witch

Aussi puissant d'un point de vue esthétique sur votre étagère que le premier album de Suicide, et tout aussi malsain jusqu'à la nausée, mais plus confidentiel, donc plus susceptible de persuader ce mélomane sulfureux pécho la nuit dernière que vous êtes digne d'une relation sérieuse : The Witch Trials. Sorti dans le secret le plus total en 1981 sur l'éminent label punk californien Subterranean Records, l'EP rassemble quatre parcelles d'une soirée récréative passée à improviser dans l'appartement londonien de Morgan Fisher, le claviériste de Mott the Hoople (qui, ici, est à la basse). Les autres petits garnements en présence : Christian Lunch et Adrian Borland de The Sound, et au micro, l'affreux Jello Biaffra des Dead Kennedys et sa logorrhée fantomatique. De la boucle obnubilante, de la distorsion, des grincements de kazoo, et des thématiques joyeuses telles que les mutations génétiques, les aliments en conserve, le viol, l'Agent Orange, les déchets industriels... Biaffra déclare fièrement : "C'est l'album le plus maléfique auquel il m'ait été donné de participer". Un petit bijou putride de 20mn à écouter prostré en attendant la mort. Et une radieuse journée à toutes et à tous !

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