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Solitude, glory hole, scatophilie… Les animateurs du téléphone rose recueillent les confidences et les fantasmes d’inconnus à longueur de journée. Phil Toledano a photographié ces travailleurs du sexe dans leur intimité et a recueilli leur témoignage, afin de montrer la réalité derrière les projections sexy - car bizarrement, il n’y a pas que des bonnasses en string comme dans la photo ci-dessus au bout du fil. Les résultats de cette enquête édifiante ont été publiés sur The Guardian, en voici quelques extraits :

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“Pour mon correspondant, au moment où je réponds, je suis une Barbie inanimée. Ils ne savent pas à quoi je ressemble ni qui je suis. Ils peuvent seulement l’imaginer. Mon boulot consiste à assouvir leurs fantasmes, à le convaincre que je ne suis pas une poupée - je suis leur rêve devenu réalité. S’ils me demandent si je suis blonde, je deviens blonde. Je réponds au moindre de leur souffle, je les encourage, j’insuffle de la vie et de la chair à leur fantasme.”

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“J’ai soixante ans, j’ai une licence en anthropologie culturelle de la Colombia University, et je suis mariée depuis 25 ans. Les hommes m’appellent pour une tonne de raisons différentes. Bien sûr, ils veulent se masturber. C’est ce que j’appelle ‘un soulagement expéditif du stress’. Ce n’est pas du sexe, c’est un cocktail de testostérone, d’addiction à la pornographie, de solitude et de besoin d’entendre une voix de femme. Je fais deux fois plus d’argent que quand je travaillais dans la finance d’entreprise. Je travaille depuis mon domicile, et l’argent est transféré quotidiennement sur mon compte bancaire.” 

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“Un de mes appels les plus mémorables était aussi l’un des plus grossiers. C’était avec un scato. La plupart du temps je refuse de parler de merde, mais cette nuit je me sentais d’humeur coquine. Il m’a demandé si je pouvais ‘me lâcher’ alors qu’on était au téléphone. Il voulait entendre tout entendre : l’étron qui tombe, les pets… Alors que je lui décrivais la consistance de la chose, je lui ai dit qu’il y avait morceau d’asperge que je n’avais pas mâché dedans. Tout naturellement, je lui ai demandé de le manger. Il a immédiatement perdu son érection.”

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“J’ai fait mon premier shift un samedi à minuit. C’était un Monsieur qui s’appelait Bob. Il m’a raconté sa première expérience avec un glory hole. Il m’a expliqué qu’il ne l’avait dit à personne mis à part moi parce que ça le mettait mal à l’aise. J’ai senti une sorte d’intimité étrange entre nous, même s’il s’agissait en réalité d’un fantasme. Je pense que c’est beaucoup plus simple d’exprimer des désirs refoulés à un personnage fictif, qui ne te jugera pas.” 

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“J’ai commencé le téléphone rose parce que je me suis dit : ‘Pourquoi ne pas être payée pour dire des trucs salaces plutôt que de le faire gratuitement ?’ Cela m’a donné énormément confiance en moi de savoir que des hommes regardaient mes photos et voulaient me parler.”

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Certains clients aiment entendre ta bite frapper le téléphone. En général, je simule cette action en le tapent avec deux doigts. Attention : si tu en utilises un seul, ta bite a l’air molle... Beaucoup de gens aiment aussi t'entendre pisser. Mon métier m’amuse beaucoup. Je partage un peu de moi avec des gens qui n’ont pas ce qu’ils veulent à la maison. Ca m’excite toujours. Mais je dois avouer que je me suis tellement habitué à le faire que je peux cuisiner, jouer aux cartes ou même conduire pendant que je satisfais quelqu’un.

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“J’ai naturellement une voix aiguë, je suis immature et soumise. J’utilise un ton de voix particulier quand je prétends être excitée sexuellement. Imagine une écolière catholique en train de se faire dépuceler par son prof d'histoire. ‘Oh non Monsieur Johnson, c’est si gros ! Vous allez me faire mal !”