thunderbolt

"C'est comme prendre la route pour un voyage extatique vers une autre planète, pleine d'êtres magiques, d'animaux et de plantes. C'est une expérience hallucinatoire, qui pourrait presque mener à un état de transe" ; vous ne pourrez pas dire qu'Ira Cohen ne vous avait pas prévenu. Et en matière de transe, l'homme sait de quoi il parle puisqu'il fait ses classes en gnaouas option haschich à Tanger dès le début des années 60. Tourné entièrement dans son loft new-yorkais baptisé fort à propos "the Mylar Chamber", rapport aux kilomètres de film réfléchissant dont il a retapissé les lieux, The Invasion of Thunderbolt Pagoda fête cette année ses 50 ans. Vingt-trois minutes de fumeurs d'opium grimés en serpents, pharaons, insectes et autres créatures fantasmagoriques difficilement identifiables, reflets chamarrés, jeux de miroirs, effets kaléidoscopiques, perles, démons, rats, loups, le tout sur une bande-son cérémonielle martelée par Angus MacLise, le tout premier batteur du Velvet Underground — pour l'instant, on n'a pas trouvé mieux pour se téléporter en 1968 à très peu de frais et ce sans aucune courbure de l'espace-temps ni violation de la conjecture de protection chronologique, ce qui est tout de même assez rassurant, vous en conviendrez.

Passez les huit premières minutes pas forcément nécessaires rajoutées en 2006, et rendez-vous à 8:28 pour le coup d'envoi du délire.

(Source)