Tout avait pourtant bien commencé.

Et puis, il y eut Charlotte Gainsbourg. Pour une raison mystérieuse, nous étions parmi les deux seuls médias autorisés à l'interviewer (à condition de ne pas filmer ni prendre de photos), le deuxième étant Ouest France (un peu comme si on vous annonçait : "Leonardo DiCaprio ne donnera que deux interviews, l'une à CNN et l'autre à Pêche À La Mouche En Lozère Hebdo"). Jusqu'à la dernière minute, une petite voix rassurante dans nos têtes a persisté à nous faire croire que notre idée — à savoir : proposer à Charlotte de prendre le relais de Watson, l'otarie extra-lucide du zoo d'Amnéville momentanément incapable de prédire les scores des matches pour cause de période de rut, et de nous faire un petit prono en vidéo pour la finale — était bonne. Devant la détresse de l'artiste, nous déclenchons le plan B. Voici donc ce que nous avons demandé à Charlotte Gainsbourg : 

Si vous étiez un fruit, seriez-vous un mâle ou une femelle ?
Quelle est votre réaction quand on ne vous reconnait pas dans la rue ?
Si vous étiez un bulletin de vote référendaire, seriez-vous un oui ou un non ?
Si vous étiez une chanson de Youssou N’Dour, pourquoi seriez-vous « Seven Seconds » ?
Quels personnages historiques méprisez-vous le plus, en faisant semblant d’en connaître ?

Au fil des questions, notre pauvre victime se recroqueville de plus en plus dans le canapé jusqu'à ne faire qu'un avec l'accoudoir en balbutiant des monosyllabes, tandis que nous nous cramponnons à nos téléphones, prêtes à composer le 112 pour secourir cette frêle chose en panique. Nous nous séparons après un petit point Godwin et décidons de nous tourner vers l'alcool puis vers Petit Biscuit.

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Petit biscuit (suggestion de présentation)

Là encore, c'est un échec de magnitude 5 sur l'échelle de Vald, puisque, très rapidement après l'interview, nous recevons un coup de fil du manager de Petit Biscuit nous informant que ce dernier "ne se trouve pas bien" dans la vidéo et ne souhaite pas qu'elle soit publiée. Ce n'est que le début d'un long chapelet de cacas nerveux en forme de variations sur le thème du contrôle maladif de l'image. On cherchait le YOLO, on a trouvé la CNIL.

Heureusement, quand plus rien ne va, il reste toujours le bingo. 

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Et puis, le vent a fini par tourner, et après 8h de recherches, nous avons enfin trouvé un artiste qui accepte de se faire filmer sans que son manager ne prenne nos empreintes digitales. Merci Boris.

Bilan de cette journée : bulots top, ambiance globale sur site +++, chill au rendez-vous, live de Jack White PREMIUM (chacun de ses riffs a irrémédiablement scarifié nos tympans, c'est dire), gaudriole avec les artistes proche de zéro mais on lâche rien mamène.

Jour 2, tout va mieux :

VRAIMENT mieux 😍😍😍 :

Pour Carpenter Brut, on était un peu crispées :

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Et puis grâce à un astucieux stratagème développé main dans la main avec l'artiste et les nouvelles technologies, tout s'est passé à merveille :

Bilan de cette journée : tout est une question de vibe, et comme disait Renaud c'est pas l'homme qui prend le YOLO, c'est le YOLO qui prend l'homme. En ce jour 2, Julien Clerc aidant, la vibe était bonne, The Offspring a tout défouraillé comme on disait à l'époque où Dexter Holland ne ressemblait pas encore à Régine, et on s'est même surprises à éprouver quelque chose comme de la tendresse pour Eddy de Pretto. Mais où s'arrêtera le bon esprit ??

Jour 3, paroxysme du chill, c'est dimanche, il fait doux, les oiseaux pépient, les enfants et les personnes en situation de handicap gambadent et/ou roulent dans l'herbe, on est bien. Tout le monde est tellement détendu que nous parvenons sans problème à caser Oscar & the Wolf, 2,90m au garrot, dans un mini-transat en pliant tous ses membres en deux. Il se prête à notre interro surprise "Loup ou Cornet de frites?" à 10mn de son concert, ce qui est quand même très sympa, on ne sait pas si on aurait fait pareil à sa place.

Quelque part au loin chantent les Breeders tandis que nous emmenons notre conscience professionnelle faire un tour de bateau sur le canal plutôt que d'assister aux concerts. Heureusement, nous revenons à temps pour le live de Bigflo & Oli qui n'ont pas lésiné sur les moyens puisque sur scène il y a non seulement des canons à fumée et une construction de type maison de ville qui vaudrait bien dans les 220 000€ si on était à L'hay-Les-Roses, mais aussi un champion de France de beatbox ainsi que le père des frangins infernaux en personne, une trompette et toutes sortes d'autres gadgets divertissants.

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Comme on peut le voir sur cette story, la fatigue commence à se faire sentir ; il est temps pour nous de ramasser toutes nos coquilles de bulots vides et de rentrer à la capitale avec des objectifs encore plus dingo pour l'année prochaine : être dans une relation stable avec Robert Been, soûler nos confrères de la presse régionale au calva pour en faire des stories et, bien sûr, améliorer la qualité de nos calembours.

++ Marion Girard et Marie Klock, vos envoyées spéciales en direct des plages du Débarquement.