Devotion

Si Devotion est la première piste de l'album, c'est parce que c'est par ce morceau que tout a vraiment commencé. C'est le premier titre que j'ai co-écrit avec Dave Okumu, et c'est aussi celui qui cristallise des attentes particulièrement importantes pour moi: j'ai en effet le sentiment qu'avoir composé ce morceau m'a vraiment fait travailler sur ma propre personne et m'a permis de trouver mon identité réelle en tant qu'artiste. Je trouve qu'il est important de lui faire ouvrir l'album, non seulement parce qu'il en est le morceau éponyme, mais surtout parce qu'il constitue la meilleure porte d'entrée à mon univers, un univers que Dave m'a aidé à façonner.

 

Wildest Moments

Lorsque nous avons composé Wildest Moments, ma première impression fut que ce morceau ressemblait à une sorte de r'n'b celtique. Pour commencer, il comporte de la guitare, et alors que je n'aurais jamais pensé utiliser de la guitare pour cet album, finalement, nous nous sommes retrouvés à en mettre dans tous les titres! Quoiqu'il en soit, il s'agit d'une chanson que j'ai composée avec Kid Harpoon, juste après m'être monstrueusement engueulée avec Sarah, ma meilleure amie. L'histoire remonte à ce week-end super chaud d'octobre 2011, alors que nous assistions au mariage de mon manager. C'était peut-être à cause de l'atmosphère bizarre qui flottait dans l'air, mais toujours est-il que Sarah et moi étions bourrées à ce mariage; à un moment, je me suis prise un tarte à la crème en pleine tronche, ce qui a eu comme conséquence de nous faire entamer une véritable bataille de bouffe! J'ai complètement perdu le contrôle de mes actes, et du coup, elle ne m'a plus adressé la parole pendant trois semaines. Ca me fait tellement drôle de me rappeller d'elle en train de me foutre des baffes dans Ia figure! Mais cette anecdote est assez représentative de la relation que j'entretiens avec Sarah, une relation tumultueuse consistant en de permanentes disputes, des hauts et des bas allant d'un extrême à l'autre, puisqu'en fait, nous sommes folles amoureuses l'une de l'autre. Je crois qu'il faut vraiment être une fille pour connaître une relation d'une telle intensité avec une copine. Je ne crois pas que les mecs connaissent ça, ce truc de se bagarrer pour ensuite s'ignorer totalement, puis se rabibocher en fondant dans les bras l'un de l'autre pour finalement réussir à s'engueuler sur les termes-mêmes de la réconciliation. En définitive, ce morceau est donc une chanson d'amour en forme d'ode à ma meilleure amie, tout en soulignant le caractère aussi bien merveilleux qu'abominable de cette relation si fusionnelle que nous entretenons l'une avec l'autre. La première fois que j'ai rencontré mon maquilleur pour le tournage du clip de Wildest Moments, il m'a dit que Björk a écrit une chanson qui parle également de sa meilleure amie, Joga. Je trouve ça génial, parce que j'adore cette chanson et j'adore Björk en général! Mais ce qui me plaît le plus, c'est que tout le monde puisse se retrouver dans ma chanson, indépendamment des relations qu'on entretient avec autrui. Je suis vraiment heureuse que mon morceau touche les gens et que le public l'apprécie, qu'il marche même à l'étranger, qu'il puisse facilement être traduit... J'aime les chansons pop qui répondent à ces critères.

 

Running

En fait, Running était le dernier morceau que j'ai composé pour l'album. Je suis descendue à Bristol pour aller voir Julio Bashmore, et mon objectif était de composer la suite de Sweet Talk, la chanson que nous avions écrite ensemble. Sweet Talk parle de ce genre de mec qui finit toujours par te convaincre, le type dont tu sais qu'il est toxique pour toi mais vers qui tu finis toujours par revenir. Running parle des répercussions de ce qui se passe dans Sweet Talk. J'adore ce morceau, j'en étais tellement fière. Je l'ai terminé pour la toute fin de l'album, ce moment de liberté où l'on n'est plus sous pression. Je voulais y adopter une attitude proche de celle de la diva d'opéra, je voulais que cette chanson contienne ce son de middle-8 ridiculement grandiloquent accompagné de guitare électrique, mais au final, il est parcouru par une mélancolie sous-jacente qui ressort notamment dans le refrain consistant simplement en ces trois mots, "you keep me running". Mais évidemment, il s'agit ici simplement de moi jouant les divas. C'est le premier single extrait de l'album sorti au Royaume-Uni, c'est également le premier clip que nous ayons tourné; je voulais qu'il soit vraiment pris au second degré, je ne voulais pas être assimilée à cette chanteuse qui ne s'occupe de rien d'autre que de danser sur la musique de SBTRKT et sur celle de Joker. Il s'agissait simplement de moi déclarant "bon, regardez bien, ça c'est moi jouant à faire la popstar." Je voulais également tourner ce clip un peu caricatural, dramatisant exagérément cette scène où je chante dans ce club de jazz tout vide, un lieu qui garde un aspect grandiose malgré tout (il s'agit en réalité du resto de mon ami à Vauxhall). Ce clip était à vrai dire un hommage complice à celui de Sade, Smooth Operator. Il devait vraiment être pris comme une blague, je voulais que l'on saisisse qu'il s'agit plus ou moins d'une caricature, mais ce qui m'importait le plus, c'était de pouvoir m'éloigner de la posture de la danseuse qui ne se concentre que sur ses pas, et de pouvoir déclarer "oui, je sais, je vais citer Jay-Z, mais voilà: permettez-moi de me présenter" ("allow me to introduce myself" en VO, ndlr).

 

 

Still Love Me

J'ai composé ce morceau avec Dave Okumu. Il me fait beaucoup penser à du Peter Gabriel. Le rhytme et l'atmosphère me rappellent à la fois à Peter Gabriel ou Grace Jones. C'est un titre qui parle de mon petit ami, avec qui ma relation ne fut pas sans heurts: nous fûmes en couple pendant vraiment longtemps, avant de nous séparer puis de faire amende honorable et de nous remettre ensemble. J'avais besoin de cette chanson pour réaffirmer notre couple. Je suis une fille qui manque beaucoup de confiance en elle, et par ce morceau, je demande à mon copain s'il m'aime encore. J'affectionne tout particulièrement cette chanson parce qu'elle est plutôt uptempo. Peu de titres de l'album sont rapides, celui-ci est le plus vif dont nous disposons, mais j'adore la patte qu'ont apposée Dave et Lex (l'ingé-son qui s'est occupé du mastering de l'album) sur ce morceau, lui conférant une atmosphère sonore vraiment chaleureuse, environnant l'auditeur de partout. Vraiment, j'adore.

 

No To Love

Ce morceau est le plus somptueux cadeau que Dave Okumu ait pu me faire. Je ne peux pas vraiment en réclamer la paternité, dans la mesure où je n'ai rien fait d'autre que chanter par-dessus. Dave est arrivé avec ce truc, ce morceau -"qui dit non à l'amour?"- caractérisé par un beat à la Dilla. Nous avons tenté d'y apposer des couplets, un refrain différent, mais cela n'apportait rien, tout simplement. Du coup, nous l'avons tout bonnement mis en boucle et nous nous sommes contentés de laisser imaginer les différentes histoires dont il est question - ce qui change, c'est seulement les parties où on chante "mais qu'est ce que tu t'imaginais, mais qu'est-ce que nous nous imaginions?", tout en posant toujours la même question: franchement, qui peut bien dire "non" à l'amour? Au final, ce morceau propose plein de scénarios différents lorsque quelqu'un est confronté à la possibilité de rejeter l'amour, ou lorsque l'amour que lui, il offre, est rejeté. Cela fait émerger une conversation, même sur le mode de la répétition. C'est mon petit instant hip hop, Dave se met d'ailleurs à rapper dessus. On était en train de se dire qu'il nous faudrait un rappeur, et nous réfléchissions à qui nous pourrions nous bien nous adresser. On s'est mis à penser à MF Doom, c'est dingue non? Et puis j'ai fini par demander à Dave s'il voulait lui-même tenter le coup, et il m'a répondu ”oui, s'il te plaît, ça me ferait vraiment plaisir”. Le résultat, c'est que maintenant, il n'arrête pas de m'envoyer des enregistrements sur lesquels il rappe, c'est génial, j'adore! Cette piste pourrait en quelque sorte être considérée comme un prélude à l'émancipation musicale de Dave.

 

Night Light

Voici un morceau que j'ai composé avec Kid Harpoon. Cette chanson est très différente de la démo qui en est à l'origine. C'est l'un des seuls morceaux qui ait vraiment beaucoup évolué entre l'idée de base et le résultat final. C'est une chanson d'amour à l'attention de mon petit ami, mais au début, elle était à la fois trop sucrée et édulcorée, donc j'ai cherché à la rendre plus enflammée, plus passionnée. L'apport de Dave consiste ainsi en une réécriture complète du titre, y ajoutant ces guitares électriques faisant écho au reste de l'album (sachant que celles-ci sont également présentes sur Running et Sweet Talk), ce qui apporte une dimension bien plus enfiévrée au morceau, ainsi qu'une rugosité bienvenue. C'est un morceau sur lequel je m'amuse vraiment, vocalement parlant. Mon petit ami n'aime pas du tout ce morceau, il ne lui parle pas du tout. En réalité, il aimerait que ce soit Sweet Talk qui soit à son sujet. C'est très dommage, mais moi, j'aime cette chanson malgré tout! En plus, j'ai pu faire réaliser le clip par mon meilleur ami, Chris Sweeney, qui est aussi un ami de la famille de très, très longue date. Voici encore un morceau où je joue les divas style années 90. Je suis folle de Whitney Houston et de Bodyguard, alors je me l'imagine quand elle est sur scène et qu'elle chante "j'ai ce qu'il te faut!" ("I got the stuff that you want!") dans The Queen of The Night, parée de son armure étincelante complètement délirante... C'est ce genre de trucs qui me vient à l'esprit avec ce morceau.

 

 

Swan Song

Il est probable que je ne révèle jamais à qui que ce soit de quoi il est réellement question dans ce morceau. Cette chanson me rend extrêmement triste. C'est une chanson d'adieu. Je me figure que c'est une berceuse, mais en réalité, c'est une chanson qui parle de la séparation. Ce morceau comporte certes un aspect plutôt hip hop, à l'instar de No To Love, mais du reste, il s'agit bien d'une chanson triste.

 

Sweet Talk

Il s'agit d'une chanson que j'ai écrite avec Julio Bashmore, comme je l'évoquais plus haut. Nous l'avons composée dans son minuscule studio de Bristol. C'était en plein été, nous venions de nous donner rendez-vous pour faire quelques expérimentations musicales sur un nouveau morceau, et comme nous étions sortis nous faire un curry géant, nous sommes rentrés au studio alors qu'il était déja dix heures du soir. Pourtant, je déteste travailler après cinq heures de l'après-midi, ce qui me plaît, c'est de faire un petit 9h-17h classique! Ca me donne l'impression d'avoir un vrai travail, donc quand je me mets à composer, je bosse vraiment dur jusqu'à cinq heures du soir. Mais finalement, nous sommes donc rentrés à 22h, et nous avons alors décidé de nous mettre à écrire un morceau. J'étais plutôt fière de moi, je me suis vraiment sentie être une artiste: "et si nous écrivions une chanson, juste comme ça?". Ce morceau fut l'un des plus intuitifs à composer. Bashmore a commencé par produire un rythme carrément swingant, les accords sont venus naturellement, vraiment, tout le processus s'est fait de manière spontanée et fluide, ce qui est très satisfaisant personnellement. Je voulais que ce morceau soit avant tout léger, mais je voulais aussi qu'il donne l'impression qu'on pourrait l'écouter sur un yacht. Au moment de l'écriture, j'avais Indecent Proposal en tête. Je pensais aussi à Sade, auquel je voulais qu'il ressemble un peu. La raison pour laquelle je voulais qu'il comporte cette tonalité légère, c'est parce que tout le reste de l'album est si pesant, lourd de tristesse et de mélancolie. Je suis donc vraiment contente du résultat. Ce morceau est l'un de mes préférés sur l'album. Et puis on y entend cette espèce de guitare totalement outrancière, à la Status Quo; ainsi, on ne prend pas ce titre trop au sérieux. Par la suite, cette piste aura en outre permis d'ouvrir la voie à Running, un morceau qui, comme je le précisais, tient plus ou moins lieu de deuxième partie de Sweet Talk. En définitive, cette chanson-ci parle de flirt, un truc qui ne te fait pas du bien mais dont tu redemandes néanmoins.

 

 

110%

Ce morceau est le premier que j'ai écrit avec Julio Bashmore, et pour être honnête, je dois dire qu'il m'était particulièrement pénible d'écrire à ce moment-là. J'étais en train de perdre mes moyens, je bloquais sur ma feuille, on venait de passer quatre, cinq heures dans le studio, je ne lui avais toujours pas montré mon bloc-notes, alors j'ai écrit un SMS à mon manager pour lui dire que je voulais rentrer chez moi, que je n'y arrivais pas et que j'avais la trouille; il m'a simplement répondu "tu ne bouges pas du studio, alors ferme-là". Certes, j'adorais Bashmore, mais il s'agissait-là non seulement de notre toute première expérience de travail en commun, mais aussi de notre toute première rencontre un peu approfondie tout court. Et comme on ne sait jamais exactement si on va vraiment travailler avec tel ou tel parolier, et qu'en plus, j'étais alors loin d'être sûre de moi, je me débrouillais toujours pour prétexter un chat dans la gorge et m'enfuir comme une voleuse juste après! Sur ce coup-ci, Bashmore m'a proposé une instru absolument magnifique qui me faisait beaucoup penser à Millionaire, de Kelis avec André 3000. C'est venu très vite, mais en même temps, je ne sais pas... on feuilletait son book hip hop, plongés dans ce genre de situations gênantes où rien ne marche même en mettant vraiment du coeur à l'ouvrage. Je n'arrivais tout simplement pas à me décoincer. Quoi qu'il en soit, on était en train d'examiner cette galerie de portraits de grands du hip hop: y figuraient Tupac, Biggie Smalls, il y avait même Big Pun, assis sur son trône dans son infâme tenue intégrale en PVC. Hé bien, cette photo, c'était le meilleur portrait du bouquin. Il était juste assis... comme ça, tout posé. Je suis alors partie d'un constat, celui que de toutes façons, j'acceptais le fait que je n'arriverais pas à écrire sur le moment une chanson me concernant, puisque Julio ne me connaissait pas vraiment. Non vraiment, je n'aurais pas été en mesure de parler de moi; en revanche, pourquoi ne pas écrire un chanson qui réussirait à faire danser Big Pun? Une chanson pleine de bonnasses hip hop qui inviteraient Big Pun à se bouger et qui finiraient par le faire descendre de son trône. Bon, j'avoue, c'était vraiment mon tout dernier recours, j'ai dû déployer l'énergie du désespoir! Alors j'ai pensé à tout ce qui constituait l'imagerie MTV. J'ai écrit ce morceau, et la seule chose dont il parle, c'est de quelqu'un qui essaye de faire danser quelqu'un d'autre en usant de tous les stratagèmes. J'ai écrit ce morceau, et ça a fonctionné. J'avais l'impression d'écrire un morceau dance de pop française. Ma mère adore cette chanson parce qu'elle dit toujours qu'elle lui fait penser à de la disco française des années 70, et cette idée me plaît. J'y apprécie la rugosité du beat, ainsi que le sample qu'on a mis dedans - car oui, nous avons samplé Big Pun, mais avec cette voix vraiment douce. Et puis en fait, cette chanson est assez décalée. Le middle 8 n'en est pas vraiment un, il comporte seize mesures, simplement pour que nous puissions le jouer à fond. Cette piste est franchement bizarroïde. Elle est marrante, avec ce côté électro, je crois qu'il s'agissait juste d'une expérimentation ayant pour objet de tester jusqu'à quel point on pouvait pousser l'album vers de la dance électro. Je suis convaincue que ce morceau devait figurer sur l'album.

 

Taking in Water

Il n'était pas prévu que ce titre figure sur l'album. C'était une démo que nous avions oubliée, mais j'ai toujours senti qu'il fallait l'y inclure. C'est une chanson qui parle de mon petit frère, qui était alors en train de traverser une période assez difficile en ne se trouvant pas forcément dans le meilleur des endroits. D'autre part, j'ai toujours été dure avec lui. Peut-être que c'est le lot de beaucoup de frères et soeurs, je n'en sais rien - d'ailleurs, ma soeur est dure avec moi, moi je suis dure avec lui (je suis au milieu, il est le benjamin). Nous nous aimons pourtant tous très fort. Nous sommes tous très proches dans la famille, moi, ma mère, mon frère et ma soeur. Mais je n'ai jamais vraiment eu l'occasion d'avoir une vraie bonne conversation avec lui. J'ai été vraiment méchante envers lui. A ce moment-là, il traversait cette période si dure, et je n'ai même pas pu en discuter avec lui. Je m'en suis confiée à Kid Harpoon et nous avons composé ce morceau ensemble. Je suis vraiment très heureuse qu'il figure sur l'album, et j'adore le jouer en live. C'est l'un de ces morceaux où je me laisse quasiment à chaque fois submerger par mes émotions. Quand je le joue en live, je manque éclater en sanglots. Cette chanson me touche énormément, j'y livre mes émotions brutes. Et puis je suis si fière de mon petit frère. Je suis fière d'y souligner à quel point il est exceptionnel. C'est un titre qui passe vraiment bien en live, et ça, ça me tient particulièrement à coeur.

 

Something Inside

J'ai écrit à ce tout jeune et très brillant producteur nommé Slime, sur lequel je suis tombée par hasard sur internet. A l'époque, je vivais avec ma copine Sarah, et elle m'a dit: "tiens, regarde ce type qui s'appelle Slime, il y a une vidéo de sa chanson Gals sur Youtube". Elle a ajouté: "il est vraiment mignon, en plus". La chanson qu'elle m'a fait écouter était excellente. Et elle a conclu par: "j'ai trouvé quel est son véritable nom, et j'ai aussi trouvé son adresse". C'était en train de devenir un truc de stalker. Il se trouve qu'il vivait à Brixton à deux pas de chez nous! Nous l'avons déniché sur Facebook, et je l'ai contacté pour lui dire tout-à-trac: “Salut Will. Je m'appelle Jessie, j'habite juste à côté de chez toi et j'adore ta musique. J'aimerais beaucoup te rencontrer. Ce serait sympa si tu passais prendre un thé à la maison." Je voulais la jouer à l'ancienne, de la manière dont je m'imagine que procédaient les écrivains dans les années 40 avant l'invention de l'email - je voulais lui écrire une lettre en bonne et due forme, genre. Il a répondu que c'était cool, et que oui, il passerait prendre le thé. Sarah et moi avons donc fait du thé. Il est passé. Je pense qu'il était complètement défoncé. Il était vraiment très jeune. De toute évidence, il s'était renseigné sur moi, et il n'arrêtait pas de me dire qu'il aimait beaucoup ce que je faisais. Il est arrivé avec des boucles qu'il avait composées, avec des sons de clarinette et tout un tas de trucs, une musique magnifique, vraiment. Nous nous sommes alors mis à écrire cette chanson en compagnie de mon amie Laura Dockerill. Nous nous sommes rendus dans la résidence étudiante où il vivait, dans une studette qu'il avait tenté de ranger un minimum (grâce lui en soit rendue), mais qui n'était néanmoins rien d'autre qu'un énorme foutoir. Et bon, ben on s'est assis sur son lit dans cette résidence dégueu, et on a composé la chanson dans sa chambre. C'était une journée totalement embrumée. Au départ, cette chanson s'intitulait Pocahontas, nommée ainsi dans un élan d'amour que je porte à Feist. J'ai le sentiment que cette chanson est parfait pour conclure l'album, parce qu'à l'instar de Devotion, elle est fortement onirique et elle vous emmène vers un ailleurs, un ailleurs dans lequel on pénètre pour la première fois par Devotion, justement. J'adore ça! Je suis tellement contente d'avoir pu stalker ce type pour arriver à obtenir ce morceau. Et puis ce garçon est tellement talentueux, je suis vraiment heureuse de conclure ainsi l'album.

 

++ Le premier album de Jessie Ware, Devotion, est sorti sur PMR Records. Disponible depuis le 20 août 2012.

 

Traduction: Scae.