Tu peux nous dire quelle est l’histoire de la série ?
Jan Kounen :
L’histoire, c’est celle de deux personnages qui se rencontrent lorsqu’ils se font engager par The Show, le plus grand moteur de recherche mondial. Le personnage principal Maggie rentre dans The Show avec l’intention de le détruire. Ils ont un nouveau programme d’intelligence artificielle et elle pense que ce programme va asservir et détruire l’humanité. C’est donc l’aventure de ces personnages et la découverte des fonctionnements de cette société. Comme dans 99 Francs dans la pub, à travers cette histoire, on découvre l’univers d’un géant du net. Il y a une dimension pamphlétaire, c’est joyeusement noir et ça regorge d’informations sur ces grosses boîtes d’internet qui vendent un futur fait de liberté et d’éducation pour tous, mais dont les dirigeants se prennent pour des dieux et où la pression sur les employés est très forte.

On retrouve donc le même genre de personnages que dans 99 Francs : ceux qui veulent détruire le système de l’intérieur.
Si tu veux détourner l’avion, il faut être dedans. J’aime ces créatures qui critiquent le système dans lequel elles sont, en se mettant en danger pour le faire. Ça donne des ambiguïtés, comme avec Frédéric Beigbeder par exemple. J’adore cette critique : «Il a travaillé dans la pub et maintenant, il crache dans la soupe». Ben oui ! Justement, je trouve que c’est parfaitement sain. Il en faudrait plus. Comme un président qui serait élu et qui passerait en démocratie participative, qui détruirait le système qui l’a élu pour en avoir un meilleur parce qu’on a un système foireux du point de vue politique. La démocratie participative, c’est une évolution logique d’une démocratie, mais comme la démocratie et le pouvoir sont vérolés de partout, ça ne risque pas d’arriver. Ça pourrait venir de gens de l’intérieur. Et c’est pareil dans la médecine, les sciences, les arts, partout. Il faut qu’à l’intérieur, il y ait des gens qui prennent des risques. J’admire ceux qui, par conviction, se mettent en danger, en trahissant par exemple l’armée, parce qu’ils en révèlent les mauvais agissements, tous les leaks qui émergent... c’est encourageant et salutaire.

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Tu es un réalisateur politique, en fait.
Non, je ne suis pas quelqu’un de très politisé au fond, car je n’ai pas mis toute mon attention dedans. Mais quand j’ai fait mon film Vape Wave sur la cigarette électronique, j’ai vu à quel point le système était parasité. D’un côté, avec la cigarette, un fumeur sur deux mourra pour avoir fumé ; de l’autre, la cigarette électronique, ce ne sera pas plus dangereux que de boire du café - c’est peut-être pas idéal, faut pas boire trop de café, vaut mieux respirer de l’air, mais il y a une telle réduction des risques… Ça peut sauver cent millions de vies, un milliard à la fin du siècle. Mais tu vois, la pression des lobbys, Bruxelles, l’incohérence… Et tout le pognon derrière les lobbys, et tu te dis : «Ah oui d’accord, je comprends pourquoi l’agriculture ne marche pas, pourquoi l’énergie ne marche pas…». Il faudrait que les mecs questionnent leurs propres systèmes et sortent du système. Donc il faut des gens qui prennent des risques que ne prennent ni les sénateurs, ni les hommes politiques. Enfin certains. Donc j’aime ce genre de personnages, car il en faudrait plein dans la société. C’est nos héros modernes.

Tu as écrit la série tout seul ?
Non, je ne l’ai pas écrite, c’est Blackpills qui m’a proposé une série qui était écrite par Jay Fergusson, et l’ai trouvée top. Le ton était joyeusement barré, les personnages très stylisés. Quand on regarde 99 Francs, mes personnages sont aussi très stylisés. On ne fait pas dans le réalisme, mais ce n’est pas du cartoon non plus. Il y a cette énergie de personnages tous extrêmes dans leur genre, ou psychotiques, mais originaux à chaque fois. J’aimais cette idée qu’en regardant une heure et demie de cette série, on allait peut-être voir son téléphone un peu différemment, ou sa relation à Facebook ou d’autres réseaux sociaux. J’ai aimé cet aspect qui pointe les dysfonctionnements, les glissements. Dans la série, on pénètre les secrets de laboratoires de recherches, pour voir les tests qu’ils font pour notre futur, c’est de l’anticipation.

C’était différent de tourner cette série, par rapport à ton travail habituel au cinéma ?
Je n’ai pas l’habitude de tourner avec peu de moyens. Ça reste de la fiction et ça dure au total une heure et demie. Mais j’ai eu envie d’y aller parce que le sujet en valait la peine. Et j’aimais bien la possibilité - qui est spécifique aux mini-séries - d’être très libre sur le cast. J’ ai choisi mes acteurs juste pour le talent et l’adéquation avec le rôle, j’ai pris un acteur en Angleterre, une héroïne qui est Russe et vit à Berlin, un Américain. Nadja Bobyleva, Colin Bates et Philippe Desmeules portent des énergies nouvelles, ils sont vierges pour le public.

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Pas de tête d’affiche.
Pas de tête d’affiche. Il y a quelque chose de frais dans le fait de filmer dans cette configuration. On se retrouve un peu en train de tourner un court-métrage, mais dans une énergie joyeuse parce qu’on a beaucoup de liberté qu’on n’a pas forcément dans le long-métrage. Il y a de la créativité, et à la différence du court, les techniciens sont chevronnés, donc il y a une grande efficacité. J’avais une équipe en béton qui vient du long-métrage. Du coup, on n’avait pas les galères du court-métrage. Normalement, le même scénario, j’aurais dû le faire en dix semaines, et là je l’ai fait en trois. Alors, c’est sûr, on ne fait pas la même chose, mais la question intéressante, c’est comment faire cette scène que je ne peux pas faire comme je voudrais ? Comment faire qu’elle soit bien quand-même ? Ce sont les défis de mise en scène de ce type de projets. Ayant de la liberté, on peut trouver des solutions qui ont du style. On peut se dire que d’un coup, au lieu de faire une réunion avec quinze personnes, on va faire une réunion avec cinq iPads et deux personnes dans la pièce. La scène est plus étonnante et peut rentrer dans le plan de travail. On ne se serait pas posé la question avant de faire une scène avec plus de moyens. Et quand je vois la série, je me dis que sa forme vient aussi en partie de ces contraintes et des solutions trouvées.

Et la durée des épisodes a eu une influence ? Car ce sont des épisodes assez courts.
À la base, on avait imaginé huit épisodes de dix minutes. Mais au final, avec l’accord de Blackpills, qui m’a poussé dans cette direction, il y aura  des épisodes qui vont faire sept minutes et d’autres qui vont faire dix-huit. Il faut des climaxes, il faut donner envie de voir la suite. Mais entre cinq et dix minutes dans une histoire, il y a toujours un bon moment pour couper. Ceci dit, c’était déjà préparé - le scénariste avait déjà placé des temps forts. Maintenant, c’est vrai que la différence, c’est que si l'on rassemblait tous les épisodes pour n’en faire qu’un film d’une heure trente, ça serait assez rock, parce que le rythme serait beaucoup plus intense qu’un film classique. Quand on réalise un film, on dispose de plus de temps pour installer les personnages et l’intrigue. Par exemple, quand je regarde un film, je lui donne toujours vingt minutes (il frappe dans ses mains, ndlr) pour m’accrocher.

C’est déjà pas mal de nos jours.
Si au bout de vingt minutes, je me dis : «Bon … ça ne m’intéresse pas», je laisse tomber. Ou avec un scénario que je lis, au bout de vingt pages, si je n’ai pas la curiosité de lire la suite, je laisse tomber. Il ne s’agit pas de péripéties ou de scénario, pour un film ou un script ; j’ai simplement besoin d’avoir un intérêt, d’avoir envie de continuer encore dix minutes ou quinze minutes, voir ce qui est développé, des personnages, du mystère, un univers...

Tu n’as pas l’impression de trahir le cinéma en allant vers les séries digitales ?
Je préfère faire des films pour le cinéma et que des gens aillent dans une grande salle pour voir un film. Mais je n’ai pas envie de faire un film qui ne m’intéresse pas, d’enfoncer des portes ouvertes. Le cinéma va mal. On est dans une période de transition. Il y a eu une crise un peu violente après 2008 dont ont souffert les distributeurs, et du coup, si tu regardes le cinéma d’aujourd’hui, à part quelques auteurs qui s’en sortent, la créativité n’est plus dans le cinéma, hélas.

Pour des raisons structurelles ?
Oui, il y a un modèle qui est en train de vaciller. Qui seront les studios du futur ? Est-ce que Apple ne va pas remplacer Warner dans dix ans ? Est-ce que Blackpills ne sera pas TF1 ? Tu as Katzenberg qui a déclaré, en première page de Variety, avec plein de téléphones autour de lui : «Le futur, c’est ça». Les séries de dix minutes. Il y a un espace pour ce type de série  comme il y avait un espace pour Netflix quand ça a été créé, ou pour Amazon. La technologie crée un nouvel espace de consommation de la fiction. Naturellement, la création s’adapte a ce nouvel espace. Qu’est-ce qui va se passer dans le futur ? On verra ! Mais si certains long-métrages n’ont pu se faire que grâce à Netflix, tant mieux ! Car les histoires en valent le coup. Après, qu’ils ne veuillent pas passer les films au cinéma, oui, ça m’énerve aussi en tant que  cinéaste.

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On est en train de perdre quelque chose, non ?
Le cinéma existera toujours, il y aura toujours des films pour le cinéma. Ce qu’il y a c’est que moi, je vais avant tout sur les sujets. Et je serai prêt à perdre une expérience de cinéma pour ça. L’arrivée de nouveaux acteurs, c’est juste la métabolisation d’un changement. Ce qui m’intéresse comme cinéaste, c’est de raconter des histoires, que ça ait du sens, que ce soit créatif... qu’on avance, quoi. Jusqu’à présent, j’ai réussi à faire des films pour le cinéma dont je suis fier parce qu’ils représentent quelque chose. Un jour peut-être, il arrivera que je me trouve embarqué dans un projet où je me dirai que je vais peut-être tirer mon épingle du jeu et que je n’y arriverai pas. Mais The Show fait partie des films dont je suis fier. Je serai content que les gens regardent cette série sur Blackpills comme je l’ai été quand les gens ont regardé mon documentaire Vape Wave, même si c’était une galère de le finir, une vraie usine à gaz, avec des trucages, de l’animation… C’est un film qui est utile pour d’autres raisons, de santé publique. Si j’arrive à convaincre un mec d’arrêter de fumer des clopes, de se mettre à la vape, parce que c’est funky et plus sûr en même temps, tout ça en le faisant rigoler, j’aurais réussi. J’ai vu les résultats du film et ça a très bien marché. J’ai fait ça parce que personne d’autre n’avait décidé de faire un film sur ce sujet et qu’il fallait qu’il en existe un. Pour The Show, j’aime son propos, le ton, l’univers... pour moi, c’était cohérent et logique de me lancer dans l’aventure.

Toi-même, tu as donc ressenti une certaine absence de liberté au cinéma ces dernières années ?
Oui, regarde : je n’ai pas fait de film depuis 2009. Ce que j’ai développé, finalement, ça n’a pas abouti, malgré des castings importants, parce qu’il y avait toujours un peu de frilosité du système. Je peux te dire une chose qui est claire. Aucun de mes films précédents, je ne les ferais dans le système aujourd’hui : Doberman, 99 Francs, Chanel et Stravinsky - ou alors au quart du prix. Mais ce ne seraient pas les mêmes films. Donc je dois m’adapter. M’adapter, ça veut dire quoi ? Faire des films qui m’intéressent, mais qui sont plus ouverts. Donc là, je travaille sur l’adaptation d’un conte pour le cinéma. Et en même temps, je vais là où l'on me propose des choses créatives. J’ai deux films en réalité virtuelle en production. Je pense que c’est un truc incroyable. C’est ultra-créatif, c’est vraiment de l’expérimental. Il faut inventer la technologie.

Tu regardes des séries ?
Je ne regardais pas les séries, ça m’emmerdait il y a des années. Je n’étais pas anti-séries, mais j’ai toujours refusé d’en faire. Et puis depuis cinq ou six ans, la créativité a basculé du monde du cinéma à la série et donc oui, j’en regarde.

Lesquelles t’ont marquées ?
Je suis un gros fan de Sense8.

Qui a été annulée.
Oui, mais ils vont faire un épisode de deux heures trente ou trois heures, tourné à Paris d’ailleurs. Parce qu’il y a eu quand même beaucoup de révolte après l’annonce de l’annulation. J’ai jamais cru que ça marcherait, la pétition, mais je fais partie de ceux qui l’on diffusée : «Ne nous laissez pas sur un climax comme ça ! Vous êtes des inconscients !». J’aime beaucoup les Wachowski «sisters» de toute façon, mais je trouve que cette série est vraiment réussie.

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Ça te parle.
Oui, ça me parle. Dans les derniers mois, il y a aussi American Gods, qui est sorti sur Amazon et que je trouve barré. Et bien sûr :  Game of Thrones, The OA, La Servante écarlate, Westworld, Black Mirror, Travelers, Altered CarbonSon of God sur Blackpills, je trouve ça très bien. J’avais un projet à un moment qui était l’adaptation de Qumran, d’Éliette Abécassis, sur ce milieu de religieux mystiques, avec des meurtres. Donc, il y avait une thématique proche et j’ai trouvé ça très réussi en série digitale. Il y a aussi Skinford, que j’ai trouvée complètement barrée, sur Blackpills. The Surrogate, je n’ai vu que le premier épisode, mais c’est magnifiquement mis en scène, d’autant plus que je sais quelles sont les contraintes. Mais sinon, je navigue pas mal entre Amazon, Netflix et OCS. J’aime le travail sur le temps et les personnages que propose une série, je les regarde comme des films mais je les télécharge aussi sur mon iPad pro et je les regarde quand je voyage. Quand tu as dix heures de vol ou cinq heures de train, c’est parfait. J’ai comme ça en chantier trois ou quatre séries, et je choisis en fonction de mon humeur.  Il y a une relation que je trouve intéressante dans la série, c’est la durée. Ce n’est pas mon cas avec The Show, je fais une heure et demie, c’est plutôt la durée d’un long-métrage. Mais j’aime cette idée d’avoir neuf ou dix heures. Sur Amazon, il y a une série qui s’appelle Bosh, qui n’est pas forcément le genre de truc qui me plaît vraiment. Mais au bout de trois saisons, j’ai l’impression de connaître le mec. C’est ma série de repos. Quand je n’ai pas de livre, que je suis un peu fatigué, je suis les aventures de ce flic à Los Angeles.

Tranquille.
Oui, mais finalement, j’en arrive à être dans la troisième saison ! Mais je ne la regarde pas de la même manière . Il y a des séries que j’attends, que je veux voir pour leur créativité, leurs univers ou leur mise en scène. Et les autres.

T’as vu des séries comme Mr Robot ou Silicon Valley ?
J’ai vu trois épisodes de Mr Robot, c’est vraiment bien. Silicon Valley, j’en ai entendu parler, mais je ne l’ai pas vue. En fait, sur The Show tout est allé très vite, du coup je n’ai pas eu le temps de regarder les séries connexes - entre le moment où j’ai reçu le scénario de The Show et le moment où l'on a tourné, le seul truc que je suis allé voir en courant, c’est The Circle, parce que c’est un peu la même histoire.  Mais dans le ton et la forme, c’était radicalement l’opposé The Show.

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Et tu as fait des recherches au-delà du scénario, sur la Silicon Valley ? Son fonctionnement, sa culture, ses objectifs… ?
J’ai beaucoup discuté avec le scénariste. Entre son scénario et ce qui est tourné, il y a un travail que nous avons fait ensemble.  Dans ce travail-là, on s’est échangés des documents, je m’y suis plongé… Mais lorsque j’ai dit : «Ce scénario m’intéresse !», deux mois et demi plus tard, j’étais en train de tourner. Donc ça a été très vite. Ce n’est pas comme Blueberry, où j’ai mis sept ans à faire le film. Où je  me suis dit : «Bon, je vais traiter de ce sujet donc je vais voyager, je vais rencontrer les guérisseurs, je vais passer six mois avec eux. Quand j’aurai compris ce que c’était, je vais retourner écrire».

L’expérience de la prise de drogue, on la retrouve dans beaucoup de tes films. Dans cette série aussi ?
Non, là tu retrouves plutôt la disponibilité des drogues. Mais bon, dans le film, il y a des pétages de plombs dûs aux substances ingurgitées par les protagonistes, le sujet fait partie du projet, donc j’ai tourné ça et c’est cohérent.

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Il y a des drogues liées à l’activité de ce milieu ?
Oui, c’était dans le scénario. Je n’ai rien ajouté concernant les drogues. J’avais aussi un peu ça dans 99 FrancsMoi, je suis très réactionnaire, on pourrait dire, autour de la drogue. Je pense que les drogues te font perdre conscience, qu’elle te possèdent, que prendre une drogue est tout sauf anodin, fun, et ne doit pas être pris a la légère ; du coup, je ne prends absolument rien. À part de la caféine et un peu de nicotine dans ma cigarette électronique, mais ni alcool, ni rien. Mais dans le monde de ce que nous considérons comme des drogues, il y a les plantes psychoactives - et pour moi ce ne sont pas des «drogues», ce sont des outils pour, au contraire, être plus conscient. Ces plantes, je vais les prendre avec les indigènes au sein d’un rituel en Amazonie.  Pour moi, comme pour les indigènes, ce sont des «médecines». Avec ces plantes, tu vas avoir une expérience intérieure de découverte de toi, ou tu vas aller au fond de tes peurs… Ce n’est pas un truc qui va te faire sentir plus fort. (Il montre son téléphone qui vibre, ndlr) Ça, c’est de la drogue.

Les applications sont conçues aujourd’hui pour qu’on passe un maximum de temps dessus.
Exactement. Quand je mets le mot drogue sur ma série, ça renvoie aussi à notre addiction aux réseaux sociaux dont la puissance est phénoménale…

Tu ne trouves pas que c’est paradoxal de réaliser cette série pour Blackpills ?
Effectivement, c’est méta. Parce que cette série est commandée par quelqu’un qui sera peut-être un jour aussi puissant que Netflix. C’est possible. Moi-même je suis paradoxal, je suis passionné de technologie qui relie et asservie aussi sans doute. Et Blackpills fait partie de tout ça. Et dans la série, il y a une dimension méta, une mise en abyme -  je ne vais pas spoiler mais il y a des moment où l’on s’adresse à celui qui tient son téléphone pour regarder la série, les personnages l’interpellent, et je suis curieux de savoir ce que ça va provoquer.

++ The Show de Jan Kounen est disponible sur Blackpills.