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Ouvrez n’importe quelle page de Damn Son Where Did You Find This?, et vous trouverez des guns, des boobs et du gore. Ce livre de Tobias Hansson et Michael Thorsby documente une décennie de l’histoire du rap (de 2002 à 2012) où les designers des covers des mixtapes de hip-hop n’avaient aucune limite. C’était l’époque de l’explosion de rappeurs aux lyrics explicites comme Lil Wayne, Rick Ross et Young Jeezy. La culture underground des mixtapes a toujours existé en marge des sorties mainstream, et ces artistes se sont souvent fait connaître en sortant localement des cassettes au ton particulièrement libre. On y trouvait des sons plus durs, plus rugueux, où s’exprimaient les aspects les plus dark de la société américaine (dope, prostitution, violence, tout ça tout ça).

Et les artworks étaient à l’image de la musique. Les designers s’autorisaient les montages photoshop les plus délirants et les plus trashs : parodies de posters de films, commentaires politiques, ou encore représentations imagées des clashes entre musiciens (du style Eminem qui prend Mariah Carey en levrette). Ce côté tape à l’oeil avait aussi une fonction pragmatique. A cette époque, les CDs remplaçaient les K7 et des plateformes de mixtapes en ligne comme DatPiff apparaissaient. Cette sous-culture était en plein boom, et les graphistes devaient mettre les bouchées double pour attirer les paires d’yeux des mélomanes. Aujourd’hui, les mixtapes ne sont pas mortes - des artistes prolifiques comme Gucci Mane continuent à en produire -, mais elles ont été un peu absorbées par le mainstream. Des artistes signés sur des majors sortent leurs propres versions de la chose - soit des objets promotionnels plus conventionnels, avec des graphismes plus sobres. Rendons hommage à cette forme d'art (presque) disparue.rapmixtape2

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