titanicVous faites peut-être partie de ceux qui pensent qu’il restait suffisamment de place sur la planche.  Que l’amour indéfectible que se portent Jack et Rose est un peu intense pour un plan cul de moins d’une semaine (rappelons qu’il s’est écoulé seulement 5 jours entre l’embarquement des passagers et le naufrage du navire). Qu’on ne balance pas un diamant de 56 carats dans l’océan sous prétexte qu’on a dansé une fois la gigue avec Leonardo DiCaprio. Bref, que le couple phare du film de James Cameron avait en réalité autant d’avenir qu’un premier rencard Bumble. Alors c’est le moment de faire connaissance avec Isidor et Ida Straus.
ida-and-isidor-strausVous vous souvenez peut-être de cette scène lorsque le paquebot, réputé insubmersible, finit tout de même par prendre l’eau. Deux petits vieux dans un lit se préparent à boire la tasse, enlacés. Et bien ce sont eux les vrais amants tragiques du film. Ce couple d’Américains d’origine allemande était en effet si fusionnel qu’ils ont choisi de mourir comme ils ont vécu : collés l’un à l’autre. Là, normalement, vous vous dites que la codépendance affective a tout de même ses limites, mais la version rapportée par les rescapés du naufrage a de quoi vous faire ravaler votre cynisme. Isidor, co-propriétaire de la chaîne de magasins Macy’s et père de six enfants, aurait en effet refusé de monter dans le canot de sauvetage, et ce malgré l’insistance d’un des officiers (qui faisait passer en priorité les passagers de première classe), tant qu’il restait des femmes et des enfants à bord. Il aurait ensuite offert sa place à la domestique de sa femme, Ellen Bird, arguant qu’il ne valait  « pas mieux qu’un autre » (chialade). Son épouse Ida, qui avait elle aussi un sens du sacrifice et de la formule hypertrophiés, aurait alors déclaré :  « Nous avons vécu ensemble pendant de nombreuses années. Où que tu ailles, je te suivrais. » (re-chialade) Après quoi elle aurait donné son manteau de fourrure à sa femme de chambre et rejoint son mari sur le pont du paquebot où ils auraient attendu, sur des transats, d’être engloutis par les flots (longs sanglots étouffés accompagnés de convulsions).