Ça se binge : Rabbits
Twin Peaks, on ne va pas se mentir, n’est pas seulement une excellente série, complexe, profonde, esthétique et avant-gardiste. C’est aussi exactement le genre de projet télévisuel apte à séduire les étudiants compliqués, les lecteurs et lectrices de Houellebecq et les amateurs de rock bruitiste. Pourtant, Twin Peaks ne pèse pas grand-chose (en termes d’ambiances angoissantes, mystérieuses et paranoïaques) face à Rabbits, l’autre série de David Lynch, visiblement peu soucieux du potentiel séducteur de ses œuvres – là, on tient quand même un objet visuel capable de rameuter autant de monde qu’un bar à chicha à Béziers... On s’explique ! Ou plutôt, non, on laisse le synopsis s’en charger : «Dans une ville sans nom, sous le déluge d’une pluie sans fin, trois lapins vivent dans un mystère effrayant». Et ce ne sont pas les seuls : tout au long de ces huit courts épisodes, produits en 2002 mais désormais disponibles sur YouTube, ce sont bien les spectateurs qui ne savent pas où se mettre face à tous ces dialogues absurdes, ces rires pré-enregistrés qui surgissent aléatoirement, ces longs silences inquiétants et ces (très) longs plans que l'on imagine volontairement angoissants. Concrètement, on ne sait toujours pas ce qui a pu motiver Scott Coffey, Laura Elena Harring, Naomi Watts et Rebekah del Rio (l'interprète du magnifique Llorando dans Mulholland Drive), ni ce qui nous pousse à binge-watcher les épisodes de Rabbits. Tout ce que l’on peut dire, c’est que l’on n’a pas été déçu des dizaines de minutes passées devant l’œuvre de David Lynch, décidément l’un des rares réalisateurs à qui l'on est prêt à tout pardonner (et admirer), même ses projets les plus mystiques. 

Le tribute parfait pour les addicts aux séries :
Forcément, il est l’œuvre de Brain, et dédié à la femme à bûche dans Twin Peaks (David Lynch, encore lui !) et est à retrouver ici.

La série qu’on aimerait spoiler : Kidding
Michel Gondry et Jim Carrey n'avaient plus collaboré ensemble depuis Eternal Sunshine of the Spotless Mind en 2004 – qui faisait lui-même suite au court-métrage Pecan Pie, avec Eric & Ramzy au casting. Grâce à Showtime, qui produit Kidding, l'acteur américain et le réalisateur français sont donc à nouveau réunis, le temps d'une comédie «magnétique, volcanique et émotionnelle» en dix épisodes de trente minutes. L'histoire ? Celle de Jeff, un comédien admiré par les plus jeunes grâce à son personnage de «Mr. Pickles», mais terriblement tourmenté dans la vie privée.

OSEF : la deuxième saison de Glow
On avait fondé beaucoup d'espoir sur cette série Netflix, mais on n'a pas été pleinement convaincu par la première saison. Et ce, en dépit de la présence de l’impeccable Alison Brie (Community, Mad Men) et de ses velléités féministes. La deuxième saison ne rattrape pas la mise et paraît toujours aussi plate et convenue malgré un trailer (tout en paillettes, en brushing XXL et en hommage à Flashdance) apte à déformer le pantalon des adolescent(e)s et tout un tas de scènes qui amènent une vraie réflexion sur la place des femmes dans la société du spectacle depuis les années 1980. Dommage.

La couverture qui dit tout et qu’on aurait aimé avoir en France : 
Et elle est l’œuvre d’Entertainment Weekly, qui a réuni tout le casting de Breaking Bad pour les dix ans de la série.

Breaking-Bad-Les-acteurs-reunis-pour-les-10-ans-de-la-serie-!_news_full

Le prequel qui fait le buzz : Westeros
Pas besoin d’attendre la fin de Game Of Thrones pour d’ores et déjà savoir que l’on aura le droit à pléthore de prequels ou de spin-offs de la poule aux œufs d’or de HBO. La chaîne américaine l’a d’ailleurs annoncé début juin : un prequel, toujours sous l'œil bienveillant (et vieillissant) de George R. R. Martin, sur l'histoire de Westeros est dans les tuyaux pour 2020. Il remontera «à des milliers d'années avant les événements de Game of Thrones» et racontera «la chute du monde, de l'Age des Héros vers ses heures les plus sombres. Et une seule chose est certaine : des secrets terrifiants de l'histoire de Westeros, à l'origine des Marcheurs Blancs, en passant par les mystères de l'Est et l'histoire des Stark légendaires... ce n'est pas l'histoire que vous pensiez connaître».

L’instant drama : Unsolved
Vous vous souvenez des films Notorious et All Eyez On Me, les biopics consacrés à Biggie et 2Pac ? Deux gros navets, on est d’accord ? Eh bien, accrochez-vous, Unsolved (Classé sans suite en VF), basé sur le livre Murder Rap: The Untold Story of Biggie Smalls & Tupac Shakur Murder Investigations de Greg Kading et censé éclairer les zones d'ombres des assassinats successifs des deux légendes du rap US, ne parvient pas à relever le niveau. Les dix épisodes, qui mettent en scène deux détectives de L.A. incarnés par Josh Duhamel (Las Vegas, Transformers) et Jimmi Simpson (House of Cards, Westworld), ne sont bien évidemment pas aussi ennuyeux que la lecture de l’annuaire en Basse-Normandie, mais ils n’ont pas la puissance narrative d’American Crime Story et sont avant tout sauvés par une BO impeccable – en même temps, c’était facile avec des artistes de cette trempe-là.

La photo qui fait trembler les geeks :
Ou comment l'ami, le bras droit ou le compagnon (chacun ses fantasmes, à en croire les différents mèmes qui traînent sur le web) de Batman devient, sous les traits de Brenton Thwaites (vu dans le cinquième volet de Pirates des Caraïbes), le héros de Titans, une série prévue pour fin 2018 et produite par DC Universe. De quoi faire saliver les fans, en attendant également la série animée Harley Quinn pour 2019.

1441455Le livre du mois : Springfield Confidential
L'Américain Mike Reiss n'est pas aussi connu que Matt Groening, mais il a lui aussi contribué à faire des Simpson ce qu'ils sont depuis 1990. En clair, il est l'un des scénaristes de la plus célèbre des séries d'animation américaine et, dans son livre Springfield Confidential, il en profite pour dévoiler des anecdotes quant à l'origine des noms des personnages.

Ainsi, on apprend que le Dr. Julius Hibbert est «à la base une femme nommée Julia, amie de l'auteur Jay Kogen. Plus tard, elle est devenue célèbre sous son nom de jeune fille, Julia Sweeney, pour avoir créé le personnage Pat de l'émission américaine Saturday Night Live» ; que Seymour Skinner doit son nom «au psychologue et penseur américain Burrhus Frederic Skinner, cible de rumeurs selon lesquelles il aurait utilisé ses enfants comme des rats de laboratoire pour vérifier ses théories» ; que Hans Moleman (Taupeman en VF) a été appelé ainsi en référence à l’homme-taupe, le personnage de Marvel ; que Moe est inspiré d'un gorille et que le chef Clancy Wiggum est inspiré d'un cochon : «Le fait que le chef de la police ressemble à un porc et parle comme un gangster est notre conception d'une habile satire sociale. En plus, Wiggum réussit à être plus stupide et plus gros que Homer Simpson. Voilà pourquoi ça m'inquiète quand des policiers me disent : “Tu dois avoir des flics dans ton équipe tellement le chef Wiggum est fidèle à la réalité”.»

Le reboot du mois : Daria
MTV ne va pas très bien et, pour s'en sortir, la chaîne américaine mise sur la nostalgie et le revival 90’s. Après Yo! MTV Raps, c’est à Daria, quinze ans après son arrêt, de faire son retour sous le nom Daria & Jodie. C'est Grace Edwards (Unbreakable Kimmy Schmidt) à l'écriture, et on compte sur elle pour conserver le côté outcast et nerd de ce personnage culte des années 1990. On parle quand même ici de l'une des premières séries d'animation à parler d'égalité homme-femme, de harcèlement scolaire, de solitude, de dépression et d'inadéquation avec la société, comme dans cet épisode où Daria, en plein dialogue avec sa conseillère d'orientation au lycée de Lawndale, révèle qu’elle ne souhaite «pas se réveiller à 40 ans en réalisant [qu’elle] a perdu son temps avec un job [qu’elle] détestait».

Logo_Daria

La guest star ultime : Jessica Alba
Si vous êtes nostalgiques des années 1990-2000, de vos premiers émois télévisuels devant Dark Angel et de vos premiers fantasmes de super-flics-qui-osent-les-blagues-même-quand-ils-ont-un-flingue-sur-la-tempe, réjouissez-vous : Jessica Alba a rejoint le casting de Bad Boys, adaptation en série de la franchise culte avec Will Smith et Martin Lawrence. Elle sera pour l'occasion la partenaire de Gabrielle Union, qui jouait la petite sœur de Marcus dans le deuxième volet de la saga sorti en 2003. Voilà, rien à ajouter, sinon que l’industrie est vraiment en manque d’idées neuves ces dernières années. On tient pour preuve l’attitude de NBC qui, après avoir vu le pilote, a refusé de produire la série, finalement sauvée des meubles par la société canadienne Bell Media, qui a racheté les droits pour en diffuser les treize épisodes sur l'un de ses canaux premium. Ça promet…

Hugh Dane, l’éternel second
Les fidèles lecteurs de Brain savent à quel point on respecte et admire The Office ici, pour sa vision du monde du travail comme pour ses multiples répliques cultes ou ses scénaristes à la carrière folle. On ne pouvait donc que rendre hommage à Hugh Dane (Hank dans la série), décédé à 75 ans en mai dernier. Et pas seulement pour son (petit) rôle plus ou moins récurrent dans The Office, ni pour son célèbre blues dans le hangar de Dunder Mifflin, mais bien parce que l’acteur, qui a commencé sa carrière dans un jeu vidéo en 1989 (It Came From The Desert), a longtemps été un visage connu dans diverses séries américaines : Le Prince de Bel Air, Friends, Monk, Tout le monde déteste Chris, À la Maison Blanche, ou encore Curb Your Enthusiasm et Wet Hot American Summer: First Day of Camp, toutes ces séries lui ont un jour donné sa chance et lui ont permis de construire sa légende. Celle d’«un mec formidable», comme disait de lui Steve Carrell. 

 L’interview du mois : Kirsten Dunst
«Ce que j'ai ressenti après Fargo, c'est qu'il y a de plus en plus de gens qui regardent la télévision en ce moment. Les projets sont de meilleure qualité avec de meilleurs rôles pour les femmes.» C'est très court, c'est très simple, mais ça dit en partie pourquoi Kirsten Dunst fait son retour sur le petit écran avec On Becoming a God in Central Florida, une série produite par YouTube (de plus en plus actif dans l’univers sériel depuis le succès de Cobra Kai ou Impulse, le spin-off du film Jumper) et au sein de laquelle l'actrice américaine incarnera Krystal Gill, une employée sous-payée dans un parc aquatique qui rêve de gérer une multinationale.

Le son du mois 
Ramin Djawadi aurait pu rester éternellement l'assistant d'Hans Zimmer, et ça aurait été déjà très bien. Mais le compositeur a d'autres ambitions : ces dernières années, on l'a donc vu s'émanciper et composer les thèmes principaux de Westworld et Game Of Thrones. Jamais à court d'idées, l'Américain a même repris le générique de cette dernière avec le piano en carton du Nintendo Labo. Ça ne fera pas trembler les amateurs de musique classique, mais c’est assez ludique pour intriguer.

La photo qui rend nostalgique 
Une love-story tellement plus classe et passionnante que celle de Ross et Rachel.  
dbc85c73f016f85396dee29d5bbada77