Ghibli_bc35db_5479940Harvey Weinstein est un porc, ça commence à se savoir. Mais il avait aussi la réputation d'être un boucher. Spécialiste des coupes de bourrins pour formater les oeuvres pour le marché ricain, le producteur était la bête noire des réalisateurs quand il n'était pas un prédateur sexuel chassant les actrices. Dans le métier, on le surnommait même "Harvey Scissorhands" (Harvey aux Mains d'Argent) comme le rapporte le Telegraph. Bilan du massacre : vingt minutes à la poubelle pour Shaolin Soccer de Stephen Chow, une amputation d'une heure pour Gangs of New York de Scorcese, idem pour Cinema Paradiso de Tornatore. Décidemment peu familier du concept de consentement, il aurait maintes fois remonté des films à l'insu de leurs réalisateurs ou en les harcelant en leur promettant une campagne victorieuse aux Oscars. Toujours ce même mode opératoire.
Capture d’écran 2018-02-06 à 12.21.02Weinstein, Miyazaki & Neil Gaiman au New York Film Festival en 1999

Sauf qu'en 1997, Weinstein est tombé sur plus persuasif que lui  : Hayao Miyazaki. Cette année-là, Miramax obtient les droits d'exploitation de Princesse Mononoké. Il fait donc son numéro habituel au génie de l'animation. Mais Miyazaki  n'est pas du genre à laisser le contrôle de ses créations à qui que ce soit. Quelques années avant, le réalisateur japonais s'est frité avec Disney en refusant de leur céder des droits de merchandising. Dommage, le Happy Meal Nausicaä n'aura donc jamais vu le jour. Miyazaki raconte au Guardian : "Je suis allé à New-York pour rencontrer Harvey Weinstein, il m'a bombardé avec ses attaques pour que je raccourcisse le film". Après cette entrevue, Harvey Weinstein aurait reçu un sabre de samouraï avec le message "No Cuts". Mononoké sortira tel quel. S'il a démenti avoir envoyé lui-même la lame,  en donnant le crédit à son producteur Toshio Suzuki, Miyazaki a tout de même savouré dans un sourire : "Je l'ai battu.". Ippon.