu n’as pas envie d’aller sur les rives du Mississipi pour faire le pèlerinage des fans de blues ?

Non, non, j’écoute le son. Je suis très branché par le son et il me donne des images. Par exemple, je ne ressens pas le besoin d’aller voir la maison d’Elvis…

 

Oui, mais ça c’est complètement commercial…

Peut-être, mais quand le mec arrive, c’est un génie…

 

En fait, je ne parlais pas de lui mais du business autour de la maison, etc.

Elvis, je m’arrête en 59. Je suis quand même allé dans le sud des Etats-Unis, je suis allé à Savannah parce que Daniel voulait absolument me faire découvrir cette ville. On a fait un déjeuner avec des blacks, c’était super, on a vu un endroit qui puait le blues, c’était bien. 

 

Tu y es allé au début des années 60 ?

Non, non c’était en 92 ! J’ai mis le temps pour y aller (rires) ! Daniel savait que je n’y étais jamais allé et il a insisté pour que j’y aille. Si un autre avait insisté, je n’y serai peut-être pas allé mais comme Daniel est un mec qui m’a appris beaucoup de choses…

 

Tu es fan de musique, tu flashes sur les Américains… 

Je flashe aussi sur les Anglais !

 

 

Mais qu’est-ce qui te fais commencer à jouer de la musique ?

Mon grand frère – on a quatre ans de différence – avait reçu une guitare pour ses seize ans. Il en jouait mais ça ne l’intéressait pas tellement. C’était une guitare flamenco, une acoustique. Et moi, j’ai sauté dessus ! J’ai commencé très, très jeune à faire des riffs, à apprendre tout seul. Je suis autodidacte, c’est pour ça que je ne joue pas tous les jours du piano. Il faudrait d’ailleurs que je m’y mette, parce qu’au mois de janvier faut que j’en fasse un minimum (rires) ! Je voudrais éviter de passer pour un con !

 

Donc tu commences à jouer de la guitare et tu te mets à composer très vite.

Oui, j’ai composé un disque à seize ans pour Golf Drouot et puis Aline entre midi et midi cinq dans un atelier de ma banlieue de Juvisy.

 

Pardon, je voudrais revenir sur le blues deux minutes. J’ai vu que tu étais particulièrement fan de John Lee Hooker…

J’étais intéressé par Lightnin’ Hopkins, Son House et Hooker. J’aimais aussi Slim Harpo. Il a vécu chez moi pendant quinze jours …C’est là où j’ai découvert qu’il s’appelait en fait Moore (James Moor, ndlr). J’aimais aussi Big Joe Williams. Quand Slim Harpo vivait chez moi, on  faisait des bœufs, le soir à l’heure de l’apéro parce qu’on buvait pas mal de vin blanc. Je jouais de l’harmonica et lui chantait le blues. Hélas, je n’ai aucune photo de ça…

 

C’était à quelle époque ?

En 67. Un jeune petit mec qui travaillait avec Claude François lui a dit : Si tu veux connaître le mec du blues à Paris, va voir Christophe, tu pourras peut-être même dormir chez lui !  Donc il est venu chez moi… Slim Harpo, je l’écoutais comme un barjot. Quand le mec m’a dit qu’il y avait Slim Harpo, je lui ai dit : Tu te fous de ma gueule, connard ! Mais Slim Harpo était vraiment là. C’était un grand moment, je ne l’oublierai jamais !

 

Tu commences à jouer et tu fais un groupe au début des années 60…

J’ai fait plusieurs groupes. J’ai chanté pour la première fois dans la grande rue de Juvisy le jour de la braderie. Fallait quand même se jeter, c’est pas cadeau, les gens de ton village ! C’est un peu comme ce que je vais faire en janvier ! Après, j’ai fait Danny Baby et les Hooligans avec qui on a fait un disque pour Golf Drouot. Là, je chantais beaucoup de Gene Vincent et d’Eddie Cochran. J’étais dans une période rock.

 

Quand tu repenses à cette époque, tu es obligé de penser aux blousons noirs. Tu les fréquentais ?

Je les fréquentais mais je ne faisais pas partie de la bande. J’étais plutôt un esthète de la fringue. Le jour où je suis allé voir Cardin, il n’était pas dans sa boutique. Si je l’avais rencontré, j’aurais peut-être été dans la mode. C’est toujours la question d’être au bon endroit au bon moment… Donc des blousons noirs, t’imagines qu’il y en avait à Juvisy !

 

On a l’impression qu’à cette époque, il y avait pas mal d’ouvertures…

Oui, pour les mecs qui avaient vraiment la niaque, il y avait de la place. Tu fais ton premier disque, t’as vingt ans et, tout à coup, il se met à marcher. Mais j’avais du vécu. J’avais fait des maquettes et traîné entre Philips et Barclay. Quand j’ai fait Aline, je crapahutais depuis cinq ans !

 

 

Mais avant tu avais fait le disque avec Golf Drouot. Quels souvenirs as-tu de cette salle ?

C’était Henri Leproux (patron du Golf Drouot, ndlr)… Les mecs que je connaissais : Moustique, Larry Gréco, les mecs qui traînaient…

 

Tu le revois, Moustique ?

Il est venu me voir à mon Olympia, en 2008. Il est venu avec tous ses enfants, me faire embrasser les petits…

 

Il était à un des concerts de Jerry Lee au Bataclan…

Ah bon ? C’était quand ?

 

Euh, il y a quelques années…

J’ai vu Jerry Lee au Palais des Congrès, il y a pas longtemps. Les mecs ne voulaient pas que je filme mais je leur ai dit que je filmerai quand même. Ce jour-là, je devais aller voir Polnareff, c’était un de ses derniers concerts à Bercy, j’avais une place. Je voulais y aller pour lui faire un petit coucou. J’étais prêt à partir quand une copine m’appelle pour me dire qu’elle a deux places pour Jerry Lee Lewis au Palais des Congrès. Je lui ai dit : Quoi ? Alors rendez-vous là-bas ! (rires). Et j’ai filmé, j’ai filmé, j’ai filmé…

 

T’aimes bien filmer on dirait. Je t’avais vu monter sur scène pour filmer Daniel Darc pendant son rappel à l’Olympia.

J’ai aussi filmé Little Richard à l’Olympia… Il y avait Moustique qui est monté sur scène d’ailleurs.

 

Et que se passe t-il entre ton premier EP qui ne marche pas très bien et Aline ? 

Il avait fait 900 ventes (rires)

 

Donc il le ne marche pas du tout. Et le disque suivant, Aline, cartonne mais tu es traîné devant les tribunaux pour plagiat par Jacky Moulière parce qu’il trouve que ta chanson ressemble un peu trop à une des siennes, La Romance

J’écoutais pas ce qu’il faisait. Mais c’est vrai que bon… C’est la vie ! Mais tu sais, des mélodies comme ça… Là, j’ai écouté il y a trois jours une chanson américaine qui ressemble à Aline mais qui porte pourtant un titre différent. Que veux-tu, c’est la vie !

 

 

Comment passes-tu d’un disque yéyé « de base » avec ton premier single à auteur-compositeur avec Aline ?

A quatorze ans, je commence déjà par chiner des chambres d’écho, des réverbérations comme ce que tu vois là (il montre le studio)… J’ai plein de boîtes. Tout ça, je vais le chiner à la République chez Fratelli Crosio qui importe les premières boîtes à échos… Je ne suis pas un chanteur, je suis un mec intéressé par le son. Le chanteur met sa voix en avant et il chante a capella quand on lui demande, moi je refuse tout le temps. On me le demande souvent et je réponds chaque fois que je ne chante pas a capella… Je ne suis pas chanteur. Je suis un instrument qui se place sur des robes sonores que je fais comme quelqu’un qui crée une robe. Quand j’ai ma robe, il me vient l’envie de faire du son avec ma voix… C’est ce que je vais faire pour mon nouvel album qui va sortir en avril. Musicalement, il existe déjà… Je sais qu’il faudra que les textes soient comme des films, parce que chaque chanson sera comme un petit film. Il y aura une chanson qui raconte un mec en pension qui s’endort toujours en pensant aux meufs, quelqu’un de très attiré par les filles…

 

Donc, c’est toi…

Oui, voilà. Dans ce prochain album, la chanson générique de fin sera une chanson qui clôturera l’histoire de l’amour, qui racontera qu’il ne faut pas se cacher, qu’on peut le dire sans honte, parce qu’il n’y a que ceux qui mettent des barrières, des non-dits, qui sont tordus… Mais ceux qui racontent… Quand j’avais onze ans, j’adorais passer à côté des filles, leur prendre la main, j’adorais les toucher donc j’ai écrit un texte là-dessus. 

 

Donc tu as commencé à composer.

J’ai composé Les marionnettes, un texte autobio, parce que je faisais des petits spectacles de marionnettes. Ça m’a donné l’idée d’écrire une chanson dessus.

 

Aline cartonne, mais il y a le procès…

Je toucherai de l’argent en 74, dix ans après parce que j’ai gagné à la fin, en appel.

 

(A ce moment, les attachés de presse se manifestent en signalant qu’il est plus de 3 h 30 et que cela commence à durer un peu trop longtemps. Christophe explique qu’il veut continuer et demande que l’on soit ravitaillé en Pouilly.)

 

Il est bien ce Pouilly.

Oui, il est bien frais en plus… Pour ce genre d’entretien, ce qui est bien, c’est d’avoir trois, quatre heures devant soi.

 

Bon, on va essayer d’accélérer. Es-tu content du bouquin d’entretiens qui est sorti (Christophe, Le Beau Bizarre de Henry Chartier, éd. Grimal) ?

Il a été fait par un mec que j’aime beaucoup et qui est professeur de français et de cinéma à Rennes. Mais je ne l’ai jamais lu ! Je ne me lis pas, je ne m’écoute pas, j’avance. J’écoute les bruits que les gens me disent. Pourquoi je me relirais ? A quoi ça sert ? Tu crois que j’ai le temps ?

 

 

Il y a des artistes qui aiment bien, il y a aussi des compulsifs. Pour en revenir aux années 60, cette époque mythique en France, tu pensais quoi de « Salut les copains » ?

C’est surtout mythique en France parce qu’en Amérique, ça avait déjà bougé. Les mecs étaient loin de nous, ils avaient des voitures avec des vitres électriques, des trucs de barjot ! J’étais à l’écart. Je m’en foutais, je vivais autre chose. Je vivais une rencontre avec un mec qui s’appelait Lucien Morisse. On allait souvent au Brady voir des films d’horreur, les Hammer, les Vincent Price… Une fois, j’ai rencontré cet acteur que j’adorais, Peter Cushing. On avait dîné ensemble. Chaque fois qu’il allumait une cigarette, sa femme lui filait son gant blanc et il le mettait… C’est peut-être de Peter Cushing que vient la phrase je mettrai mes gants blancs dans ma chanson Succès fou. J’ai passé une soirée avec ce gars-là mais, malheureusement, je ne suis pas bilingue alors t’imagines la sauce ! Avec Lucien Morisse, on allait voir des films comme Le Fantôme de l’Opéra… J’ai pas mal de trucs en DVD comme les Dario Argento, j’ai tous les coffrets. J’ai connu sa fille Asia… C’était en 2005, 2006. J’ai plein de photos avec elle. On a beaucoup d’affection l’un pour l’autre.

 

Pour continuer dans l’Italie, tu as des relations avec la branche de ta famille qui est en Italie ?

Non, pas du tout, on a toujours été une famille disloquée. Ma famille, c’est ma fille Lucie. Elle a été près de moi jusqu’à ses vingt ans. Elle est photographe, c’est elle qui a fait toutes mes dernières photos. Dès que c’est un petit peu cinématographique, c’est elle. Elle avait monté un journal, quand elle avait vingt ans, qui s’appelait Elle Top Model. Elle est autodidacte et très douée, ce journal a marché pendant huit ans et puis, après, elle est tombée amoureuse (songeur)

 

Tu as deux enfants ?

J’ai un enfant avec Véronique ma femme. Après, avec Michèle Torr, c’est une histoire très, très, très particulière. Une histoire sur laquelle je suis en train de gamberger...

 

Tu as un enfant que tu ne reconnais pas ?

En fait, à ce moment, je n’étais pas marié, c’était en 1967. J’ai connu ma femme Véronique en 68, j’ai eu le coup de foudre et je suis resté avec elle pendant vingt-huit ans, tu vois… J’étais complètement en froid avec Michèle (Torr, ndlr), il y a eu des trucs intimes qui ne regardent qu’elle et moi. Il y avait une espèce de haine. Le lien entre nous était fait par un mec qui s’appelait Albertini (Jean Albertini alias Jean-François Maurice, ndlr) qui était son producteur et le mien. C’était un mec que j’aimais bien mais, après, je ne l’aimais plus vraiment… C’est vrai qu’à l’époque j’étais un peu inconscient et je le suis toujours, mais je ne veux pas changer. On ne chasse pas le naturel ! Je suis allé voir Michèle à l’hôpital, j’en avais envie. J’ai laissé parler mon instinct, mon émotionnel. Et ce mec m’a dit : faut que t’ailles le reconnaître. En fait, s’il n’y avait pas eu l’agression de ce mec, j’aurais analysé différemment, d’une manière totalement personnelle et peut-être que l’enfant porterait mon nom… 

 

En fait, je n’ai vraiment vécu une vie de père qu’avec ma fille… Avec Romain (le fils qu’il a eu avec Michèle Torr, ndlr), on s’est croisés. Il est venu me voir à mes concerts pour me parler. Je lui ai dit que ça n’aurait pas été possible avec sa mère, que j’avais ma fille et que ce n’était pas le moment que l’on se reconnecte, un truc comme ça ! Je peux donner l’image d’un mec qui se faufile. En fait, c’est quelque chose de beaucoup plus fort que ça. Je pense que je ne me faufile pas. Ce serait un jugement un peu simpliste, comme tout ce qu’ils font dans la justice française et qui fait que les procès sont bancals. Je pense que les choses malheureuses ou le plaisir qui t’arrivent relèvent de l’intime, et que ceux qui jugent et parlent peuvent tout déséquilibrer.

 

 

Véronique, ta femme, est la demi-sœur du chanteur Alain Kan qui a disparu sans laisser de traces depuis plus de vingt ans. Vous avez des indices sur ce qui lui est arrivé ?

Non, aucune idée. Il n’y a que des connards qui disent des trucs quand ils sont bourrés, des barjots quoi. Véronique a tout essayé pour avoir des infos.

 

Il n’y avait pas eu de signes avant-coureurs à cette disparition ?

Non pas du tout, certainement pas. Non, non, non… Il était beaucoup à la maison, lui.

 

Il est notamment connu pour sa période glitter. Tu écoutais ce genre de musique ?

Je n’écoutais que ça ! Je ne parle pas d’Alain Kan parce que je n’écoutais que les Anglo-saxons… Je n’écoutais que Lou Reed, que le Velvet, c’était mes copains, mes amis ! Pour moi, après Elvis, il y a eu Bowie ! C’est important de le dire parce qu’on n’en parle pas assez en ce qui me concerne… En concert, je n’allais voir que Bowie et Lou Reed ! Le niveau est déjà assez haut, tu n’as pas envie de voir quelqu’un d’autre. Dans les années 80, il y a eu ce mec qu’avait les cheveux complètement jaunes à un moment puis les cheveux noirs. Il était dans les synthés, c’était vraiment bien (Gary Numan, ndlr). Et puis il a eu Vega ! Dans les années 67, 68 je passe un peu à côté de Pink Floyd parce que j’étais très branché Vanilla Fudge. Pour moi, c’était le seul groupe esthétique, inventif et expérimental du moment. Je n’écoutais que ça et notamment deux albums qui me déchirent : Season of the Witch et The Beat Goes On. The Beat Goes On, c’est quand même un chef d’œuvre de la musique. 

 

Tu as d’ailleurs bossé avec Carmine Appice, le batteur de Vanilla Fudge ?

Carmine Appice, c’est juste un dieu.

 

(en raison de la durée exceptionnelle de l'entretien qui aura finalement été accordée à notre journaliste, cette interview sera publiée en deux parties. Ici se termine la première d'entre elles. A suivre...)

 

++ Christophe sera en tournée à travers la France du 9 au 30 janvier 2013. Une compilation d'inédits, Paradis retrouvé, sortira en février 2013 chez BMG. Son nouvel album est prévu pour l'automne 2013.

 

 

Olivier Richard // Crédit Photo : Lucie Bevilacqua + DesignLDG & D.R.