Dimitri From Paris x Vincent Lagaf’


Sacrés Français ! En 1991, ils font de La Zoubida un disque de platine et le n°1 du Top 50. Dans la fabrication du plus grand hit de dance raciste, avec une imitation de l’accent arabe à faire passer Michel Leeb pour Rosa Parks et des lyrics sur un certain Moqtar qui vole un scooter, surprise totale, le très distingué Dimitri From Paris est impliqué. Oui, la chanson de Vincent Lagaf’, le G.O du Club Med, a été arrangée par le pilier de la house made in france. A l'époque, celui qui bosse alors pour NRJ est très demandé pour ses remixes. Le producteur du futur présentateur du Bigdil, Hervé Hubert, également responsable de La Simca 1000 des Chevaliers du Fiel et des spectacles de Sim (si un frisson vous parcourt le dos, c’est normal), déboule donc en Rolls-Royce, cigare au bec, pour le convaincre de s’occuper de parfaire son idée de génie : reprendre la mélodie d’une chanson de marins version électro pour parler de la vie à Barbès. Dimitri refuse. Lourd, le col blanc insiste et supplie. Le DJ capitule face au harceleur (#balancetonporc), tout en précisant que son nom ne doit en aucun cas apparaître. La relation avec Lagaf’ se fera à distance. Ce n’est que plus tard que Dimitri réclamera ses droits sur la chanson pour se payer un appart’ dans le XIème arrondissement de Paris. Simple réparation du préjudice moral.
Type de relation : Stalking
Chances de se revoir : Si et seulement si Lagaf'  signe chez Ed Banger

Sheila x Chic


Quand on pense à Sheila, on a en tête l'image de la tête à claque yéyé qui cause de surprises-parties avec ses couettes blondes ou celle de la pourvoyeuse de chansons d’amour rose bonbon avec son boyfriend à la coupe Playmobil, Ringo. Rien de très chic comparé au duo Bernard Edwards, qui composait les lignes de basses les plus funky du game, et Nile Rodgers, le virtuose de la Stratocaster. En 1979, Le Freak les propulse comme superstars du disco. Sheila, au même moment, veut prendre le train en marche. Elle recrute un backing band funk appelé B.Devotion. Sauf que la chanteuse la joue en soum-soum. Par peur d’effrayer son public, elle va cacher sa participation au projet. C’est vrai qu’objectivement les chansons qu’ils enregistrent ensemble sont plus propices à ambiancer les clubs gays qu’à finir sur la platine de la ménagère de moins de 50 ans. Lorsque Love Me Baby  et leur reprise de Singin' in the Rain connaissent un gros succès en Europe, elle sort enfin du placard et avoue tout. Contre toutes attentes, c'est donc Chic qui la repère et la contacte pour collaborer. Sentant le bon coup, elle file à New York. Avec Rodgers, ils s’inspirent du 2001 de Kubrick pour composer Spacer. Un hit qui relance Sheila, reliftée en madone cosmique emballée dans du papier d'alu, et donne un coup de pouce à Rodgers et Edwards : grâce à Spacer, Bowie et Blondie se presseront pour taffer avec eux, raison pour laquelle ils garderont toujours une tendresse particulière pour la Française. "J'ai été la première artiste blanche à m'intéresser à eux. Et ça, ils ne l'ont jamais oublié" s'est-elle vantée. Moralité : un date peut toujours en cacher un autre.
Type de relation : Tou-toute première fois
Chances de se revoir : Si Nile Rodgers participe à la tournée Age Tendre et Tête de Bois avec les Daft Punk

David Bowie x Goldie


Ziggy Stardust qui se met à la drum'n'bass, ça paraît aussi improbable que Dick Rivers mixant de la jungle en teknival. Cependant, c'est bien de ce côté que Bowie a cherché l'inspiration pour Earthling, son vingtième album. En 1998, plus obsédé par les breaks ultra-rapides que le doublé de Zidane, il est admiratif du travail de Goldie, champion du monde du genre. C’est Pete Tong, le fameux DJ de BBC Radio One, qui joue les entremetteurs en faisant passer le mot au doux raveur aux dents en or. Ils se retrouvent à Fortnum & Mason, grand magasin chic dans le centre de Londres, autour d'un thé, évidemment. Goldie est loin de sa zone de confort dans l'endroit guindé mais se laisse séduire par la proposition indécente de Bowie : ils décident d'enregistrer un titre à deux. Arrivé en studio, la zone de confort s’éloigne encore un peu plus : "On est allé en cabine et j'étais hyper nerveux parce que je n'avais jamais bossé avec un artiste de sa stature. En plus, je devais chanter devant lui. Je me sentais comme un con". Le résultat : Truth, track atmosphérique et profond, est une réussite. Comme quoi, pas nécessaire de paniquer quand on fait un date avec quelqu’un qui ne joue pas du tout dans la même ligue que soi.
Type de relation : Premier rencard fébrile
Chances de se revoir : Très minces et pourtant ces deux-là se retrouveront en 1999 dans le film de gangsters Everybody Loves Sunshine, inénarrable nanar

Eddy Murphy x Michael Jackson


On le sait peu mais le flic de Beverly Hills a toujours eu une double vie dans la musique. Et vous savez quoi ? Faire un album reggae ou enregistrer avec Rick James ne sont même pas ses plus hauts faits d'armes. Loin, loin devant se trouve son morceau avec le King of Pop, Whatzupwitu. Un match qui n'allait pas de soi puisque Murphy a été le premier à imiter MJ et à railler son côté babtou fragile dans ses sketches. Pas rancunier, en 1992, Michael l'invite dans le clip de Remember the Time où Eddie Murphy se retrouve dans un palace déguisé en pharaon avec Magic Johnson. Une bromance se lie pendant le tournage et c'est bien volontiers que la plus grande star de la planète accepte un an plus tard de dépanner son gars sûr pour son album qui doit sortir chez Motown (rien que ça). Plus que le titre en lui-même, c'est la vidéo du duo qui est devenue légendaire, classée troisième pire clip de tous les temps par MTV en 1999. Eddy y ressemble à un Freddie Mercury noir qui danse en marcel dans les nuages et agite sa montre en or au milieu de petits coeurs qui volent tandis que Michael se dandine au milieu des écoliers. Vraiment pas rancunier, MJ ne lui en voudra pas et ils resteront unis pour la vie. C'est beau. 
Type de relation : Match pour la vie
Chances de se revoir : Au Paradis, où il rejoueront Whatzupwitu avec Marvin Gaye et Coluche

Busta Rhymes x Ozzy Osbourne


Quand le prince noir du metal et le rappeur le plus rapide du monde se rencontrent, c'est la collision entre deux astéroïdes. Une explosion puissante qui arrache les tympans. Un truc plus badass que le coffret DVD avec tous les Expandables dedans. Tout commence lorsque le MC de Brooklyn sample le riff lourd de Iron Man de Black Sabbath pour son album Extinction Level Event en 1998. Mais plutôt que de se contenter de cet emprunt, il tient absolument à faire venir Ozzy Osbourne pour qu'il chante sur le refrain. Les deux stars passent donc le week-end en studio à Gotham. Ozzy est un peu déçu, s'attendant à un rencard avec un vrai bad boy comme lui : "Le monde du rap n'est vraiment pas très rock'n'roll. Mais bon, Busta a été très gentil." commente-t-il pour MTV. Busta, lui, a pris son pied à faire This Means War ! :  "Avec ce morceau, je retrouve ce que j'ai toujours cherché dans mes performances : la puissance, la domination". Un trip cuir-moustache en quelque sorte. Malheureusement, parfois, le plaisir n'est pas toujours réciproque.
Type de relation : BDSM
Chances de se revoir : Si Busta muscle son jeu, ce boloss, il pourra peut-être sortir de la friendzone

Bob Dylan x Kurtis Blow


En 1986, en pleines années coke et pognon, les temps sont durs pour les héros des seventies. Entre Reagan à la Maison Blanche et l’explosion de MTV, Robert Zimmerman se sent à côté de la plaque. Son aura décline méchamment. Kurtis Blow, lui, est le premier MC certifié disque d’or et a joué avec Bob Marley au Madison Square Garden devant plus de 20 000 personnes. Le hasard fait que Dylan embauche des choristes qui poussent aussi la voix pour le rappeur new yorkais. Histoire de ne pas lui faire à l'envers, Dylan propose une rencontre. Rendez-vous est donné dans l'immense villa de Malibu du roi des protest songs (cherchez l'erreur.) Grosse gêne, Blow arrive au rendez-vous avec un chaperon : son imposant garde du corps. Malgré tout, les deux artistes arrivent à briser la glace et Bob balance de sa voix nasillarde un quatrain qui sera l'intro de Street Rock. Kurtis, lui, fait écouter Ice-T, Public Enemy, N.W.A et Run-DMC au folkeux. Une révélation pour Dylan : "Ces gars battaient les tambours, déchiraient tout, poussaient des chevaux du haut des collines. C'étaient de vrais poètes qui savaient ce qui se passait". Une belle relation platonique
Type de relation : Soirée poésie au coin du feu
Chances de se revoir : En EHPAD maybe

Zaz x Quincy Jones


Zaz qui rencontre Quincy Jones, c’est un peu comme si Tryo jouait pour Miles Davis, Herbie Hancock plantait sa tente à Notre-Dame des Landes ou Stan Getz buvait des 8.6 devant un Franprix avec son berger allemand. On se demande encore comment le producteur de
Thriller, soit l’album le plus vendu de tous les temps, s’est retrouvé dans ce date pérave avec celle qui a co-écrit L’Aveyron, rap hardcore à la gloire de l’aligot et de la saucisse fumée. La faute à un rendez-vous arrangé par John Clayton, bassiste et arrangeur pour Diana Krall. Pas difficile, celui qu’on surnomme d’ailleurs Mr Q est séduit par, je cite, sa « voix blues » et accepte de produire Paris est toujours Paris en 2014, le troisième disque de la chanteuse. L’album fondateur du sarouel jazz.
Type de relation : Babysitting
Chances de se revoir : Jamais, au grand jamais. On demandera une interdiction d'approcher à moins de 4 km à un juge s'il le faut

Moby x Mylène Farmer


Entre ces deux-là, tout avait commencé comme dans une comédie romantique. Lui, DJ reconnu gaulé comme un vendeur d’un Apple Store, se ressource dans le café végétarien qu’il vient de monter à New York. Elle, gothique à la chevelure rousse flamboyante, s’assoit à sa table et lui parle de David Lynch. Malgré leurs différences, le courant passe instantanément. Elle revient souvent le voir, son goût du morbide l’attirant sans doute vers la carrure d’enfant anémié de l’Américain. Un jour, sur une affiche, Moby découvre que sa target n’est autre que la libertine la plus connue de France. C’est un peu Coup de foudre à Notting Hill, sans Hugh Grant, sans Julia Roberts, sans sexe non plus et donc sans grand intérêt. En 2006, elle pose sa voix sur Slipping Away (Crier la vie en français) et, en 2010, il compose plusieurs titres pour sa muse. Une association de malfaiteurs qui fait d’eux les Bonnie & Clyde de la dance sous Prozac
Type de relation : P.F.R (plan feat régulier)
Chances de se revoir : Plausible dès que le chauve arrêtera de fricoter avec la CIA

Jack White x Insane Clown Posse

D’un côté, vous avez le crew favori des white trash, une sorte de Kiss en jogging nylon et t-shirt XXXL. De l’autre, Jack White, le Edward aux mains d’argent indie, en partie responsable du retour du rock en 2003.  Ou quand les représentants désignés de la beauferie et l’ambassadeur hype du bon goût s’acoquinent. Les clowns n’en reviennent toujours pas d’avoir été appelés en 2011 par le leader des White Stripes. « Le musicien plus respecté du monde et le groupe le plus détesté du globe… On ne s’y attendait pas du tout » ont-ils déclaré au NME. Par delà les apparences, c’est leur amour de la scatologie qui les a réunis. Le résultat : l’hip-hopéra hard-rock Leck Mich Im Arsch, soit Lèche-moi le cul en teuton. Une (trop) libre interprétation de l’oeuvre de Mozart. Comme quoi, avoir le même humour, dans une rencontre, c’est important.
Type de relation : Farces et attrapes
Chances de se revoir : Possible, dans un camping près de Détroit, entourés de Juggalos à l'hygiène douteuse

Larusso x B-Real


Il y a des jours comme ça où l’on rentre penaud au petit matin, l’oeil hagard, la honte aux joues et une douleur inexplicable au bas du dos.  C’est probablement de cette façon que B-Real, le MC en chef de Cypress Hill, est reparti de sa session studio avec Larusso. Pourquoi un pionnier du hip-hop West Coast risquerait sa street cred en béton armé pour dépanner une chanteuse de R'n'B française dans le creux de la vague ? Il y a des soirées dingues où l'on commet l'irréparable. En 2012, la cousine d'Arthur cherche un plan tube d’un soir pour assurer son come-back. Elle se lisse les cheveux, brûle son stock de teinture rouge et s’envole pour Los Angeles. Là-bas, elle fait appel à Richard Segal Hurédia, un ingé son qui a bossé sur Chronic de Dr Dre et les deux premiers albums d’Eminem, pour mixer le single rap-métal Untouchable. Voulant jouer les cupidons, ce dernier fait écouter le morceau à B-Real qui passait par là. Le rappeur pose finalement sa voix sur ce qui sera un énorme échec commercial. Comme après chaque relation qui foire, il y a deux versions. Larusso affirme que B-Real avait eu un coup de coeur pour sa chanson. Lui prétend ne pas se souvenir de l'interprète de Tu m'oublieras. Pas très gentleman.
Type de relation : Collab' d'un soir avec trou noir le lendemain
Chances de se revoir : Nulles

Lomepal x L’Impératrice


L’Impératrice, c’est le sextet disco-pop qu’on aurait bien vu trinquer avec Alain Pacadis aux grandes heures du Palace. Lomepal, lui, c’est plutôt le loup solitaire du rap jeu qui après avoir traîné son teint blafard dans les skateparks a choisi de balancer son spleen dans un micro. Un match peu probable sur le papier, donc, entre paillettes et bitume. Leur premier rencard avait lieu la nuit dernière dans les hauteurs de Montmartre pour la première Tinder Live Session. Dans une villa cossue aux lustres imposants, L’Impératrice, au dress code tropical impeccable, a commencé par une parade nuptiale lascive. Des sons chauds qui ont su apprivoiser « PalPal » qui s’est décidé à les rejoindre sur la scène pour poser son flow sur Là-haut puis reprendre Last Nite de The Strokes.  Mais le vrai moment zouklove fut lorsque Flore, la chanteuse, et le rappeur ont entonné Danse yeux dans les yeux. « Y avait plein de connards mais c’est moi que tu as choisi pour te raccompagner » s’est amusé le MC, avant un hug final. Jeu, set & match.
Type de relation : Rdv romantique dans un spot chicos
Chances de se revoir :  Bonnes. A quand l'album en commun ?


Nous avons été couverts de sesterces par Tinder pour écrire cet article. C'était ça ou on prostituait ce chaton.