Tu as grandi dans le Rio des années 50. Raconte-nous comment tu en es venu à la musique.
Eumir Deodato : Mon père était dans le bâtiment, il faisait des structures pour les buildings. Ça construisait beaucoup à l'époque, le pays se modernisait. Sauf qu’il n’était pas très doué pour calculer les coûts. Et puis, il baissait trop les prix. Ce qui fait qu'il perdait pas mal d’argent. Il est mort bêtement d’un accident, écrasé par un bus. Donc ma mère et moi, on a dû se débrouiller. Ce n'était pas évident. J’ai commencé la musique à douze ans, en 1954. J’ai appris grâce à des livres. Je ne suis allé à aucune école, je n’ai pris aucun cours. J’ai lu des manuels de solfège, une vieille méthode italienne. Donc j’ai surtout commencé par là et en écoutant beaucoup de musique classique. Puis, je me suis mis à l’accordéon. À ce moment-là, c’était très populaire dans le monde entier comme instrument, tout particulièrement au Brésil. Et puis, surtout, c’est ce qu’il y avait de moins cher.

Et tu connais Yvette Horner ?
Qui ?

Une star française de l’accordéon avec une boule afro rouge.
Haha, non. Pourtant, je suis allé au lycée français de Rio, j’ai appris le français, mais ça ne me dit rien. L’accordéon, ça n’a eu qu’un temps. Tout a changé quand ma mère m’a offert un piano. Là, j’ai commencé à étudier à fond. J’achetais des tas de partitions. La première, c’était le Clair de Lune de Debussy. C’était mon compositeur préféré à l’époque, avec Maurice Ravel. Ça c’est de la bonne musique française ! Et puis ma maman a aussi acheté un poste de radio, très vieux, mais ça me suffisait. J’écoutais tout ce qui passait. Je n’avais aucune technique. J’ai eu une prof pendant une seule journée. Elle voulait me faire étudier la Marche des petits soldats de plomb, alors que moi, je voulais qu’elle m’aide à apprendre le Clair de Lune. J’étais têtu à l’époque. Après ça, je n’y suis plus retourné. Une voisine qui commençait le piano avec cette prof avait entendu mon problème et a essayé de m’aider. J’ai progressé au niveau technique, renforcé mes mains. Alors je me suis dit que j’allais jouer avec des groupes et faire des arrangements. J’ai commencé à diriger de petits orchestres.

D'ailleurs, tu n'avais que 17 ans lorsque tu as dirigé pour la première fois un orchestre. Tu étais impressionné ? 
Un orchestre de 28 musiciens, quand même ! Non, je ne pense jamais de cette manière - c’était un défi. Ça m’aurait pris cinq ans d’aller dans une école de musique, d’avoir mon diplôme et de le montrer pour afficher ma légitimité. J’ai plutôt décidé d’écouter la radio. J’ai joué avec des petits groupes de bossa nova, on a joué dans un spectacle au lycée. C’était le moment où la bossa décollait au Brésil, c’était incroyable.

À cette époque, la bossa nova était une révolution culturelle au Brésil. Comment c'était de faire partie de ce mouvement ?
C’était une période créative mais il faut quand même relativiser. Il y avait déjà plein de bonne musique au Brésil, notamment dans le jazz. Pour moi, le tournant se situe en 1967. Grâce à Carlos Jobim, je suis engagé pour faire l’arrangement de Garota de Ipanema, réalisé par Léon Hirszman, très connu à l'époque. Carlos a été bluffé que je réussisse à faire un arrangement original alors qu’il y avait déjà eu tant de versions. On est devenus des amis. Il a été tellement impressionné - j’étais jeune - qu’il m’a emmené en Californie. Il m’a fait rencontrer Frank Sinatra. J’avais 25 ans, j’étais un peu nerveux, tu penses ! C’était un homme qui choisissait ses arrangeurs avec un très grand soin. Comme Gordon Jenkins et Neal Hefti. J’ai été surpris car il connaissait mon travail. C’était un projet énorme : il y avait des cordes, des cuivres, des flutes, mon Fender Rhodes... On passait toutes les trois heures à chercher mes arrangements. Un truc de dingue. Je me souviens que Frank a  galéré sur un titre ; pour l'aider, on a posé une couverture dans le piano, un grand Steinway, et on a mis un micro directement relié à son casque. Je lui jouais la mélodie rien que pour lui. Sa fille Nancy a écrit un bouquin où elle écrit que je l’avais épaté et qu’il pensait régulièrement à moi et mon travail. Je ne me rendais pas compte, j’ai été très heureux de savoir ! Sinatra, c’est Sinatra. Un mec très drôle, à l’aise. Pourtant, je peux te le dire, ce n’est pas évident pour des artistes de cette stature de continuer à être sympa. Ce qui m’a impressionné, c’est qu’il ne revenait jamais en arrière, il ne ré-enregistrait pas. Un vrai puriste. En revanche, il était très soucieux de savoir combien de dollars il avait fait sur le marché américain dans l’année. Moi, ça me passait au-dessus de la tête, ce genre de choses.  

En 1968, tu quittes le Brésil. Pour fuir la dictature ?
Non, pas du tout. C’est ce que disaient les mecs du mouvement Tropicalia pour trouver de nouveaux marchés à leur musique. Je suis parti pour New-York parce que j'allais travailler pour le label CTI grâce à Creed Taylor. J’ai adoré l’Amérique mais ça a changé drastiquement. Surtout les dix dernières années. Et quand un peuple n’a pas confiance dans son président, c’est un sérieux problème. Mais bon, je reste parce que la plupart des autres endroits ont l’air encore pires ! Le truc, c’est qu’ils ont construit leur modèle sur l’argent, il faut montrer qu’on en a. Sauf que ce n’est pas accessible à tous, il y a trop de gens. Donc il y a ceux qui deviennent des experts en investissement et d’autres qui jouent leur dernier dollar à la loterie. Et puis la corruption est rampante. Mais bon, je m’emballe, je ne suis pas un commentateur politique - mon domaine, c’est la musique. Concentrons-nous là-dessus.

Donc tu arrives à New-York et en intégrant CTI, tu rencontres des grands noms du  jazz...
Oui, et je les ai connus de près. Stanley Clarke vivait à Manhattan, juste la porte à côté de mon appart’ sur Amsterdam Avenue. Il s’entraînait toute la journée, et quand la porte était ouverte, je pouvais l’entendre. C’est là que j’ai découvert à quel point il était bon. Je suis allé chercher ses disques, ses cassettes, et ça m’a mis une claque. Je l'ai invité sur mon premier album. J’ai pu côtoyer Chick Corea et Keith Jarrett. De grands pianistes, très techniques. Je ne pouvais pas les copier, j’ai une toute autre approche. Là où j’ai vraiment appris, c’était au Brésil. Quand je commençais à savoir jouer du piano, j’ai travaillé pour des nightclubs. Il y avait ce club, Au bon gourmet : on te programmait pour un show pour une semaine, et si c’était bon, tu étais reconduit pour la semaine suivante et ainsi de suite. J’ai joué avec Jobim et Maysa Matarazzo, une formidable chanteuse de São Paulo. Il y a quelques années, j’ai découvert au Japon un enregistrement rare où je l’accompagnais - je ne me rappelais pas que je pouvais jouer aussi bien !

Tu es considéré comme le parrain du jazz-funk. Ça te plaît comme étiquette ? 
Le parrain, je ne sais pas, mais je faisais ce qu’on appelle du style fusion, parce que j’empruntais au rock pour le jeu de guitare, il y avait la touche jazz avec le Fender Rhodes, et j'avais aussi des inspirations classiques. J’ai fait mon premier disque solo en 73 et ça a influencé Herbie Hancock. Lorsqu’il a fait notre première partie avec son nouveau groupe à Détroit, j’ai remarqué : «Tiens, tu as mis de la guitare électrique, c'est nouveau ?». Il m’a regardé avec un air malicieux et on a ri. C’est un mec tellement drôle, on ne se voit presque plus mais à chaque fois, c’est un grand moment.

Avec Kool & the Gang, Juicy ou Dazz Band, tu t'es réinventé comme producteur de disco-funk à succès. Est-ce que tu allais dans les clubs pour écouter ce que les gens voulaient entendre, ce sur quoi ils dansaient ?
Je suis toujours ouvert aux nouveaux défis, alors j'ai accepté de rencontrer Kool & the Gang. Ils étaient déjà célèbres pour la meilleure chanson qu’ils aient jamais faite à mon sens, Open Sesame, qui était dans Saturday Night Fever. On était tous passionnés de jazz, on se respectait mutuellement, on se comprenait. Ça a donné une collaboration de dix ans et quatre albums : Ladies Night (1979), Celebration (1980), Something Special (1981) et As one (1982). Mais ça aurait pu mal commencer... Le gars de la maison de disques m’avait engagé pour un double album et puis s’est ravisé et m’a demandé de rendre une partie de l’argent. Le mec était fou ! Le groupe et moi, par contre, on est toujours restés en bons termes. Le batteur George Brown, surtout, qui est un très bon ami à moi. Et il faut reconnaître qu’ils ont eu une influence énorme dans l’histoire de la musique. On l’oublie trop souvent, mais même James Brown était impressionné par leurs titres. C'est comme ça que je me suis mis à produire des choses plus dansantes. Mais ce qui est drôle, c'est que ce n’est pas au moment de ma collaboration avec Kool & the Gang que j’ai le plus arpenté les clubs. C’était bien avant, au début des années 70, pour mon premier album. À cette époque, au Brésil, on entendait pas mal de musique française très groovy, un peu lente, qui ressemblait aux rythmes typiques brésiliens. On appelle ça de la library music parfois, je crois. En fait, ce sont les Français qui ont inventé le disco, pas les Américains. Donc la french touch, c’était un retour logique à votre histoire, quelque part.

En 1974, ta musique se retrouve sur la B.O. de L'Exorciste. Comment ça s'est passé ? Surtout qu'on ne s'attend pas à ce qu'un morceau jazz illustre un film d'horreur.
Ça s’est fait malgré moi, cette affaire. Ma musique arrive dans le film à un moment plutôt «spécial». Celui où la mère donne une fête et que la gamine possédée descend, pisse sur un tapis et défie tout le monde du regard. Là, on entend mon morceau Carly & Carole. Ils ont aussi utilisé September 13 en fond sonore. Sauf qu’ils avaient «oublié» de me demander la permission ! Quels étourdis alors ! (Rires) Mon avocat les a appelés pour leur dire de l’enlever, mais bon, puisque le film a été un carton, on a laissé couler... Je suis allé le voir et je ne suis pas sûr que j’aurais donné mon autorisation pour une scène où une gamine pisse debout. J’étais très étonné en découvrant les images. C’est une utilisation de ta musique à laquelle tu ne peux pas être prêt ! (Rires) Le film est super, sinon. Heureusement, j’ai eu des expériences bien plus positives en collaborant avec des cinéastes. Par exemple en faisant les arrangements de la B.O. de The Adventurers grâce à Jobim. On était à Londres et j’ai pu bosser avec l’équipe seconde de l’orchestre symphonique de Londres. Le film était réalisé par Lewis Gilbert. Tous les deux, on s’est adoré. On se retrouvait vers King Street pour manger un boudin blanc, prendre une pinte et regarder les gens marcher. En revanche, Jobim traînait à finir les six ou sept morceaux qu’il devait écrire, et Lewis Gilbert m’a supplié de les terminer. Court-circuiter un autre artiste comme ça, je ne pouvais pas le faire... Sinon, le tout premier arrangement pour film que j’ai réalisé, c’était pour Luiz Bonfa, un guitariste génial. On a travaillé ensemble pour The Gentle Rain

Tu es aussi devenu connu pour ton morceau Also Sprach Zarathoustra, qui reprend le thème de Richard Strauss utilisé dans 2001, l’Odyssée de l’espace.
Oui, c’était une jam qui figurait sur mon album Prélude, sorti en 1973. Ça a été un grand succès ! J'ai été n°2 aux US et j'ai remporté un Grammy pour la meilleure performance instrumentale. Ce morceau de Strauss est resté dans la mémoire à cause du plan iconique sur la planète Terre dans le film de Kubrick. Pour les gens, c’est devenu «le morceau de 2001», et ils ont zappé que c’était une référence à Nietzsche. Moi, la philosophie zoroastrienne m’intéressait.  D’ailleurs, j’ai pu jouer en Azerbaïdjan, le pays d’où vient Zarathoustra. Je me souviens, j’étais à Istanbul et on m’a demandé de venir jouer à Bakou pour une réunion annuelle de banquiers. Je me suis dit que c’était l’occasion d’en profiter pour voir sa terre natale. On s’est retrouvés, mes deux musiciens et moi, avec tous ces types en costumes complètement fous, surexcités et ivres morts qui repartaient en conduisant du mauvais côté de la route. Ils se foutaient des règles parce qu’ils pouvaient se le permettre.

Dans les années 90, tu continues à marquer la pop puisque tu travailles avec Björk.
J'ai collaboré avec elle sur Post (1995), Telegram (1996) et Homogenic (1997). Je l’admire énormément. Elle est douée, professionnelle et perfectionniste. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois à Londres quand j'enregistrais des arrangements pour elle dans un studio du nom de Angel Studios, situé dans une ancienne chapelle. Un lieu incroyable. Mais nous avions eu de nombreuses conversations auparavant par téléphone, concernant le matériel et le style d'arrangements qu'elle voulait. Quand elle a entendu mes arrangements pour Isobel, elle a dit «That’s brilliant !» avec son accent islandais. Elle a même décidé d'intégrer un "Deodato mix"  d'Isobel à l'album Telegram. Il a eu son petit succès dans les clubs. Ma relation avec Björk était basée sur un profond respect mutuel qui a duré longtemps, bien après ma dernière collaboration avec elle sur l'album HomogenicNous nous voyons encore de temps en temps. Je pense que c'est l'artiste avec qui j'ai préféré travailler.

Par la suite, tu as beaucoup été samplé par des artistes hip-hop. Ta musique a servi de base pour des titres de Snoop Dogg, Biggie, 2 Pac, Common, Dilated People, Lupe Fiasco ou J Dilla. Qu'est-ce que ça t'a fait ?
J’en suis plutôt fier, c’est incroyable que ma musique ait pu traverser le temps pour toucher ces gars et leur servir de matériel pour créer quelque chose. Mais il faut déclarer les samples, hein ! Je dirais que j’ai fait un peu moins de 500 disques et il y a eu beaucoup de pressages illégaux. Pas mal de plagiats aussi, où je sens qu’on cherche à me copier. Ça m’est arrivé plein de fois que les gens viennent vers moi et me disent : «J’ai entendu l'un de tes arrangements mais il sonne très bizarre»... Parfois, on me faisait travailler sur un truc, on reproduisait à peu près mon travail et on m’éjectait du tableau. Ou alors, il y a ceux qui faisaient des edits où ils ne me citaient pas. Je devais parfois me lancer dans des poursuites judiciaires en embauchant des spécialistes très chers. Parfois, ils te prennent 5.000 ou 6.000 $ juste pour commencer à travailler sur l'affaire.  Donc tu comprends que parfois, j’abandonne. Je pourrais avoir beaucoup d’argent, mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas dans ma nature de récupérer l’argent... Je ne suis pas un énorme dépensier mais j’ai du mal à contrôler mes intérêts et garder ce que j’ai. L'argent, ça m’inspire du dégoût.

 Arrangeur, producteur, musicien... Dans lequel de ces rôles es-tu le plus à l'aise ?
J’aime jouer parce que c’est le moyen de revoir mes amis. Mais mon rôle de prédilection, c’est arrangeur. Mon truc, c’est que dès que j’entends une chanson, j’ai des idées qui me viennent pour broder autour. Évidemment, si je ne trouve rien de décent, je ne le fais pas. Et producteur, ça ne me tente plus vraiment. L’industrie a changé, il y a moins de travail et moins d’options créatives.

Tu es allé en studio avec de nombreux artistes français. Comment ça se fait ?
J'ai travaillé avec Berry - avec Clémentine aussi, avec qui j’ai fait un album et une tournée au Japon. J'ai collaboré avec Christophe. Est-il encore chanteur ? Comme il était un peu fou, est-il au moins encore en vie ?

Euh... Aux dernières nouvelles, Christophe est encore parmi nous.
Il est incroyable ! Je n’ai jamais vu un truc pareil. Je le respecte car il refuse de faire quoi que ce soit de conventionnel. J’ai dirigé pour ce disque un orchestre de huits violonistes et on a joué à l’Olympia un soir ou deux. C’étaient de beaux concerts. Ah, et j’ai aussi bossé avec un jeune sur un double album. Comment il s’appelait déjà ? (Il demande à sa femme, ndlr) Damien Saez ! Et puis j’ai aussi travaillé avec ce chanteur arménien qui est si populaire chez vous, Charles…

Aznavour ?
Oui. J’ai travaillé avec Charles Aznavour en 2011. J'ai arrangé Ce printemps-là, L’instinct du chasseur et Viens m’emporter. C'est une légende ! Mais ce qui fait mon lien particulier avec la France, c'est que pour moi, le meilleur arrangeur de tous les temps, c’est Michel Legrand. Je me souviens l’avoir vu au cinéma, on diffusait les news en noir et blanc. C’était son mariage. Il était déjà connu à travers le monde. C’est grâce à lui que j’ai suivi cette voie, j’ai voulu comme lui être respecté de tous. C’est ma plus grande influence quand j’écris pour les cordes. Il faisait des fêtes au Brésil ! Une fois, j’ai été à un dîner à l’ambassade française au Brésil, et Henry Mancini et lui étaient là. Il était de l’autre côté de la table. Je n’ai pas osé lui parler. J’aime la France, tu sais. J’ai étudié votre langue, même si j’ai presque tout perdu... J’ai vraiment des souvenirs joyeux de Paris, des moments de liberté alors que depuis les attentats, l'atmosphère n'est plus la même.

Et comment as-tu rencontré L'Impératrice ?
On ne s'est pas rencontré - je ne pouvais pas venir à Paris. J'ai été contacté par Renaud Letang. On m'a envoyé leur musique, ça m'a plu. Ils ont un grand sens du beat. Leur son m'a ramené à ces années disco, mais avec une production moderne. J'ai tout de suite eu plein d'idées. Plutôt que de leur faire un énorme arrangement, j'ai fait des segments qu'ils ont dispatchés ensuite sur la musique. Quand j'ai entendu le résultat, j'ai adoré. Je suis sûr qu'ils vont casser la baraque. De toute façon, je te l'ai dit, les Français sont les rois du disco !

Quels sont tes futurs projets ?
Je vais jouer en Argentine bientôt. Mais ça va devenir compliqué de travailler comme avant - ça me fatigue de prendre l’avion pour un enregistrement. En 2016, j'ai fait des arrangements pour Keren Ann et on a tourné au Royaume-Uni. C’était dur, j’étais super fatigué.

Et est-ce qu'il y a des artistes actuels avec lesquels tu aimerais entrer en studio ?
J’aime bien Justin Bieber ! Mais ce n’est pas par son chant qu’il est bon, c’est par ses idées. Donc il n’a pas besoin d’un arrangeur comme moi.

Bon, de toute façon, je crois qu'il est à la retraite.
Ha… Avant moi. Qui l’aurait cru ! (Rires) Taylor Swift est une grande chanteuse aussi, une voix pure et claire. Ce serait simple de trouver des idées pour elle. Mais bon, je n’ai aucune envie d’avoir à appeler des managers de managers de managers... Ces mecs qui te filtrent au téléphone et qui t’empêchent d’accéder à l’artiste. Mais je peux faire une place dans mon agenda pour elle, si elle m’entend. 

++ La discographie complète d'Eumir Deodato est à retrouver sur Discogs. Quant au prochain album de L'Impératrice, Matahari, il sortira le 2 mars chez Microqlima.