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Les errements de Kanye West sont là pour nous alerter : il est temps de se pencher sur la santé mentale des artistes. La mort d'Avicii a montré au grand public la vie difficile de certains Djs, fantômes perdus entre clubs, hôtels et aéroports. Côté hip-hop, avec l'émergence de l'emo-trap (RIP Lil Peep), les MC butés au Percocet ou au sirop à la codéine et le succès de Lil Xan, soit petit Xanax (à quand Lil Lexo et le Prozac Gang ?), ça ne sent pas non plus la chenille qui redémarre. Heureusement, on se dit que la pop sera toujours là pour nous tapoter amicalement dans le dos et nous remonter le moral avec ses airs calibrés pour nous faire dodeliner de la tête. Que nenni, le diagnostic vient de tomber, elle aussi est tombée en dépression. Ce n'est pas nous, c'est la Science qui le dit.  sadpopDans un article publié aujourd'hui sur le site The Royal Society, on découvre que des chercheurs de l'Université de Californie à Irvine ont compilé 500.000 chansons qui se sont placées dans les charts anglais lors de la période 1985-2015 et ont cherché les corrélations entre leur succès et leur "humeur".  Le résultat est sans appel : si les morceaux qui marchent sont de plus en plus dansants, ils sont aussi de plus en plus tristes.  Drôle d'époque où le must esthétique est de chialer sur le dancefloor. On est d'accord, cette expérience comporte des biais : tout dépend de ce qu'on appelle pop et, surtout, qui peut décider de l'humeur d'un morceau alors que tout est une question d'interprétation ? Néanmoins, lorsque les chercheurs ont comparé les succès de 85, Glory Days de Bruce Springsteen et Freedom de  Wham! à Stay With Me de Sam Smith sorti en 2014, ils n'ont pu que constater que l'ambiance est beaucoup moins festive. Mais qui diable écoute Sam Smith à part la perfide Albion nous direz-vous ? Touché, mais ne venez pas nous dire que Jamie XX, Beach House, Bon Iver, Chet Faker, Lana Del Rey ou Adele, c'est la Compagnie Créole. Peu probable donc que le phénomène se cantonne au Royaume-Uni, toute la pop occidentale semble touchée. Et la tendance n'est a priori pas près de s'arrêter puisque les chercheurs ont remarqué que le nombre de chansons tristes augmente chaque année. Niveau lyrics, ça donne plus de références à la solitude et de moins en moins à des émotions positives. Se pourrait-il que Vincent Delerm soit un pionnier, un génie incompris ? Mille excuses, la mélancolie nous égare. Pour consulter cette fameuse étude, c'est par , et bon courage à tous.