dike

Certes, il ne se la pétait pas pas en go-go-gadgeto-fauteuil et n'avait fait aucune découverte révolutionnaire dans le domaine de la gravité quantique, mais est-ce une raison pour ignorer son décès ? Cofondateur du label Delicious Vinyl avec Mike Ross en 1987, Matt Dike venait d'une famille de témoins de Jéhovah où le hard rock, infamie tout droit sortie de l'anus d'Azazel, était strictement banni du foyer, ce qui, en toute logique, engendra chez Matt et son grand frère Lane une fascination inextinguible pour les gros riffs de guitare. Le petit Matt n'a que 12 ans quand, lors d'un concert de Mott the Hoople à New York, il grimpe sur scène et se voit offrir en main propre le médiator du guitariste Ariel Bender, qu'il gardera ensuite comme un gri-gri au fond de sa poche pendant de nombreuses années. Au cours des années 80, il a beau accumuler les disques de soul, de funk et de hip-hop, ses premières amours refont surface quand il se lance dans la production et parsème de samples de riffs électriques les morceaux des rappeurs avec lesquels il travaille. Wild Thing et Funky Loc Medina de Tone Loc, c'est lui, les samples sur Paul's Boutique des Beastie Boys, c'est aussi lui. Il avait quitté le label en 1992 pour se retirer dans son manoir d'Echo Park, s'éloignant complètement de la vie publique, probablement à l'abri du besoin grâce à ses petites royalties. Il vient de décéder à l'âge de 55 ans, à l'issue d'une "courte maladie".

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